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    Réunions non-mixtes: la mise au point d'Audrey Pulvar

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 30 March, 2021 - 16:54 · 2 minutes

Audrey Pulvar lors d

POLITIQUE - La phrase, “malheureuse” selon le patron du PS, a agité la sphère politique. Il est temps désormais d’apaiser les esprits. C’est en tout cas l’intention d’ Audrey Pulvar qui publie ce mardi 30 mars au soir dans Le Monde une tribune titrée: “Je laisse les voix opportunistes et destructrices de la droite et de l’extrême droite à leurs bruyantes furies”.

La candidate du Parti socialiste à la présidence de la région Île-de-France veut couper court aux polémiques après avoir fait bondir une grande partie de la classe politique depuis samedi. Elle avait en effet estimé sur BFMTV qu’une personne blanche qui assistait à une réunion non-mixte devait d’abord rester “spectateur silencieux”.

″Écouter, entendre, partager ensuite”

Dans un tweet posté dans la foulée, Audrey Pulvar avait également précisé que “les réunions ‘non-mixtes’ ne portent pas que sur des questions de couleur de peau.” Et que “oui, dans une réunion non-mixte LGBTQI +, en tant qu’hétéro” elle se “tairait et écouterait.”

Là voilà qui revient donc une nouvelle fois, mais en longueur cette fois sur ses propos qu’elle estime mal compris. “J’ai utilisé le verbe ‘se taire’, parce que c’est généralement ce que l’on fait, quand on veut réellement écouter l’autre, avant ensuite de prendre la parole…”, écrit-elle avant d’ajouter “c’est ce que moi-même je fais, quand il m’arrive d’assister à des réunions de groupes de victimes de discriminations ne m’atteignant pas au premier chef.

″Écouter, entendre, partager ensuite. C’est le principe même de fonctionnement de ces groupes où se retrouvent des victimes, quelles qu’elles soient”, précise cette proche d’Anne Hidalgo.

...Et assumer ses propos

La candidate PS aux régionales, s’excuse d’avoir été mal comprise, mais ne revient pas sur le fond de ses propos. “J’ai répondu, comme déjà plusieurs fois par le passé, que ces groupes n’avaient pas ma préférence”, explique-t-elle, “mais que je peux concevoir, entendre, la nécessité pour des personnes discriminées, en raison de leur sexe, de leur couleur de peau, de leur orientation ou leur identité sexuelle, de se retrouver ‘entre elles’”.

Avant d’adhérer ensuite aux arguments de nombreuses femmes féministes et/ou racisées sur l’intérêt de la non-mixité pour les personnes discriminées. “Ces groupes existent depuis des décennies, ils ont permis l’émancipation de la parole, le réconfort pour des personnes en grande détresse, la sensation presque libératrice de se savoir soudain moins seule face à l’adversité quotidienne”, estime-t-elle. “Ils ont donné, à beaucoup, la force de regarder demain ”, écrit-elle encore.

À voir également sur Le HuffPost: L’utilité des réunions non-mixtes expliquée par des féministes

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    Réunions non mixtes: L'Unef répond aux critiques et défend sa "légalité"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 28 March, 2021 - 14:23 · 6 minutes

Le syndicat étudiant Unef dans le cortège de la manifestation contre la précarité étudiante, le 16 mars 2021.

POLITIQUE - Une pente “fasciste”, pour Jean-Michel Blanquer , une “dérive” pour le Parti socialiste, une demande de “dissolution” de la part d’Éric Ciotti chez LR ou encore une demande de suppression de leurs financements publics par Xavier Bertrand ce dimanche 28 mars.

Le syndicat étudiant classé à gauche Unef, déjà sous le feu des critiques dans l’affaire des professeurs de l’IEP de Grenoble affichés pour “islamophobie” , est désormais vilipendé à cause des réunions non mixtes qu’il organise afin, selon ses dirigeants, de “lutter contre les discriminations”.

Ce week-end, Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, les a critiqués après l’intrusion de son conseil régional par l’Action française pendant qu’ Audrey Pulvar , candidate à la région Île-de-France, soutenue par le PS, a défendu sur BFMTV le droit de “demander à des personnes blanches de se taire”, lorsqu’elles participent à ces ateliers. Une polémique qui dure et s’envenime et à laquelle le vice-président du syndicat, Adrien Liénard, répond, ce dimanche 28 mars dans les colonnes du HuffPost .

On continue à propager de fausses informations sur l'Unef. On ne fait rien d'illégal

Le HuffPost : Comment réagissez-vous à cette polémique qui dure depuis une dizaine de jours autour des réunions non mixtes que vous organisez?

Adrien Liénard : On a déjà expliqué les choses. Ce sont des groupes de parole, pas des cadres décisionnels, l’idée c’est simplement de libérer la parole. On continue à propager de fausses informations sur l’Unef, que ce soit de la part des dirigeants d’extrême droite, de membres du gouvernement ou de responsables du parti socialiste.

Il y a une volonté de ne pas comprendre. Beaucoup de féministes engagées au MLF dans les années 1970 ont expliqué qu’elles faisaient la même chose avec les femmes à l’époque et il n’y a pas eu autant de réactions.

Carole Delga vous a nommément cité après l’intrusion de l’Action française dans son conseil régional. La présidente d’Occitanie vous conseille de “rassembler les Français sur le droit et les valeurs de la République”. Que lui répondez-vous?

Pour une certaine partie de la classe politique, il y aurait les racistes et les antiracistes qui feraient du racisme. Nous sommes en désaccord. La République est une construction collective, à laquelle on participe. La République n’est pas figée dans le temps.

Carole Delga nous compare à un groupe d’extrême droite qui est contre la République et qui souhaite le rétablissement de la monarchie. C’est dangereux. Nous, on considère que l’universalisme est un objectif politique et qu’il faut reconnaître qu’il existe des discriminations. Il faut nommer ces discriminations pour pouvoir les combattre.

L’universalisme, ce n’est pas seulement dire “tout le monde est égaux”, il faut aussi regarder les faits. Ce n’est pas parce que la loi dit qu’on est égaux qu’on l’est: c’est vrai pour l’égalité salariale entre les hommes et les femmes et pour le racisme. Les deux sont interdits par la loi, mais ce n’est pour ça que ça que ça n’existe pas.

L’universalisme, ce n’est pas seulement dire “tout le monde est égaux”, il faut aussi regarder les faits.

Audrey Pulvar a déclaré samedi sur BFMTV qu’“on peut demander à une personne blanche de se taire” au cours d’ateliers de lutte contre les discriminations. Cela vous a-t-il choqué?

Non. Cela ne nous choque pas. Ce qu’on met en place à l’Unef ce sont des groupes de parole pour que les personnes discriminées puissent parler entre elles. Pour les femmes, par exemple, elles ne veulent pas que des hommes viennent relativiser ce qu’elles vivent et souhaitent éviter que leur parole soit remise en question.

C’est la même chose sur le racisme, même si c’est moins bien accepté dans la société. On soutient Audrey Pulvar qui est harcelée sur les réseaux sociaux, comme Mélanie Luce avant elle. Elles n’ont pas à se faire harceler sur ces questions.

Certains vous reprochent de trier les gens en fonction de leur couleur de peau dans ces réunions. Que répondez-vous?

Comment se passent ces groupes de parole: chaque personne qui estime subir une discrimination peut y venir. L’antisémitisme aussi est un racisme. On ne fait pas de tri, ça marche sur le volontariat pour les personnes qui s’estiment discriminées.

Craignez-vous une dissolution?

Non. C’est une question posée par des élus de droite. On ne fait rien d’illégal. C’est un outil militant privé et interne à notre organisation qui sert à combattre les discriminations. On nous instrumentalise pour combattre la liberté syndicale et la liberté d’organisation politique. Nous pointer du doigt permet d’éviter de parler de nos autres combats, la précarité étudiante et le financement de l’enseignement supérieur public qui est sous-financé.

Les combats de la jeunesse ont changé. Les étudiants sont conscients des problèmes de discrimination

Une note ministérielle dévoilée par Europe 1 décrit votre association comme étant proche du mouvement des Étudiants musulmans de France “considéré comme radical”, d’après nos confrères. Qu’en dites-vous?

Il y a quelques mois, à Lyon, une liste commune a été faite avec les Étudiants musulmans de France, mais il n’y a pas d’accord national avec eux. Localement, on travaille ensemble sur les distributions alimentaires. On essaie de nous catégoriser comme “islamistes”. On fait des distributions avec le Secours catholique personne ne nous a jamais rien dit! On a déjà été sur des listes avec l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). On applique la laïcité, mais on ne refuse pas de travailler avec des associations confessionnelles à partir du moment où elles ne font pas de prosélytisme.

Vous avez été un syndicat proche du PS dont certains dirigeants actuels vous critiquent. Comment l’expliquez-vous?

Quand je vois Jean-Christophe Cambadélis, ancien président de l’Unef qui demande la dissolution de la direction, ça nous fait rire jaune alors qu’il a justement perdu un congrès sur la question de l’indépendance de l’Unef face au parti socialiste, à laquelle il s’opposait. Ceux qui étaient à l’Unef dans les années 1990 ou 2000 disent que ce n’est pas leur combat, mais c’est parce que les combats de la jeunesse et des étudiants ont changé.

Nous sommes une organisation de jeunesse, le renouvellement est très rapide. On est en phase avec notre génération. Les étudiants sont conscients des problèmes de discrimination. On peut comprendre le désaccord sur les groupes de paroles, mais de là à hurler avec les loups ou à adopter des positions caricaturales, ce n’est pas raisonnable.

À voir également sur Le HuffPost : On a suivi HK & Les Saltimbanks, le groupe derrière l’hymne anti-confinement “Danser encore”

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    Audrey Pulvar provoque un tollé sur les réunions non-mixtes, le PS dans l'embarras

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 28 March, 2021 - 08:51 · 5 minutes

La candidate à la présidence de la région Île-de-France, Audrey Pulvar, en juin 2017 (photo d

POLITIQUE - Les polémiques autour des réunions non mixtes ont pris un nouveau tournant ce week-end. Invitée de BFMTV samedi 27 mars, Audrey Pulvar a pris position avec ces mots: “Je préfère les réunions réservées à, que les réunions interdites à”, a-t-elle expliqué. En prenant l’exemple d’un “atelier consacré aux discriminations dont sont l’objet les personnes noires ou métisses, quelque chose me dit que 80% des participants seront les personnes concernées”.

“S’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, il n’est pas question de la ou le jeter dehors. En revanche on peut lui demander de se taire, on peut lui demander d’être spectateur ou spectatrice silencieux”, poursuit la candidate à la région Île-de-France, adjointe d’Anne Hidalgo. “Je ne dis pas qu’il soit interdit d’entrée, mais qu’il se taise et laisse parler les plus concernés”, conclut-elle.

Marine Le Pen demande des poursuites judiciaires

Les mots ont provoqué un tollé, notamment à l’extrême droite et notamment de la part de ses adversaires à la région Île-de-France, comme Jordan Bardella, numéro 2 du Rassemblement national qui dénonce une gauche qui “patauge dans l’islamo-gauchisme et la haine des blancs”, en ajoutant le mot-clé “séparatisme”, du nom de la loi portée par LREM à l’Assemblée nationale pour lutter contre l’islamisme.

Marine Le Pen est allée plus loin en réclamant que “le parquet” engage “des poursuites pour provocation à la discrimination raciale”. “Il faut mettre fin à cette escalade raciste de la part d’une partie de la gauche qui s’affranchit de toutes les règles morales, légales et républicaines”.

Valérie Pécresse, présidente sortante de la région a posté son commentaire sur le sujet: “Je crois à l’indivisibilité de la République & à l’unité de la nation. Dans ma région, aucun habitant ne doit être discriminé pour la couleur de sa peau. Il n’y a pas de racisme “acceptable”! Je serai toujours un rempart face à ceux qui tentent de fracturer notre pays”, écrit-elle en référence aux propos de sa concurrente.

Le chef de file LREM dans la région, Laurent-Saint-Martin s’est également inscrit en faux par rapport à ces propos: ”‘On peut demander à une femme blanche ou à un homme blanc de se taire’. Non. Jamais. Cette forme d’essentialisme est à la base de la construction de la pensée raciste”, soutient-il.

“Naufrage d’Audrey Pulvar”

Des députées LREM franciliennes comme Laetitia Avia et Aurore Bergé s’en sont pris à l’ancienne journaliste, mais le débat a très vite dépassé le seul cadre de la campagne des régionales. La première, députée de Paris, évoque le “naufrage d’Audrey Pulvar” et la seconde affirme que “la région sera républicaine ou ne sera pas”.

”Audrey Pulvar n’est pas raciste”

À gauche on ne s’est pas pressé pour réagir. Parmi les responsables de partis, ce dimanche matin, seul Jean-Luc Mélenchon avait apporté son soutien à Audrey Pulvar. “Audrey Pulvar n’est pas raciste! Elle a juste compris ce qu’est un groupe de parole. Ceux qui se jettent sur elle, par contre, n’arrivent pas à cacher leur pente sexiste et discriminante. Le débat public s’effondre. Le PS va-t-il défendre sa candidate en Île-de-France?”, intime-t-il ironiquement.

Candidate également en Île-de-France, Clémentine Autain, députée LFI a pris la défense de sa concurrente: “Ceux qui alimentent chaque jour le racisme, instrumentalisent la cause des femmes et organisent la ségrégation sociale mėnent ce soir une campagne misérable contre Audrey Pulvar. Au fond, droite et extrême droite dénient aux opprimés le droit de se parler et de ne pas se soumettre”, a-t-elle lancé. Le députe européen EELV, David Cormand, a également apporté “tout son soutien” à Audrey Pulvar.

Depuis plusieurs semaines, socialistes et insoumis s’écharpent sur la question de l’identité ou de la lutte contre le racisme. Dans Le Figaro jeudi, Olivier Faure affirmait en titre “légitimer le concept de race est une aberration”. Anne Hidalgo, sur Europe 1 disait la semaine dernière que les réunions non mixtes étaient “très dangereuses”. Un problème de clarification de ligne idéologique qui n’est pas nouvelle à gauche, mais qui prend une nouvelle tournure alors qu’elles se manifestent au sein même des alliés pour tenter de remporter la région Île-de-France, Audrey Pulvar étant une adjointe d’Anne Hidalgo.

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