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    Pour Elisabeth Borne, la retraite à 65 ans "n'est pas un totem"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 07:28 · 3 minutes

Elisabeth Borne, sur le perron de Matignon lors de la cérémonie de passation avec Jean Castex le 16 mai 2022.  Elisabeth Borne, sur le perron de Matignon lors de la cérémonie de passation avec Jean Castex le 16 mai 2022.

POLITIQUE - La nouvelle Première ministre Elisabeth Borne défend ce dimanche 22 mai dans les colonnes du JDD le projet de réforme des retraites , insistant sur son vœu de “ne pas mentir” aux Français.

“Ceux qui voudraient faire croire (que la réforme des retraites) n’est pas indispensable ne disent pas la vérité aux Français”, a tout de suite affirmé la cheffe du gouvernement. Emmanuel Macron a proposé pendant la campagne présidentielle de “décaler l’âge légal” de départ à la retraite “de 4 mois par an” pour le porter “en 2031 à 65 ans”, avec un dispositif de “carrières longues” et un autre de “pénibilité”.

“L’enjeu, pour notre pays, est d’assurer la force de notre modèle social, de poursuivre le progrès social et d’investir, notamment dans la santé et l’éducation”, plaide Elisabeth Borne dans cette interview : “Le président de la République a pris des engagements clairs: ni hausse d’impôts, ni augmentation de la dette . Or, nous vivons de plus en plus longtemps, le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités diminue… Si on veut préserver le système de retraite par répartition, auquel nos concitoyens sont attachés, il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps”.

La retraite à 65 ans “n’est pas un totem”, assure-t-elle encore, “mais il faut assurer le financement de notre modèle social. Et annoncer aux Français qu’ils vont travailler moins, brandir la retraite à 60 ans, c’est leur mentir. C’est ce qu’a fait le RN pendant des années. C’est aussi une mesure que l’on retrouve dans le programme de la Nupes et qui n’est pas crédible. Les promesses façon ‘demain, on rase gratis’, les Français n’y croient pas. Moi, je ne leur mentirai pas”.

“Les bonnes réformes se bâtissent dans le dialogue”

Très critiquée, la réforme des retraites voulue par le gouvernement laisse présager un retour des Français dans la rue. Sur la question, Elisabeth Borne se veut rassurante et souhaite faire preuve de pédagogie. “Cette réforme, comme les autres, se fera dans le dialogue. Il faut que chacun mesure les enjeux: si on ne travaille pas plus longtemps, on devra consacrer davantage de nos ressources publiques à financer la retraite. Or nous refusons de creuser le déficit, de baisser les pensions ou d’augmenter les impôts”, observe-t-elle.

Afin de “financer ces mesures” et pour “dégager des moyens supplémentaires [...] nous devons ouvrir ce débat avec les organisations syndicales et patronales. Il y a besoin de pédagogie et de dialogue. Réformer les retraites, c’est préserver des marges de manœuvre pour agir sur des politiques essentielles”, abonde la Première ministre.

Elle se dit “profondément convaincue que les bonnes réformes se bâtissent dans le dialogue avec tous les acteurs et en proximité” et ajoute que “dans chaque territoire, il y a des acteurs qui peuvent participer à construire des réponses”.

Interrogée par ailleurs sur des questions plus personnelles au cours de cet entretien, Elisabeth Borne reconnaît qu’elle “doit beaucoup” à son pays grâce à son statut de pupille de la nation et estime que “si la République n’avait pas été à (s)es côtés, (elle) ne serait certainement pas ici” aujourd’hui.

À voir également sur Le HuffPost: Travailler jusqu’à 65 ans? Pour ces retraités, “c’est ridicule”

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    La réforme des retraites s'invite dans la conversation entre Macron et un porte-drapeau

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 8 May - 14:03 · 1 minute

POLITIQUE - Durant les commémorations du 8 mai 1945, Emmanuel Macron ne s’y attendait pas, mais il a été contraint de parler (au moins écouter) politique intérieure le temps de quelques instants.

Ce dimanche, le chef de l’État a effectué le traditionnel parcours des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale , avant de se rendre au pied de l’Arc de Triomphe pour passer en revue les troupes. C’est lors de cette étape protocolaire que le président français a été contraint de parler réforme des retraites avec un porte-drapeau, visiblement amusé de cette interaction avec le chef de l’État.

Après avoir serré la main d’Emmanuel Macron, ce policier porte-drapeau a glissé sur le ton de l’humour: “Je suis toujours en activité à 65 ans ”. Surpris, le président fraîchement réélu esquisse un sourire avant de répondre: “Ça fait un bon exemple”. Les deux hommes ont poursuivi l’échange quelques instants de plus avant qu’Emmanuel Macron ne poursuive sa revue militaire.

La séquence est visible dans la vidéo en tête d’article.

Une remarque sur le ton de l’humour, mais qui fait directement référence à la réforme des retraites souhaitée par le président pour son second mandat .

Contraint de reculer sur son ambition d’une refonte complète du système des retraites, qui avait suscité une forte opposition, Emmanuel Macron souhaite désormais une réforme plus “paramétrique” en jouant sur l’âge de départ. Une nouvelle version de la réforme qui consiste à relever progressivement cet âge à 65 ans en prenant également en compte la suppression des régimes spéciaux. Durant l’entre deux tours, le candidat Macron avait fait une première concession , évoquant un possible référendum en fin de mandat pour passer à 64 ans.

À voir également sur Le HuffPost: Travailler jusqu’à 65 ans? Pour ces retraités, “c’est ridicule”

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    1er-Mai: reforme des retraites et élections législatives au programme des défilés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 1 May - 08:52 · 4 minutes

Entre les élections et la réforme des retraites à venir, des défilés du 1er-Mai très politiques Entre les élections et la réforme des retraites à venir, des défilés du 1er-Mai très politiques

POLITIQUE - Si les élections législatives sont le troisième tour, voici le deuxième et demi. Plusieurs dizaines de milliers de personnes vont défiler ce dimanche 1er mai pour la traditionnelle Journée des travailleurs à l’appel de nombreux syndicats et associations. Avec un souhait: faire entendre leur volonté d’une politique plus sociale et plus écologique une semaine après la victoire d’ Emmanuel Macron sur Marine Le Pen .

“Il faut que la mobilisation du 1er-Mai soit la plus massive possible...”, a lancé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, la veille dans Le Parisien , dans une forme d’appel général: “Les citoyens, au-delà des syndicats, doivent aller dans la rue pour que les exigences sociales et environnementales soient portées haut et fort”.

Sur France Inter, le même parlait d’un “rendez-vous assez exceptionnel, une semaine après l’élection du président de la République”. “Il faut qu’il y ait du monde”, a-t-il insisté.

Photo de famille à gauche?

Deux cent cinquante-cinq points de rassemblement sont prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérale CGT Céline Verzeletti, “vingt de plus” que l’année dernière. La dirigeante syndicale s’attend à une bonne mobilisation, même si ce 1er mai tombe un dimanche et pendant les vacances scolaires pour les zones A et C. La manifestation parisienne partira à 14 heures 30 de la place de la République, en direction de la place de la Nation.

En 2021, les organisateurs avaient revendiqué plus de 170.000 manifestants, dont 25.000 à Paris. Le ministère de l’Intérieur avait quant à lui fait état de 106.650 manifestants en France, dont 17.000 dans la capitale.

De nombreuses figures politiques de gauche sont attendues, au premier rang desquelles Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis. Le secrétaire national d’EELV Julien Bayou devrait également défiler dans la capitale, de même, sans doute, que son homologue du PS Olivier Faure. Le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, sera à Lille.

Dans le contexte de négociations difficiles pour parvenir à un accord de toute la gauche en vue des législatives, le patron des Verts a évoqué vendredi la possibilité pour la gauche de défiler sous une “bannière commune”, “en soutien aux syndicats”. Mais Jean-Luc Mélenchon a un peu douché ces ardeurs samedi, en estimant, dans le JDD , que “la photo de famille du 1er Mai, ce n’est pas le sujet! Le sujet, c’est le contenu du programme social qu’on appliquera”. Tous pourraient finalement soigneusement s’éviter à l’heure où les tractations tardent à se conclure.

La réforme des retraites en ligne de mire

Au premier rang des revendications de l’intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, auxquelles se sont jointes les organisations étudiante et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, “les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique”, selon un communiqué du 7 avril.

Contrairement à l’année dernière, la confédération Force Ouvrière n’a pas signé cet appel national. En revanche, l’Union régionale Île-de-France FO a cosigné un tract commun avec ces organisations et le secrétaire général de FO Yves Veyrier participera au point presse en amont de la manifestation parisienne. Dans la matinée, ce dernier ira comme à l’accoutumée rendre hommage aux combattants de la Commune, devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise. Quant à la CFDT, premier syndicat de France, elle fait sans surprise bande à part, en organisant de son côté un “1er mai engagé pour le climat”.

Dans la ligne de mire des organisations syndicales, la réforme des retraites, alors que le président Emmanuel Macron a fait du recul de l’âge légal de départ à 64 puis 65 ans un point cardinal de son programme. Leur inquiétude est d’autant plus vive que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire n’a pas exclu lundi d’utiliser l’arme du 49-3 pour faire adopter la réforme.

Les associations et ONG mobilisées sur les questions environnementales seront également de la partie, à l’appel du collectif Plus jamais ça.

Les autorités seront par ailleurs attentives aux appels de l’ultra-gauche et de l’ultra-droite, alors que les dernières manifestations du 1er-Mai ont été émaillées d’incidents. L’an dernier, des militants et des véhicules syndicaux avaient été pris pour cibles place de la Nation. Cette année, la police attend à Paris quelque 300 activistes et “jusqu’à un millier de Gilets jaunes”.

À voir également sur le HuffPost : Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà gagner les législatives en 2017

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    La réforme des retraites, première polémique après la victoire de Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 25 April - 09:49 · 4 minutes

Quelques heures après la réélection d Quelques heures après la réélection d'Emmanuel Macron, son ministre Bruno Le Maire évoque le 49/3 comme possibilité pour faire passer la réforme des retraites.

POLITIQUE - Le ministre de l’Économie signe la première polémique post-élection présidentielle. Invité de franceinfo après la réélection d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, Bruno Le Maire n’a pas fermé la porte à un recours au fameux “49-3” pour faire passer la réforme des retraites souhaitée par le président ce lundi 25 avril.

“Je ne peux pas donner cette garantie, mais je ne le souhaite pas”, a réagi Bruno Le Maire au lendemain de l’élection, répondant à une question sur un possible recours à cet article de la Constitution qui permet le passage en force de cette réforme sur l’allongement de l’ âge de départ à la retraite ,  l’un des chantiers du nouveau quinquennat.

“J’ai toujours dit que cette réforme devait faire l’objet -le plus possible- de discussions et de dialogue avec l’espoir de parvenir à un compromis”, a ensuite nuancé l’actuel ministre de l’Économie. Pas suffisant, au lendemain d’une élection présidentielle marquée par la défiance envers le président fraîchement réélu, qui indiquait d’ailleurs vouloir gouverner “autrement” lors de son discours de victoire sur le Champ de Mars ce dimanche.

Pour rappel, l’article 49 alinéa 3 de la Constitution peut permettre l’adoption sans vote d’une loi. Cette procédure donne ainsi la possibilité au Premier ministre (après délibération du Conseil des ministres) d’engager la responsabilité du gouvernement sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, ou d’un autre projet ou une proposition de loi en débat à l’Assemblée nationale.

Mélenchon y voit une raison de plus de voter pour lui

Le timing de la déclaration de Bruno Le Maire n’a pas manqué de faire réagir dans l’opposition. Du côté de la France Insoumise, cette petite phrase a fait mouche, remobilisant les forces de Jean-Luc Mélenchon pour son projet de “Premier ministre aux élections législatives” pour faire barrage à cette réforme à laquelle LFI est farouchement opposée.

Le candidat arrivé troisième au premier tour de la présidentielle a exprimé sa colère sur Twitter après la sortie de Bruno Le Maire. “Macron à peine réélu, il veut déjà passer par 49-3 la retraite à 65 ans”. Il souligne d’ailleurs, dans son désir d’occuper le poste de Matignon, que “seul le Premier ministre déclenche les 49-3, pour l’empêcher donc, une solution: l’Union Populaire à Matignon”.

L’idée du 49-3 suscite également la colère de ses soutiens comme le député LFI Eric Coquerel ou l’eurodéputé Manuel Bompard, tous deux utilisant l’idée d’une cohabitation à l’Assemblée nationale après les élections législatives pour “empêcher” qu’Emmanuel Macron n’impose la retraite à 65 ou 64 ans.

“Imposons-lui un 49-3 populaire: donnons une majorité à la nouvelle union populaire, élisons Mélenchon à Matignon pour la retraite à 60 ans!”, lance Eric Coquerel sur Twitter. “Dès le lendemain du second tour, le naturel revient au galop” pour l’eurodéputée insoumise Manon Aubry sur Twitter.

L’idée d’un “49-3 populaire” pour s’opposer à la réforme des retraites est également partagée par le Collectif Nos retraites sur Twitter. “Les citoyens.ne.s ‘peuvent donner la garantie’ à Bruno Le Maire d’une mobilisation massive en préparation”.

Même Nadine Morano , eurodéputée Les Républicains, s’est levée contre cette déclaration, moins de 24 heures après la réélection d’Emmanuel Macron: “Ce qu’à refuser de faire Nicolas Sarkozy! Nous avons mené le débat parlementaire avec courage et concertation”, écrit-elle sur Twitter. C’est tout de même, à ce stade, le souhait principal de Bruno Le Maire et de la Macronie.

À voir également sur Le HuffPost: À peine les résultats révélés, les élections législatives sont sur toutes les lèvres

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    Présidentielle 2022: le programme économique de Marine Le Pen inquiète (toujours) les économistes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 15 April - 04:45 · 8 minutes

Marine Le Pen promet plusieurs réformes fiscales et économiques qui inquiètent la grande majorité des économistes. La candidate du RN ici photographiée le 13 avril 2022 à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. Marine Le Pen promet plusieurs réformes fiscales et économiques qui inquiètent la grande majorité des économistes. La candidate du RN ici photographiée le 13 avril 2022 à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine.

PRÉSIDENTIELLE - La candidate d’extrême droite a-t-elle réussi à “ dédiaboliser ” aussi son programme économique et à le rendre plus crédible? En axant sa campagne sur le pouvoir d’achat, “la redistribution et la protection sociale”, Marine Le Pen s’est qualifiée, une seconde fois pour le second tour de la présidentielle, rassemblant 23,2% des suffrages exprimés ce 10 avril.

Mais le programme économique et fiscal de la candidate s’attire toujours les principales attaques de la Macronie et les critiques de la grande majorité des économistes. Ces derniers pointent , tour à tour dans la presse , le risque d’un “Frexit” à peine voilé - malgré son reniement sur la sortie de l’euro - et un programme trop coûteux, mal chiffré et non maîtrisé pour les finances publiques et la dette, quand il n’enfreint tout simplement pas la Constitution . En réponse, la candidate martèle que son programme est “travaillé” et ”à l’équilibre” sur le plan budgétaire.

“Son programme nous pousse tout droit vers la sortie de l’Union européenne, c’est une forme de ‘Frexit’ budgétaire, même si elle ne le dit plus”, explique au HuffPost l’économiste Éric Heyer, membre du Haut conseil des finances publiques et directeur du département analyse et prévision à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

“Sur le reste, elle fait de l’affichage social, mais on reste en fait sur une ligne libérale, car ses mesures fiscales sur la TVA concernent tous les Français. Elles ne sont pas fléchées et ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin. Cela risque de conduire en fait à une économie à deux vitesses, car certains les utiliseraient mieux que d’autres”, résume-t-il, pointant aussi un “risque écologique”.

Une réforme des retraites, mais où est le gage de sérieux budgétaire?

C’est le clivage économique le plus visible entre les deux candidats. Marine Le Pen souhaite ramener l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans pour les Français ayant commencé à travailler avant 20 ans. En tout cas pour ceux qui ont validé au moins 40 annuités. Depuis février, elle a en revanche fait des réajustements pour tous les autres: ceux étant entrés dans la vie active entre 20 et 24,5 ans pourraient partir entre 60 ans et trois trimestres et 62 ans, toujours au niveau de l’âge légal et pas forcément à taux plein. Le système serait inchangé pour les autres, notamment pour ceux qui ont eu des carrières hachées.

Beaucoup de personnes seraient ainsi concernées par une baisse de l’âge possible de départ légal. Selon les statistiques ministérielles , 70% des validations d’un premier trimestre ont eu lieu, en moyenne, à 22,3 ans pour la classe d’âge née en 1982 et qui a aujourd’hui 40 ans. La candidate prévoit par ailleurs de réindexer les retraites sur l’inflation et revaloriser le minimum vieillesse à 1000 euros.

“La candidate propose un retour à la situation d’avant 2003 en matière de mesures d’âges et du nombre de trimestres nécessaires pour obtenir la retraite à taux plein”, résume l’ Institut Montaigne , qui avance un coût très élevé pour cette réforme. Le think tank libéral, réputé proche du patronat, réévalue de 75% le coût de cette mesure, en le faisant passer de 9,6 milliards d’euros par an à 26,5 milliards.

“Son programme sur les retraites, comme celui de plusieurs autres candidats, n’est pas assez précis pour être évalué. Mais c’est la direction, dans lequel elle veut aller et le signal envoyé qui est plus important”, répond de son côté Éric Heyer. “Comme Emmanuel Macron, Marine Le Pen promet de nouvelles baisses d’impôts, mais pour les financer elle avance notamment une baisse de la contribution au budget européen de 5 milliards qui serait une ligne rouge pour l’UE”.

La candidate propose également d’exclure les étrangers des prestations sociales ou encore en trouver de nouvelles économies dans le budget alloué à certaines agences de l’État pour financer sa réforme. ”À l’inverse, la réforme ( très impopulaire selon les sondages , NDLR ) proposée par Emmanuel Macron est facilement quantifiable. Si on met de côté les impacts possibles sur le chômage ou l’assurance maladie, quand vous augmentez d’un an l’âge de départ à la retraite vous gagnez actuellement 7 milliards d’euros chaque année”, poursuit-il.

“On peut privilégier et s’attaquer à d’autres ressources possibles, comme la lutte contre la fraude fiscale, le problème c’est que c’est plus difficile, car hors radar et gagner 1 milliard, comme sur l’ensemble du quinquennat actuel, cela paraît déjà pas mal. Au-delà de la question politique, quand vous avancez une réforme des retraites, c’est beaucoup moins discutable sur le plan budgétaire”, ajoute-t-il. “C’est aussi une façon de donner des gages de contrôle budgétaire à nos partenaires européens et à l’Allemagne, même si le pacte de stabilité a été mis en parenthèse à cause du Covid et de la guerre en Ukraine”.

Un “quoi qu’il en coûte” flou et pas écolo sur le pouvoir d’achat

C’est l’axe principal de sa campagne et du revirement politique et économique du RN depuis qu’elle en a pris la tête. Marine Le Pen se pose en “candidate du pouvoir d’achat”. Pour appuyer sa position, la candidate propose de baisser la TVA sur les carburants de 20 à 5,5% et de fixer à 0% celle de 100 produits alimentaires et d’hygiène dits de première nécessité. Elle inclut “les fruits et les légumes, le sel, le poivre, l’huile, le pain, les pâtes, les serviettes hygiéniques ou les couches pour les bébés”. Cela sans liste arrêtée, mais avec un manque à gagner pour les caisses de l’État fixé à 3,5 ou 4 milliards d’euros par an, selon la candidate. Mais la proposition était avancée en 2019 pendant la crise des gilets jaunes, un économiste cité par Le JDD chiffrait la mesure à 11 milliards pour seulement 50 produits.

Une dernière proposition, livrée juste avant le premier tour, et réclamée par de nombreux gilets jaunes lors du grand débat de 2019 , qu’elle financerait par une surtaxe sur les entreprises côtés en bourse. Objectifs affichés? Lutter contre l’inflation temps qu’elle dépasse les 1%, “rendre l’argent des Français” et éviter “l’appauvrissement des classes moyennes”, assure-t-elle.

Baisser la TVA à moins de 5% était interdit dans l’UE jusqu’à la fin de l’année 2021 pour éviter le dumping fiscal entre pays membres, même pour les produits alimentaires. Mais une nouvelle directive, signée le 5 avril par les 27 après quatre ans de discussions, permet de fixer ponctuellement des taux réduits sur certains produits. “Le problème c’est que l’essence, le fioul ou le gaz ne figure pas dans cette nouvelle directive parce que ce sont des produits polluants, précise Éric Heyer. Ce serait les plus gros pollueurs qui en profiteraient le plus”, ajoute-t-il.

L’économiste ajoute que “ce n’est pas parce qu’on baisse la TVA que les producteurs vont baisser les prix. Il faut des mesures plus contraignantes ou ciblées sur les ménages ou les entreprises fragiles qui n’ont pas le choix (...) 90% de la baisse de la TVA dans la restauration en 2009 est allée dans la poche des restaurateurs et de leurs salariés et pas aux clients”, argumente-t-il, citant ici une étude réalisée en 2018 par l’Institut des politiques publiques .

Le cabinet indépendant Asterès estime, lui, qu’un taux nul sur 100 produits de première nécessité aurait un effet très modeste sur les portefeuilles des Français: 13 euros par an et par ménage, soit “une progression du pouvoir d’achat de 0,3%” et favoriserait, une nouvelle fois, ceux qui achètent le plus. “La TVA est un mauvais outil de redistribution des revenus”, assurait devant le Sénat en janvier, François Ecalle, ancien rapporteur général de la Cour des comptes.

Pas d’impôt pour les moins de 30 ans, vraiment?

C’est l’autre mesure fiscale majeure avancée par Marine Le Pen: exonérer d’ impôt sur le revenu l’ensemble des Français de moins de 30 ans pour les dissuader de partir à l’étranger. Les plus riches, comme Kylian Mbappé -qui gagne plus de 2 millions d’euros par mois au PSG - ou les traders, seraient donc concernés par la mesure. Là encore problème de taille, la candidate risquerait d’être retoquée par le Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité devant l’impôt entre les citoyens.

Cette égalité n’est ni réelle ni absolue (seuls 43% des Français, selon leur niveau de revenus) mais des dérogations ne peuvent être accordées qu’au seul motif de “l’intérêt général”. Sa mesure aurait de “grande chance” d’être retoquée. Et comme nous l’explique le constitutionnaliste, Jean-Philippe Derosier , passer par un référendum, notamment sur ce sujet, ne réglerait rien, sauf à faire un coup d’Etat constitutionnel. Si elle arrive au pouvoir et qu’elle gagne les législatives de juin, le chemin législatif et économique de la candidate RN s’annonce donc semé d’embûches.

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    La réforme des retraites de Macron opposée par 77% des Français

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 13 April - 21:45 · 2 minutes

Près de 8 Français sur 10 ne veulent pas de la réforme des retraites proposée par Macron (photo du 13 avril 2022) Près de 8 Français sur 10 ne veulent pas de la réforme des retraites proposée par Macron (photo du 13 avril 2022)

POLITIQUE - Comme en 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen affirment défendre le pouvoir d’achat des ménages et vouloir réindustrialiser la France, mais ont deux programmes économiques radicalement différents.

L’un des points de tension notamment soulevés ce mercredi 13 avril dans la soirée lors d’un débat sur BFMTV entre Gérald Darmanin et le président par intérim du RN Jordan Bardella (voir la vidéo ci-dessous) , la réforme des retraites .

Remisant au placard son ambition d’une refonte complète du système des retraites, qui avait suscité une forte opposition, Emmanuel Macron s’est converti à une réforme plus “paramétrique”: relever progressivement l’âge de départ à 65 ans, avec la suppression des régimes spéciaux.

Il prévoit des ajustements pour les carrières longues et les métiers pénibles et promet d’augmenter la pension minimale à taux plein à 1100 euros par mois. Face à la levée de boucliers suscitée par cette proposition, il s’est dit prêt lundi à “ouvrir la porte” à un report de l’âge de départ plutôt à 64 ans.

Selon un sondage Ifop pour le JDD , 77 % des Français estiment cependant qu’Emmanuel Macron doit retirer de son programme le projet. Signe particulièrement négatif dans ce sondage, dans la quasi-totalité des catégories de population étudiées, le rejet est majoritaire. Y compris chez ses propres électeurs: pour 56% d’entre eux, il faudrait supprimer ce projet de retraite à 65 ans.

Marine Le Pen souhaite elle ramener l’âge de départ à 60 ans pour les Français ayant commencé à travailler avant 20 ans. Ceux étant entrés dans la vie active entre 20 et 24,5 ans pourraient partir entre 60,75 ans et 62 ans. Le système serait inchangé pour les autres. La candidate prévoit également de réindexer les retraites sur l’inflation et revaloriser le minimum vieillesse à 1000 euros.

À voir également sur Le HuffPost: Une photo de Poutine et Le Pen brandie par une militante en pleine conférence de presse

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    Présidentielle 2022: le programme des candidats sur les retraites

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 10 April - 04:55 · 1 minute

PRÉSIDENTIELLE 2022 - Et le numéro gagnant est le... 65. C’est en tout cas celui choisi par Emmanuel Macron pour son pour fixer l’âge de départ à la retraite dans la réforme qu’il entend mener s’il gagne l’élection présidentielle . Le président sortant, candidat à sa réélection, promet ainsi un allongement progressif de l’âge de départ légal à 65 ans , couplé à “un minimum de retraite à 1100 euros” pour les carrières complètes et à la “suppression des principaux régimes spéciaux”.

La CFDT a déjà fait savoir par la voix de son secrétaire général, Laurent Berger, qu’elle “combattra” cette réforme “injuste et brutale”.

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Certes, c’est autour de cette proposition que le débat a tourné au cours de la campagne, mais Emmanuel Macron n’est pas le seul candidat à promettre de réformer les retraites. Entre le retour de la retraite à 60 ans, des seuils minimums fixés à 1400 ou 2000 euros ou la modification de la Constitution... les promesses sont nombreuses et parfois surprenantes, comme vous pouvez le voir ci-dessous .

À voir également sur Le HuffPost: Pour ses partisans d’Edouard Philippe, la retraite à 67 ans, c’est une évidence

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    Présidentielle 2022: le programme des candidats sur les retraites

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 9 April - 05:05 · 1 minute

PRÉSIDENTIELLE 2022 - Et le numéro gagnant est le... 65. C’est en tout cas celui choisi par Emmanuel Macron pour son pour fixer l’âge de départ à la retraite dans la réforme qu’il entend mener s’il gagne l’élection présidentielle . Le président sortant, candidat à sa réélection, promet ainsi un allongement progressif de l’âge de départ légal à 65 ans , couplé à “un minimum de retraite à 1100 euros” pour les carrières complètes et à la “suppression des principaux régimes spéciaux”.

La CFDT a déjà fait savoir par la voix de son secrétaire général, Laurent Berger, qu’elle “combattra” cette réforme “injuste et brutale”.

Certes, c’est autour de cette proposition que le débat a tourné au cours de la campagne, mais Emmanuel Macron n’est pas le seul candidat à promettre de réformer les retraites. Entre le retour de la retraite à 60 ans, des seuils minimums fixés à 1400 ou 2000 euros ou la modification de la Constitution... les promesses sont nombreuses et parfois surprenantes, comme vous pouvez le voir ci-dessous .

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