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    Les pensions de retraite devraient augmenter de 4% cet été

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 7 April - 09:35 · 2 minutes

Les pensions de retraite devraient augmenter de 4% cet été (photo d Les pensions de retraite devraient augmenter de 4% cet été (photo d'illustration d'Emmanuel Macron et Bruno Le Maire)

POLITIQUE - Coup de pouce de dernière minute. Emmanuel Macron promet, s’il est réélu au soir du 24 avril, “d’indexer les retraites sur l’inflation dès cet été” au lieu d’attendre le 1er janvier 2023. Une hausse qui atteindrait les 4% précise son ministre de l’Économie et des Finances, ce jeudi 7 avril, à trois jours désormais du premier tour de l’élection présidentielle .

“C’est une mesure d’urgence, une mesure de justice, argumente Bruno Le Maire sur franceinfo, comme vous pouvez le voir ci-dessous , en insistant sur “l’importance de cette décision du président de la République et du candidat”:  ”Vous voyez bien notre détermination totale avec Emmanuel Macron, à protéger les Français contre les conséquences de l’augmentation des prix ”, et en particulier “les séniors”.

Interrogé sur TF1 la veille, Emmanuel Macron défendait ce geste, “compte tenu des prix” qui ont bondi en raison de la guerre en Ukraine. Difficile également de ne pas voir dans cette annonce, un appel du pied fait aux retraités à quelques heures du premier tour de l’élection présidentielle. D’autant que les séniors, plus enclins à se déplacer dans les urnes que d’autres catégories de la population, n’ont pas toujours pu compter sur cette fameuse “indexation” au cours de ces cinq dernières années.

Entre autres promesses, le président candidat, qui reste en tête des sondages malgré une lente érosion de ses intentions de vote, indique vouloir “maintenir un bouclier pour le prix du gaz et l’électricité” et “maintenir la ristourne à la pompe” si les prix continuent de monter.

Emmanuel Macron a également annoncé vouloir lancer “les grands chantiers, école, santé, retraite, autonomie, justice, dès la première année”, s’il est réélu. “Pour les retraites, il y aura une phase de concertation avec les partenaires sociaux. Mais le mandat est clair (...) ce doit être dès l’automne prochain”, a-t-il maintenu.

À voir également sur Le HuffPost: Ces électeurs de Jean-Luc Mélenchon assistent à leur premier meeting (et à leur premier hologramme)

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    Retraites: Macron veut rempiler pour réformer au pas de charge

    news.movim.eu / Mediapart · Friday, 18 February - 18:37

Enterrée par la crise sanitaire, la réforme des retraites renaîtra dans les mois suivant la présidentielle, en cas de réélection d’Emmanuel Macron. Contrairement à ses promesses passées, le chef de l’État entend repousser l’âge légal de départ. De manière rapide, quitte à passer par ordonnances.
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    www.mediapart.fr /journal/france/180222/retraites-macron-veut-rempiler-pour-reformer-au-pas-de-charge

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    L'indemnité inflation de 100 euros versée à moins de la moitié des Français bénéficiaires

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 24 January - 12:47 · 2 minutes

Les demandeurs d

CARBURANTS - C’était il y a trois mois. Sur le plateau de TF1, Jean Castex annonçait la création d’une indemnité inflation de 100 euros . Depuis, la hausse des prix du carburant ne s’est pas arrêtée et les 38 millions de Français qui touchent moins de 2000 euros net par mois n’ont pas encore touché l’argent.

Les premiers à avoir reçu les 100 euros promis ont été les étudiants boursiers, via le Crous et les travailleurs indépendants (hors auto-entrepreneurs), via l’Urssaf ou la MSA pour les exploitants agricoles, dès mi-décembre. Le 20 décembre, c’était au tour des salariés à domicile et trois jours plus tard les auto-entrepreneurs. Les salariés du privé et du public les ont théoriquement reçus avec leur paie de décembre, sauf “impossibilité pratique” des employeurs.

Le 20 janvier, ce fut au tour des allocataires de la CAF: ceux bénéficiaires du RSA, de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), du revenu de solidarité versé dans les Outre-mer, et des APL pour les étudiants non-boursiers, soit 3 millions de personnes.

“16,6 millions de Français ont touché”  a résumé le ministre chargé des Comptes publics Oliver Dussopt le samedi 22 janvier sur Franceinfo . Un peu moins de la moitié de l’objectif annoncé est donc atteint. Qui sont les 21,4 millions de Français toujours dans l’attente? Le HuffPost refait le point.

21,4 millions de Français dans l’attente

Les demandeurs d’emploi sont les prochains sur la liste. Ils doivent recevoir les 100 euros de la part de Pôle Emploi le 25 janvier. Son obtention est automatique, à condition de respecter plusieurs conditions précisées par Pôle Emploi:

  • avoir été inscrit comme demandeur d’emploi au 31 octobre 2021
  • avoir été en recherche d’emploi, en arrêt maladie ou en congé maternité
  • ne pas avoir exercé d’activité professionnelle en octobre 2021
  • ne pas avoir reçu de revenu de la part d’une autre organisation en octobre 2021

En cette fin janvier, les fonctionnaires devront aussi percevoir l’indemnité inflation. Les derniers à recevoir leurs 100 euros seront les retraités, fin février via le régime de retraite.

Toutefois, quelques exceptions sont à noter. Fin décembre, il manquait à l’Urssaf les coordonnées bancaires d’un million de Français. “L’Urssaf a contacté ses bénéficiaires, leur demandant de transmettre leur RIB. Les salariés à domicile qui n’ont pas encore touché cette indemnité doivent se manifester auprès de l’Urssaf pour pouvoir en bénéficier”, a déclaré Olivier Dussopt samedi 22 janvier. La deuxième vague de versements, qui concerne ces retardataires, doit intervenir fin janvier.

“Nous tiendrons l’objectif”, assure Dussopt

Même conséquence pour les exploitants agricoles qui ont donné leurs coordonnées bancaires tardivement à la MSA. Ils la recevront “au plus tard en janvier 2022”, a indiqué l’organisme. Ce sera février pour les indépendants et auto-entrepreneurs qui n’ont pas renseigné leur RIB à l’Urssaf.

Enfin, les entreprises n’ayant pas pu payer la prime à leurs salariés en décembre pour “impossibilité pratique” devront le faire avant le 28 février.

En tout cas, Olivier Dussopt l’a assuré ce week-end: “Nous tiendrons l’objectif des 38 millions de Français (...). C’est totalement conforme à notre calendrier.”

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi le “chèque carburant” n’est pas simple à mettre en place

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    Allocution Macron: Le président est en campagne sans le dire

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 9 November, 2021 - 21:06 · 5 minutes

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POLITIQUE - Il ne manquait plus que: ”C’est pourquoi j’ai décidé d’être candidat à ma réélection”. Mais ce n’est évidemment pas venu, car le président de la République n’est pas près d’annoncer sa candidature.

Conserver son avance dans les sondages, mobiliser son électorat et convaincre ceux qui ne le sont pas, en revanche, il ne s’en est pas privé, ce mardi 9 novembre, lors de son allocution d’une demi-heure enregistrée à l’Élysée et diffusée à 20 heures. La neuvième depuis le début de la crise, la première depuis celle du 12 juillet qui actait l’extension du pass sanitaire.

À cinq mois de l’échéance suprême , Emmanuel Macron a fait le bilan de sa gestion de la crise et de son action à la présidence de la République, avant de se projeter vers l’avenir. Le ton n’y était pas, mais le fond aurait pu se trouver dans un meeting de campagne.

Un bilan brandi comme un trophée

Sur le modèle des dernières affiches des Jeunes avec Macron , le président a loué sa stratégie du “quoi qu’il en coûte”, en soutenant que cette dernière a ”é vité à un demi-million de compatriotes de basculer dans la pauvreté”, que les soignants ont été “augmentés de 200 à 400 euros” et que malgré les investissements, “le déficit public sera inférieur à 5% cette année”.

Forcé d’enterrer la réforme des retraites pour les prochains mois, qu’il avait opportunément conditionnée à la situation sanitaire qui “se dégrade partout en Europe”, le chef de l’État a acté qu’elle ne serait pas mise en œuvre avant la présidentielle. “Les c onditions ne sont pas réunies pour relancer ce chantier”, a-t-il assumé, pour préserver “la concorde” nationale et ne pas empêcher la reprise sur laquelle comptent “les organisations syndicales et professionnelles”.

Mais comme pour contrebalancer ce renoncement qui lui sera reproché à droite et alors que les Républicains en campagne pour leur congrès reprennent du poil de la bête dans un pays qui n’a jamais été aussi à droite, Emmanuel Macron a mis la barre de ce côté-là de l’échiquier, sans se cacher.

Ainsi la “valeur travail”, thème cher à Nicolas Sarkozy est omniprésent de la seconde partie de son discours, après l’évacuation de la situation sanitaire, de l’appel à la vigilance et à la vaccination et de nouvelles mesures comme le conditionnement du pass sanitaire à une dose de rappel pour les plus de 65 ans avant le 15 décembre.

Il faudra “travailler plus longtemps”

Il nous faudra “travailler plus longtemps”, a-t-il prévenu, reportant sans le dire aussi clairement la réforme des retraites à un éventuel quinquennat supplémentaire. Conscient des tensions qu’elle a suscitées, il réitère sa volonté qu’“aucune pension ne soit inférieure à mille euros” et tente de la revendre différemment. “La retraite ne doit être ni une contrainte, ni une angoisse, mais un choix plus libre”, a-t-il précisé en estimant par exemple que ceux qui souhaitent travailler au-delà de l’âge légal le pourront.

Pour les mois immédiats, il s’est concentré sur l’ “indispensable” réforme de l’assurance-chômage dont une partie vient d’entrer en vigueur et dont l’autre sera appliquée le 1er décembre. Il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les deux dernières années, au lieu de quatre précédemment, “pour être indemnisé”, a-t-il rappelé, avant de marteler, sans plus de précision, que “ Pôle emploi passera en revue les offres sans réponse” et que “sans recherche active, les allocations seront suspendues”. Des dispositifs déjà existants, mais qui servent surtout au président pour se positionner sur la droite de l’échiquier sensible aux thèmes de l’“assistanat.

Manière aussi de mettre la pression sur les “trois millions de personnes au chômage”, alors que de nombreux secteurs “me disent peiner à recruter”, a-t-il déclaré, pour se montrer proche du terrain.

Il a des fourmis dans les jambes." Un cadre de la majorité, au "HuffPost".

Égrenant son bilan comme sur un tract, “les 15 milliards d’euros sur la formation déployés depuis 2017”, “les chiffres records de l’apprentissage” ou “le taux de chômage des jeunes au plus bas depuis quinze ans”, le président s’est placé en position d’écoute à la fin de son discours. “J’entends bien les doutes, l’incertitude, la colère quelquefois ou la fatigue quand je viens à votre rencontre. C’est une période difficile, angoissante pour beaucoup d’entre vous”, a-t-il dit en agitant la carte “empathie”, après avoir évoqué les prix à la pompe, sa volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et en annonçant la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires .

“Mais regardez ce que nous avons réussi! En agissant ensemble, unis. L’impensable”, a-t-il lancé en conclusion, comme sur une estrade. “Je vous le dis avec beaucoup de convictions, n’ayons pas peur”, a-t-il poursuivi, paraphrasant le Pape Jean-Paul II face au communisme en 1978, cette fois à l’encontre des nationalismes. “Croyons en nous! Croyons-en la France!”, a-t-il imploré comme une réponse, sans le nommer à un Zemmour décliniste. “En une France forte de son esprit de résistance à la dilution dans un monde qui va, à la soumission, aux dogmes, aux obscurantismes, au retour du nationalisme”.

Il ne manquait plus que des drapeaux, une introduction de Marlène Schiappa et une Marseillaise la main sur le cœur, et on y était. “Il a des fourmis dans les jambes”, soufflait récemment un cadre de la majorité au HuffPost . On s’en est rendu compte ce soir.

À voir également sur Le HuffPost : Retrouvez l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron

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    La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 19 June, 2021 - 03:30 · 10 minutes

retraites

P ar Thierry Benne.
Un article de l’ Iref-Europe

Une annonce aguichante : un euro de cotisation ouvre strictement le même droit à pension pour tous. Une réforme systémique qui impose la généralisation du calcul par points, un régime unifié à terme avec la fin des injustices comme celle des régimes spéciaux.

Bref, un beau coup de com’ même si, pour que la justice soit vraiment « juste », il aurait fallu aligner le calcul des droits à pension sur les seules cotisations salariales relativement homogènes tous secteurs confondus, alors que les cotisations patronales de natures intrinsèquement différentes sont rigoureusement incomparables entre le secteur public et le secteur privé.

L’abandon du chantier des retraites

Quatre ans après qu’en reste-t-il ? Plus de trois ans de discussions et de palabres stériles, trois ans d’annonces contradictoires, de volte-face, d’opacité brouillonne. Un Commissaire aux Retraites largement désavoué peu de temps après qu’il soit devenu Haut-Commissaire (la Roche Tarpéienne…) pour des raisons qui n’étaient pas toutes techniques. La succession bricolée dans l’urgence et dévolue ensuite à un nouveau Secrétaire d’État , dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas illuminé l’institution. Des débats parlementaires mal engagés devant l’Assemblée nationale, où le parti dominant a largement abusé de sa majorité en concourant ainsi à l’échec de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet, avant que le Premier ministre Édouard Philippe lui-même ne recoure en dernier ressort à l’article 49-3 de la Constitution pour mettre un point final à une première lecture devenue passablement chaotique.

Survient alors durant plus d’un an la pause obligée due à la brutale aggravation de la Covid. Soucieux cependant de mener à bien ce qu’il avait présenté comme la réforme-phare de son quinquennat, le président Emmanuel Macron vient d’annoncer tout de go au début de son tour de France qu’il fallait absolument relancer la réforme des retraites, mais qu’elle ne pourrait être reprise en l’état.

Des propos qui signent l’arrêt d’un projet mal né et qui sonnent comme un désaveu pour tous ceux qui de près ou de loin ont eu à y participer, entre autres :

– le président de la République en tête dont la maîtrise d’œuvre a été pour le moins chancelante ;

– son Premier ministre Édouard Philippe qui, avec la géniale trouvaille de l’âge-pivot , a su ajouter non pas la goutte, mais le verre plein d’eau qui ferait inévitablement déborder le vase ;

– le commissaire Jean-Paul Delevoye, dont on s’est aperçu qu’il avait certes beaucoup réuni, beaucoup conféré, beaucoup communiqué, mais qu’en réalité il n’avait en plus de deux ans rien négocié du tout ;

– et enfin le Secrétaire d’État Laurent Pietraszewski, dont l’ennui est demeuré tel en son poste qu’il s’est cru obligé de prendre la tête de liste de la République En Marche en vue de la prochaine élection régionale des Hauts-de-France.

Des erreurs à la pelle

En réalité, cette réforme avortée coche pratiquement toutes les cases d’une anthologie de ce qu’il ne fallait pas faire.

En commençant par le début, il ne suffit pas que trois ou quatre économistes de renom, fussent-ils proches du Président, griffonnent sommairement sur un coin de table l’esquisse d’une réforme des retraites qui privilégierait désormais l’approche par points, pour que d’un coup le projet prenne corps.

Il eût fallu d’abord débattre avec toutes les parties intéressées, syndicats de salariés et organisations patronales, mais aussi la collectivité des retraités et non pas seulement quelques associations bien en vue. Il eût fallu aussi entendre attentivement leurs revendications, les étudier posément, les discuter sereinement, puis enfin négocier pied à pied en s’assurant que l’avancée du projet ne perdait jamais de vue ni sa faisabilité, ni son équilibre financier.

C’est ainsi que tout au long de cette démarche, on aurait dû veiller à l’établissement originel et à l’actualisation régulière d’un plan-masse financier qui détaille toutes les recettes et toutes les dépenses actées, afin de pouvoir lors du cadrage final du projet présenter des chiffres convaincants, connus et acceptés de tous et qui garantissent l’équilibre global de la réforme, avec des prévisions sérieuses tant pour l’indispensable période de transition, qu’une fois atteint le régime de croisière.

L’échec en marche

Or, c’est seulement lors du dépôt du projet de loi sur le bureau de l’Assemblée nationale qu’on s’aperçut que – selon les dires mêmes du Conseil d’État – le projet était à ce point lacunaire que sa lecture ne permettait pas à la Haute Assemblée de se prononcer valablement sur la réforme. Dès le début des débats, l’opposition protesta que le projet naviguait quasiment sans véritable étude d’impact, pourtant obligatoire pour une réforme de cette importance.

Certes, l’exécutif piqué au vif poussa les feux pour bâcler rapidement un document-fleuve, mais son volume, comme son retard de communication excluaient à eux seuls tout travail législatif sérieux. Par ailleurs, l’interrogation cruciale sur l’équilibre global de la réforme n’était toujours pas levée. L’arrogance du parti majoritaire et l’intransigeance de la présidente de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet firent le reste, en favorisant le foisonnement déraisonnable des amendements, de concert avec le déchainement des corporatismes, pour aboutir finalement au constat d’échec de ladite commission.

Rappelons quand même que tout ce beau monde avait trouvé parfaitement normal que le Conseil d’Administration de la future Caisse Nationale de Retraite Universelle ne comporte pas la moindre représentation collective et élue des retraités. Ce qui est quand même un comble d’exclure avec 18 millions de retraités, rien moins que le quart de la population française et l’intégralité des pensionnés-vieillesse, lorsqu’on revendique un double caractère national et universel pour cette institution.

Dès lors, il était clair que le projet avait perdu son cap et que désemparé, il ne se bornait plus qu’à errer à la corne de brume, avant que la progression foudroyante de la Covid ne lui procure opportunément ce répit qu’on appelle une trêve.

Un immense gâchis

De ce projet bâclé et peu glorieux, on peut regretter notamment :

– au-delà des milliers de tonnes de papier vainement imprimé, les dizaines – et probablement plus encore – de millions d’heures perdues de toute part, autant dans le secteur public que dans le secteur privé, à analyser et à débattre y compris au Parlement d’un projet inabouti, mal calé sur ses fondamentaux, à la logique fuyante et dont apparemment personne du côté du pouvoir n’avait eu la lucidité de pointer et encore moins de corriger les cruelles insuffisances et les nombreuses ambiguïtés ;

– la supercherie du Grand Débat National réduit en une simple collecte de données à dépouillement strictement statistique, sans tenir aucun compte de la teneur réelle des propositions des contributions les plus soigneusement rédigées, dont certaines présentaient pourtant un caractère pertinent ;

– la volonté systématique et en quelque sorte pathologique d’exclure les retraités de tous les endroits où ils pourraient être utiles et notamment quand leur expérience est irremplaçable (les actifs : que connaissent-ils exactement de la retraite ?). On notera que l’attention personnelle du président de la République a été à plusieurs reprises attirée par écrit sur cette ségrégation, sans qu’il ait jamais daigné porter à cette question le moindre intérêt ;

– l’enchaînement des grèves et des manifestations qui ont sans doute coûté fort cher au pays en pénalisant sévèrement et durant de longs mois l’activité nationale, l’ensemble des usagers et des entreprises étant une nouvelle fois pris en otages ;

– les incertitudes de la réforme, qui n’ont sans doute pas pesé pour rien dans l’obstination des Gilets jaunes ;

– la perte de confiance à l’étranger en la capacité de la France à se réformer et à ne serait-ce qu’amorcer un meilleur contrôle de ses dépenses publiques ;

– la dévalorisation de la procédure constitutionnelle de l’article 49-3, lorsqu’elle ouvre sur le vote de force de projets de loi, dont le retrait ultérieur par leurs auteurs confirme la médiocrité ou la parfaite inanité.

Visiblement, la stratégie gouvernementale a été plus qu’hésitante et tout au long de son parcours le projet a donné une impression de flottement, avec l’avènement final d’un immense gâchis dû tout autant à l’impréparation qu’à l’arrogance du pouvoir, comme à celles d’une majorité qui a fait semblant pendant trois ans de maîtriser parfaitement une réforme, qu’en réalité personne n’avait sérieusement ni préparée, examinée, ni planifiée.

Et la déception est d’autant plus grande que de nombreux électeurs avaient choisi le Président Macron précisément pour le côté rassurant de son expertise financière. On vient tout juste de s’apercevoir que l’excellence dans le domaine des fusions-acquisitions ne garantit nullement la réussite d’une réforme aussi ambitieuse et aussi complexe que celle des retraites.

Conclusion

Puisse ce grave échec instruire le pouvoir, qui se dit prêt à lancer la saison 2 de sa réforme dès avant la prochaine échéance présidentielle et notamment :

– l’engager à ne plus confondre les simples auditions des partenaires sociaux et des autres avec des discussions approfondies, ni ces discussions avec les négociations subséquentes qui doivent clore les échanges ;

– l’obliger à considérer la collectivité des retraités – et non pas seulement certains d’entre eux- comme ses interlocuteurs obligés en raison même de l’expérience qu’ils sont seuls à avoir et parce qu’un système de retraite sans retraités ne veut rien dire ;

– le conduire à admettre les amendements de bon sens, même lorsqu’ils ne viennent pas de sa majorité ;

– l’amener à se soucier dès le début et non pas simplement in fine des équilibres financiers en cause ;

– l’inciter enfin à construire patiemment une véritable étude d’impact pour éviter de fournir in extremis une somme indigeste destinée à saturer le lecteur et à décourager toute approche critique de sa part ;

– enfin, s’abstenir d’ajouter à la dernière minute une clause-surprise non négociée, telle que l’âge-pivot, qui questionne la cohérence du projet tout entier en déséquilibrant tout à la fois sa présentation et sa discussion.

Et enfin, alors que les équilibres financiers ont été mis à mal par la Covid, il faudra pour prévenir un second échec, qui serait cette fois dirimant, repenser entièrement toute la réforme et accorder aux débats toute la durée indispensable, en s’interdisant la trompeuse facilité d’un rafistolage bricolé d’urgence et sous la pression.

Il conviendra notamment de prendre le temps de projeter la réflexion nécessaire très au-delà de la prochaine échéance présidentielle, tout simplement parce qu’il s’agit cette fois, au-delà même des contraintes financières, de garantir aux retraités qu’ils seront désormais pleinement associés aux choix qui les concernent et que la dernière partie de leur vie se passera dans la dignité et en évitant la misère.

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