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    Retraites, les manœuvres financières continuent

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 9 February, 2021 - 04:30 · 4 minutes

retraites

Par Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari.

Le projet de fusion des caisses de retraites existantes a achoppé sur les multiples oppositions d’acteurs craignant à tort ou à raison que le changement soit synonyme de dégradation. Dans les faits, la réalité est malheureusement différente.

Si les démarches visant à uniformiser les promesses faites aux futurs retraités sont à l’arrêt suite au dernier conflit social et à l’apparition de la pandémie, les manœuvres de fusions financières continuent. Elles visent à centraliser la trésorerie dans les mains de l’État et à réduire les réserves, pourtant très utiles, comme le montre la crise actuelle. Ces tendances concourent à dévitaliser les pratiques responsables des caisses existantes, ce qui n’est pas une bonne nouvelle du point de vue des assurés sociaux.

Les retraites, coté Agirc-Arrco

Côté Agirc-Arrco , l’étau se resserre. À partir du 1er janvier 2022, c’est l’Urssaf qui assurera le recouvrement des cotisations dues au titre des régimes de retraite complémentaire obligatoire du privé. L’État centralisera les 85 milliards de cotisations destinés chaque année à financer les retraites complémentaires du privé. Cette décision, en apparence technique, est loin d’être anodine.

Centralisateur des capitaux, l’État détiendra tous les pouvoirs, les caisses Agirc-Arrco perdant toute leur autonomie financière. Comptables des promesses faites aux salariés, elles dépendent des cotisations des salariés pour verser les pensions de retraites, selon la logique de la répartition.

Des inquiétudes existent aussi sur le devenir des réserves. Comme toutes les caisses de retraites responsables, l’Agirc-Arrco a accumulé au fil des années des réserves, représentant 65 milliards d’euros fin 2019. Placées en produits obligataires et en actions, ces réserves ont généré un gain de l’ordre de un milliard en 2019 permettant à l’Agir-Arrco d’être à l’équilibre. Mais la Covid a fragilisé les comptes, avec 7 milliards d’euros de pertes attendues en 2020.

Naturellement, les réserves serviront d’amortisseur, ce qui pose la question de leur reconstitution une fois la pandémie passée. Dans le cadre de l’accord sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco de mai 2019, les partenaires sociaux avaient convenu qu’ils feraient en sorte d’avoir au moins la moitié des allocations en réserves à échéance de 15 ans. Il n’est pas sûr qu’ils puissent atteindre cet objectif et que l’État leur laisse les moyens de l’atteindre.

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics s’attellent à minimiser l’importance des réserves. Ils ont notamment brisé la montée en puissance du Fonds de réserves des retraites (FRR) en dépit de son succès. Ce fonds, créé en 1999, était une action intéressante de Lionel Jospin, qui avait par ailleurs bloqué la mise en place des fonds de pensions, en refusant de promulguer les décrets d’application de la Loi Thomas. Le FRR s’est moins bien développé que prévu en raison de l’inconstance de l’État, toujours à la recherche de capitaux.

Dès 2011, il a commencé à être vidé pour accélérer le remboursement de la dette sociale. Une aberration – la gestion du FRR dégage un rendement cinq fois supérieur au coût de financement de la dette cantonnée à la CADES – censée durer jusqu’à son extinction en 2022. Mais avec la crise, l’échéance a été prolongée jusqu’en 2033. Taillable et corvéable à merci, le FRR a aussi été mis à contribution pour éponger les déficits de l’assurance maladie et pourrait servir à financer la dépendance.

La crainte de toutes les caisses de retraites privées ayant des réserves est naturellement de subir le même processus, avec un État démantelant les modes de gestion responsables mis en place. On les comprend. Sous couvert de rationalisation vertueuse, l’État privilégie le court terme sur le temps long ; et en position de juge et partie, il a multiplié les mauvaises décisions en matière de retraite. Dès 1853, il fermait d’autorité 25 caisses de retraites par capitalisation.

Cette décision généralisait le financement des retraites des fonctionnaires d’État par le budget en créant une bombe à retardement. On connait la suite, avec des retraites jamais provisionnées, financées par les contribuables et de la dette. Cent soixante-dix ans plus tard, nous faisons toujours les frais de cette démarche imprévoyante qui, ironie de l’histoire, motive une réforme des retraites centralisant encore plus les pouvoirs dans les mains de l’Etat . Le contraire de la bonne gestion, de la diversification des risques et de la recherche d’anti-fragilité chère à Nicholas Nassim Taleb…

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    Démographie française : virus, retraites, immigration et émigration

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 27 January, 2021 - 03:50 · 9 minutes

Par Yves Montenay.

La presse nationale a récemment relayé les principaux chiffres du bilan démographique français 2020 publié par l’INSEE . Mais les chiffres ne sont rien sans leur contexte, c’est-à-dire leurs causes et leurs conséquences, parmi lesquelles le virus et ses effets sur les retraites, l’immigration et l’émigration. C’est aussi l’occasion de vous exposer mes idées hétérodoxes sur ces questions.

Le virus impacte-t-il la fécondité française ?

Ce qui a frappé la plupart des journalistes, c’est la baisse des naissances qui sont passées à 740000, contre 820 000 en 2014, soit 1,84 enfant par femme, alors que le taux de fécondité doit être au minimum de 2,1 pour assurer le renouvellement des générations.

Certains ont un peu rapidement accusé le virus, oubliant qu’il faut neuf mois de gestation entre un événement et sa conséquence éventuelle sur les naissances.

L’impact sera donc sentir en 2021, et on aura sûrement du mal à distinguer si le confinement a rapproché ou éloigné les couples, ou si ceux dont l’emploi a été détruit ou menacé ont retardé leur projet de fonder une famille.

Cet impact va continuer en 2022, car il est probable que fin mars 2021 la pandémie ne sera pas terminée et surtout que les emplois perdus ne seront pas encore retrouvés.

Or il est admis aux États-Unis qu’un point de chômage de plus entraîne une baisse d’un point des naissances .

Les raisons de la baisse de la fécondité en 2020 sont ailleurs

Parmi les raisons de la baisse de la fécondité en France, il y a en premier lieu la forme de la pyramide des âges française avec moins de parents potentiels, c’est-à- dire d’adultes en âge de procréer.

Pyramide des âges 2020 - France et France métropolitaine

Ensuite nous avons ce que l’on nomme l’effet calendrier, c’est-à-dire le recul de l’âge de la mère à la naissance de son premier enfant ainsi qu’aux naissances suivantes. L’âge moyen de la maternité atteint 30,8 ans en 2020.

C’est un phénomène qui n’est pas récent, peut-être lié à l’allongement de la durée des études et à la difficulté croissante de trouver un emploi stable entre 20 et 30 ans. On retrouve la raison exposée ci-dessus pour les États-Unis : la précarité pèse sur la fécondité.

Autre phénomène à long terme, l’érosion des avantages financiers aux parents :

  • au nom de la solidarité , les aides allouées aux ménages aisés ont été progressivement rabotées, voire annulées, au profit de celles distribuées aux familles moins riches.
  • au nom de l’ égalité , on ne veut pas que les enfants des ménages riches rapportent à leurs parents davantage d’argent que ceux des pauvres via le quotient familial lié aux impôts.

Certes les ménages aisés ne font pas d’enfants pour avoir de l’argent, mais cela crée une ambiance de moins en moins favorable à la fécondité.

Les démographes en étaient d’ailleurs tout à fait conscients lorsqu’ils ont demandé en 1939 que la politique nataliste ne soit pas confondue avec la politique sociale.

Mais cette idée a été cataloguée de droite, comme étant une façon indirecte de maintenir les femmes à la maison, ce à quoi la gauche est opposée. Celle-ci a donc rogné les avantages financiers à chacun de ses passages au pouvoir.

L’expérience montre pourtant que les Françaises ont en général à la fois un travail et des enfants, même si c’est acrobatique.

Bref, il est vraisemblable qu’en 2021 et 2022 le nombre de naissances continuera à baisser, et que le virus en sera directement responsable, ou indirectement du fait des difficultés économiques.

L’impact du virus sur les décès 2020

Les décès sont au nombre de 667 000, soit une augmentation d’environ 54 000 morts par rapport à 2019. Tiens, direz-vous, c’est un chiffre plus faible que celui que l’on apprend chaque soir, celui du nombre de morts dus au virus.

En effet, en parallèle, les confinements ont diminué les décès par accident, de la route ou du travail (6 % de moins pour les moins de 25 ans)… Ils ont également diminué les décès dus à la grippe dont le virus a lui aussi pâti des précautions sanitaires.

Cette mortalité liée au virus, minorée par la diminution des autres causes de décès, restera probablement élevée en 2021.

Une fois terminée cette perturbation due à la pandémie, le nombre de décès devrait continuer à augmenter doucement avec le vieillissement de la population. Conjugué à la diminution probable de la fécondité, cela va considérablement diminuer l’accroissement naturel de la population française.

Le virus et les retraites

Voilà un beau sujet, auquel n’ont pas résisté certains complotistes : « Et si c’était une manière de tuer les vieux pour soulager les caisses de retraite ? » Hélas pour les cyniques, ça ne va pas très loin. On ne pourra chiffrer cet effet sur les dépenses des caisses de retraite que dans deux ou trois ans, mais un calcul extrêmement grossier montre qu’il est momentané et secondaire.

Momentané, car beaucoup de décès dus au virus atteignent des personnes non seulement âgées, mais déjà affaiblies (diabète, pathologies cardiaques, forte obésité…) , qui seraient mortes de toute façon un petit nombre d’années plus tard.

Nous allons supposer quatre années en moyenne dans le calcul qui suit.

Si le retraité moyen perçoit 1382 euros net par mois, soit 16 584 euros par an, et si l’on suppose qu’en 2020 et 2021, 70 000 retraités mourront quatre années plus tôt, cela fait 4,6 milliards d’euros d’économie. Cette somme est certes importante, mais il ne faut pas oublier qu’à l’inverse, les actifs et leurs employeurs payent actuellement beaucoup moins de cotisations du fait des difficultés économiques. Je n’ai pas connaissance du chiffrage pour l’instant, mais je parierais volontiers que les caisses sont en train de s’endetter et pas du tout de prospérer !

Ces 4,6 milliards d’euros de retraites non versées à 70 000 personnes restent faibles si ils sont rapportés au total des retraites versées à nos 16,4 millions de retraités durant ces mêmes quatre années. Cet impact disparaîtra ensuite, sauf nouvelle pandémie ou autre catastrophe.

Rappelons que les actifs ne sont pratiquement pas atteints mortellement par le virus . Ce sont eux eux qui voient au contraire leur mortalité baisser via les accidents évités grâce aux confinements. La population active ne sera donc pas atteinte.

Le virus et l’immigration

Là, l’effet est net : l’immigration a chuté. En effet la circulation internationale a été profondément perturbée, notamment pour les étudiants.

Beaucoup d’adversaires de l’immigration vont se réjouir, mais à tort. De même que l’on ne voit pas les trains qui arrivent à l’heure, mais seulement ceux qui ont un problème, on ne voit que les immigrants qui en posent et non la grande majorité qui est indispensable à la production nationale, notamment dans les hôpitaux ! Le gouvernement vient d’ailleurs d’offrir la nationalité française à des centaines de médecins algériens.

Quelques chiffres pour situer cette baisse de l’immigration : 20 % de titres de séjour en moins, 27000 visas pour le travail contre 39 000, la baisse la plus forte touchant les deux extrêmes en matière de qualification : les scientifiques et les saisonniers. On espère que les scientifiques ont compensé partiellement leur absence par un télétravail avec la France.

Le regroupement familial est passé de 91 000 à 75 000, les étudiants de 90 000 à 72 000, l’humanitaire de 37 000 à 32 160 200. Soit un total de 220 000 titres de séjour compte tenu des divers.

Ce chiffre est néanmoins considéré énorme par certains, mais il faut rappeler qu’une partie des étudiants repart.

Plus généralement, en déduire que la France est ouverte à l’immigration est une erreur car il est extrêmement difficile d’immigrer si l’on n’entre pas dans l’une des catégories ci-dessus. Nous perdons vraisemblablement beaucoup de personnes qualifiées, alors que les États-Unis en recrutent dans le monde entier, notamment en conservant les meilleurs étudiants.

Le regroupement familial est dans le collimateur mais comme pour les autres pays, il nous est imposé par les traités internationaux. La fraude aux vrais passeports établissant faussement une parenté est probable, mais l’opinion s’est prononcée contre l’obligation de tests génétiques.

Chez nos voisins britanniques, la diminution de la population a été brutale et importante, avec le départ des citoyens européens préférant rentrer au pays, c’est-à-dire en général dans une maison familiale, au lieu de payer un loyer en Grande-Bretagne. Il s’agit surtout de Polonais dont la présence jugée excessive a été l’une des raisons de la victoire des Brexiters .

Le virus et l’émigration

Là, on ne peut faire que des supputations.

Il est en effet impossible de mesurer l’émigration, car il n’y a aucune formalité administrative à faire pour quitter la France. On ne peut que lancer quelques coups de sonde a posteriori (liquidations fiscales, inscription dans les consulats étrangers…).

On sait seulement qu’elle est très importante depuis longtemps (100 à 200 000 par an ?), mais néanmoins proportionnellement moins forte que celle de nos voisins qui partent massivement, tel que par exemple les Britanniques vers les États-Unis ou les Italiens vers l’Allemagne .

Il est probable que les restrictions d’entrée dans les pays étrangers auront fortement diminué l’émigration française cette année et probablement en 2021, mais on ne le saura que dans un certain temps.

Une opportunité pour mieux gérer l’immigration

Finalement, le virus a légèrement aggravé notre situation démographique. Profitons-en pour rendre plus efficace la gestion de l’immigration.

En effet, si le virus a chamboulé quelques chiffres particuliers, il n’a pas encore modifié profondément la démographie française. Il a accéléré sa détérioration avec la diminution des naissances qui devrait être constatée en 2021 et 2022.

Mathématiquement, un recours accru à l’immigration serait souhaitable, mais l’opinion n’en veut pas, ignorant les personnes qualifiées s’intégrant sans bruit et sans lesquelles la chute de notre niveau de vie serait brutale, comme vont bientôt le constater les Anglais.

Mais nous sommes en démocratie, donc la vis va continuer à être serrée, au lieu de réfléchir à un changement de législation.

Je rêve par exemple d’un rôle donné aux chefs d’entreprise en matière d’immigration, en contrepartie d’un contrat de travail et d’un suivi de l’intégration. Ce serait dans l’intérêt de tous, mais se heurtera à une double réaction idéologique : celle, en principe de droite, des anti-immigration et celle, en principe de gauche, considérant que l’on traiterait ainsi les immigrés comme des marchandises…

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    Comment l’État s’apprête à faire les poches des retraités

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 16 January, 2021 - 04:40 · 8 minutes

retraités

Par Thierry Benne.
Un article de l’Iref-Europe

Tel la cigale de la fable , une fois de plus fort pris au dépourvu après avoir dépensé sans compter pour faire face à la pandémie, il semble que l’État s’apprête, notamment sur les conseils du Comité de Suivi des Retraites, à faire une nouvelle fois la poche des retraités.

Deux raisons sont avancées :

  • leurs pensions de retraite font partie des rémunérations qui n’ont pas été affectées par les diverses mesures de restriction ou de fermetures prises au titre de l’épidémie et pour rétablir l’équité il faut donc exiger des retraités une sorte de contribution de solidarité sous une forme ou sous une autre ;
  • leur niveau de vie dépasse encore légèrement aujourd’hui le niveau de vie moyen de l’ensemble des ménages.

En réalité, et comme nous allons le démontrer, ces deux raisons sont tout autant dénuées de fondement l’une que l’autre.

Le maintien du montant des pensions de retraite

Le chœur des censeurs, qui ne brille pas davantage par sa clairvoyance que par son sens de la justice sociale, dénonce l’injustice insoutenable qui fait, qu’à l’écart de la pandémie, les pensions des retraités ont continué à être versées dans leur intégralité, alors que d’autres catégories sociales, telles les chômeurs partiellement indemnisés ou les indépendants contraints de cesser leur activité, ont vu chuter leurs rémunérations en dépit des indemnisations mises en place.

Ils estiment donc que les retraités ainsi privilégiés doivent en retour à la solidarité nationale un sacrifice particulier sur leurs pensions.

Assurément, c’est aller un peu vite en besogne.

En termes de vies humaines, les retraités sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut à la pandémie, aggravé encore par le comportement erratique des pouvoirs publics qui ont confiné nombre d’EHPAD, en les interdisant pratiquement de soins et dans des conditions qui s’apparentent davantage à une forme larvée d’euthanasie qu’à une approche curative.

En dehors des indépendants de nombreuses catégories sociales, la plupart des employés des services publics n’ont rien perdu à l’occasion de la pandémie, tout simplement parce que leurs salaires et avantages ont été intégralement maintenus, même pendant les périodes de confinement les plus strictes.

On observe même que certains actifs ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu, soit que le télétravail mis en place ait considérablement réduit leurs frais d’emploi et de garde, soit que le maintien intégral de leur rémunération antérieure se soit accompagné de substantielles réductions de service, voire parfois de quasi- suppressions de service ; notamment poste, justice, enseignement, guichets de Sécurité sociale et comme de juste, RATP et SNCF.

Pourtant, entre un retraité ayant perçu l’intégralité de sa pension après avoir dûment acquitté ses cotisations et un salarié dont tout le salaire a été maintenu pendant les périodes de confinement sans plus accomplir son service, quel a été le mieux traité ?

Il n’existe donc aucune raison que les retraités les plus durement touchés par la pandémie soient les seuls à acquitter sous une forme ou sous une autre une sorte de nouvelle contribution de solidarité nationale, alors que de nombreuses catégories sociales davantage épargnées et mieux soignées et d’autres plus chanceuses encore ont réussi jusqu’ici à traverser la crise sans dommage pécuniaire ou sanitaire apparent et même parfois avec profit.

Et si vraiment nos censeurs tiennent à leur contribution, qu’ils la proposent donc en priorité à tous les corps de la fonction publique dont le salaire a été intégralement maintenu sans que le service le soit également ! Mais ce n’est sans doute pas un hasard si la plupart des bonnes âmes qui veulent taxer les retraités appartiennent précisément à la fonction publique.

La référence fallacieuse au niveau de vie des retraités

Dans les milieux gouvernementaux, comme dans certaines publications statistiques ou encore dans la haute fonction publique il est de bon ton de substituer la référence du niveau de vie à celle du montant des pensions pour piloter l’indexation de ces dernières, en en profitant pour réduire au pain sec les retraités qui assistent impuissant au gel répété de leurs pensions ou à l’ augmentation non compensée de leur CSG .

Cela permet de faire des retraités des privilégiés puisqu’en 2018, leur niveau de vie mensuel par unité de consommation s’établit à 2100 euros contre 2041 euros pour la moyenne de l’ensemble de la population. Or dans tous les cas, ce calcul est intellectuellement malhonnête et moralement inadmissible.

En effet le niveau de vie ajoute au montant des pensions de retraite d’éventuelles rémunérations accessoires, divers transferts et surtout le montant des revenus du patrimoine des retraités.

Or, le patrimoine, qui s’acquiert par accumulation, croît normalement avec l’âge de son détenteur et toutes conditions égales par ailleurs un septuagénaire ayant gravi tous les échelons de sa carrière, dégagé au surplus des charges de famille et d’emprunts dispose inévitablement d’un patrimoine plus important qu’une jeune quadragénaire au milieu de sa carrière et supportant à la fois des charges de famille et d’emprunt.

On ne peut donc statistiquement comparer les revenus du patrimoine d’un retraité avec ceux nécessairement très inférieurs de la moyenne des Français développant une moyenne d’âge inférieure de moitié ou presque à celle des retraités. Les premiers sont inévitablement plus importants que les seconds. Et ce sont essentiellement les écarts enregistrés sur ces revenus du patrimoine qui permettent aux retraités, malgré des pensions inévitablement inférieures aux salaires, d’obtenir in fine un niveau de vie légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population, en sachant toutefois que cette situation n’est que provisoire, car les salaires augmentent plus vite que les pensions.

Inversement, et cette évidence semble curieusement échapper au Comité de Suivi des Retraites, tous les retraités n’ont pas nécessairement un patrimoine important et on ne peut pas régler de manière uniforme, aveugle et a minima la revalorisation uniforme des pensions de tous les retraités en se référant aux revenus moyens d’un patrimoine moyen, dont beaucoup de retraités ne disposent pas.

Enfin, si malgré tout on tient à ce que l’indexation des retraites puisse être plafonnée en fonction du niveau de vie moyen des retraités, il n’y a aucune raison qu’une telle restriction ne pèse pas également sur les revenus de toutes les autres catégories sociales, dont la hausse des rémunérations devrait être aussi individuellement pilotée en fonction de l’importance de leur niveau de vie.

On voit la suite… et certains des plus hauts corps de la fonction publique non dépourvus en patrimoine risqueraient fort de devoir prendre à leur compte l’inflation et plus si nécessaire. À défaut, les principes constitutionnels d’égalité entre les citoyens et d’égalité devant la contribution aux charges de la Nation seraient donc une nouvelle fois bafoués, à moins que le Conseil constitutionnel ne se décide enfin à appliquer le texte même de la Constitution au lieu de l’interpréter et de l’infléchir au gré de ses humeurs.

Conclusion

Il est donc clair que, quelque soit le bout par lequel on aborde la question, elle ne reçoit jamais une réponse logiquement satisfaisante, juridiquement fondée, ni économiquement juste.

Contrairement à ce que l’on tente de nous expliquer, l’institution d’une nouvelle mesure attentatoire au pouvoir d’achat des retraités ne correspond à aucun souci de solidarité, mais à une nouvelle manifestation de cette hargne anti-générationnelle que l’on voit poindre et s’épanouir librement contre les retraités considérés par certains comme autant de bouches inutiles à nourrir, par d’autres comme des parasites pour les générations plus jeunes, les derniers y voyant des nantis insouciants passant le plus clair de leur temps dans de luxueuses croisières vers des pays lointains.

Quand en plus on s’aperçoit qu’en violation de toutes les déclarations internationales protectrices des droits de l’Homme, ces retraités sont abusivement exclus de toutes les institutions consultatives et de la plupart des caisses de retraite du pays, quand on sait qu’ils ne manifestent guère qu’exceptionnellement et alors toujours ou presque pacifiquement, on dispose de tous les éléments de réponse à la revendication de nos censeurs.

On sait maintenant qu’elle ne doit rien à l’intérêt général, mais bien plutôt à une volonté prédatrice et malsaine d’imposer une nouvelle mortification aux aînés, sans même s’apercevoir que ce sont leurs propres parents que nos justiciers s’apprêtent à appauvrir une nouvelle fois.

Et puis, il n’est pas besoin d’être un politologue avisé pour craindre qu’en 2022 lors des prochaines échéances électorales nationales, les plus de 17 millions de retraités ainsi matraqués ne manifestent plus tout à fait la même fidélité à un pouvoir qui, durant cinq ans, n’aura cessé de se moquer d’eux, de les mépriser et de les châtier. Tous ceux qui leur doivent leur élection feraient bien d’y penser dès maintenant.

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    Les retraites complémentaires du privé menacées par ceux qui ne sont pas concernés

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 20 October, 2020 - 03:10 · 2 minutes

les retraites

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Pourquoi faut-il que nos retraites complémentaires (celles du privé) soient confiées à des syndicalistes et à des gens qui ont fait leur carrière dans le public et qui ne sont nullement concernés par la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

Dans le régime unique envisagé par Macron , les régimes complémentaires du privé seraient adossés au régime général : la Sécurité sociale bénéficierait ainsi des dizaines de milliards (70 milliards pour Agirc-Arrco) de réserves des caisses de retraite ! Mais est-ce qu’il restera encore de l’argent ?

Car, selon les dernières nouvelles, la situation semble empirer. Le 5 octobre dernier, on a appris que contrairement à ce qui était prévu les pensions de retraite complémentaire des salariés du privé pourraient ne pas être revalorisées le 1er novembre du montant de l’inflation, mais gelées jusqu’à l’année prochaine. C’est la préconisation du bureau de l’Agirc-Arrco qui sera soumise à l’approbation du conseil d’administration du régime de retraite.

Les comptes du régime Agirc-Arrco affichent un déficit qui pourrait se creuser cette année à 6,5 milliards d’euros, après être revenus à l’équilibre l’an dernier. Les réserves baissent au regard des charges à couvrir : alors qu’elles représentaient 81 % des prestations servies en 2019 et encore 73 % en 2020, elles devraient tomber à 67% en 2021 et passer sous la barre des 50 % en 2026.

À cette date, les réserves représenteront donc moins des six mois de prestations prévus dans l’accord de 2019.

Agirc-Arrco, ce sont plus de 23 millions de cotisants et presque 13 millions de retraités du… privé. Ce sont donc eux qui vont souffrir alors que les fonctionnaires et les retraités de la fonction publique n’ont aucun souci à se faire pour leur retraite.

Pour sauver la retraite complémentaire, il faudrait réformer en profondeur le système, et non plus la confier aux « partenaires sociaux » et autres représentants de la sphère publique.

Jean-Claude Barboul, le président CFDT de l’Agirc-Arrco, a fait carrière au sein des Assédic et de Pôle Emploi. Le (nouveau) directeur de cabinet de l’Agirc-Arrco, Frédéric Amar, est administrateur civil, diplômé de l’ENA. Il a débuté à la direction du Budget, au ministère des Finances, et a exercé des fonctions de conseiller dans plusieurs cabinets ministériels entre 2006 et 2009. Il était depuis juin 2017 adjoint au sous-directeur des retraites et de la protection sociale complémentaire, au sein de la direction de la Sécurité sociale (DSS). Il a également occupé pendant six ans, de 2009 à 2015, les fonctions de directeur de cabinet et de secrétaire général de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

Pourquoi faut-il que nos retraites complémentaires (celles du privé) soient confiées à des syndicalistes et à des gens qui ont fait leur carrière dans le public et qui ne sont nullement concernés par la retraite complémentaire Agirc-Arrco ? Mettons nos retraites dans des fonds de pension pour les sauver. Comme dans beaucoup d’autres pays.

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    Réformes et investissements : Bruxelles évoque des conditions pour bénéficier du plan de relance

    eyome · news.movim.eu / souverains · Friday, 18 September, 2020 - 21:22 edit

Réformes et investissements : Bruxelles évoque des conditions pour bénéficier du plan de relance

Il y aurait donc des conditions ? AH BON ?!?!?

#France, #Politique, #fr, #UE, #Retraites, #Réformes, #Souverains, #Souverainisme

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    L’Accord Européen : un déplorable « plan d’endettement de 750 milliards » (1/2)

    eyome · news.movim.eu / souverains · Wednesday, 9 September, 2020 - 07:12

'Tention, ça risque de piquer un peu...

(Si c'est trop long, vous pouvez toujours passer directement au chapitre V, l'essentiel est là.)

Un plan de relance où on paie deux fois plus que ce qu'on gagne, c'est pas banale, il faut au moins le signaler ! Roosevelt n'y avait pas pensé !

Et faites des réserves de merguez ; les réformes que la France doit engager pour "bénéficier" de ce plan, passent par la réforme des retraites, pas plus tard que maintenant. Et c'est pas parce que L'estrême drouate le dit aussi que c'est faux... Juste comme ça...

"Une autre Europe", "une Europe plus sociale", ça se mérite ! xD

Vivement le 2ième épisode !

#France#Politique#fr#UE#PlanDeRelance#Retraites#Souverains#Souverainisme

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    CNT 31 · Tuesday, 8 September, 2020 - 10:33

#Retraites : le #gouvernement prépare l’offensive

J. #Castex l’a martelé : “Nous la ferons”. Hier, L. #Pietraszewski, le secrétaire d’État chargé de la Santé au #travail et des retraites, a annoncé l’ouverture de leur “discussion” le 8 octobre.

Dans un contexte de crise historique du capitalisme, ou le chômage et la précarité s’envole, ce gouvernement patronal de combat, est déterminé. Le #MEDEF, lors de son université d’été, a lui réaffirmé sa volonté d’en finir avec les 35 h, et a applaudi avec enthousiasme Castex pour l’engagement ferme du gouvernement en faveur du #patronat.

Nous ne sommes pas des partenaires sociaux. Nous ne paierons pas la #crise. Le #Capital nous fait la guerre ? Guerre au Capital. Travailleur-euses, qu’on soit salarié-e, au chômage, retraité-e, en formation… pour faire face, regroupons nous dans notre organisation de #classe : le #syndicat. Chacun-e pour tou-te-s et tou-te-s pour chacun-e.

Castex “Nous la ferons” : https://www.rtl.fr/actu/politique/reforme-des-retraites-nous-la-ferons-affirme-jean-castex-sur-rtl-7800772205

Pietraszewski : https://www.publicsenat.fr/article/politique/reforme-des-retraites-les-discussions-avec-les-partenaires-sociaux-reprendront

Castex donne des gages aux patrons : https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/27/devant-le-medef-jean-castex-donne-des-gages-aux-patrons-pour-la-relance-economique-du-pays_6050077_823448.html

Medef vs. 35 h : https://www.revolutionpermanente.fr/Le-Medef-reitere-sa-volonte-d-en-finir-avec-les-35H-a-son-universite-d-ete

#social #capitalisme #syndicalisme #lutte #grève #société #économie #politique #CNT
https://upload.movim.eu/files/7b4a27eed4cd52381dd25ae94920402e838b41d3/cwC65uQyJbMXCFIAD7Wdr53m8JS6FimiTiVxf0fg/action_capitole_3.jpg
#Toulouse : Action au Capitole " vive la sécu" !

C’était samedi dernier. Des actions ont eu lieu dans la matinée, dont une au capitole, malgré l’arrêté préfectoral d’interdiction. #Santé, #chômage, #logement, #retraites, services publics : la #Sécu nous protège, Moudenc la brade, Macron la détruit

Voici une vidéo de l’action express au capitole : https://www.facebook.com/GiletsJaunesToulouse/videos/1152421705150678/

Voici le tract de l’action et le communiqué de post-action : http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article1196

#précarité #manifestation #unedic