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    Au Royaume-Uni, Boris Johnson a démissionné mais pour sa succession tout reste à faire

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 14:20 · 4 minutes

Boris Johnson, ici en mai 2022, a tiré sa révérence à la tête du gouvernement britannique ce jeudi 7 juillet. Boris Johnson, ici en mai 2022, a tiré sa révérence à la tête du gouvernement britannique ce jeudi 7 juillet.

ROYAUME-UNI - La vague de “grande démission” aura même emporté le locataire du 10 Downing Street, Boris Johnson. Contraint et forcé par ses ministres de se mettre en retrait après des mois de scandales liés au “Partygate” et à son manque de discernement dans la lutte contre les violences sexuelles , le Premier ministre britannique a finalement annoncé ce jeudi 7 juillet qu’il quittait la tête du Parti conservateur , entraînant mécaniquement son départ prochain du 10 Downing Street.

“La volonté du Parti conservateur est désormais claire, il devrait y avoir une nouveau chef du parti et, par conséquent, un nouveau Premier ministre”, a reconnu Boris Johnson en début d’après midi. “Le processus de désignation d’un nouveau leader du Parti conservateur devrait commencer immédiatement et le calendrier sera annoncé la semaine prochaine”, a-t-il ajouté, précisant qu’il resterait en fonction jusqu’à cette élection.

Une campagne pendant l’été?

Mais la désignation de son successeur n’a rien d’une formalité, et s’étend généralement sur plusieurs semaines. Preuve en est le contexte dans lequel Boris Johnson, toujours lui, était arrivé au pouvoir en 2019. La prédécesseure de l’actuel Premier ministre, Theresa May, avait annoncé sa démission le 7 juin , et l’élection du nouveau chef du Parti conservateur s’était déroulée un mois plus tard du 7 au 23 juillet . Boris Johnson avait été investi le 24 par la reine Elizabeth II , qui l’avait chargé de former un gouvernement.

Dans l’immédiat, la délégation de députés conservateurs -baptisé le “Comité de 1922”- doit se réunir en début de semaine prochaine, rapportent les médias britanniques, pour enclencher le processus de succession de Boris Johnson et déterminer le calendrier de l’élection, comme l’a souligné le Premier ministre lui-même. L’ensemble des députés “tories” seront ensuite appelés à départager les candidats pour désigner, à l’issue de plusieurs tours de scrutin successifs, deux finalistes.

Cette première phase interviendra “probablement avant les vacances d’été” du Parlement, le 21 juillet, souligne Nick Eardley , journaliste à la BBC. Les deux finalistes “passeraient alors l’été faire campagne pour le leadership. On s’attend à ce qu’un nouveau chef soit en place d’ici septembre”. Pas sûr que cette issue satisfasse tout le monde: “certains députés conservateurs veulent que Boris Johnson parte beaucoup plus rapidement”, ajoute le journaliste.

“Quitter Downing Street cette semaine”

Effectivement, de nombreux responsables politiques avaient écarté, avant même l’annonce officielle de la démission de Boris Johnson, un maintien du Premier ministre pour plusieurs mois encore. “L’idée que Boris Johnson reste Premier ministre jusqu’à l’automne semble loin d’être idéale, et certainement pas tenable”, avait taclé la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon sur Twitter .

“Quelle situation déprimante. Que de dégâts inutiles causés. Nous avons maintenant besoin d’un nouveau chef dès que possible”, avait dénoncé Kwasi Kwarteng, secrétaire d’État au “Business” et à l’Énergie.

Si certains avaient bien tenté de défendre le maintien de Boris Johnson pendant encore quelque temps -à l’instar de Jacob Young, élu du Yorshire qui avait mis en avant “la guerre de Poutine en Ukraine et l’inflation mondiale”-, la plupart des élus avaient réclamé une issue rapide. Julian Sturdy, autre élu du Yorkshire, avait même fixé un ultimatum: “J’exhorte le Premier ministre à quitter Downing Street cette semaine.”

Un Premier ministre par intérim?

Dès lors, les scénarios les plus fous circulent, défendus par les responsables conservateurs dont la patience à l’égard du chef de gouvernement démissionnaire a atteint sa limite. L’une des solutions qui a leur préférence serait la nomination d’un Premier ministre par intérim, fonctions déjà exercées par le vice-Premier ministre, Dominic Raab, lorsque Boris Johnson était malade du Covid-19 en 2020 .

“Certains conservateurs ont demandé que Theresa May revienne en tant que Première ministre par intérim”, rapportent The Guardian . Les ministres membres du cabinet, à savoir le premier cercle du gouvernement, pourraient également jouer ce rôle.

Une autre solution pour accélérer le processus pourrait venir d’une décision politique. Arrivée finaliste en 2016, la ministre de l’Energie Andrea Leadsom s’était retirée de la course, permettant à Theresa May d’être automatiquement désignée Première ministre. Faisant l’économie d’une campagne au cours de l’été, celle-ci était alors entrée en fonction le 13 juillet, trois semaines seulement après la démission de David Cameron .

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    Avec la démission de Boris Johnson au Royaume-Uni, l'humour anglaisvit ses meilleures heures

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 14:07 · 3 minutes

Boris Johnson: l'humour britannique n'a pas déçu face à sa démission Boris Johnson: l'humour britannique n'a pas déçu face à sa démission

ROYAUME-UNI - L’humour britannique vie des heures glorieuses. Les internautes du Royaume-Uni s’en donnent à cœur joie depuis ce jeudi 7 juillet alors que leur Premier ministre a annoncé sa démission de chef du parti conservateur . Boris Johnson, usé par les scandales et affaibli par une série de démissions sans précédent, a été forcé de se retirer alors qu’il se refusait encore mercredi soir cette option.

Toutefois, la ténacité de Boris Johnson alors qu’une soixantaine de membres de son gouvernement ont donné leur démission , a bien fait rire les internautes. Ces derniers ont rivalisé d’imagination pour illustrer la situation ou pour la commenter.

“Downing Street en ce moment”.

“Je ne suis pas encore mort”, écrit cette internaute en reprenant une réplique culte des Monthy Python

Certains ont comparé Boris Johnson au personnage de Leonardo DiCaprio dans “Le Loup de Wall Street”.

“La même personne” , écrit cet internaute, comparant Boris Johnson et Cersei Lanister, de la série Game of thrones , qui refusa de quitter son trône, quitte à mourir.

“Boris Johnson échoue de peu à faire un troisième mandat. Il lui manquait tout juste sept ans”

“Boris Johnson utilise la même stratégie que mon chat, insistant sur le fait qu’il a envie de partir, puis lorsque la sortie est ouverte, reste là et ne bouge pas”.

D’autres n’ont pas manqué de ressortir cette photo qui a particulièrement mal vieilli, rappelant aussi cette déclaration de Boris Johnson qui avait notamment lancé pour ces voeux le 2 janvier: “Ca va être une année fantastique”.

Évidemment, Larry le chat du 10 Downing Street, lieu de résidence de l’actuel Premier ministre britannique, a également été mis à contribution. Un compte parodique lui étant dédié s’amuse particulièrement de la situation.

“Recherche : nouveau colocataire pour un félin basé à Westminster. La maison récemment décorée comprend une excellente sécurité, des bureaux peu utilisés et un grand jardin, idéal pour organiser des fêtes. Nettoyage en profondeur requis”

La pression ne devrait en tout cas pas retomber pour le moment. Si Boris Johnson a dit vouloir rester jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé, de nombreux conservateurs ont déjà exprimé leur désaccord.

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    Boris Johnson sur le départ, le Kremlin a du mal à cacher sa joie

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 10:37 · 2 minutes

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov n'a pas eu des mots tendre envers Boris Johnson sur le point de donner sa démission. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov n'a pas eu des mots tendre envers Boris Johnson sur le point de donner sa démission.

BORIS JOHNSON - Le départ de Boris Johnson fait des heureux jusqu’en Russie. Le Kremlin a dit espérer ce jeudi 6 juillet l’arrivée au pouvoir au Royaume-Uni de “gens plus professionnels”, alors que le Premier ministre britannique est plus que jamais sur la sellette et devrait annoncer sa démission du parti conservateur dans la journée.

“Nous espérons, qu’un jour, des gens plus professionnels et en mesure de prendre des décisions à travers le dialogue arriveront au pouvoir en Grande-Bretagne”, a jugé le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, interrogé sur la crise politique qui semble en passe d’emporter Boris Johnson. Avant d’ajouter que le Premier ministre britannique “ne nous aime pas beaucoup et nous non plus”.

Il faut dire que quelques jours plutôt, lors du G7 en Allemagne, Boris Johnson s’est payé Vladimir Poutine et son image virile. “On garde les vestes? On les enlève? Pouvons-nous nous déshabiller?”, avait demandé le Premier ministre britannique en s’asseyant à la table de travail aux côtés de ses homologues. En réponse, le maître du Kremlin avait déclaré que voir les dirigeants européens, américains ou encore canadien torse-nu serait un “spectacle dégoûtant”...

Exode de ministres en lice pour remplacer Johnson

Le départ imminent de Boris Johnson du parti puis du 10, Downing Street, intervient alors que près de 60 départs ont été annoncés au sein du gouvernement depuis mardi, dont cinq ministres. Un exode d’une rapidité sans précédent dans l’histoire politique britannique. Le mécontentement couvait depuis des mois, nourri par le scandale des fêtes illégales à Downing Street pendant le confinement anti-Covid.

La démission mardi soir du ministre des Finances Rishi Sunak, et du ministre de la Santé Sajid Javid, avait sonné l’hallali pour le Premier ministre, après un nouveau scandale sexuel impliquant le “whip” adjoint chargé de la discipline des députés conservateurs, que M. Johnson avait nommé en février, “oubliant” des accusations passées de même type.

Sunak et Javid font justement partie des potentiels successeurs à Boris Johnson. Autres favoris des bookmakers: la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, le ministre de la Défense Ben Wallace, ou encore la Secrétaire d’État au Commerce extérieur, Penny Mordaunt.

À voir également aussi sur le Huffpost: Boris Johnson et ses homologues du G7 se moquent de l’image virile de Poutine

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    Qui pour succéder à Boris Johnson? Les favoris ont tous un point commun

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 10:01 · 4 minutes

Rishi Sunak, Liz Truss et Ben Wallace font partie des favoris à la succession de Boris Johnson au 10, Downing Street. Rishi Sunak, Liz Truss et Ben Wallace font partie des favoris à la succession de Boris Johnson au 10, Downing Street.

ROYAUME-UNI - Boris Johnson va quitter le 10, Downing Street. Après trois ans au pouvoir entachés par de nombreux scandales , le Premier ministre britannique va annoncer sa démission du parti conservateur ce jeudi 6 juillet, après la fronde inédite de son gouvernement.

Pour le remplacer d’ici octobre ou avant si un nom se dégage, plusieurs personnalités sont évoquées même si aucune n’a de net avantage. Détail qui a son importance, tous les favoris sont des membres du gouvernement de Boris Johnson, ou l’étaient jusqu’à la débâcle de ces dernières 48 heures et la démission de plus de 50 membres de l’exécutif.

Cela confirme donc que c’est bien la personne du Premier ministre qui est en cause dans la séquence et non sa politique ou son parti.

Rishi Sunak, l’ex-favori qui l’est redevenu

Parmi ces prétendants, Rishi Sunak , l’ex-Chancelier de l’Échiquier (l’équivalent du ministre des Finances) et premier hindou à ce poste qui fait partie des premiers à avoir démissionné avec fracas mardi. Son départ l’a replacé du côté des favoris pour remplacer Boris Johnson, lui qui avait perdu du terrain en raison de sa fortune et des arrangements fiscaux de sa richissime épouse, mal vus en pleine crise du pouvoir d’achat.

Rishi Sunak, dont les grands-parents ont émigré du nord de l’Inde au Royaume-Uni dans les années 1960, a été analyste chez Goldman Sachs puis employé dans des fonds spéculatifs. Il est devenu député en 2015. Ce défenseur du Brexit âgé de 42 ans a été critiqué pour son action insuffisante contre l’envolée des prix en tant que ministre.

Liz Truss, la championne du libre-échange

À chaque moment délicat pour Boris Johnson, Liz Truss faisait aussi partie des premières personnes dont le nom émergeait pour prendre sa relève. Son franc-parler et sa volonté de s’immiscer dans les guerres culturelles ont rendu la ministre des Affaires étrangères plutôt populaire auprès de la base des Tories.

Liz Truss, 46 ans, s’est vu confier ce poste délicat en récompense de son travail de ministre du Commerce international. À ce titre, cette championne du libre-échange, qui avait voté en faveur d’un maintien dans l’Union européenne avant de changer de camp, a conclu une série d’accords commerciaux post-Brexit.

Ben Wallace a demandé la démission de Johnson

Ben Wallace a lui appelé Boris Johnson à démissionner, mais a exclu de quitter son ministère de la Défense. “Un certain nombre d’entre nous ont l’obligation d’assurer la sécurité de ce pays, peu importe qui est Premier ministre. (...) Le public ne nous pardonnerait pas si nous laissions ces bureaux de l’État vides”, a-t-il justifié sur Twitter.

Le ministre de la Défense, 52 ans, est plus populaire que jamais dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine. S’il a toujours démenti s’intéresser au leadership du parti conservateur, il est perçu par les Tories comme une figure franche et compétente.

D’autres noms émergent

Autre favorite des bookmakers: la Secrétaire d’État au Commerce extérieur, Penny Mordaunt, 49 ans. Elle a été une figure de la campagne en faveur du Brexit en 2016 et oeuvre depuis à négocier des accords commerciaux. Réserviste de la Royal Navy, elle est considérée comme une bonne oratrice. Sur Twitter, elle a partagé le message de Ben Wallace concernant la nécessité pour certains ministres de rester aux commandes.

L’ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, Jeremy Hunt et le ministre de la Santé Sajid Javid, qui a quitté le navire dès mardi, font aussi partie des potentiels successeurs de Boris Johnson. Tout comme Nadhim Zahawi, ministre des Finances qui a démissionné ce jeudi 48 heures après sa nomination, ou encore Tom Tugendhat, président de la commission des Affaires étrangères à la chambre des Communes qui a été le premier à annoncer qu’il avait l’intention de se présenter si Boris Johnson était chassé du pouvoir.

À voir également aussi sur le Huffpost: Jonhson présente ses excuses pour la fête à Downing Street en plein confinement

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    Larry, le chat de Downing Street, a aussi eu droit à une question

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 09:02 · 2 minutes

Larry, le chat du 10 Downing Street, ici le 6 juillet 2022. Larry, le chat du 10 Downing Street, ici le 6 juillet 2022.

INSOLITE - L’humour anglais ne déçoit jamais, même en temps de crise. Ce jeudi 7 juillet, une question posée au chat du 10 Downing Street , lieu de résidence de l’actuel Premier ministre britannique Boris Johnson , peut en témoigner.

Dans une vidéo diffusée par l’agence de prese Reuters, on entend un homme demander au petit félin dénommé Larry, qui attend devant la porte d’entrée fermée de l’immeuble, “s’il a lui aussi demandé à Boris de démissionner”. Des rires s’échappent parmi les autres journalistes.

La question somme tout absurde a de quoi détendre l’atmosphère. Englué dans des scandales en série, comme celui des fêtes pendant le confinement ou celui de la coûteuse rénovation de Downing Street, sans parler de la grogne sociale sur fond d’inflation, Boris Johnson devrait quitter la présidence du parti conservateur, ce jeudi 7 juillet, et donc son poste au 10, Downing Street.

Sa démission intervient dans un contexte tendu autour de l’Irlande du Nord, Londres ayant présenté un projet de loi pour une révision unilatérale des dispositions douanières post-Brexit dans la province, jugée illégale par l’Union européenne qui laisse planer la menace de représailles commerciales.

Le revirement de Boris Johnson

Une cinquantaine de membres du gouvernement ont tour à tour démissionné depuis plusieurs jours, le dernier en date étant le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Bandon Lewis.

“Un gouvernement décent et responsable repose sur l’honnêteté, l’intégrité et le respect mutuel - c’est avec un profond regret personnel que je dois quitter le gouvernement étant donné que j’estime que ces valeurs ne sont plus défendues”, a-t-il estimé dans une lettre publiée sur Twitter et adressée au Premier ministre.

La démission de Boris Johnson, sous pression, marque un tournant, notamment parce qu’il a d’abord affirmé qu’il comptait rester à son poste pour se consacrer “aux problèmes extrêmement importants” auxquels le pays est confronté, selon la presse.

À voir également sur Le HuffPost : Boris Johnson et ses homologues du G7 se moquent de l’image virile de Poutine

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    Royaume-Uni: Boris Johnson va démissionner ce jeudi

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 08:28

Le Premier ministre Boris Johnson devrait démission de son poste ce jeudi 7 juillet 2022. Le Premier ministre Boris Johnson devrait démission de son poste ce jeudi 7 juillet 2022.

ROYAUME-UNI - Après plus de 50 démissions de membres de son gouvernement, Boris Johnson lâche l’affaire. Le Premier ministre britannique devrait quitter la présidence du parti conservateur ce jeudi 7 juillet et donc son poste au 10, Downing Street. Il va s’adresser aux Britanniques dans la journée.

D’après The Guardian , il aurait accepté de partir mais veut rester en poste jusqu’à l’élection d’un nouveau chef du parti, à l’automne. Boris Johnson était sous pression depuis plusieurs semaines, notamment en raison du “PartyGate” , ces fêtes illégales organisées pendant les confinements.

>Plus d’informations à suivre...

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    Entre Elisabeth Borne et Boris Johnson, on a joué au 5 différences

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 15:56 · 7 minutes

Elisabeth Borne, et Boris Johnson Elisabeth Borne, et Boris Johnson

ROYAUME-UNI - Il est jugé comme “peu digne de confiance”, elle est critiquée pour être “trop techno”. Il est accusé d’avoir outrepassé les règles du confinement pour organiser des fêtes à Downing Street, elle est jugée “peu chaleureuse”. À priori, ou tout du moins, sur le papier, Boris Johnson et Élisabeth Borne n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre, à l’exception de leur titre de Premier et Première ministre.

À première vue seulement, car les deux chefs de gouvernement font face à une crise sans précédent qui les expose directement. Boris Johnson dont des ministres clefs démissionnent les uns à la suite des autres depuis ce mardi 5 juillet, Élisabeth Borne pour avoir la lourde tâche de mener l’action de l’exécutif sans majorité absolue, une première depuis 1988.

Fragilisés , parfois honnis, disposant d’une légitimité vacillante... On a joué au jeu des cinq différences entre Boris Johnson et Élisabeth Borne, et le résultat n’est pas forcément celui que vous croyez.

  • Des accusations d’agressions sexuelles

Sitôt formé, le premier gouvernement d’Élisabeth Borne en mai dernier a été confronté à un scandale d’ampleur: des accusations d’agressions sexuelles visant Damien Abad fraîchement nommé ministre des Solidarités, dont une a débouché sur une plainte. Pendant des semaines, l’exécutif a fait front invoquant la présomption d’innocence.

Mais l’opposition s’engouffre et accuse le gouvernement d’avoir eu connaissance de ces accusations avant de nommer Damien Abad. Élisabeth Borne assure que non.

C’est précisément l’inverse qu’a reconnu Boris Johnson dans l’affaire Chris Pincher qui surgit ces jours-ci. Ce dernier nommé “whip” en chef adjoint chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs par le Premier ministre, a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d’attouchements sur deux hommes.

Après avoir affirmé l’inverse, Downing Street a reconnu mardi que le Premier ministre avait été informé dès 2019 d’anciennes accusations à l’encontre de Chris Pincher mais qu’il les avait “oubliées” en le nommant. Un mea culpa qui s’est suivi de la démission de nombreux poids lourds du gouvernement. Dans le cas français, Damien Abad n’a pas été reconduit à ses fonctions lors du remaniement, mais la polémique, elle, a durement entaché la prise de fonction d’Élisabeth Borne.

  • Les urnes murmurent à l’oreille de l’opposition (qui s’en donne à cœur joie)

Boris Johnson a beau avoir obtenu la plus grosse majorité à la Chambre depuis des décennies en succédant à Theresa May, il essuie depuis les plâtres à la pelle dans les élections partielles. Le 5 mai dernier l’opposition travailliste a remporté à Londres les conseils locaux de Westminster, pourtant dans les mains des Tories depuis sa création en 1964. Une vraie douche froide.

De son côté le parti d’Emmanuel Macron a pris une claque lors des dernières législatives, échouant à obtenir la majorité absolue. Élisabeth Borne a été maintenue en place, mais charge à elle d’assumer le bilan d’une campagne électorale qu’elle n’avait pourtant pas vraiment menée et de trouver des alliances au cas par cas.

De quoi faire le bonheur des oppositions, aussi bien à Paris qu’à Londres. Ce mercredi, les travaillistes de Keir Starmer ont hué copieusement BoJo lors de son arrivée aux Communes, quand les députés Insoumis ont mis en scène, toujours ce mercredi, “l’enterrement du front républicain”. Deux salles mais pas deux ambiances.

  • Deux cibles forcées de jouer en défense

Pour beaucoup, ces défections dans le camp Boris Johnson, qui s’ajoutent à une pléthore de polémiques (Pincher, Partygate...) , sont le clou du cercueil du locataire du 10 Downing Street. Il n’empêche que le Premier ministre est aussi surnommé “le phénix”. Certes de peu, il a tout de même échappé à une trentaine de voix le mois dernier à une motion de défiance des députés conservateurs. Gage que même en défense, contre son propre camp, Johnson a de la ressource et des soutiens.

De son côté, pour le moment c’est plutôt les coups de l’opposition qu’Élisabeth Borne doit éviter. La Première ministre a limité d’avance les contusions en décidant finalement de ne pas se soumettre à un vote de confiance ce mercredi lors de son discours de politique générale. Un usage et non une obligation constitutionnelle dont il est fort peu probable que l’issue eût été positive. En revanche, la Première ministre n’échappe pas à une motion de censure émanant des alliés de la NUPES . Mais comme BoJo il y a quelques semaines, elle semble en mesure de passer entre les gouttes.

  • Tout le monde veut prendre sa place

Dans les temps de tempête mieux vaut prendre ses distances avec l’œil du cyclone. À Downing Street, les ministres ont démissionné en publiant sur Twitter des lettres au vitriol, refusant d’accepter de serrer les dents face à un nouveau scandale. Une façon aussi pour ceux qui voudraient devenir chef à la place du chef de se positionner. C’est par exemple le cas de Rishi Sunak et Sajid Javis, ex-ministres des Finances et de la Santé.

Boris Johnson qui avait élu notamment sur le gage de réunir tous les courants du parti conservateur est en train de faire voler en éclat cette union de façade. Après près de trois années cahotantes, marquées par des frasques johnsoniennes tous les couteaux dans le dos sont permis.

Autre style à Paris, où le jeu de poker-menteur est moins ouvert mais pas moins assassin. Dans Le Parisien comme dans Le Figaro , deux articles font état d’une Première ministre à la légitimité et à l’autorité limitée, devant compter par exemple sur le poids fort d’un Gérald Darmanin. Le locataire de Beauvau a hérité, après le remaniement, d’un ministère très élargi.

  • Chaque jour, un destin (qui ne dépend plus d’eux)

Tous deux empêtrés dans des crises sans précédents, Boris Johnson et Élisabeth Borne risquent in fine de perdre leur poste, mais pas de la même façon. Dans le cas de la Première ministre française, son sort reste lié à la décision d’Emmanuel Macron , dont elle assure la première ligne. Dans le cas d’un blocage total de l’Assemblée où la dissolution apparaîtrait comme seule solution, ou d’un échec sur un texte décisif, la Première ministre pourrait se retrouver en ballottage défavorable.

“Borne, c’est au contraire le casting rêvé pour lui: une femme de gauche, techno, qui va gérer toutes les crises et faire le sale boulot jusqu’à la mi-mandat avant d’être remerciée. Derrière, Macron devra choisir l’anti-Borne et Gérald aura une sérieuse carte à jouer”, confie un pilier de la majorité dans Le Parisien .

Boris Johnson, qui exclut pour le moment de nouvelles élections générales anticipées, subi, lui, en ce moment la récolte des graines qu’il a lui-même semée. Selon les règles, un nouveau vote de défiance ne pourrait pas être organisé avant un an. Sauf que selon la presse britannique de nombreux conservateurs s’activent pour investir le comité 1922, chargé de l’organisation interne du parti, pour modifier le règlement afin de pouvoir organiser un nouveau vote.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi le gouvernement ferme la porte à un vote de confiance

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    Boris Johnson face à la démission fracassante de deux de ses ministres

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 18:37 · 3 minutes

(Boris Johnson le 5 juillet 2022 par Ian Vogler/Pool via REUTERS) (Boris Johnson le 5 juillet 2022 par Ian Vogler/Pool via REUTERS)

ROYAUME-UNI - Énorme coup dur pour Boris Johnson . Les ministres britanniques des Finances et de la Santé ont démissionné ce mardi 5 juillet au soir, coup de théâtre témoignant de leur lassitude face aux scandales à répétition secouant le gouvernement du Premier ministre.

“Le public attend légitimement que le gouvernement soit conduit de manière compétente et sérieuse”, a affirmé le ministre des Finances Rishi Sunak, 42 ans, dans sa lettre de démission publiée sur Twitter.

“Je reconnais que c’est peut-être mon dernier poste ministériel, mais je crois que ces normes valent la peine d’être défendues et c’est pourquoi je démissionne”.

Quelques minutes plus tôt, le ministre de la Santé Sajid Javid, 52 ans, avait également annoncé sa démission, expliquant qu’il n’avait plus confiance en Boris Johnson .

Il “est clair pour moi que la situation ne va pas changer sous votre leadership - et vous avez donc perdu ma confiance”, a écrit Sajid Javid dans sa lettre de démission également publiée sur Twitter.

“J’ai parlé au Premier ministre pour lui remettre ma démission en tant que secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires sociales. Ce fut un immense privilège de servir dans ce rôle, mais je regrette de ne pouvoir continuer en toute bonne conscience”.

Un membre du gouvernement au cœur d’un scandale sexuel

Ces démissions interviennent à la faveur d’un nouveau scandale impliquant le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson : la démission du “whip” en chef adjoint Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs, accusé d’attouchements sexuels par plusieurs hommes.

Chris Pincher, un proche de Boris Johnson, avait la semaine dernière reconnu avoir “beaucoup trop bu” et s’être “couvert de honte, (lui) et d’autres personnes” dans un club privé. Il avait dû démissionner de son poste mais est resté député.

La réponse évolutive de Downing Street à cette nouvelle crise avait fait l’objet de nombreuses critiques. Downing Street avait d’abord annoncé que Boris Johnson n’était pas au courant d’allégations plus anciennes visant Chris Pincher, quand il l’avait nommé à son poste en février dernier.

Mais d’autres révélations ont montré qu’il était au courant dès 2019, quand il était ministre des Affaires étrangères, et mardi, Boris Johnson a finalement déclaré que la nomination de Chris Pincher ”était une erreur” et a présenté des excuses.

Ce nouveau scandale a apparemment été le scandale de trop pour les deux ministres, alors que le mois dernier, Boris Johnson avait survécu de peu à un vote de défiance des députés conservateurs dont plus de 40% avaient voté contre lui.

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