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    Ligue des champions: le préfet Lallement reconnaît un "échec" qu'il assume (en partie)

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 9 June - 10:02 · 8 minutes

Au cours de son audition au Sénat, le préfet de police Didier Lallement a reconnu un Au cours de son audition au Sénat, le préfet de police Didier Lallement a reconnu un "échec" dans l'organisation de la finale de la Ligue des champions. Mais il a toutefois assumé les décisions prises, en particulier celle d'avoir eu recours à des gaz lacrymogènes.

LIGUE DES CHAMPIONS - C’était l’heure des explications. Ce jeudi 9 juin, près de deux semaines après la finale de Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, le préfet de police Didier Lallement était auditionné au Sénat pour donner des éléments de compréhension sur la manière dont a été gérée la soirée par les forces de l’ordre.

Un exercice auquel le haut fonctionnaire s’est livré en faisant acte de contrition, du moins en façade. Ainsi, Didier Lallement a commencé son intervention face aux commissions de la Culture et des Lois en le reconnaissant d’emblée: “Je suis le seul décisionnaire et le seul responsable en matière de sécurité publique à Paris et en petite couronne. Et ce qu’il s’est passé ce soir-là est à l’évidence un échec.” Avant d’ajouter déplorer que la situation ait ”ébranlé l’image de la France” à l’international.

Voilà pour le propos liminaire, et pour le ton de l’intervention du préfet de police qui a répété à plusieurs reprises “assumer” ce qu’il s’est passé le soir du 28 mai aux abords du stade de France.

Le gaz lacrymogène comme seul recours

C’est notamment le cas sur le sujet brûlant des gaz lacrymogènes employés contre les supporters, parmi lesquels des familles, massés à l’entrée de l’enceinte dans l’attente de pouvoir enfin y pénétrer. “J’assume complètement avoir fait usage de gaz lacrymogène , qui est, je le répète, le seul moyen au plan policier de faire reculer une foule, sauf à la charger”, a-t-il notamment déclaré. “Et je pense que ça aurait été une erreur grave de charger une foule.”

En effet, Didier Lallement assure que du fait d’une présence massive de supporters de Liverpool munis de faux billets, c’est une foule bien trop nombreuse qui s’est pressée avant la finale dans le dispositif policier et de vérification des billets. “Les personnes rejetées essayaient soit de passer à tout prix, soit de reculer et elles n’y arrivaient pas”, décrit-il. Ce qui lui a “fait craindre un drame par écrasement” au sein de cette foule massive, le poussant à lever certains dispositifs de préfiltrage, situés plus loin du stade, pour se concentrer sur l’enceinte en soi et éviter des intrusions massives.

Avec pour conséquence directe la formation d’une masse de gens trop nombreuse aux abords du stade, et donc l’emploi de gaz lacrymogène pour la faire reculer. “Je ne nie pas qu’il y ait eu des gestes inappropriés”, a-t-il toutefois nuancé, reconnaissant que certains fonctionnaires avaient pu faire un usage inapproprié de gaz lacrymogène “après avoir repoussé des gens qui s’étaient introduits” dans l’enceinte du stade.

Le chiffre des 30 à 40.000 faux billets n’est pas un sujet, pour Didier Lallement

Autant d’éléments qui ont fait dire au préfet de police, comme à Gérald Darmanin lorsqu’il avait lui aussi été entendu par le Sénat, que “le comportement des policiers et gendarmes a évité un drame”. “Nous avons fait en sorte que personne ne soit blessé gravement ou mort, et que le match puisse se tenir”, s’est-il ainsi félicité, assurant qu’en cas d’annulation de la rencontre de football, le gestion d’un public de 70.000 personnes agacées aurait été encore plus délicate en matière de sécurité publique.

Un argumentaire que l’on a retrouvé au moment d’évoquer le nombre remarquable de supporters de Liverpool qui se seraient présentés au stade de France, contribuant à rendre inopérant le dispositif de sécurisation des lieux. En effet, s’il a là encore déclaré qu’il “assumait” avoir donné le chiffre de 30 à 40.000 personnes, martelé depuis par les responsables politiques du pays , Didier Lallement a rapidement cherché à créer un contre-feu. “On peut discuter de ce chiffre, il n’est pas essentiel”, a-t-il ainsi clamé, assurant que l’afflux de quelques milliers de personnes sur une file d’attente n’attendant aucunement une telle foule aurait déjà été un risque.

S’il a assuré être “le seul responsable de ce chiffre ”, qu’il a d’ailleurs précisé en évoquant “34.000 personnes munies de faux billets”, le préfet de police a d’ailleurs tenté de l’expliquer. Étant également responsable de la police des transports à Paris et en petite couronne, “j’avais à la fois des chiffres remontant des opérateurs et des constats de la part des effectifs de terrain, qui évaluaient par rapport à ce qu’ils connaissent”, a-t-il déclaré.

Avant d’en revenir à son argument principal: le chiffre n’était de toute façon pas important. “C’est un chiffre qui n’avait pas de valeur scientifique, mais qui permettait de dresser un constat: il y avait beaucoup plus de personnes que de contenance dans le stade.” Et de poursuivre: “Peut-être me suis-je trompé. Mais jamais je n’ai prétendu que ce chiffre était à quelques milliers parfaitement juste. Il n’a jamais été dit que la présence de ces 30 à 40.000 personnes étaient aux abords immédiats du stade, devant les portes du stade. Mais nous non plus. On les subodorait sur les abords du stade.”

Des faux billets, mais pas d’interpellations?

Tout cela avant de tenter d’éteindre une dernière fois le débat, qui a pourtant tant fait parler et alimenté les accusations de “mensonge” des autorités françaises venues notamment d’Angleterre: “Bien évidemment, y’avait pas 30 à 40.000 personnes devant les portillons du stade. C’est évident, je ne sais pas d’où vient ce débat.”

D’ailleurs, au passage, sur le sujet des faux billets, Didier Lallement en a profité pour démonter un autre chiffre beaucoup revenu ces derniers jours pour justifier l’argument des propriétaires de faux billet comme responsables des dysfonctionnements: celui des “ 70% de faux billets ” aux points de précontrôle avant l’accès au stade. “Personne n’a dit qu’il y avait 70% de faux billets, il y avait un problème de contrôle sur les précontrôles”, a assuré Didier Lallement ce jeudi, précisant que les organisateurs de la rencontre avaient des difficultés avec les “stylos chimiques” servant à vérifier la validité des billets, qui produisaient selon lui “jusqu’à 70% d’erreurs”.

D’ailleurs, autre point sur lequel le préfet de police a “assumé” les décisions prises samedi 28 mai: le bilan relativement maigre en ce qui concerne les interpellations de possesseurs de “faux billets”, en nombre pourtant massif à en croire la communication de l’exécutif, Gérald Darmanin ayant dénoncé une “fraude massive, industrielle de faux billets”. Ce à quoi Didier Lallement a répondu ce jeudi: “J’assume de ne pas avoir interpellé des supporters qui avaient des faux billets. Au moment où se passaient les choses, nous ne pouvions pas savoir s’il s’agissait d’une infraction ou d’un délit.” En clair, les forces de l’ordre auraient manqué d’éléments légaux et judiciaires pour pouvoir procéder à des interpellations.

Malgré tout cela, Didier Lallement a toutefois refusé de se prononcer sur les conséquences que le fiasco du stade de France pourrait avoir sur son avenir. “Je ne suis pas sûr que ma situation personnelle soit le sujet, mais je vous y répondrai en privé si vous le souhaitez”, a-t-il répondu à la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie. Et de s’agacer même, une fois relancé sur le sujet “Quelle importance? Je suis un haut fonctionnaire, je suis révocable tous les mercredis... Quel est votre problème?” Ambiance.

À voir également sur le HuffPost : “On a évité des morts”, Gérald Darmanin félicite la gestion de Didier Lallement

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    Darmanin au Sénat après le fiasco du Stade de France: les chiffres à retenir

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 1 June - 12:47 · 6 minutes

Des supporters grimpent sur la clôture devant le Stade de France avant le match de football de la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, à Saint-Denis près de Paris, le samedi 28 mai 2022. Des supporters grimpent sur la clôture devant le Stade de France avant le match de football de la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, à Saint-Denis près de Paris, le samedi 28 mai 2022.

LIGUE DES CHAMPIONS - Audition prévue en fin d’après-midi. Ce mercredi 1er juin, le ministre de l’Intérieur et sa collègue des Sports passeront un grand oral devant le Sénat suite au fiasco survenu samedi au Stade de France durant la finale de la Ligue des Champions, opposant Liverpool au Real Madrid .

Les sénateurs attendront des réponses de la part de Gérald Darmanin et Amélie Oudéa-Castéra sur la gestion de l’événement par le dispositif de sécurité en place . Au programme de l’audition s’ajoute aussi l’imbroglio autour des faux billets, évoqué par le gouvernement comme la principale cause des incidents survenus en marge de la rencontre sportive.

Une bataille de chiffres en perspective. Voici ceux que l’on entend circuler depuis samedi soir.

2800

Aux portiques du Stade de France, le chiffre officiel de faux billets scannés avant le coup d’envoi de la finale de Coupe d’Europe s’élève à 2800, à en croire les informations de RMC Sport, confirmées par l’AFP. Ce chiffre concerne uniquement les billets scannés du côté des portes d’entrée des supporters anglais.

Ce chiffre de 2800 faux billets est celui qui aurait été présenté lundi en réunion au ministère des Sports par la Fédération française de football et l’UEFA. Cependant, ce chiffre reste toutefois à nuancer, à en croire le témoignage d’un joueur de l’équipe de Liverpool à la BBC .

L’arrière gauche des Reds Andrew Robertson avait en effet offert une place à un de ses proches, mais ce dernier s’est vu refuser l’entrée pour détention d’un billet jugé falsifié. Des dysfonctionnements techniques concernant de vrais billets ne sont donc pas à exclure aux tourniquets du Stade de France.

70%

Le principal chiffre de la discorde . Utilisé par Gérald Darmanin lundi pour expliquer la gestion chaotique au Stade de France, il laisse entendre que 7 supporters anglais sur 10 se seraient ainsi rendus au Stade de France pour assister à la finale sans le fameux ticket permettant de passer les dispositifs de sécurité.

“Il y a eu 70 % de faux billets lors des pré-filtrages, puis 15 % après les premiers filtrages”, avait avancé le ministre de l’Intérieur en conférence de presse lundi. Un chiffre qui ne convainc que très peu outre-Manche.

Pour mieux comprendre ce pourcentage, il faut savoir qu’il ne concernerait que le “chiffrage donné par la FFF sur les points de pré-filtrage de la partie du stade réservée aux Britanniques uniquement”. Ce pourcentage ne concerne donc pas les autres points de passage, comme a tenu à le préciser Cyril Mourin, conseiller Sport du président de la République.

40.000

Au 70% de faux billets s’ajoute également celui de 40.000, ou plus précisément selon les propos de Gérald Darmanin “30.000 à 40.000 supporters anglais” qui se sont retrouvés au Stade de France, “soit sans billet, soit avec des billets falsifiés”.

Là encore, le chiffre fait débat, mais constitue le fondement principal de l’accusation de “fraude massive de faux billets” dénoncée par le préfet de Paris Didier Lallement dimanche, avant d’être repris par le locataire de la place Beauvau lors de la conférence de presse donnée lundi, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous .

Pourtant, cette estimation entre 30.000 et 40.000 reste fortement contesté en Angleterre, elle aussi. Notamment en raison du nombre de supporters anglais attendus dans la capitale française: entre 60.000 et 70.000. À cela s’ajoute le nombre de tickets vendus aux fans des Reds: 22.000 au départ. Un chiffre légèrement revu à la hausse par l’association Football Supporters Europe, membre du rapport indépendant de l’UEFA , qui table sur près de 26.000 Anglais en possession d’un ticket pour le choc Liverpool-Real Madrid.

Reste maintenant à compter les supporters anglais de la fan zone du 12e arrondissement de Paris, estimés sur une fourchette large entre 40.000 et 50.000 selon cette même association de supporters. Leurs chiffres s’appuient sur leurs estimations calculées samedi en qualité d’observateur du match et de son organisation.

Surtout ce chiffre amène une question: où sont passés ces supporters une fois le coup d’envoi donné?

50%

À 21 heures, heure prévue du coup d’envoi de la rencontre, seul 50% des supporters britanniques étaient rentrés dans leur tribune, comme l’avait annoncé Gérald Darmanin lundi. Un pourcentage qui lui permet d’avancer que les difficultés d’accession à l’enceinte du stade se sont posées “uniquement dans les virages qui concernaient les supporters de Liverpool”.

En comparaison, à cette même heure, “97% des supporters espagnols étaient dans leur tribune”, a observé le ministre de l’Intérieur, prouvant une fois de plus la responsabilité des supporters de Liverpool dans les incidents ayant émaillé cette finale de football et reporté par trois fois le coup d’envoi du match, à en croire Gérald Darmanin.

1650

Cette autre donnée correspond au nombre d’agents de sûreté mobilisés pour ce match délocalisé dans l’urgence à Paris . Évoqué mardi par la Fédération française de football, il s’agit d’un dispositif 25% supérieur à celui d’un match des Bleus à guichet fermé dans l’enceinte dionysienne.

La FFF précise à ce titre que le dispositif supplémentaire “a été validé par la préfecture de police de Paris” pour anticiper la présence de faux billets lors de ce match.

Dans le même ordre d’idée, la préfecture de police de Paris avait indiqué la veille du match que quelque 6800 policiers, gendarmes et pompiers avaient été mobilisés pour assurer la sécurité aux abords du stade, sans préciser le nombre précis de d’agents mobilisées pour les deux fan zones, à Saint-Denis et dans le 12e arrondissement de Paris.

110.000

Dans cette prise de parole officielle de l’instance du football française, restée silencieuse jusqu’alors, elle ajoute que 75.000 billets ont été édités pour la finale, mais “a cependant constaté que 110.000 personnes s’étaient rendues au Stade de Franc e ”. Ce qui permet à la FFF de suivre les arguments évoqués plus tôt concernant le chiffre de 30.000 à 40.000 supporters anglais avec des faux billets.

La FFF précise aussi le nombre de personnes ayant utilisé les transports en communs pour se rendre à Saint-Denis. “79 200 personnes ont emprunté les transports en commun” samedi. 21.000 personnes ont utilisé des bus. 6000 sont venus au stade par l’intermédiaire de taxis et 4100 avec leurs véhicules particuliers.

À ces données, s’ajoutent celles de la SNCF, en charge du RER B (à partir de la Gare du Nord) et du RER D. Dans un décompté transmis au Parisien , la SNCF estime à “37.000” le nombre de voyageurs ayant utilisé les rames du RER D en direction du Stade de France, une affluence “trois fois et demie plus importante que lors d’un gros événement au Stade de France”. “6200 passagers” ont été décomptés dans le RER B, soit une affluence “deux fois et demie moins” importante pour ce type d’événement au Stade de France.

À voir également sur Le HuffPost: “On a évité des morts”, Gérald Darmanin félicite la gestion de Didier Lallement

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    Une affaire McKinsey? Ces soutiens d'Emmanuel Macron ne voient pas où est le problème

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 4 April - 18:42 · 1 minute

POLITIQUE - Samedi 2 avril, Emmanuel Macron et ses équipes ont mis le paquet pour leur premier et unique rassemblement de la campagne présidentielle , devant environ 30.000 personnes réunies à La Défense Arena, à Nanterre (92).

Un ultime show à l’américaine pour propulser la fusée du président-candidat juste avant le premier tour, le 10 avril, et tenter de faire oublier les dernières embûches de son mandat, notamment les révélations d’un rapport sénatorial sur l’usage grandissant des cabinets de conseil par l’État durant le quinquennat .

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article , les soutiens d’Emmanuel Macron ne semblent pourtant pas perturbés par ces révélations. “Faux problème”, “affaire de dernière minute”, “tout le monde le fait”... les sympathisants du chef de l’État attachent peu d’importance à cette ultime polémique du quinquennat.

Il ne peut pas tout savoir, le service public. Et ça se fait dans tous les pays du monde. Richard, sympathisant LREM

Le 17 mars, des sénateurs avaient révélé que les contrats avec ces entreprises de conseil avaient “plus que doublé” entre 2018 et 2021, atteignant un record de plus d’un milliard d’euros en 2021. En outre, les sénateurs ont saisi, vendredi 25 mars, la justice pour “suspicion de faux témoignage” contre un dirigeant du cabinet McKinsey qui avait affirmé que son cabinet payait bien l’impôt sur les sociétés en France.

En effet, comble de cette polémique, l’entreprise américaine, qui a joué un rôle prépondérant dans la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 aux côtés du gouvernement, avec des résultats pas forcément remarqués, est accusée de ne pas avoir payé ses impôts en France au cours des dix dernières années grâce à “un exemple caricatural d’optimisation fiscale”.

À voir également sur Le HuffPost : L’affaire McKinsey expliquée en moins de 3 minutes

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    McKinsey soupçonné de "faux témoignage", le Sénat saisit la justice

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 25 March - 11:55 · 3 minutes

McKinsey soupçonné de

JUSTICE - Le cabinet McKinsey rattrapé par la justice. Le Sénat a annoncé, ce vendredi 25 mars, avoir saisi la justice pour “suspicion de faux témoignage”, trois mois après une audition où un dirigeant d’une filiale française de McKinsey avait assuré que le cabinet payait bien l’impôt sur les sociétés en France.

Dans un communiqué, la Chambre haute a indiqué qu’“en application de l’article 40 du code de procédure pénale, le Sénat a saisi la justice pour une suspicion de faux témoignage devant la Commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques”. Une annonce qui intervient une semaine après la fin des travaux de ladite Commission.

Mi-janvier, interrogé par des membres de la commission d’enquête, le responsable du pôle secteur public de McKinsey Karim Tadjeddine avait déclaré devant la Commission d’enquête que son employeur s’acquittait bien de l’impôt sur les sociétés en France.

“Je le dis très nettement: nous payons l’impôt sur les sociétés en France et l’ensemble des salaires sont dans une société de droit français qui paie ses impôts en France”, avait-il déclaré.

Le recours aux cabinets de conseil, un “phénomène tentaculaire”

Mais la Commission relève, que “l’enquête des sénateurs atteste que le cabinet McKinsey n’a pas payé d’impôts sur les sociétés en France depuis au moins 10 ans”. “Ces faits ont été étayés par deux contrôles sur pièces et sur place menés au ministère de l’Économie et des Finances”, est-il encore détaillé dans le communiqué.

Des accusations déjà formulées dans le rapport final de la commission d’enquête. Malgré un chiffre d’affaires de “329 millions d’euros sur le territoire national” en 2020, le cabinet n’aurait versé aucun impôt sur les sociétés de 2011 à 2020. Les sénateurs avaient pointé “un exemple caricatural d’optimisation fiscale”.

Ils soupçonnent les entités françaises du cabinet d’avoir versé chaque année d’importants “prix de transfert” à leur maison mère implantée aux États-Unis, “ce qui conduit à minorer leur résultat fiscal, et par suite le montant de leur imposition.” En conséquence, la Commission d’enquête avait annoncé son intention de saisir le procureur de la République.

En réponse à ces soupçons, McKinsey a assuré la semaine dernière respecter “l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables” et dit avoir payé l’impôt sur les sociétés “les années où le cabinet a réalisé des bénéfices en France”.

Dimanche 20 mars le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, interrogé au “Grand Jury” RTL/Le Figaro/LCI, avait assuré que le cabinet McKinsey “paiera ce qu’il doit aux contribuables et à l’État français” . “Toutes les procédures sont déjà engagées par la direction générale des Finances publiques, McKinsey paiera”, avait-il ajouté.

Dans son rapport, elle qualifie également le recours par l’État aux cabinets de conseil de “phénomène tentaculaire”, s’inquiétant également du recours croissant des gouvernements à ces cabinets privés. Avec deux interrogations principales: leurs coûts et l’influence de ces entités privées dans la prise de décision publique.

À voir également sur Le HuffPost: Ces chasseurs ont trouvé pour qui voter à la présidentielle 2022

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    Nous, sénateurs et sénatrices, sommes prêts à nous rendre en Ukraine

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 23 March - 17:28 · 5 minutes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s

POLITIQUE - “Ce n’est pas la violence mais le bien qui supprime le mal”. Léon Tolstoï

Nous, sénatrices et sénateurs, révoltés par l’invasion brutale de l’Ukraine, choqués par la guerre et ses atrocités , ne voulons pas rester spectateurs face à cette violence inouïe. Les sanctions inédites et nécessaires s’inscrivent dans la durée, mais demeurent insuffisantes pour protéger immédiatement la population ukrainienne. L’élan de solidarité est là , immense et magnifique. Les efforts diplomatiques entamés doivent continuer. La mobilisation pour l’accueil des réfugiés doit se poursuivre, et malheureusement s’intensifier, puisque déjà 3 millions d’ukrainiens ont quitté leur pays, dont la moitié sont des enfants.

Valeureux le président Volodymyr Zelensky et si courageux le peuple ukrainien qui résistent en plein cœur de l’hiver: -15C°, ni eau, ni électricité, ni chauffage, des millions de personnes piégées...et les bombes. Personne ne peut dire quand et comment cette tragédie prendra fin. Des images insoutenables du drame absolu vécu par les ukrainiens nous hantent désormais, et questionnent d’ores et déjà le sens même de nos vies. Nous pouvons aussi tous imaginer le risque incommensurable qui pèse sur la paix dans le monde. Nous ne pouvons nous résoudre à l’inéluctable: la généralisation et l’exportation du conflit, la partition de l’Ukraine, la transformation de ses terres en un éternel champ de bataille. Le risque de la disparition totale de l’Ukraine en tant que pays libre est réel.

Nous, sénatrices et sénateurs, sommes prêts solennellement à regarder l’envahisseur droit dans les yeux et à participer à une action pacifique de grande ampleur pour obtenir l’arrêt des combats. Aucun être humain ne devrait jamais prendre les armes contre ses semblables. Toute guerre est fratricide. Face à cette spirale infernale, il n’est plus acceptable de ne rien pouvoir faire. Il n’a jamais été aussi urgent de résister au tourbillon de la violence pour dire à ces jeunes hommes venus d’un pays à l’Histoire si belle que cette guerre n’est pas la leur, mais seulement l’expression du fol aveuglement d’un seul homme, Vladimir Poutine.

Nous, sénatrices et sénateurs, sommes prêts solennellement à regarder l’envahisseur droit dans les yeux et à participer à une action pacifique de grande ampleur pour obtenir l’arrêt des combats.

Nous, sénatrices et sénateurs, pensons qu’une délégation internationale de parlementaires, et plus largement, de femmes et d’hommes de bonne volonté, prêts à se rendre en Ukraine, sans armes, pourrait constituer une voie d’interposition puissante. Le soutien de la presse, de tout média, est absolument indispensable pour lui donner toute sa portée: imposer une pression pacifique et dépasser la fatalité ambiante. Si les initiatives individuelles sont louables, nous croyons à la force d’une initiative commune et massive qui refuse de baisser les bras face à la guerre.

Dans le passé, la France fut libérée de l’oppresseur qui pensait exercer son pouvoir autoritaire sur notre Nation. À présent, nous devons nous rappeler que c’est à travers la solidarité internationale que notre salut vint, grâce à des femmes et des hommes ayant bravé les risques qui ne semblaient pas les leurs, et pourtant les touchaient jusqu’à donner leurs vies.

En 1863 déjà, Victor Hugo s’adressait aux soldats russes envahissant la Pologne: “Soldats russes, redevenez des hommes. Cette gloire vous est offerte en ce moment, saisissez-la. Pendant qu’il en est temps encore, écoutez: […] Si, au lieu de vous retourner et de faire face au boucher des nations, vous accablez lâchement, sous la supériorité des armes et du nombre, ces héroïques populations désespérées, réclamant le premier des droits, le droit à la patrie; si, en plein dix-neuvième siècle, vous consommez l’assassinat de la Pologne, si vous faites cela, sachez-le, hommes de l’armée russe, […] vous soulèverez l’exécration du monde civilisé! Les crimes de la force sont et restent des crimes; l’horreur publique est une pénalité. Soldats russes, inspirez-vous des polonais, ne les combattez pas. Ce que vous avez devant vous en Pologne, ce n’est pas l’ennemi, c’est l’exemple.”

Nous ne nous résignons pas à abandonner l’Ukraine à son sort. L’Ukraine est un pays souverain. L’Ukraine est un pays libre. L’Ukraine se bat pour sa liberté. Nous nous devons d’être à ses côtés et nous le voulons.

Cette tribune est signée par 37 sénatrices et sénateurs issus de plusieurs groupes.

Groupe Socialiste & Républicain: Angèle Préville , Sénatrice du Lot; Laurence Rossignol , Sénatrice de l’Oise, ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes; Maurice Antiste , Sénateur de la Martinique; Sébastien Pla , Sénateur de l’Aude; Jean-Jacques Michau , Sénateur de l’Ariège; Jean-Luc Fichet , Sénateur du Finistère; Jean-Claude Tissot , Sénateur de la Loire; Rachid Temal , Sénateur du Val-d’Oise; Emilienne Poumirol , Sénatrice  de la Haute-Garonne; Hussein Bourgi , Sénateur de l’Hérault; Hervé Gillé , Sénateur de la Gironde; Marie-Arlette Carlotti , Sénatrice des Bouches-du-Rhône; Christian Redon-Sarrazy , Sénateur de la Haute-Vienne; Sabine Van Heghe , Sénatrice du Pas-de-Calais; Sylvie Robert , Sénatrice d’Ile-et-Vilaine; Thierry Cozic , Sénateur de la Sarthe; Rémi Féraud , Sénateur de Paris; Gisèle Jourda , Sénatrice de l’Aude; Patrice Joly , Sénateur de la Nièvre; Yan Chantrel , Sénateur des Français établis hors de France; Florence Blatrix-Contat , Sénatrice de l’Ain; Frédérique Espagnac , Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques; Annie le Houérou , Sénatrice des Côtes-d’Armor; Jean-Michel Houllegatte , Sénateur de la Manche; Éric Jeansannetas , Sénateur de la Creuse

Groupe Union centriste: Nadia Sollogoub , Sénatrice de la Nièvre, Présidente du Groupe d’amitié France-Ukraine; Hervé Maurey , Sénateur de l’Eure, Président honoraire du Groupe d’amitié France-Ukraine; Yves Détraigne , Sénateur de la Marne; Pierre Louault , Sénateur d’Indre-et-Loire; Denis Saint-Pé , Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques;

Groupe Écologie - Solidarités et territoires: Guillaume Gontard , Sénateur de l’Isère, Président du Groupe Écologiste - Solidarité et Territoires; Guy Benarroche , Sénateur des Bouches-du-Rhône; Monique de Marco , Sénatrice de la Gironde

RDSE: Henri Cabanel , Sénateur de l’Hérault; Christian Bilhac , Sénateur de l’Hérault

RDPI: André Gattolin , Sénateur des Hauts-de-Seine

Les Républicains: Bruno Belin , Sénateur de la Vienne


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    Xavier Niel s'inquiète de la fusion TF1/M6, Martin Bouygues lui répond

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 February - 17:32 · 5 minutes

TÉLÉVISION - “On va créer un monstre!” Xavier Niel n’y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer les dangers de la fusion TF1-M6 . Le fondateur du groupe de télécoms Iliad était auditionné au Sénat par la commission d’enquête sur la concentration dans les médias, ce vendredi 18 février. La même qui a auditionné Arnaud Lagardère , ce jeudi.

Alors que l’Autorité de la concurrence et l’Arcom (ex-CSA) doivent rendre leur décision avant la fin de l’année sur la fusion TF1-M6, l’homme d’affaires a fait part de sa vive opposition sur ce projet.

L’actionnaire du groupe Le Monde ( qui détient Le HuffPost ) a pointé du doigt, les principaux risques de ce projet, contre lequel il multiplie les recours devant la justice. Il a notamment mentionné les conséquences d’une telle fusion sur les prix des publicités à la télévision.

“TF1 ou M6, ont une force qui permet de toucher 10 millions de personnes, en mettant un spot publicitaire durant la série HPI . Et vous avez besoin de cette puissance (en tant qu’entreprise, NDLR ). Mais quand vous mettez ensemble les deux seuls médias qui ont cette puissance en France, vous créez des problèmes. (...) En termes de publicité, vous allez créer un monstre qui va dominer le marché”.

La fusion, “un danger” pour le cinéma?

Après avoir parlé en tant que patron de Free (Iliad), Xavier Niel s’est ensuite exprimé en tant que co-fondateur de Mediawan, le mastodonte de la production audiovisuelle fondé avec Pierre-Antoine Capton et Matthieu Pigasse. C’est à Mediawan que l’on doit entre autres, C à vous , le documentaire sur OrelSan Montre jamais ça à personne , ou encore Bac Nord , grand favori des César 2022. Le film de Cédric Jimenez a d’ailleurs servi d’illustration à Xavier Niel.

“Quand vous produisez un film comme Bac Nord , il y a plusieurs endroits où vous collectez des recettes. Vous allez voir TF1 et M6 pour demander combien ils seraient prêts à mettre pour financer ça. À partir de ce moment où vous avez la fusion, vous n’avez plus ce marché ouvert et c’est 4000 producteurs qui vont souffrir”, a-t-il déclaré, anticipant des “négociations à la baisse” des productions audiovisuelles et cinématographiques.

La réponse pleine de sarcasme de Martin Bouygues

Martin Bouygues , le premier actionnaire du groupe TF1 a pu lui répondre de manière indirecte, puisque -hasard du calendrier- ce dernier était auditionné par cette même commission quelques minutes après Xavier Niel. Face aux Sénateurs, il a d’abord minimisé la puissance que pourrait avoir ce nouveau groupe en cas de fusion avec M6.

“J’ai entendu dire que le futur groupe serait beaucoup trop puissant en matière d’information et que tout cela serait extrêmement dangereux. Soyons factuels: parmi toutes les sources d’information utilisées par les Français, la télévision a aujourd’hui une place beaucoup moins importante que par le passé”, a-t-il déclaré dans son propos liminaire, citant des données sur la consommation de la télévision chez les jeunes.

Martin Bouygues a par la suite balayé les inquiétudes de Xavier Niel sur une éventuelle envolée des prix des publicités. “Monsieur Niel s’est alarmé qu’une fusion TF1-M6 lui coûterait très cher. Pour que les choses soient très claires, Iliad a investi quatre millions d’euros sur TF1 en 2021. La marge d’Iliad est environ d′1,8 milliard, donc je pense qu’il n’est pas encore tout à fait en péril, qu’il se rassure”, a ironisé le patron de TF1, se disant “choqué” que Xavier Niel “ramène tout à son argent”.

Nicolas De Tavernost avait lui aussi plaidé pour cette fusion. Lors de son audition devant le Sénat le 28 janvier dernier, il estimait que l’échec de cette fusion serait préjudiciable pour les deux groupes. “Ceux qui refuseraient cette consolidation prendraient un grand risque pour l’audiovisuel français, avait-il déclaré. “Aujourd’hui, avec les règles qui nous sont imposées, avec les conventions qui sont sous la responsabilité du CSA, je pense qu’il n’y a pas de risque dans ce métier de concentration.”

Trois chaînes à vendre en cas de fusion

Pour pouvoir mener à bien ce projet, TF1 et M6 devront vendre plusieurs chaînes ou céder une fréquence de la télévision numérique terrestre (TNT) pour rentrer dans les clous de la réglementation, selon laquelle un groupe peut détenir sept chaînes au maximum.

À l’heure actuelle, TF1 en détient cinq (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) tout comme M6 (M6, W9, 6ter, Gulli, Paris Première). Au moins trois chaînes sont donc concernées par une vente. Xavier Niel, qui a reconnu avoir été candidat au rachat de M6, a expliqué qu’il n’était pas intéressé. “Cela me paraît tellement aberrant que je ne peux même pas me projeter dans ce monde”, a-t-il déclaré.

Patrick Drahi, le patron d’Altice (BFM TV, RMC...) a quant à lui fait part de son envie de profiter de cette fusion pour renforcer son groupe.“Si je peux récupérer ce qui va tomber de l’arbre, je le ferai. Ce serait mieux d’ailleurs qu’un entrepreneur qui a un petit peu réussi s’en occupe plutôt que quelqu’un sorti de nulle part, qui va se planter en trois ans”, a-t-il déclaré au Sénat le 2 février dernier.

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    Bolloré a-t-il un lien avec le départ de Canteloup sur Europe 1? Lagardère le réfute

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 17:56 · 2 minutes

TÉLÉVISION - Après Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou Gilles Pélisson, au tour d’Arnaud Lagardère de témoigner sous serment face aux Sénateurs. L’homme d’affaires a été auditionné ce jeudi 17 février par la commission d’enquête sur la concentration dans les médias.

Durant un peu plus d’une heure trente, il a été interrogé, alors même que Vivendi, de Vincent Bolloré , s’apprête à avaler son groupe qui possède notamment Paris Match, le Journal du Dimanche ainsi que la radio Europe 1.

Arnaud Lagardère a d’abord fait part de sa “reconnaissance” vis-à-vis de la famille Bolloré au cours de son propos liminaire. Il a ensuite été interrogé par le rapporteur David Assouline sur l’influence que pourrait avoir Vincent Bolloré sur la nouvelle grille d’Europe 1. Celle-ci comporte des synergies avec CNews, à l’origine d’une grève de cinq jours en juin dernier.

Il était notamment question du départ de l’humoriste Nicolas Canteloup, alors que ce dernier s’était payé à plusieurs reprises le milliardaire breton dans ses chroniques de la matinale, animée par Matthieu Belliard, lui aussi parti depuis.

“Il ne posait pas de problème”

“Nous n’avons pas remplacé Nicolas Canteloup par un autre humoriste, donc c’est bien la preuve qu’il ne posait pas de problème”, a justifié Arnaud Lagardère, détaillant le réajustement éditorial opéré sur la matinale, en perte de vitesse face à France Inter et RTL .

“Nous avons souhaité nous engager davantage comme une radio généraliste qui donne une plus grande part à l’information et au débat le matin. On estimait que cela correspondait plus à l’état d’esprit qu’Europe 1 pouvait avoir.”

Arnaud Lagardère a poursuivi avec un tout autre argument, plus étonnant et bien plus personnel: “S’il y avait eu un problème éditorial avec Canteloup, je pense qu’on s’en serait séparé depuis longtemps. Avant Monsieur Bolloré, j’étais probablement dans le top 3 des personnes qu’il aimait taquiner, a-t-il ironisé, faisant référence à ses imitations. “Ce serait décevant de la part de Monsieur Canteloup qu’il dise qu’il a été évincé (d’Europe 1) pour des raisons éditoriales. Il a toujours eu la liberté éditoriale.”

Écarté de la station au cours de l’été dernier, l’humoriste s’était confié à nos confrères du Parisien, début septembre 2021. Il avait alors expliqué n’avoir reçu “aucune explication” de la part de la direction de la station concernant son éviction.

Au cours de son audition, Arnaud Lagardère a également pu s’expliquer au sujet de l’éviction d’Hervé Gattegno , patron de Paris Match et du JDD, intervenue le 22 octobre dernier. L’homme d’affaires a là encore balayé la supposée influence qu’aurait pu avoir Vincent Bolloré sur cette décision. Il a expliqué que ce mouvement en interne n’avait pas été décidé “pour des raisons éditoriales”, sans toutefois donner plus d’explications sur les causes réelles de son départ.

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    Ehpad Orpea: le Sénat lance une commission d'enquête

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 8 February - 16:57 · 3 minutes

Le livre

EHPAD - Le Sénat, dominé par l’opposition de droite, s’apprête à lancer une commission d’enquête sur “le contrôle” des Ehpad , après les révélations du livre-enquête Les Fossoyeurs dénonçant les maltraitances dans les établissements du groupe Orpea , a-t-on appris ce mardi 8 février de sources parlementaires.

La commission des Affaires sociales, qui se réunit ce mardi après-midi, va demander à se voir attribuer les prérogatives d’une commission d’enquête. La demande devrait être actée dès mardi soir par la conférence des présidents du Sénat.

Les autorités ont lancé la semaine dernière une “vaste opération de contrôle” d’Orpea, avec l’ouverture d’une “double enquête” administrative confiée aux inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF).

Les enquêteurs à leur tour contrôlés

“Notre commission pourrait consacrer des travaux à un ‘contrôle du contrôle’”, a écrit la présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat, Catherine Deroche (LR), dans un courrier aux membres du bureau de la commission daté de vendredi.

“Sans doublonner le travail d’enquête confié aux corps de contrôle, la commission pourrait assurer la transparence des modalités d’exécution des enquêtes confiées à l’Igas et à l’IGF (...). La commission pourrait ainsi s’assurer, une fois dissipée l’émotion légitime suscitée par la publication de l’ouvrage de M. Victor Castanet, de la bonne exécution des missions de contrôle mais également de leurs traductions législative, réglementaire ou budgétaire”, a développé Catherine Deroche.

La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale ne s’est, elle, pas constituée en commission d’enquête. Ses membres ont entendu la semaine dernière le PDG du géant des maisons de retraite Philippe Charrier et s’apprêtent à auditionner mercredi la directrice générale de l’agence régionale de santé Île-de-France, Amélie Verdier, et Victor Castanet.

L’Assemblée nationale rechigne à constituer une commission d’enquête

Une commission d’enquête parlementaire a des pouvoirs très importants. Les personnes qu’elle convoque pour audition ont l’obligation de se présenter, elles témoignent sous serment. Elle peut encore exiger la communication de certains documents. Les refus de coopérer et faux témoignages sont passibles de sanctions pénales.

“Nous sommes tenus par l’agenda”, explique au Monde la présidente de la commission des Affaires sociales Fadila Khattabi (LREM). “Si on décide de faire une commission d’enquête, il faut que les députés remontent à Paris, or ils vont tous vouloir rester en circonscription, avec la campagne… Et on ne pourra pas faire de texte législatif. En temps normal, je n’aurais pas hésité. Mais comment fait-on avec ce calendrier?” Une excuse qui n’a pas plu à certains députés de l’opposition. Pour eux, même si la session parlementaire s’arrête fin février, leur mandat court jusqu’à juin.

Orpea est l’un des principaux acteurs mondiaux de la prise en charge de la dépendance, avec un réseau de 1.156 établissements pour personnes fragiles.

Dans Les Fossoyeurs , le journaliste Victor Castanet décrit le rationnement des fournitures médicales et de la nourriture dans des établissements aux tarifs pourtant très élevés, une maltraitance chronique des résidents, des objectifs financiers imposés à des directions contrôlées de très près par le siège. Des accusations que le groupe réfute en bloc.

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