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    Avortement aux États-Unis: l'unique clinique du Mississippi qui pratiquait l'IVG ferme

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 07:18 · 3 minutes

La clinique Jackson Women's Health Organization, qui pratiquait l'IVG, a fermé ses portes le 6 juillet 2022. La clinique Jackson Women's Health Organization, qui pratiquait l'IVG, a fermé ses portes le 6 juillet 2022.

ÉTATS-UNIS - La fermeture est définitive. L’unique clinique pratiquant des interruptions de grossesse dans l’État du Mississippi , au cœur de la volte-face historique de la Cour suprême américaine sur l’avortement , a fermé ses portes mercredi 6 juillet pour la dernière fois.

L’établissement “Jackson Women’s Health Organization”, surnommé la “Maison rose” en raison de la couleur de ses murs, a réalisé ses dernières interventions avant l’entrée en vigueur, ce jeudi 7 juillet, d’une loi interdisant toutes les IVG dans cet État pauvre et conservateur du Sud.

“C’est une journée très dure pour nous et pour la dernière clinique d’avortement du Mississippi”, a tweeté le “Pink house fund” qui recueille des donations pour assurer le fonctionnement de l’institution. “C’est notre dernier jour à nous battre contre tout et à offrir des IVG là où personne d’autre ne pouvait ou ne voulait le faire. Nous sommes fiers du travail accompli”, a-t-il ajouté.

Jusqu’à 10 ans de prison dans le Mississippi

La clinique a, bien malgré elle, gagné une notoriété internationale en étant à l’initiative de la procédure judiciaire ayant débouché, le 24 juin, sur la décision de la Cour suprême d’enterrer son arrêt Roe v. Wade qui, depuis 1973, garantissait le droit des Américaines à avorter.

L’établissement avait en effet porté plainte contre une loi du Mississippi qui réduisait les délais légaux pour avorter. La haute juridiction, profondément remaniée par Donald Trump qui a permis son ancrage à droite, s’est servie de ce dossier pour rendre à chaque État la liberté d’annuler ou d’interdire les IVG sur leur sol.

Treize États avaient anticipé ce changement de pied et adopté des lois conçues pour entrer immédiatement en vigueur.  Selon le Guttmacher institute, la moité des États américains ont déjà interdit l’IVG ou envisagent de le faire.

Celle du Mississippi, adoptée dès 2007, est assortie de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison en cas d’infraction et ne prévoit d’exception qu’en cas de danger pour la vie de la mère, mais pas de viol ou d’inceste. La Maison rose avait demandé à la justice locale de bloquer cette loi mais les tribunaux ont refusé, ne lui laissant plus d’autre choix que de fermer.

Quatre cliniques fermées au Texas

La plupart des États voisins étant tout aussi hostile à l’avortement, les femmes enceintes du Mississippi ne souhaitant pas poursuivre leur grossesse devront avoir recours, seules, à la pilule abortive ou parcourir des centaines de kilomètres pour avorter en Illinois.

Ailleurs dans le pays, plusieurs autres établissements ont mis la clé sous la porte. Le groupe Whole Woman’s Health a ainsi annoncé mercredi fermer ses quatre cliniques du Texas pour en ouvrir une nouvelle dans l’État voisin du Nouveau-Mexique.

La seule clinique du Missouri à Saint-Louis, gérée par l’organisation Planned Parenthood, a également cessé toute procédure, dès le 23 juin. Des batailles légales ont retardé l’échéance en Louisiane, par exemple, mais, à terme, l’accès à l’avortement devrait disparaître dans la moitié des États américains.

À l’inverse, d’autres États qui vont devenir des “sanctuaires” pour les femmes souhaitant avorter -et ayant les moyens- veulent à tout prix renforcer la protection du droit à l’IVG. La Californie, New-York ou encore le Vermont réfléchissent à entériner ce droit dans leur constitution.

À voir également aussi sur le Huffpost: Les défenseurs de l’avortement aux États-Unis appellent à faire du “camping”

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    Pour Borne, l'obligation du masque dans les transports n'est pas à l'ordre du jour

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 19:22 · 1 minute

Pour Borne, l'obligation du masque dans les transports n'est pas à l'ordre du jour Pour Borne, l'obligation du masque dans les transports n'est pas à l'ordre du jour

COVID - Elisabeth Borne a appelé ce mercredi 6 juillet à la “vigilance” face à la remontée de l’épidémie de Covid , et au port du masque dans les “espaces fermés où il y a beaucoup de monde”, mais elle n’en fera pas une “obligation” nationale.

“L’épidémie repart. Donc moi j’appelle chacun à la vigilance . (...) Quand on est dans des espaces fermés, où il y a beaucoup de monde, il faut porter le masque, notamment dans les transports”, mais “nous n’avons pas l’intention d’avoir une mesure nationale d’obligation” parce que “les Français connaissent aujourd’hui les bons gestes”, a déclaré la Première ministre sur TF1.

Face à la remontée des cas de Covid-19 , le maire de Nice Christian Estrosi a confirmé, ce mercredi 6 juillet, que le port du masque allait redevenir obligatoire dans les bus et le réseau de tramway.

Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost: Avec la 7e vague de Covid, remettre le masque dans ces lieux est une bonne idée

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    Les cyclistes en ville sont toujours plus nombreux en 2022

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 16:21 · 2 minutes

Les cyclistes en ville sont toujours plus nombreux en 2022 (Photo d'illustration: Des cyclistes près du jardin des Tuileries à paris en 2020 par legna69 via Getty Images) Les cyclistes en ville sont toujours plus nombreux en 2022 (Photo d'illustration: Des cyclistes près du jardin des Tuileries à paris en 2020 par legna69 via Getty Images)

TRANSPORTS - Plus de mobilité douce dans les rues. Le nombre de cyclistes a continué d’augmenter dans les villes françaises au premier semestre 2022, selon le baromètre publié ce mercredi 6 juillet par le réseau Vélo & Territoires.

La fréquentation est en nette hausse par rapport à 2019 (+38%), mais le bilan est plus nuancé par rapport à 2021 (+12%), année d’explosion du vélo avec la pandémie de Covid. “Une tendance qui s’explique principalement par de bons résultats en semaine et en particulier en milieu urbain”, indique le coordinateur du réseau cyclable. À noter par ailleurs que selon la Sécurité routière, la mortalité des cyclistes sur les routes a quadruplé depuis 2019 .

En revanche, la fréquentation en week-end est plus difficile à consolider. Davantage propice à une pratique de loisir, elle est notamment en milieu périurbain et rural, très liée à la météo et aux vacances scolaires.

Évolution des pratiques

Autre point d’explication, avec le retour à une vie normale, le vélo loisir entre de nouveau en concurrence avec d’autres activités. Grâce aux ponts et à la météo estivale des dernières semaines, la tendance s’améliore progressivement mais la fréquentation sur les week-ends demeure en retrait par rapport à 2021. Elle reste bien plus importante qu’en 2019, signe que les pratiques ont évolué.

Les pratiques en milieu rural et périurbain demeurent, quant à elles, “encore fragiles”. “Sans doute davantage orientées vers le loisir, elles sont plus sensibles à la météo”, analyse le réseau Vélo & Territoires.

Cette analyse repose sur un échantillon national de 297 compteurs représentatifs, analysé par Vélo & Territoires.

À voir également sur Le HuffPost: Grâce aux vélos, cette association permet aux personnes âgées de se déplacer plus facilement

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    Variole du singe: Symptômes, dépistage, boutons… Ce que disent les autorités de santé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 16:14 · 5 minutes

Un agrandissement d'une section de peau affecté par des lésions liées à la variole du singe Un agrandissement d'une section de peau affecté par des lésions liées à la variole du singe

SANTÉ - Une maladie à surveiller de près. Selon un rapport de Santé Publique France publié ce mardi 5 juillet, ce sont au total 577 cas de variole du singe qui ont été confirmés en France, dont 387 dans la région parisienne. Pour le moment, la propagation du virus se fait essentiellement parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (97% des cas en France).

Dans cette configuration, l’ARS (agence régionale de santé) Île-de-France a annoncé l’ouverture de nouveaux centres de vaccination pour les personnes cas contact, alors que la HAS (Haute Autorité de santé) a, pour sa part, été saisie sur la question de l’élargissement de la vaccination aux hommes gays et bis. Le vaccin doit être administré idéalement dans les 4 jours après la date du dernier contact à risque et au maximum 14 jours plus tard.

  • Comment se transmet la variole du singe

Le monkeypox (son nom anglais), rappelle l’ARS , connaît deux modes de transmission. Comme pour le Covid, le contact prolongé à moins de 3 mètres avec quelqu’un porteur du virus peut favoriser la transmission à cause des microgouttelettes et des sécrétions respiratoires.

L’autre principal mode de transmission, est “un contact étroit et direct avec cette personne via les lésions cutanées (plaies, croûtes), les fluides corporels (sang, salive, sperme) ou les muqueuses (bouche, anus, orifices naturels produisant du mucus)”, et les objets contaminés.

Pour le moment, la variole du singe n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible. De l’ADN du virus a été trouvé dans le sperme de personnes malades, mais on ne sait pas encore si cela est suffisant pour transmettre la maladie.

  • Les premiers symptômes de la variole du singe

Ce qui rend particulièrement difficile le dépistage rapide de la variole du singe , ce sont ses premiers symptômes, qui ressemblent forts à ceux d’une grippe ou d’un Covid: fièvre, maux de tête, frissons, douleurs musculaires.

Autre signe particulièrement alertant, le gonflement “des ganglions situés autour des oreilles, dans le cou et la nuque”.

Cette première vague de symptômes dite “invasive” apparaît après une période d’incubation “pouvant aller de 5 à 21 jours (7 à 14 jours observés en moyenne)”. Une période assez longue et qui peut rendre compliqué l’identification de la personne contaminante. SPF souligne d’ailleurs: “La plupart des cas investigués déclarent ne pas pouvoir identifier la personne qui les aurait contaminés”.

  • Quand apparaissent les boutons

La maladie de la variole du singe se manifeste ensuite par l’apparition de boutons sur le corps, généralement dans les un à trois jours qui suivent les premiers symptômes, explique l’Assurance maladie .

“Tout le corps peut être atteint, notamment les paumes et les plantes de pieds, le visage et le cuir chevelu. Selon le mode de contamination, ces lésions peuvent toucher la région anogénitale et muqueuse buccale”, relève l’ARS.

Ces lésions évoluent pour se remplir d’un liquide -particulièrement contaminant- avant de sécher. L’autorité de santé recommande à ce titre de recouvrir les lésions d’un pansement ou d’un linge pour éviter toute contamination.

  • Dépistage et traitement de la variole du singe

Si vous pensez avoir contracté la variole du singe parce que vous avez été cas contact d’une personne contaminée, parce que vous revenez d’un voyage dans un pays d’Afrique où le virus circule habituellement, ou parce que vous avez des partenaires multiples et anonymes -peu importe votre orientation sexuelle-, prenez contact avec votre médecin ou avec le 15, qui pourra alors vous orienter. Par mesure de précaution, isolez-vous.

Après la consultation médicale, un test PCR sur une lésion permettra de confirmer que vous avez effectivement contracté la variole du singe.

  • Colocation, couple... Comment s’isoler pendant la maladie

Une fois le diagnostic posé, il faut se déclarer auprès de l’ARS, c’est obligatoire, et informer les personnes avec lesquelles vous avez été en contact depuis le début de vos symptômes. Il faut également s’isoler.

“Vous devrez porter un masque chirurgical et ne pas avoir de contact physique avec d’autres personnes, notamment en maintenant un isolement des autres personnes au sein du domicile”, précise l’ARS.

Outre l’aération des pièces, il est préférable de ne pas partager de sanitaires ou d’objets, ou les désinfecter à l’eau de javel auquel cas.

La durée de l’isolement est trois semaines à partir de la date des premiers signes, mais ce délai pourra être ramenée à deux sur avis médical et si toutes les lésions ont disparu.

L’ARS a également distillé plusieurs consignes sur la marche à suivre pour le nettoyage de votre logement:

  • Conservez les déchets tels que les croûtes des vésicules dans des sacs-poubelles dédiés.

  • Réalisez l’aspiration des poussières et le lavage régulier des sols et des surfaces.

  • Lavez le linge en contact avec le corps de la personne infectée, si possible à 60°C pendant 30 minutes avec une lessive habituelle.

  • En fin d’isolement : Un nettoyage soigneux du domicile comportant les surfaces, la literie, les vêtements et la vaisselle doit être réalisé.

  • Des complications de la variole du singe?

La variole du singe reste une maladie essentiellement bénigne avec un taux de létalité inférieur à 10% dans les cas observés dans le monde. Néanmoins, des  cas graves peuvent survenir, “plus fréquemment chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées”.

La sécurité sociale relève cependant que des cas peuvent nécessiter une hospitalisation. Notamment quand la variole du singe provoque des complications ORL ou digestives, une atteinte des yeux ou pulmonaire, ou lorsque les lésions cutanées sont trop nombreuses (plus de 100) ou dans les cas de surinfection de ces lésions.

À voir également sur Le HuffPost: Avec la 7e vague de Covid, remettre le masque dans ces lieux est une bonne idée

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    Fermer les urgences la nuit? La mise au point de François Braun pour "arrêter les délires"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 21:21 · 2 minutes

Le ministre de la Santé François Braun, ici à Paris, le 4 juillet 2022. Le ministre de la Santé François Braun, ici à Paris, le 4 juillet 2022.

URGENCES - Les urgences vont-elles fermer la nuit? Il n’en est pas question, a recadré ce mardi 5 juillet le nouveau ministre de la Santé François Braun .

Cette idée avait été mise au jour le 30 juin, quand, dans le rapport de la “mission flash” sur les soins non programmés remis à Élisabeth Borne , figurait la recommandation de limiter par endroits l’accès aux seules “urgence vitales”, en particulier la nuit, cette “suspension d’activité partielle” devant permettre de “mutualiser les moyens de plusieurs services sur un seul site”.

“Il explique qu’on peut fermer les urgences la nuit. Monsieur Braun ne représente pas les urgentistes”, avait embrayé sur franceinfo Christophe Prudhomme, urgentiste et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Le député LFI Adrien Quatennens avait lui aussi dénoncé sur Twitter cette recommandation.

“Réorienter vers de la médecine générale”

“Je tiens à arrêter les délires autour de la fermeture des services d’urgence la nuit: il n’y a jamais eu et il n’y a pas dans les recommandations (de la mission flash) la fermeture des services d’urgence la nuit”, a mis au point François Braun lors d’une audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale ce mardi.

“Il y a le fait de faire un principe d’évaluation de l’état clinique de la personne, soit par la régulation médicale, soit à l’entrée du service des urgences, et de réorienter les personnes qui pourraient mieux être prises en charge par notre système de santé”, a précisé le ministre ( à écouter dans la vidéo ci-dessous ).

“Je sais qu’une version de travail du document a été diffusée très largement . Je vous invite à revenir sur le document officiel de ces recommandations, et vous verrez qu’il est clairement précisé que l’on n’incite pas à la fermeture des services d’urgences”, a ajouté François Braun.

“Il est impensable que nos concitoyens arrivent devant une porte de service d’urgence et qu’elle reste close. Il est évident qu’ils auront une réponse, mais qui ne sera pas toujours de rester dans le service d’urgence, qui pourra d’être réorienté vers de la médecine générale”, a-t-il conclu.

À voir également sur Le HuffPost : Limiter l’accès aux urgences? À Cherbourg, c’est déjà fait

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    Après 7 vagues de Covid, y a-t-il des gens qui ne l'auront jamais?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 14:41 · 8 minutes

Y a-t-il des gens qui échapperont éternellement au Covid? La question se pose alors que la septième vague continue à gagner en ampleur en France (photo d'illustration prise en Espagne). Y a-t-il des gens qui échapperont éternellement au Covid? La question se pose alors que la septième vague continue à gagner en ampleur en France (photo d'illustration prise en Espagne).

CORONAVIRUS - “Deux ans que ça dure, et je n’ai toujours pas eu le Covid.” Pendant que la septième vague de coronavirus continue à prendre de l’ampleur, portée par les variants BA.4 et BA.5 , sur les réseaux sociaux certains se réjouissent: ils auraient échappé à la pandémie depuis 2020. Mais alors que 200.000 cas positifs ont été détectés ces dernières 24 heures (chiffres au 5 juillet) selon le ministre de la Santé François Braun , y’a-t-il vraiment des gens qui n’attraperont jamais le virus?

“Est-ce qu’il y a des gens qui n’ont jamais développé de symptômes depuis le début de la pandémie? Oui. Est-ce qu’à terme, il y a des gens qui n’auront jamais le Covid? Non.” Sur ce sujet, voilà ce que répondait au HuffPost , au printemps dernier, le virologue et membre du Conseil scientifique Bruno Lina . Et catégorique, il l’est toujours trois mois plus tard: “Je vous dirai la même chose: je ne pense pas que ce soit possible d’échapper au virus.”

Pour autant, détaille le médecin, plusieurs facteurs expliquent ce ressenti d’une partie de la population, persuadée de n’avoir jamais été infectée. Des gens qui font sûrement fausse route s’ils se croient définitivement immunisés.

Pour commencer, Bruno Lina évoque ainsi la proportion de Français qui ont été contaminés par le Covid-19 sans développer de symptômes. Parce qu’ils ont été infectés avant la généralisation des tests et qu’ils n’ont donc pas été comptabilisés parmi les plus de 30 millions de Français déclarés positifs depuis le début de la pandémie, ou simplement parce qu’ils ne se sont pas fait tester quand ils étaient porteurs du virus. “Il va forcément y avoir des gens qui vont demeurer asymptomatiques, et qui auront le sentiment qu’ils n’ont jamais été infectés”, précise ainsi le scientifique.

À terme, impossible d’échapper à la contamination

Son deuxième argument est de dire que le virus est extrêmement transmissible, et qu’il devient par conséquent de plus en plus délicat d’y échapper vague après vague. C’est notamment cette capacité de transmission très élevée qui cause, à chaque relâchement collectif des mesures barrières, de nouveaux pics de contamination. “Avec des virus qui circulent autant dans la population, on voit bien qu’ils finissent par toucher tout le monde.” Tant et si bien que pour Bruno Lina, ”à terme, pour ne pas l’attraper, il faudrait être isolé, ne rencontrer personne.” Et le virologue de conclure: “Il y a peut-être des endroits sur la planète où le virus mettra plus de temps à arriver, mais il y arrivera.” Surtout si l’on prend en compte la baisse de l’immunité liée à des injections de vaccin et des infections passées qui protègent de moins en moins avec le temps.

Au passage, Bruno Lina démonte une idée qui revient régulièrement, à savoir qu’il serait une “bonne chose” de contracter le virus maintenant de manière à être protégé pour la suite de l’été et ainsi ne pas gâcher ses vacances. “Chaque fois que l’on peut éviter une infection, même si elle est bénigne, c’est mieux”, insiste-t-il. “Il n’y a jamais d’avantage sur le court terme à être infecté par un pathogène.” Ce qu’il résume avec simplicité: “L’avantage d’être infecté, c’est que l’on est protégé contre ce pathogène. Mais si l’on n’est pas infecté, on est protégé aussi.”

La seule nuance qu’apporte le membre du Conseil scientifique est de dire qu’il est en effet moins risqué “d’être infecté par un pathogène dont on sait qu’il est moins dangereux que les autres”. À l’image du variant BA.2 , qui provoquait au printemps beaucoup moins de formes graves que ses prédécesseurs du début de l’épidémie. Et il en va de même avec les formes du virus qui circulent actuellement, qui envoient certes à l’hôpital des personnes âgées ou souffrant de comorbidités, comme le notait l’infectiologue Karine Lacombe sur France Inter , mais qui ne provoquent aucunement la même mortalité que les virus de 2020 et 2021. Et cela aussi grâce à l’immunité développée en 30 mois.

Des atouts génétiques?

Voilà pour les considérations générales sur une pandémie qui a, depuis deux ans et demi, aisément prouvé sa capacité à gagner du terrain. Mais d’autres éléments méritent d’être versés au dossier car au niveau individuel, certains organismes pourraient aussi être mieux dotés pour faire face au Sars-CoV-2. “Des cas tout à fait exceptionnels”, insiste d’emblée Bruno Lina, évoquant “des individus avec de meilleures défenses, à la marge”, mais aucunement des vastes groupes de population qui serait totalement immunisé.

Pour illustrer cette idée, le médecin rappelle que certains rotavirus (responsables de la gastro-entérite) ne parviennent par exemple pas à infecter des groupes sanguins bien particuliers. “Mais pour l’heure, que ce soit sur le génome, le système HLA ou le groupe sanguin, on n’a pas trouvé de preuve de cela en ce qui concerne le covid-19”, assure-t-il, alors que cette piste avait été envisagée dès les premières heures de la pandémie, en 2020 .

Vient dès lors une autre série d’hypothèses, évoquées en avril dernier pour Le HuffPost par Cecil Czerkinsky , immunologiste et directeur de recherche émérite à l’Inserm. Lui imaginait toute une série de cas devant encore être prouvés et dans lesquels des mutations génétiques ou une réponse immunitaire spécifique rendraient certains individus plus prompts à éliminer le Covid. Ce qui ne veut pas dire qu’ils seraient immunisés, mais qui pourrait expliquer qu’ils ne développent jamais de symptômes voire qu’ils ne soient pas testés positifs.

Lymphocytes T, protéine Spike... Des individus peut-être inégaux face au virus

Ce sont ces pistes que développait récemment Zania Stamataki , une chercheuse spécialiste du Covid qui n’a jamais été testée positive en dépit d’un environnement où le virus a beaucoup circulé. Dans une tribune publiée par The Guardian , cette immunologue balaie rapidement la possibilité de n’avoir jamais été en contact avec le virus, ce qui l’amène à se pencher sur l’idée d’une réponse plus efficace de certains organismes.

Elle évoque ici une première théorie, celle de lymphocytes T qui auraient déjà développé une forme d’immunité en combattant par le passé d’autres coronavirus que le Sars-CoV-2. Cette mémoire se révélerait ensuite efficace contre le Covid. Zania Stamataki rappelle que c’est ainsi que le corps apprend à lutter contre le rhume, qui devient une infection banale d’infections en infections. En l’espèce, ces défenses préexistantes, renforcées par une première victoire de l’organisme sur le Covid, puis les différentes doses de vaccin, pourraient lui avoir fourni tout un “arsenal” la protégeant contre le Covid, avance-t-elle.

L’autre piste qu’évoquent conjointement Cecil Czerkinsky et Zania Stamataki suit, elle, un autre raisonnement et s’intéresse aux protéines Spike sur lesquelles le Sars-CoV-2 se fixe. Certains organismes en auraient moins à la surface de leurs cellules, ce qui diminuerait le nombre d’attaches potentielles du virus. Cela rendrait les individus moins vulnérables à une infection. Pour appuyer sa réflexion, la chercheuse cite le fait que les enfants, qui possèdent moins de ces protéines, aient moins développé de formes graves que les adultes.

Les réponses scientifiques sont toujours attendues

Et Zania Stamataki va même plus loin, en avançant une hypothèse subsidiaire: et si certains organismes -dont le sien- avaient des protéines sur lesquelles le virus ne peut même pas se fixer? Ce serait le fait d’un polymorphisme, soit l’expression différente de certaines protéines chez des individus. Une piste creusée dans un article de la revue Nature , avec des éléments probants malgré l’échantillon restreint d’individus testés. Il convient d’ailleurs de rappeler que c’est du fait d’un polymorphisme rare sur la protéine CCR5 que certaines personnes sont immunisées au virus du Sida.

Des cas particuliers donc, qui doivent encore être étayés par la science, mais qui ne permettent aucunement une généralisation. “Il n’y a pas de groupe génétique identifié de personnes dont on ne sait pas si elles seront jamais infectées, résume Bruno Lina. Et puisque l’on n’est pas capables d’identifier un marqueur qui immunise, cela signifie que tout le monde peut-être infecté.”

Il n’en reste pas moins que des chercheurs internationaux sont toujours à la recherche d’individus ayant échappé au virus pour tenter de comprendre dans le détail leur résistance, si tant est qu’elle soit prouvée. En attendant, en l’absence de données robustes, Bruno Lina note lui que l’on ne se base pour l’heure que sur des ressentis et des intuitions pour expliquer le fait de n’avoir jamais contracté le virus.

Et le membre du conseil scientifique d’ajouter que depuis le début de l’année 2022, “beaucoup d’individus qui avaient échappé au virus jusqu’alors n’y échappent plus”, le fait selon lui d’un relâchement certain des mesures sanitaires lié notamment à une “lassitude” généralisée vis-à-vis des gestes de protection. “Or la protection collective est la somme de protections individuelles. Donc si le contexte général est au relâchement, certaines personnes peuvent se faire rattraper...”

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    Covid: Plus de 200.000 cas en 24 heures, annonce François Braun

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 14:27 · 1 minute

Le ministre de la Santé François Braun a annoncé qu'environ 200.000 contaminations au Covid allaient être enregistrées ce mardi 5 juillet, un pic qui n'avait plus été atteint depuis trois mois. Le ministre de la Santé François Braun a annoncé qu'environ 200.000 contaminations au Covid allaient être enregistrées ce mardi 5 juillet, un pic qui n'avait plus été atteint depuis trois mois.

CORONAVIRUS - Cela faisait trois mois qu’un tel cap n’avait plus été atteint. Le nombre de contaminations au covid-19 “devrait légèrement dépasser les 200.000” sur les dernières 24 heures, a annoncé ce mardi 5 juillet le nouveau ministre de la Santé François Braun au cours d’une audition à l’Assemblée nationale.

La septième vague épidémique “augmente ces derniers jours” et “nous enregistrons de l’ordre de 120.000 cas (par jour) en moyenne cette dernière semaine, avec un nombre de cas qui devrait légèrement dépasser les 200.000 ce soir”, a déclaré François Braun en ouverture d’une discussion sur le projet de loi de veille et de sécurité sanitaire ”. L’occasion pour le successeur de Brigitte Bourguignon d’inviter les Français à porter de nouveau le masque.

Plus d’informations à suivre...

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    Covid: Le Conseil scientifique s'arrête, pas le suivi de la 7e vague

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 11:16 · 4 minutes

Le conseil scientifique dédié au covid-19, qui était présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, va cesser ses activités à la fin du mois de juillet 2022. Il sera remplacé par un nouveau comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (photo prise au cours d'une audition au Sénat en juillet 2021). Le conseil scientifique dédié au covid-19, qui était présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, va cesser ses activités à la fin du mois de juillet 2022. Il sera remplacé par un nouveau comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (photo prise au cours d'une audition au Sénat en juillet 2021).

CORONAVIRUS - La pandémie n’est pas terminée, mais le Conseil scientifique, lui, a fait son temps. Voilà ce qu’explique l’instance dans un avis rendu le 23 juin dernier et publié ce mardi 5 juillet. Alors que la septième vague de Covid ne cesse de prendre de l’ampleur en France (son pic est attendu fin juillet), portée par les variants BA.4 et BA.5 , cette réunion d’une trentaine de spécialistes présidée par Jean-François Delfraissy et qui aura conseillé l’exécutif depuis le début de la crise sanitaire va cesser ses activités.

Mais Emmanuel Macron et le gouvernement ne vont pas pour autant se retrouver seuls à devoir anticiper les prochains mois. Car si le Conseil scientifique s’arrête, c’est parce qu’il devrait être remplacé par un nouveau “comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires” auprès des ministres de la Santé François Braun et de la Recherche Sylvie Retailleau, comme le prévoit un projet de loi sanitaire qui arrive à partir de ce mardi en commission à l’Assemblée nationale.

Fin du conseil scientifique le 31 juillet

Ainsi, puisque ce nouveau comité est amené à “formuler des recommandations qui seront transmises aux autorités”, écrit encore le Conseil scientifique, ce dernier “mettra fin à ses activités le 31 juillet”. D’ici là, il invite toutefois les deux instances à coopérer au mieux, entre elles et avec les Autorités régionales de santé, dans un contexte de propagation de l’épidémie, et alors que les appels à l’injection d’une quatrième dose de vaccin aux personnes âgées et des seniors immunodéprimés sont martelés.

En outre, le Conseil scientifique insiste sur les leçons tirées de la crise et qui devront être mises en œuvre par la nouvelle instance. “Le Conseil scientifique insiste sur l’importance de la multidisciplinarité (il était composé de virologues, épidémiologistes, infectiologues, modélisateurs, mais aussi psychiatre, anthropologue, vétérinaire, NDLR) qui doit demeurer au sein de ce nouveau comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires”, peut-on notamment lire dans l’avis publié ce mardi.

Un texte dans lequel le Conseil précise que les futurs avis seront transmis aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, et invite à ce qu’ils continuent à être rendus accessibles au public “dans les meilleurs délais” après transmission aux autorités. “Au regard de son expérience, le Conseil estime que la connaissance la plus large possible du contenu des avis ou recommandations en matière de veille et d’anticipation est d’intérêt général au regard des effets recherchés dans la gestion de l’épidémie auprès de l’ensemble de la population et de ses différentes composantes, publiques et privées, et pas seulement au sein des pouvoirs publics.”

Une septième vague sous surveillance

Par ailleurs, concernant l’avenir de l’épidémie, le Conseil scientifique suggère que des dispositions de veille soient maintenues jusqu’au 31 mars 2023, de manière à ce que les pouvoirs publics soient en capacité de réagir en cas de “rebond au cours de l’automne ou de l’hiver”, surtout si celui-ci était “accompagné de mutations du virus”. Il juge en outre “proportionné” le fait de pouvoir recourir au pass sanitaire à l’arrivée aux frontières de l’Hexagone, en Corse et en Outre-mer, et espère même que le dispositif serait pensé, le cas échéant, au niveau européen.

Enfin, face à cette septième vague dont l’ampleur est probablement sous-estimée du fait d’une “lassitude à la déclaration des différents acteurs”, le Conseil scientifique note que son ampleur est difficile à prévoir. Plusieurs points de vigilance sont toutefois déjà pointés: un niveau élevé “pour la saison” des hospitalisations, une situation à surveiller de près en Martinique et plus généralement aux Antilles, et enfin une mortalité importante chez les plus de 80 ans au Portugal, pays frappé avant la France par la vague en cours.

En attendant de voir l’évolution de la situation, le Conseil scientifique propose par mesure de précaution de réintroduire les gestes barrières, d’améliorer le suivi hospitalier de l’évolution de l’épidémie et donc de pousser au deuxième rappel pour les plus fragiles. Et insiste sur cet éventuel rebond au sortir de l’été, qui doit inciter à la vigilance et au maintien de capacités de réaction rapide.

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