close
  • chevron_right

    Procès Theranos : le bras droit d’Elisabeth Holmes lui aussi jugé coupable

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 11 July - 09:00

disney-no-exit-12-158x105.jpg the drop out disney+

L'affaire Theranos vient de vivre un nouveau tournant. Après la condamnation d'Elisabeth Holmes, c'est Sunny Balwani qui vient de tomber.

Procès Theranos : le bras droit d’Elisabeth Holmes lui aussi jugé coupable

  • Hu chevron_right

    L'UFC-Que Choisir porte plainte contre Back Market pour "pratiques commerciales trompeuses"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 15 June - 08:46 · 2 minutes

L'UFC-Que Choisir porte plainte contre Back Market pour L'UFC-Que Choisir porte plainte contre Back Market pour "pratiques commerciales trompeuses", le 15 juin 2022.

JUSTICE - Un succès économique français dans le viseur d’UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs va déposer plainte ce mercredi 15 juin contre la start-up Back Market , spécialisée dans la revente d’objets électroniques reconditionnés , en lui reprochant “de nombreuses entorses au droit de la consommation”, selon un communiqué.

La plainte pour “pratiques commerciales trompeuses” doit être déposée devant le Tribunal judiciaire de Paris, explique l’UFC-Que Choisir. Cette dernière explique que, “si l’économie circulaire doit être encouragée, encore faut-il que celle-ci respecte les droits fondamentaux des consommateurs”.

L’UFC-Que Choisir, pour qui les “prix (sont) trop beaux pour être vrais”, reproche plusieurs pratiques à l’entreprise française. Elle est par exemple accusée de faire croire aux clients qu’ils font une bonne affaire en affichant le prix de vente du produit reconditionné à côté du prix du produit neuf, alors que celui-ci n’est pas vendu sur le site. “Il ne s’agit pas de promotions”, souligne l’association.

Frais de service et garantie aussi dans le viseur d’UFC-Que Choisir

Elle dénonce en outre des “frais de service” systématiquement facturé aux consommateurs, pouvant atteindre 5,99 euros, et qui n’apparaissent “qu’à l’étape du paiement”.

Enfin, “Back Market propose aux consommateurs une garantie contractuelle de 12 mois, en laissant croire à un avantage considérable offert par l’entreprise”, alors qu’en réalité “cette garantie est imposée par la loi, mais surtout dure 24 mois, y compris pour les produits reconditionnés”.

Autre grief adressé au site, la réglementation des cookies, ces fichiers qui enregistrent vos passages et vos préférences sur un site Internet. “Notre équipe de juristes a constaté que des cookies de tracking étaient déposés alors même que l’internaute les avait refusés”, pointe UFC-Que Choisir.

L’association de défense des consommateurs précise qu’il s’agit de “la première plainte en Europe d’une association de consommateurs contre le géant du reconditionné”, même s’il a déjà été épinglé par d’autres associations, comme VZBV en Allemagne.

Back Market parmi les rares licornes françaises

Et le président de l’UFC-Que Choisir Alain Bazot, d’expliquer que l’association “souhaite que la ‘licorne du reconditionné’ continue de mettre des paillettes dans la vie des consommateurs, sans que sa communication ne soit que de la poudre aux yeux”.

La start-up Back Market, créée en 2014, s’est imposée depuis sa création comme la place incontournable de l’électronique reconditionné, un secteur en plein boom, porté par les discours écologique qui prônent une baisse de l’impact environnemental des produits électroniques.

En janvier dernier, elle avait annoncé avoir levé 450 millions d’euros, un tour de table qui la propulsait alors, avec une capitalisation de 5,1 milliards d’euros, sur le podium des licornes françaises. Elle comptait alors plus de 650 salariés et prévoyait d’en recruter 400 en 2022.

À voir également aussi sur le Huffpost: Macron célèbre la French tech et sa moisson de licornes

  • chevron_right

    Gama Space : la startup française met les voiles (solaires) pour l’espace

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Tuesday, 22 March - 08:00

gama-entreprise-158x105.jpggama-entreprise

La propulsion photonique a été imaginée il y a des siècles, mais jamais mise en place. Cela sera le cas dès le mois d'octobre.

Gama Space : la startup française met les voiles (solaires) pour l’espace

  • Hu chevron_right

    Macron célèbre la French tech et sa moisson de licornes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 17 January, 2022 - 10:11 · 2 minutes

FRENCH TECH - Emmanuel Macron a salué de bon matin la naissance d’une 25e “licorne” française, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars, - le fabricant de robots Exotec - avant un déplacement dans l’après-midi en Alsace consacré aux investissements étrangers en France.

L’Élysée avait annoncé la veille une nouvelle moisson de 21 projets totalisant 4 milliards d’euros d’investissements étrangers, l’occasion pour le chef de l’État et quasi-candidat pour 2022 de vanter sa politique en faveur de l’attractivité du pays.

“25 licornes françaises: nous y sommes!”, s’est-il exclamé dans une vidéo postée sur Twitter ( voir la vidéo en tête d’article ). “C’est l’atteinte de l’objectif que nous avions posé en septembre 2019 alors que nous n’en comptions qu’une poignée. On nous disait que c’était impossible et que la start-up nation , comme beaucoup ont dit, c’était du vent”, défend-il.

De l’emploi et une “souveraineté technologique”

“Elles créent des centaines de milliers d’emplois” et “servent notre souveraineté technologique”, insiste-t-il, notion devenue l’un de ses arguments favoris. Le chef de l’État a également annoncé “un nouvel objectif de dix géants de la tech d’ici 2030 au niveau européen” et promet pour y parvenir “de nouvelles annonces dans les prochaines semaines dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne ”.

La levée de fonds d’Exotec est annoncée le jour de la cinquième édition - virtuelle - du sommet “Choose France”, évènement lancé au début du quinquennat pour lequel des PDG de multinationales sont habituellement conviés au château de Versailles pour annoncer des implantations en France.

Les 21 projets annoncés créeront “plus de 10.000 emplois, auxquels s’ajoutent plus de 16.000 emplois en CDI intérimaires” du groupe Manpower, selon l’Élysée, rappelant que 55 des 57 projets annoncés lors des quatre éditions précédentes se sont concrétisés par 8 milliards d’euros et 13.300 emplois.

Pfizer va investir 520 millions d’euros

Le plus important est celui de l’américain Eastman qui d’ici 2025 injectera 850 millions d’euros dans une usine de recyclage de plastiques de 350 employés, en un lieu à définir. Son PDG Mark Costa devait être reçu à l’Élysée par le président de la République lundi 16 janvier au matin.

Pfizer va investir plus de 520 millions d’euros pour produire en France son traitement contre le Covid-19 . Et le chimiste allemand BASF injectera 300 millions sur le site de Chalampé (Haut-Rhin), où se rend lundi après-midi Emmanuel Macron en compagnie de la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher.

Les aides publiques consenties pour obtenir ces investissements sont généralement comprises entre 5% et 10% de leur montant, a-t-on précisé de même source. La France a été en 2019 et 2020 la première destination des investissements étrangers en Europe, d’après le baromètre du cabinet EY.

À voir également sur Le HuffPost : Les 10 voitures les plus vendues en France en 2021

  • Hu chevron_right

    Macron veut faire "émerger les prochains Covid Tracker et Covidliste"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 15 December, 2021 - 15:33 · 1 minute

Macron lance un incubateur pour faire

INNOVATION - Bientôt “un accélérateur d’initiatives d’intérêt général” lancé par l’Etat. A l’occasion de l’ouverture du sommet de l’Open Government Partnership, Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 15 décembre la création d’un incubateur à destination des chercheurs et des entrepreneurs pour soutenir l’innovation et aider le prochain Covid Tracker à éclore.

“C’est parce que je crois aux étincelles de cette rencontre entre le public et le privé, entre l’Etat et le citoyen [...], que nous lancerons dans quelques jours un véritable accélérateur d’initiatives d’intérêt général pour leur apporter un soutien méthodologique, financier, numérique qui leur permettra de prendre leur envol”, a déclaré le président. L’Elysée précisera vendredi les contours de sa démarche, qui s’inscrit dans son “effort de transparence” et pour rendre le service public plus ouvert “aux innovations externes”.

La crise du Covid-19 a exposé les failles de l’Etat dans l’exploitation des données publiques sur l’épidémie et leur traçage. Failles que sont venues combler notamment la plateforme Covid Tracker, créée par Guillaume Rozier , et qui permet de suivre l’évolution de l’épidémie en France (taux d’incidence, hospitalisations, etc.). Face aux difficultés pour accéder à la vaccination, le jeune ingénieur a ensuite lancé Vite Ma Dose, qui permet de réserver facilement des créneaux, y compris à la dernière minute . D’autres initiatives citoyennes comme l’outil Covidliste, qui met en lien les candidats à la vaccination et les professionnels de santé, ont également émergé.

À voir également sur Le HuffPost: Va-t-on multiplier les rappels contre le Covid-19 ?

  • Hu chevron_right

    Le classement Linkedin des start-up où les Français veulent travailler

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 20 September, 2021 - 09:24 · 1 minute

Classement des start-up qui font le plus rêver

START-UP - Dynamiques, jeunes, novatrices... Les start-up attirent, et parmi celles-ci, certaines plus que d’autres encore. Ce lundi 20 septembre, Le Parisien dévoile le classement 2021 des start-up les plus attractives selon LinkedIn France.

En trio de tête de ce palmarès établi sur la période du 1er janvier au 31 juillet, on retrouve l’assurance en ligne Alan, l’entreprise de tickets restaurants dématérialisés Swile et la société de livraison de repas Frichti. Sont pris en compte dans ce classement la capacité à recruter de nouveaux candidats, la croissance des effectifs ou encore les interactions des salariés et des personnes extérieures, rapporte Le Parisien .

Voici le classement complet:

  1. Alan (e-assurance).
  2. Swile (tickets-restaurants).
  3. Frichti (livraison à domicile).
  4. Back Market (reconditionnement).
  5. Payfit (gestion paie et RH).
  6. Qonto (fintech).
  7. Big Mamma (restauration).
  8. Agicap (trésorerie).
  9. Ledger (portefeuilles cryptomonnaie).
  10. Cajoo (livraison à domicile)

Liberté, autonomie

Certaines start-up, comme Swile et Alan, faisaient déjà partie du palmarès de l’année 2020 , qui mettait en avant des entreprises telles que Doctolib, Toucan Toco ou encore Payfit. En 2019, c’est la marque de vêtements Sézane qui raflait la première marche du podium .

Selon une enquête réalisée par BVA pour les trophées Media RH publiée en 2017, c’est la liberté et l’autonomie dans le travail qui attirent avant tout les salariés (51%), rapporte Courrier Cadres . Viennent ensuite l’environnement professionnel agréable et détendu (50%), les opportunités professionnelles (48%) et le salaire attractif (42%).

Ces derniers mois, le succès grandissant du compte Instagram “ Balance ta start-up ”, qui partage des témoignages plus accablants les uns que les autres sur les dérives, les abus, les conditions de travail de ces start-up qui font tant rêver, a néanmoins commencé à émousser l’image de ces entreprises.

À voir également sur Le HuffPost: Du télétravail accroché à une falaise, le bureau insolite de cet Écossais

  • Co chevron_right

    Licornes européennes : les dangers du constructivisme

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 22 June, 2021 - 03:15 · 10 minutes

licornes européennes

Par Pierre Robert.

Je veux que l’Hexagone devienne un pays de licornes ; il faut sortir du small is beautiful.

Dès le début de son mandat, le nouveau Président affiche son volontarisme. Lorsqu’il s’exprime en juin 2017 l’écosystème français des startups ne compte que trois entreprises dont la valorisation atteint le milliard d’euros (Blabla car, Critéo, Ventes privées).

Composé de jeunes pousses, il ressemble au mieux à une petite forêt de bonsaïs. La seule issue qu’envisage le chef de l’État pour les faire grandir est de leur assurer un soutien étatique fort passant avant tout par l’intervention de la Banque Publique d’Investissement.

De 2016 à 2020 19 milliards d’euros sont investis dans les startups hexagonales avec l’appui de la BPI et l’apport de capitaux étrangers surtout pour les grosses levées de fonds, supérieures à 50 millions d’euros.

En septembre 2019 le chef de l’État affiche un nouvel objectif :

Il faut qu’en 2025, on ait au moins 25 licornes

Elles sont dix en septembre 2020 et 15 en juin 2021 avec des firmes comme Doctolib, Contentsquare (analyse des comportements des consommateurs), Back Market (reconditionnement d’appareils électroniques) ou Ynsect (fourniture d’insectes pour l’alimentation animale). La société de musique numérique Believe vient de faire son entrée à la Bourse de Paris, ce qui devrait être bientôt le cas d’OVH le spécialiste français du cloud .

Pour relativiser ces performances il suffit de rappeler que le monde compte aujourd’hui plus de 700 licornes. En outre, ce coup d’accélérateur est intervenu dans un contexte financier anormalement favorable qui pousse les acteurs à aller beaucoup plus loin.

Le but commun du Président et de l’écosystème de la Tech française est désormais de passer des startups aux scale-up et de créer d’ici à 2030 dix champions européens, soit 10 entreprises technologiques valant chacune au moins 100 milliards d’euros.

Cette initiative pour changer d’échelle et faire apparaître en quelques années rien moins que l’équivalent de dix entreprises comme Total Énergies a été lancée par l’Élysée en décembre dernier.

Remis le 15 juin à son commanditaire le rapport Scale-Up Europe qui en découle se concentre sur quatre sujets clés :

  • le défi des technologies de rupture (deeptech),
  • la collaboration des start-up et des grandes firmes,
  • la bataille des compétences,
  • l’investissement.

Défis et arrière-pensées

Pour l’Union européenne il y a effectivement urgence. Elle doit désormais admettre sa défaite dans la première bataille des innovations disruptives mais elle n’a pas renoncé à gagner la guerre.

Comme le souligne le manifeste Scale Up Europe (pages 23/24), elle doit mettre ses forces en ordre de bataille :

L’intelligence artificielle, l’informatique quantique et la cyber sécurité sont parmi les champs que les gouvernements y compris la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont défini comme étant les priorités des prochaines années.

Le document ajoute :

La Covid-19 a aussi braqué les projecteurs sur les biotechs, alors que la lutte pressante contre le changement climatique est également une cible majeure pour les scientifiques et les innovateurs.

Sous l’impulsion de la tête de l’exécutif, la France s’engage sans réserve dans ce processus pour des raisons stratégiques auxquelles s’ajoutent des arrière-pensées politiques. Compte tenu de l’état de santé très dégradé de ce qui fut dans le passé une économie de marché, on peut imaginer tenir là une dernière occasion de sauver ce qui en reste. La Start up nation est donc portée sur les fonts baptismaux par le Président avec sans doute l’idée qu’une fois devenues grandes les jeunes pousses pourraient être d’efficaces aiguillons de réforme et revitaliser un tissu économique français très ankylosé.

Fragilités financières

On peut légitimement se demander si tout cela n’est pas qu’illusion.

Pour ce qui est de l’UE, le manifeste se demande au détour d’une page si les startups européennes ne sont pas trop dépendantes de l’argent public : « Are Europe’s startups too reliant on state money ? »

Poser la question c’est en fait y répondre. Le problème est encore plus aigu en France où le succès d’un écosystème hexagonal construit à coups de subventions est avant tout dû à l’ouverture de guichets publics particulièrement généreux.

Si maintenant on s’efforce de raisonner à plus long terme, une même inquiétude obère les perspectives de l’ensemble du continent : que deviennent-elles si l’argent public et à bon marché cesse de couler à flots ?

De surcroît, les startups européennes n’ont toujours pas accès aux mêmes niveaux de financement que leurs rivales américaines. En France pour combler cet écart, l’initiative Tibi prévoit déjà de lever 30 milliards d’euros au sein de fonds labellisés comme Tikehau ou Eurazéo, des fonds dont la sélection est effectuée sur la base de la seule décision des investisseurs institutionnels qui en assurent la garantie. Le rapport suggère d’étendre à l’échelle européenne ce système qui favorise pourtant l’entre-soi.

La pérennité et la transparence de conditions financières favorables ne sont toutefois pas les seuls obstacles qui se dressent sur la route des Tech européennes comme le souligne le manifeste.

Obstacles européens

L’Union européenne cumule le poids de la bureaucratie de ses 27 États, les carences de leur enseignement supérieur et l’absence de système fiable d’évaluation des performances des startups.

Le manifeste dénonce à juste titre les méfaits du « monstre inefficace que les candidats doivent affronter » pour s’installer en Europe (attribution des visas, permis de travail, ouverture de comptes, location d’appartements etc.). La proposition est dès lors de déployer un système reposant sur la reconnaissance mutuelle des visas et des titres de séjour pour attirer les talents dont le continent a besoin.

La France a mis en place des procédures dérogatoires mais on est encore loin de l’Estonie et de son e-administration. On peut aussi se demander si cette startup friendly policy imposée d’en haut ne finira pas par se heurter à de sérieuses résistances au sein d’une société qui semble avoir beaucoup de mal à comprendre que le progrès technologique est depuis la Révolution industrielle la condition sine qua non de sa prospérité.

Toujours sur le registre du contexte culturel ambiant, on note aussi qu’il reste beaucoup à faire pour améliorer les relations entre les milieux universitaires et le monde des affaires. Il ne s’agit plus seulement de protéger les inventions par des brevets mais de favoriser l’entrepreneuriat au sein même de l’univers de la recherche qui dans notre pays lui est tout à fait allergique.

Un autre frein majeur est l’absence d’indicateurs de suivi permettant d’évaluer aussi rigoureusement que possible la pertinence et l’état d’avancement de projets qui paraissent mirobolants mais peuvent se révéler fallacieux. La fraude massive des dirigeants de l’entreprise américaine Theranos en a fourni un exemple cuisant .

Il est de ce fait essentiel que l’écosystème des startups définisse et s’applique des critères sérieux et transparents de suivi qui pour le moment sont très lacunaires, la seule chose qui semble avoir de l’importance étant jusqu’alors la capacité des acteurs à lever des fonds.

Idiosyncrasies françaises

La France cumule tous ces défauts en pire en les accentuant du fait de son tropisme centralisateur et monarchique.

Soutenir efficacement la recherche est indéniablement une des grandes missions de l’État. Elle ne doit pas pour autant le conduire à se substituer à l’initiative privée. Son rôle est de créer un contexte favorable à l’éclosion des innovations. Mais ce n’est pas aux administrations de choisir les entreprises à financer en priorité, au détriment des autres. Les agents privés sont beaucoup mieux à même de sélectionner les projets susceptibles de marcher et de ne pas s’entêter à les poursuivre si ce n’est pas le cas.

Dans le monde d’hier, qui était celui du rattrapage et de l’imitation, la politique dirigiste de concentration des aides sur un petit nombre d’entreprises promues au rang de « champions nationaux » avait un sens. À côté de quelques échecs retentissants (plan calcul dans l’informatique, filière graphite-gaz dans le nucléaire), elle a pu obtenir de bons résultats (aéronautique, espace).

Mais ces temps sont révolus. Le passage à une économie de l’innovation remet en cause ce modèle qui élimine la concurrence, devenue le moteur du processus. N’est-on pas pourtant en train de le reproduire sous des habits neufs ?

Les titres de nos journaux en donnent bien l’impression : « Macron veut 10 géants de la Tech valant plus de 100 milliards d’euros d’ici 2030 » ( Le Figaro du 15 juin), « Macron veut bâtir une start-up nation » ( Les Échos du 15 juin).

La définition du Next 40 le confirme. Créé en 2019 ce label a été créé pour soutenir et promouvoir 40 jeunes entreprises françaises que le gouvernement considère comme prometteuses et susceptibles de devenir des leaders technologiques.

Un critère essentiel pour en faire partie est de bénéficier d’importants crédits publics octroyés par la BPI. Cela donne le sentiment qu’on tourne en rond au sein d’un monde clos où se retrouvent des initiés. La France n’en propose pas moins de transposer ce label à l’échelle européenne.

On retrouve donc aujourd’hui, presqu’inchangés, tous les ingrédients du passé : volonté du Prince, mainmise de l’État, financement public, connivence et biais multiples. Or pour devenir leader, on ne peut pas appliquer les recettes du rattrapage qui nous condamnent à rester des followers .

Créer un écosystème favorable à l’innovation n’est pas par nature une affaire régalienne. C’est avant tout une affaire de changement culturel comme l’a très clairement montré le prix Nobel d’économie Edmund Phelps ( La prospérité de masse , Odile Jacob) et comme le confirme l’essor de la tech israélienne dans laquelle l’armée a joué un rôle majeur, un aspect complètement passé sous silence par le manifeste.

Grenouille, bœuf, licorne et compagnie

Le soufflé peut-il ne pas retomber ? La réponse est oui si on parvient à stimuler la concurrence, à encourager l’économie de marché, à débrider le capitalisme . Ce sont des conditions impératives pour que puisse s’implanter durablement un écosystème stimulant l’émergence de géants européens et français de la Tech.

Le moins qu’on puisse dire est que le chemin pour y parvenir pourrait ne pas être le meilleur.

Notre pays dont le Président est ouvertement à la manœuvre semble toujours céder aux mêmes travers :

Un pachyderme présidentiel étouffe sous son poids toute liberté d’action des échelons moyens et inférieurs de l’État, sans être capable, pour autant, de les suppléer tous dans les moindres détails.

Depuis que Jean-François Revel dénonçait cet « absolutisme inefficace », les choses n’ont probablement guère changé, licorne ou pas.

N’oublions pas non plus les mots du fabuliste lorsqu’il parlait de la grenouille (française ou européenne) qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf (américain ou chinois) :

« La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva. »