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    Cette année encore, j'ai demandé ma mutation pour mieux enseigner. Cette année encore, c'est un refus - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 9 May - 11:15 · 6 minutes

Les dernières années été ont été éprouvantes à bien des égards pour notre profession et nous ne nous sentons ni estimés, ni respectés par notre ministère. Qu’avons-nous bien pu faire pour mériter un tel acharnement? Les dernières années été ont été éprouvantes à bien des égards pour notre profession et nous ne nous sentons ni estimés, ni respectés par notre ministère. Qu’avons-nous bien pu faire pour mériter un tel acharnement?

ENSEIGNEMENT - Monsieur Blanquer, je me permets de vous adresser cette lettre pour vous signaler ma déception et mon incompréhension.

Je fais partie des milliers d’ enseignants qui tentent vainement de muter d’année en année.

Un résultat qui sonne comme un verdict

Tous les ans, nous attendons avec fébrilité le mail qui nous annoncera le compte à rebours pour notre participation aux mutations interdépartementales du premier degré.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Les résultats tant attendus apparaissent comme un verdict, verdict qui nous semble de plus en plus acéré, catégorique et qui nous pousse vers la porte de sortie.

Personnellement, je demande simplement à rentrer chez moi auprès de mon conjoint et de ma famille.

Un grand nombre d’entre nous sait qu’à partir du 1er mars de cette année, nous nous retrouverons face au mur.

Néanmoins, nous ne souffrons pas d’une perte de vocation . Nos profils sont divers et variés certains en poste, d’autres non. Certains en situation de handicap, d’autres conjoints de personnes mutées par leur entreprise quand certains souhaitent juste pouvoir choisir leur lieu de vie.

Nous ne pouvons plus justifier de remettre en question nos couples, nous ne pouvons plus justifier de laisser nos parents souffrants seuls, nous ne pouvons plus supporter de sécher nos larmes et celle de nos proches les dimanches quand nous partons.

Autant de profils différents qui sont tous toujours animés par l’envie d’enseigner

De perpétuer ou de retrouver ces moments partagés avec nos élèves. Cette fierté dans le regard de celui qui réussit à déchiffrer ses premiers mots, ses premières phrases.

L’exaltation des élèves après la présentation de la pièce de théâtre devant le public.

La première, mais pas la dernière participation de cette élève en mathématiques . Lui qui était persuadé d’être “mauvais”, c’est d’ailleurs souvent la première chose qui nous aura dite…

Le regard confiant des parents lorsque leurs enfants leur diront pour la première fois à quel point ils adorent l’école. Les larmes parfois quand nous sommes les témoins de bouleversements dans leur vie.

Des instants fugaces qui s’enchaînent inlassablement de jour en jour, de semaine en semaine, deux mois en mois, d’année en année. Tous ces instants qui donnent du sens à notre fonction, qui nous construisent en même tant que nos élèves.

Tous les ans, le doute et l’injustice

Pourtant, tous les ans, le doute nous envahit à l’approche de cette période de mutation. Au fil des ans, nous constatons que le que le nombre de postes proposés chute dramatiquement, tout comme le taux de satisfaction.

En 2021, sur 17.179 participants (5% des professeurs d’école), seulement 3614 mutations ont été accordées, soit un taux de satisfaction de 21,04%. En 2020, ce taux était de 23,31% et en 2019 de 23,47%. Ce taux de satisfaction n’a plus dépassé les 30% depuis 2010.

En 2010, le taux de satisfaction pour les personnes handicapées bénéficiant des 800 points était de 96,22%, celui des agents séparés de leur conjoint atteignait 65,9 %.

Aujourd’hui les barèmes d’entrée dans une grande partie des départements sont tellement hauts que 800 points peuvent être considérés comme un “petit” score. Ces barres d’entrées sont élevées car le nombre d’entrées et de sorties est de plus en plus limité. On enregistre pourtant un nombre de participants sensiblement similaire chaque année (entre 16.000 et 17.000 depuis 2010).

Personnellement, je demande simplement à rentrer chez moi auprès de mon conjoint et de ma famille.

Le département de la Creuse est pourtant favorable à ma demande de retour face au cruel manque d’enseignants dans ses écoles. Cependant, le département de l’Essonne dans lequel j’exerce est également déficitaire il devient rare d’avoir l’accord d’une mutation. Ayant “seulement” 300 points, je sais d’avance que je vais devoir continuer à vivre à plus de 300 kilomètres de ma famille et j’ai bien peur de ne pas en être capable moralement, physiquement et financièrement.

Démissions, absence de remplaçants, classes vides...

Le Ministère est le seul à décider du nombre de postes ouverts au mouvement dans les départements. Autour de nous, nous observons des classes sans enseignants, des demandes par petites annonces de personnes non formées. Et ce, bien avant la crise du Covid.

Depuis quelques semaines, nous recevons dans nos boîtes mail académiques les circulaires pour les démissions, les ruptures conventionnelles, les mises à disposition, des congés parentaux… Des classes donc partiellement vides à la rentrée de septembre.

Nous savons pertinemment que les départements sont en flux tendu, qu’il manque des remplaçants partout et qu’à la semaine de la rentrée, nous verrons sur Pôle emploi ou Le bon coin pulluler des annonces pour recruter des remplaçants et nous… Rien.

Néanmoins vous annoncez le recrutement tous les ans de nouveaux enseignants alors que le dédoublement des classes de grande session/CP/CE1 n’est pas achevé. Nous retrouvons tous dans notre entourage un collègue qui a abandonné, qui est parti. Le nombre de démissions dans l’Éducation nationale a triplé en quelques années et comprenez bien que nous ne démissionnons qu’en dernier recours. En 2016, 3,18% de démissions sur l’ensemble de la profession.

Épuisement et incompréhension

Pour rappel, les professeurs des écoles correspondent à la moitié des effectifs de l’enseignement public et nous sommes 5% vouloir muter tous les ans. Il n’est pas difficile de faire le lien entre le manque de mobilité et l’augmentation des démissions.

Le ton de cette lettre semble certes accusateur mais entendez bien nous sommes juste épuisés et nous ne comprenons pas le choix qui est fait de bloquer la mobilité des personnels.

Les dernières années été ont été éprouvantes à bien des égards pour notre profession et nous ne nous sentons ni estimés, ni respectés par notre ministère. Qu’avons-nous bien pu faire pour mériter un tel acharnement?

Nous avons répondu présents pour assurer nos élèves le moins de rupture dans leur scolarité, pour limiter les effets délétères de la situation sanitaire sur la santé psychique, pour assurer le respect des valeurs de la République et former nos futurs concitoyens.

Est-ce trop de demander un geste en notre faveur? Ne suffirait-il pas pourtant d’augmenter la dotation de postes au mouvement interdépartemental pour régler bon nombre de problèmes? Pourquoi pas nous? Nous sommes titulaires, présents, volontaires, formés…

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Ce témoignage, initialement publié sur le compte Instagram de Maîtresse Agate , a été republié sur Le HuffPost avec l’accord de son autrice.
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À voir également sur Le HuffPost: Ces profs en colère ont manifesté pour la première fois

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    Mon enfant ne fait pas ce qu'il veut, mais je suis une mère bienveillante - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 2 May - 08:45 · 4 minutes

Maman de 3 enfants en bas-âge sans aide extérieure, sans nounou, sans grands-parents échappatoires du quotidien, je me voyais alors triplement culpabiliser au moindre énervement, au moins cri, au moindre ras-le-bol, ne pouvant m’empêcher, malgré la confiance en moi acquise au fil des années et malgré mon expérience (j’ai 40 ans), de me dire que dans ces moments-là je faisais mal et que j’étais une mère violente et maltraitante.  Maman de 3 enfants en bas-âge sans aide extérieure, sans nounou, sans grands-parents échappatoires du quotidien, je me voyais alors triplement culpabiliser au moindre énervement, au moins cri, au moindre ras-le-bol, ne pouvant m’empêcher, malgré la confiance en moi acquise au fil des années et malgré mon expérience (j’ai 40 ans), de me dire que dans ces moments-là je faisais mal et que j’étais une mère violente et maltraitante.

PARENTALITÉ - Lorsque j’ai atterri sur les réseaux sociaux en 2020, au 1er confinement et plus particulièrement dans la sphère de la parentalité , j’ai été effrayée de voir à quel point la doctrine bienveillante régnait en reine toute-puissante sur l’univers parental, seul discours valable et honorable, sans quoi vous étiez taxé d’un parent “maltraitant”.

J’ai été effrayée de voir à quel point chaque mot, chaque geste envers nos enfants était scruté, analysé, dramatisé, mis au pilori sous prétexte de neurosciences tout à coup découvertes et érigées comme fil conducteur immuable et irréversible de notre parentalité et de notre éducation.

Effrayée de voir aussi comme tout à coup, toute l’éducation que nous avaient donnée nos parents et grands-parents était à jeter à la poubelle, était le mal absolu.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Calme et bienveillance, quoi qu’il en coûte

Il fallait alors accueillir les émotions de son enfant avec calme et bienveillance en tous points en toutes circonstances.

Maman de 3 enfants en bas-âge sans aide extérieure, sans nounou, sans grands-parents échappatoires du quotidien, je me voyais alors triplement culpabiliser au moindre énervement, au moins cri, au moindre ras-le-bol, ne pouvant m’empêcher, malgré la confiance en moi acquise au fil des années et malgré mon expérience (j’ai 40 ans), de me dire que dans ces moments-là je faisais mal et que j’étais une mère violente et maltraitante.

L’éducation bienveillante, même si elle part d’un bon sentiment, omet la nécessité d’un cadre essentiel pour que l’enfant puisse se construire avec des repères.

Mais ce que l’éducation bienveillante ne considère pas, c’est la particularité de chaque schéma familial, le niveau social (on pète sûrement un moins souvent les plombs dans on a une aide ou une nounou H24), la charge mentale de chaque mère, la situation professionnelle, l’équilibre au sein du foyer, le confort plus ou moins important de chaque foyer (aide ménagère, niveau de vie), le nombre de vacances à souffler, le nombre d’enfants (un enfant seul ne vous causera pas autant de tensions qu’une fratrie qui par essence ne fait qu’interagir et dont il faut accorder sans cesse les violons et apaiser les disputes) bref, autant de considérations réalistes, quotidiennes, que l’éducation bienveillante et ses bisounours vendeurs de rêve (-et de culpabilité) ne prennent pas en compte.

Culpabilisation à outrance

Alors que la mère culpabilise et se remet en question constamment déjà naturellement, et ce bien plus que le père, l’éducation bienveillante serait-elle juste un prétexte supplémentaire pour s’auto-flageller une fois de plus encore et toujours alors que la maternité a surtout besoin de reconnaissance, d’indulgence, d’empathie et de pardon?

Aujourd’hui, je cesse de m’auto-flageller pour le moindre énervement envers mes enfants, je prends surtout en considération ma situation bien particulière qui explique les éventuels pétages de plombs, je pense être une mère bienveillante non par ma capacité à rester calme en toutes circonstances car ce n’est pas le cas, mais par mon écoute, mon affection, mon amour inconditionnel, mon positivisme, ma tendresse, mon enthousiasme et mes encouragements.

L’éducation bienveillante fait passer un message qui me dérange : tu seras une mauvaise mère si tu n’es pas à l’écoute H24 de ses émotions ou si tu ne les « accueilles » pas. L’éducation bienveillante, même si elle part d’un bon sentiment (mais qui me semble ô combien naturel chez une maman – ainsi le rappeler c’est insulter l’amour maternel à mon sens), omet la nécessité d’un cadre essentiel pour que l’enfant puisse se construire avec des repères.

L’enfant roi? Jamais!

Laisser croire à l’enfant qu’il est total maître de sa vie, est-ce vraiment lui rendre service?

Si je dis à mon enfant de mettre son manteau, ce n’est pour pas qu’il attrape froid.

Si je lui dis de se coucher tôt, c’est pour ne pas qu’il soit fatigué le lendemain.

Si je lui rappelle les règles de bienséance et de politesse, c’est pour lui donner toutes les armes pour apprendre à vivre en communauté plus tard.

Non, mon enfant ne peut pas tout faire quand il veut.

Non pour autant, je ne cherche pas à le soumettre (comme les théories adultistes à tendance paranoïaque veulent nous faire croire), je cherche juste à l’élever, à le faire grandir, à l’épanouir, à l’ouvrir sur le monde, afin qu’il ne reste pas dans un entre-soi où il serait roi.

À voir également sur Le HuffPost: Les parents parfaits n’existent pas, arrêtez de culpabiliser

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    Je n'ai pas voté pour la casse de l'hôpital public dont je suis un des médecins - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 1 May - 07:00 · 3 minutes

Monsieur Macron devra compter sur nous pour lui rappeler que son projet n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Monsieur Macron a annoncé dans sa campagne un changement de méthode: concertation, écoute, participation citoyenne? Je me permets déjà d’en douter, tant les travailleurs du soin ont souffert de ces défauts d’écoute. (photo d Monsieur Macron devra compter sur nous pour lui rappeler que son projet n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Monsieur Macron a annoncé dans sa campagne un changement de méthode: concertation, écoute, participation citoyenne? Je me permets déjà d’en douter, tant les travailleurs du soin ont souffert de ces défauts d’écoute. (photo d'illustration)

PRÉSIDENTIELLE - À la suite de notre appel à témoignages, Philippe Bizouarn nous a envoyé sa réaction, que nous avons choisi de publier séparément.

Je suis médecin à l’hôpital public. Je n’ai pas voté pour Emmanuel Macron et son programme néolibéral, mais contre l’extrême droite qui nous promettait la déchéance de notre humanité.

Voté contre, pas pour

Je n’ai pas voté pour la casse de l’hôpital public, je n’ai pas voté pour la privatisation programmée de tous les services publics, je n’ai pas voté pour la disparition des biens communs – la santé, l’éducation, la justice –, mais j’ai voté pour que le programme haineux de Marine Le Pen ne puisse voir le jour.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Je n’ai pas voté, contrairement à ce que certains ministres ont pu dire, pour le projet de société indécente proposé par l’actuel gouvernement. Je n’ai pas voté pour que les inégalités continuent de s’aggraver dans notre pays.

Je n’ai pas voté pour que nos solidarités – déjà si fragiles –, disparaissent, envers nos vieux et nos plus jeunes, nos précaires et nos exclus.

Les médecins désespérés

Je suis médecin à l’ hôpital public, et ne peux que constater la désespérance des travailleurs du soin, épuisés, ayant perdu le sens de leur travail, et quittant le navire pour un avenir à écrire. La Grande Démission menace nos services. Les lits continuent de fermer. Les Urgences continuent de “déborder”. En ces cinq années écoulées, ce qui a été fait n’a pas suffi, loin s’en faut! Les milliards annoncés ne suffiront pas, loin s’en faut! L’heure n’est plus aux applaudissements, mais à la nécessaire reconnaissance des métiers du soin, au sein des hôpitaux dits pour le moment publics.

Je suis membre du Collectif Inter Hôpitaux , et continuerai, avec ses membres et d’autres collectifs embarqués dans le mouvement de défense de l’hôpital public, de combattre les régimes d’austérité imposés à ces hôpitaux qui ne peuvent plus accueillir toute la misère du monde, par manque criant de moyens alloués et pourtant réclamés. Monsieur Macron devra compter sur nous pour lui rappeler que son projet n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Monsieur Macron a annoncé dans sa campagne un changement de méthode: concertation, écoute, participation citoyenne? Je me permets déjà d’en douter, tant les travailleurs du soin ont souffert de ces défauts d’écoute.

Le combat pour l’humanité du soin

Le collectif interprofessionnel dans lequel je suis engagé a lancé, dès le lendemain de l’élection, un #MonVoteNestPasUneAdhesion à voir sur tiktok et sur son site Twitter , prévenant le futur gouvernement que les travailleurs du soin, de tout métier, sauront rester vigilants, sauront poursuivre leur combat pour l’humanité du soin à l’hôpital public, pour leur attachement à l’hôpital public, vigie au sein de la cité et des territoires délaissés de la République.

Dans l’attente des élections législatives, je m’engagerai, autant qu’il m’est possible, et avec les collectifs engagés, de faire part à mes concitoyens quelles sont les attentes des travailleurs du soin au service de toutes et de tous, pour une santé publique égalitaire.

À voir également sur Le HuffPost: Présidentielle 2022: Emmanuel Macron l’emporte avec 58,55% des voix face à Marine Le Pen

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    Pourquoi je jeûne - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 30 April - 07:00 · 9 minutes

Cette période de retrait au monde, je l’accueille comme une occasion inédite qui m’est donnée de plonger dans un dialogue intérieur sincère avec mon âme, de faire l’effort de m’enrouler sur moi-même avec vérité, avec l’objectif de me rencontrer vraiment, et alors, peut-être, d’arriver à entrer en relation avec la parcelle divine nichée au creux de mon âme. Cette période de retrait au monde, je l’accueille comme une occasion inédite qui m’est donnée de plonger dans un dialogue intérieur sincère avec mon âme, de faire l’effort de m’enrouler sur moi-même avec vérité, avec l’objectif de me rencontrer vraiment, et alors, peut-être, d’arriver à entrer en relation avec la parcelle divine nichée au creux de mon âme.

RAMADAN - Petite, j’attendais avec impatience de grandir, c’est-à-dire avoir mes lunes, pour pouvoir jeûner avec ma famille pendant le mois de Ramadan . Puis j’ai arrêté de jeûner pendant dix ans. Cette année, pour la deuxième année consécutive, je poursuis ma redécouverte de cette pratique rituelle .

6-12 ans

Je suis la goûteuse des plats des mamas aux fourneaux, aka ma mère, mes tantes, ma grand-mère et ma grand-tante. Ma tâche consiste à vérifier la teneur en sel des mets, et de rectifier si besoin. Lorsque le mois de Ramadan coïncidait avec les vacances scolaires parisiennes, ma mère nous envoyait dans sa Tunisie natale. Je suis frustrée de ne pas pouvoir jeûner comme les adultes. Un de mes oncles a une idée de génie. Tonton Anis me propose de jeûner une première fois le matin, une deuxième fois l’après-midi, de manière à ce qu’il puisse coudre mes deux demies-journées -il est tailleur- en un jour entier de jeûne. La voix tonitruante du muezzin et son appel à la prière depuis le minaret de la mosquée Al-Fateh, marquant la rupture du jeûne. Depuis le balcon d’une chambre, j’observe l’avenue se vider progressivement. La préparation de la table qui me revenait et que j’accomplissais avec joie et entrain. Dénoyauter les dattes et les beurrer. La hâte et la joie de s’attabler pour manger enfin. Tristesse d’être aussi vite rassasiée. J’aimerais avoir l’estomac d’un dromadaire pour continuer à souper.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

13-18 ans

Pendant les pauses, des filles qui marchent en bande s’évertuent à rappeler les conditions de validité du jeûne: ne pas se maquiller, ne pas se brosser les dents, ne pas appliquer de déodorant, ne pas se parfumer. Sinon ton jeûne il est cassé . Je continue de me maquiller discrètement. Le professeur de mathématiques tolère que les jeûneur·se·s puissent prendre un en-cas léger pour rompre leur jeûne. Les garçons qui pointent du doigt les filles qui mangent. Myriam a ses règles!

Retour à la maison. Les odeurs entêtantes des plats mijotés et frits de ma mère qui saturent l’air de la cuisine, et de mes narines, pour mon plus grand bonheur. Il doit rester une heure avant la rupture du jeûne, je suis affalée sur le canapé avec mes sœurs. Quelle heure est-il? Facultés de concentration et de raisonnement dopées par mon estomac au repos. Mes sœurs révisent leurs partiels, je rédige mon rapport de stage de 3e. J’obtiens 18/20. Merci mon Dieu. J’ai du sang dans ma culotte. Quelle joie d’avoir une raison valable pour faire une pause. Le bonheur de jeûner rien que pour manger à nouveau le soir, et boire. Le premier verre d’eau que je porte à mes lèvres. Mes premières bouchées. La redécouverte du plaisir quotidien et vital de se nourrir. Une pensée pour celles et ceux qui manquent de l’essentiel.

19-26 ans

Départ de la maison pour les études. Je ne me pose aucune question, je jeûne, un point c’est tout. Il en a toujours été ainsi. Jeûne citadelle, espace pour me relier au divin. Quand tu fais le ramadan, tu ne peux pas boire non plus? Ah oui, c’est dur ça! Mais comment tu fais? Moi, je ne pourrais pas. Si je saute un repas, je tombe dans les pommes.

26 ans. Je vis au Maroc. Ici, les dé-jeûneurs se cachent pour manger, au risque d’être condamnés par l’État. Rattrapée par un événement familial traumatisant. Je vacille. Sauvée grâce à la rencontre d’une thérapeute. J’ai peur de devenir folle. Est-ce que je suis folle? “Si vous me posez la question, c’est que vous ne l’êtes pas”. Je dis que je jeûne, mais je mens. J’ai honte. Je culpabilise. Je craque pendant la journée. Je boulotte en cachette, dans la cuisine de l’appartement que je partage avec mes colocataires italiennes.

Le fait de ne pas manger pendant la journée, de limiter les bavardages superficiels, de consacrer des temps de lecture et de méditation: terreau propice à l’éveil de ma conscience à une réalité plus vaste de l’existence.

27-36 ans

  • 27 ans

Rencontre de Maxime. Je jeûne l’été de notre rencontre. Puis je ne sais plus quand exactement ni comment, j’arrête de jeûner. Cela ne fait plus de sens dans ma vie.

  • 33 ans

Publication de mon livre, Le baiser du ramadan . Je décide de tout envoyer promener. Je ne suis plus musulmane. Dieu n’existe pas.

  • 35 ans

Traversée de la nuit noire de l’âme. Colère. Cris. Larmes. Haine de moi et des autres. Maladie à répétition. Je ne me reconnais plus. Début de maladie auto-immune. Mon corps s’en prend à lui.

  • 36 ans

Chute fatale. Immobilisation forcée pendant 40 jours. J’enrage. Abandon total aux soins de mes proches. Traversée désertique. Dans le silence et le retrait au monde, je retrouve le chemin de mon âme. Conversation avec Celui que je n’ose plus nommer. Mon cœur s’ouvre. Transformation alchimique de mon être. Je vois ce que je ne voyais plus. Je rechoisis librement l’islam.

37 ans

Je décide de rejeûner. J’entame des recherches pour mieux comprendre le sens de cette pratique rituelle que je maîtrise mal. Veille du premier jour de jeûne de Ramadan. La France est à nouveau confinée , les écoles et crèches ferment. J’ai peur de ne pas y arriver avec mes enfants. J’écris. “Mon Dieu, en cette veille de mois de Ramadan, je te prie de me donner le courage et l’énergie physique et mentale pour accomplir mon jeûne.” Je dors mal. La journée se passe assez bien, je suis en forme. C’est dans les dernières heures de la journée que je ressens une faiblesse. Pour la première fois de ma vie, je me lance dans la lecture du Coran. Jamais osé jusque-là. Demande au ciel de m’aider à comprendre. Éblouissement sans fin. Confirmation de mon ancrage dans le jardin de l’islam. Réunification de mon être. Après quelques jours, je décide de rompre mon jeûne à 18 h tous les soirs. Je veux continuer à entretenir un lien joyeux et vivant avec ma famille sans m’épuiser sur la durée.

38 ans

Le fait de ne pas manger pendant la journée, de limiter les bavardages superficiels, de consacrer des temps de lecture et de méditation: terreau propice à l’éveil de ma conscience à une réalité plus vaste de l’existence. Accès à la partie immergée de l’iceberg. Une nuit agitée, les enfants réveillés à tour de rôle. J’ai deux rendez-vous importants le lendemain. Grosse fatigue au réveil, sentiment que je ne vais pas tenir jusqu’au soir. Je décide de rompre mon jeûne en conscience. Impossible de faire une chose pareille des années auparavant. Attention soutenue à mon corps et aux aliments ingérés. Terminée l’époque du gavage jusqu’à en avoir mal au ventre. Un plat unique, coloré, le plus souvent végétarien me suffit. Longues marches en bord mer, effacement de mon corps et de mon esprit, méditation silencieuse sur les signes de la création.

5 h du matin. Dans le silence et l’obscurité, réceptivité accrue. J’essaie de rentrer dans un dialogue sincère avec Celui/Celle que l’on ne peut nommer. Dialogue intérieur en réalité, puisque le divin est en nous-mêmes. Il est aussi dans le ciel, mais je crois qu’on ne peut arriver là-haut que par son propre cœur. S’efforcer d’être dans une sincérité constante, c’est ça le plus difficile. Étrange “travail” qui demande un abandon. De l’humilité aussi. J’ai 38 ans et je commence à comprendre pour la première fois de ma vie ce que prier veut dire.

Est-ce que je jeûnerais encore dans dix ans? Je n’en sais rien. Je constate simplement que depuis deux ans, l’observation de ce rite me conduit à vivre de grands moments de joie et de plénitude, est une réponse à mon besoin de communion et de proximité avec le divin, nourrit l’être spirituel que je suis.

Cette période de retrait au monde, je l’accueille comme une occasion inédite qui m’est donnée de plonger dans un dialogue intérieur sincère avec mon âme, de faire l’effort de m’enrouler sur moi-même avec vérité, avec l’objectif de me rencontrer vraiment, et alors, peut-être, d’arriver à entrer en relation avec la parcelle divine nichée au creux de mon âme.

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Remarque générale: j’utilise le terme “Dieu” faute de mieux, pour nommer ce Tout qui nous dépasse. Ce terme m’est familier. Selon les convictions et les croyances de chacun·e, le divin peut se traduire par Source, Lumière, Univers, Amour, le Réel, Esprit Saint, Elohim, etc.

Pour aller plus loin:

- Lien vers la khutba sur le sens et les modalités du jeûne du mois de Ramadan d’Anne-Sophie Monsinay, imame et co-fondatrice de l’association Voix d’un islam éclairé .

- Conférence vidéo sur le sens intérieur du jeûne en islam proposée par l’association Conscience soufie, qui fait un travail immense pour transmettre la sagesse universelle de l’islam et du soufisme au grand public.

Vous pouvez retrouver le témoignage de Myriam dans son intégralité sur son blog .

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À voir également sur Le HuffPost:Pendant le ramadan 2022, il aide des inconnus à trouver du travail

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    Le système scolaire broie les enfants dys, dont le mien - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 29 April - 09:02 · 3 minutes

Chaque fois que j’évoque quoi que ce soit qui touche à l’école avec lui, ça tourne au pugilat. Il se braque, monte en pression et grimpe sur ses grands chevaux au galop. Chaque fois que j’évoque quoi que ce soit qui touche à l’école avec lui, ça tourne au pugilat. Il se braque, monte en pression et grimpe sur ses grands chevaux au galop.

TROUBLES DYS - Ce soir j’ai pété un plomb. Fondu un boulon. Cramé une durite.

Ce soir j’ai hurlé et pleuré face à mon fils de 10 ans. Parce que je suis à bout de nerfs. Parce que l’école et les devoirs sont des combats pour un enfant qui présente ces si joliment appelés “ dys ”.

L’Éducation nationale, cette implacable machine

Parce que chaque p***** de soirs c’est le même combat, le même cirque pour qu’il accepte enfin de faire ses devoirs , prendre sa douche, dîner, aller se coucher... parce qu’à chaque fois que j’évoque quoi que ce soit qui touche à l’école avec lui, ça tourne au pugilat. Il se braque, monte en pression et grimpe sur ses grands chevaux au galop.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Alors oui, ce soir, je n’étais pas cette mère parfaite qui use de patience, de compréhension et d’abnégation. Ce soir, j’étais une folle hystérique, complètement échevelée qui hurle sur son fils qu’elle n’en peut plus. Qu’elle est fatiguée de se battre tous les jours contre lui alors qu’elle essaie de toutes ses forces et de toute son énergie de l’aider. Alors même qu’elle s’apprête à faire front face à l’implacable machine qu’est l’ Éducation nationale .

J’ai hurlé à plein poumons ma détresse et mon impuissance. Je l’ai supplié de m’aider à comprendre ce que je faisais de si mal et qui me valait tout son courroux.

Alors même qu’elle passe son temps à courir de rendez-vous en rendez-vous, un coup le psy, un coup l’orthophoniste, un coup l’ergothérapeute,... qu’elle passe ses soirées à écumer tout Internet pour trouver une pédagogie alternative, un outil qui aiderait son fils dans ses acquisitions, n’importe quoi qui lui faciliterait la vie, lui qui galère tant...

Le soir de trop

Alors oui, ce soir, c’était le soir de trop. Son agenda a volé à travers le couloir. J’ai hurlé à plein poumons ma détresse et mon impuissance. Je l’ai supplié de m’aider à comprendre ce que je faisais de si mal et qui me valait tout son courroux.

Alors oui, bien sûr, demain tout ira mieux. Et bien sûr, que je sais qu’il ne le fait pas exprès, qu’il ne comprend pas les enjeux, qu’il ne soupçonne pas l’investissement que ça demande à toute la famille. Que ça me demande à moi.

Ce soir j’ai hurlé et pleuré. Ce soir, j’ai avoué à mon fils mon impuissance et ma détresse de le voir s’en prendre à moi qui fait tant pour lui.

Ce soir, je crois que même si je n’ai pas été une mère parfaite, j’ai été une mère aimante.

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Ce témoignage, initialement publié sur le compte Instagram Crise de mère , a été reproduit sur Le HuffPost avec l’autorisation de son autrice.

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À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi il faut arrêter de voir les personnes dyslexiques comme des personnes dysfonctionnelles?

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    Pourquoi je n'oublierai jamais l'auxiliaire de puériculture présente à la naissance de mon enfant - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 27 April - 09:40 · 3 minutes

“Elle sait dans quelle famille elle est née, sa place particulière…” puis, en s’adressant à elle “Tu verras, ta maman, ton papa et même ta sœur j’en suis sûre, te parleront de ton frère, c’est important. Tu sauras…” “Elle sait dans quelle famille elle est née, sa place particulière …” puis, en s’adressant à elle “Tu verras, ta maman, ton papa et même ta sœur j’en suis sûre, te parleront de ton frère , c’est important. Tu sauras…”

DEUIL PÉRINATAL - Coralina a 3 enfants: La Tornade, née en 2016, Mini Loup, né en 2019 et Petite Pousse, née en 2022. Mini Loup est décédé des suites de la mort subite du nourrisson en 2020. Dans son témoignage, Coralina raconte la rencontre avec une auxiliaire de puéricultrice rencontrée à la naissance de Petite Pousse, et comment leurs échanges ont été précieux pour cette naissance spéciale, celle que l’on donne après le décès de l’enfant précédent.

Elle s’appelle P., elle est auxiliaire de puériculture au CHR où j’ai accouché et je ne l’oublierai jamais.

Je l’ai rencontrée le jour qui a suivi la naissance de Petite Pousse, elle m’a annoncé qu’elle s’occuperait de nous pendant deux jours. Ce n’était manifestement pas une débutante, probablement la doyenne de l’équipe. Une femme qui dit ce qu’il y a à dire, sans détours.

Sincérité émouvante

J’étais en train de changer la couche de Petite Pousse quand elle s’est présentée. Elle m’a dit “Je pourrais faire comme si je ne savais pas ce qui vous est arrivé mais je ne le ferai pas. C’est affreux.”. Cette sincérité m’a émue, profondément. C’est la seule soignante à m’en avoir parlé.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Dans ma chambre impersonnelle, il y avait un petit tableau blanc. Elle a pris son feutre et a écrit au milieu le prénom de Petite Pousse. Puis elle m’a demandé le prénom de ma grande et, enfin, le prénom de mon fils. Leurs prénoms ont entouré celui de Petite Pousse et, lors des phases de moins bien, ça m’a été très réconfortant de les regarder.

Une perle d’humanité

Petite Pousse gémissait beaucoup dans son sommeil les deux premiers jours. P. s’est penchée sur elle et a murmuré “Elle sait dans quelle famille elle est née, sa place particulière …” puis, en s’adressant à elle “Tu verras, ta maman, ton papa et même ta sœur j’en suis sûre, te parleront de ton frère , c’est important. Tu sauras…” J’avais rencontré une perle d’humanité.

On n’en a guère reparlé pendant ces 2 jours mais une douce complicité était née en silence. Quand elle était agacée, elle s’exclamait en passant nous voir “Je viens me détendre avec vous!”

Pour le premier bain de Petite Pousse, elle a proposé de filmer pour La Tornade. Elle expliquait tout à notre fille dont elle se doutait que la séparation n’était pas facile.

Est arrivé le soir où nous savions que nos chemins se séparaient. Chéri était là, on était émus tous les trois. Comme une étoile filante, cette femme avait laissé une trace lumineuse dans ma vie. Quand la porte s’est refermée sur P., j’ai su que jamais je ne l’oublierais.

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Ce billet, initialement publié sur le compte Instagram Air & Ailes , a été reproduit sur Le HuffPost avec l’autorisation de son autrice.

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À voir également sur Le HuffPost: Ému aux larmes, ce député rend hommage à son collègue à l’origine de la proposition de loi sur le deuil parental

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    Depuis mon burn out, je sais que je ne veux plus d'enfant - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 26 April - 08:52 · 3 minutes

Je m’en sens tout simplement incapable. Je vais bien mais j’ai cette fêlure en moi depuis mon burn-out maternel qui ne me quittera plus! Je m’en sens tout simplement incapable. Je vais bien mais j’ai cette fêlure en moi depuis mon burn-out maternel qui ne me quittera plus!

MATERNITÉ - Je nous sens au complet, comblée. Et puis les grossesses et les post partum chaotiques empreints d’ angoisses , de solitude, d’absence de co-parentalité et de nuits blanches ont eu raison de moi.

Je ne veux plus d’enfant!

Ne me parlez pas de 3ème ça ne m’intéresse pas, ça ne me fait plus vibrer…J’aime les familles nombreuses mais chez les autres. Voir une femme enceinte me met mal à l’aise maintenant… sûrement parce que je me demande à chaque fois si elle sait, si elle a été bien préparée, si elle sera bien entourée et respectée dans ses choix.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Être mère a été et restera l’épreuve de ma vie, et avec un 3ème je le sais déjà je vais le regretter...

Je m’en sens tout simplement incapable. Je vais bien mais j’ai cette fêlure en moi depuis mon burn-out maternel qui ne me quittera plus!

Et puis je vais être honnête, être mère c’est dur!

C’est du bonheur certes mais pas tous le temps. La part de galère que ça représente me fait dire stop!

Et si je ne veux plus d’enfants, cela ne m’empêche pas d’apprécier chaque instant et d’être reconnaissante du privilège d’être la mère de mes 2 bébés.

C’est dur de traverser autant d’épreuves et d’avoir encore le goût de recommencer. C’est épuisant! Alors Je ne vais pas m’infliger ça!

Ma maternité était un choix

J’étais prête à sacrifier une partie de moi, de mes rêves et de mes aspirations pour vivre la maternité. C’était un choix volontaire , éclairé, et assumé. Et j’aime mes enfants plus que tout.

Et si je ne veux plus d’ enfants , cela ne m’empêche pas d’apprécier chaque instant et d’être reconnaissante du privilège d’être la mère de mes 2 bébés. Ils m’apportent ce sentiment si fort et inexplicable. Ils me font grandir, me permettent d’être une meilleure version de moi-même.

Grâce à eux, être mère a du sens. J’ai compris qu’être mère n’était pas lisse, facile ou inné… Ça n’est pas que joie et amour, c’est aussi sortir de sa zone de confort, en baver, et douter.

Ne plus vouloir d’enfant doit aussi être respecté

Maintenant je veux profiter d’eux, les élever et faire de mon mieux.

On dit qu’on oublie que tout passe mais là non…. Je n’oublierais pas au point d’avoir un autre enfant.

Je ne veux plus d’enfant, ce n’est pas un secret à garder. C’est un choix qu’on devrait être libre d’exprimer.

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Ce témoignage, initialement publié sur le compte Instagram Maman a burnouté , a été reproduit sur Le HuffPost avec l’autorisation de son autrice.

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À voir également sur Le HuffPost: Zone Interdite sur M6: le marathon quotidien de cette mère est la définition de la charge mentale

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    Même si sauter une classe de maternelle est rare, chaque année, je reçois des demandes - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 25 April - 12:25 · 3 minutes

Tous les ans, nous avons dans nos classes des élèves à haut potentiel. À nous de différencier nos apprentissages pour que les enfants ne s Tous les ans, nous avons dans nos classes des élèves à haut potentiel. À nous de différencier nos apprentissages pour que les enfants ne s'ennuient pas, qu'ils restent toujours dans le plaisir d'apprendre.

ÉCOLE - Faut-il faire “sauter une classe?”

Tous les ans, nous avons des demandes de parents pour un passage anticipé.

Ce que j’en pense...

Une décision collégiale

Tout d abord, l’ enseignant n est pas le seul à donner son avis dans ce genre de situation. Le psychologue scolaire, le médecin scolaire et la famille sont également à consulter. Rien ne sert d aller voir le directeur le 27 juin , lui seul ne peut rien (c est du vécu!).

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Envisager un passage anticipé, c’est s’assurer que l’ élève a les capacités scolaires, psychologiques, émotionnelles de suivre les cours de l’année supérieure. Il n y a pas que le scolaire qui joue dans un passage anticipé. La maturité doit suivre. Un enfant excellent en Grande Section doit rester excellent s’il passe en CP. Ça me semble essentiel que l’enfant qui saute une classe se sente toujours aussi compétent et confiant avec 1 an d’avance, qu’il n ait pas à fournir d’efforts au-dessus de ses capacités pour “rester excellent”.

Comportement social

La confiance en soi est primordiale. Et la question des copains est également très importante. Ne pas perdre ses copains est essentiel.

L’enfant en question s’ennuie-t-il en classe (pas selon l’avis des parents mais selon lui. Bien souvent, les enfants “en avance” ne s’ennuient pas)? L enfant a-t-il des amis dans la classe supérieure? Doit-il faire des efforts pour travailler? Pour rester assis en classe?

Ça me semble essentiel que l'enfant qui saute une classe se sente toujours aussi compétent et confiant avec 1 an d'avance, qu'il n ait pas à fournir d'efforts au-dessus de ses capacités pour "rester excellent".

Je ne suis pas forcément pour les passages anticipés dès la maternelle car les apprentissages ne sont pas aussi “scolaires” qu’en élémentaire. Ils ont le temps.

Le temps nécessaire de la maternelle

Ils ont déjà besoin d’apprendre à être élève, à écouter une consigne, à être assis. Ce temps de maternelle permet de donner aux enfants le temps de construire ces compétences.

Tous les ans, nous avons dans nos classes des élèves à haut potentiel. À nous de différencier nos apprentissages pour que les enfants ne s’ennuient pas, qu’ils restent toujours dans le plaisir d’apprendre.

Et si tous les signaux sont au vert (compétences, maturité, envie de l’enfant, sensibilité), oui, un passage anticipé est envisageable. Mais c’est finalement assez rare en maternelle. Nous l’avons déjà fait, mais c’est rare. Et pourtant, tous les ans, nous avons des demandes.

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Ce billet, également publié sur le compte Instagram d’Ann L.C., a été reproduit sur Le HuffPost avec son accord.

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