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    Un avion de chasse escorte un vol EasyJet après une fausse alerte à la bombe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 12:24 · 2 minutes

AVION - Un vol EasyJet rejoignant l’île espagnole de Minorque, dans les Baléares, en provenance de Londres a été escorté par un avion de chasse de l’armée espagnole ce dimanche 3 juillet. Un jeune homme de 18 ans avait publié une mauvaise blague sur les réseaux sociaux , déclenchant une alerte à la bombe.

Un chasseur F-18 a donc rejoint l’avion A-319 d’ EasyJet dans le ciel. L’avion de chasse s’est positionné aux côtés de l’ avion de ligne pour entamer l’escorte jusqu’à un lieu sécurisé, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Sur la vidéo prise à travers le hublot de l’Airbus A-319 on peut notamment voir le jet agiter ses ailes. Les passagers, inquiets, ne comprennent pas la situation. “Pourquoi fait-il ça, est-ce qu’il se la pète ?”, se demande même une femme. Il s’agit en réalité d’une manœuvre bien connue dans l’aviation pour indiquer que l’autre pilote doit le suivre.

Les avions militaires qui interceptent les avions civils lorsque ces derniers perdent le contact avec les contrôleurs aériens ou en cas de crainte d’un acte terroriste.

Atterrissage en sécurité et arrestation

Le vol EasyJet EZY8303 qui avait décollé de l’aéroport de Londres Gatwick à 13 heures a pu atterrir en toute sécurité à Minorque, avec une demi-heure de retard. L’avion de la compagnie aérienne a ensuite été escorté vers une zone de sécurité.

C’est dans cette zone que le garçon qui avait lancé la fausse alerte a été arrêté. L’homme de 18 ans, qui voyageait en compagnie de cinq amis, a passé la nuit en prison. Un porte-parole de la garde civile espagnole a indiqué à Reuters que le suspect était en attente d’une audience au tribunal.

Pendant deux heures, les passagers ont été débarqué de l’avion un par un. Leurs bagages ont tous été contrôlés par des démineurs et des chiens renifleurs, comme le rapporte la garde civile à Reuters.

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    13-Novembre: Le logeur de Salah Abdeslam condamné en Belgique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 5 days ago - 15:23 · 2 minutes

En mars 2016, après plusieurs mois de cavale, Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos ayant perpétré les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, était arrêté en Belgique. Plus de six ans après, son logeur vient d'être condamné par la justice belge. En mars 2016, après plusieurs mois de cavale, Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos ayant perpétré les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, était arrêté en Belgique. Plus de six ans après, son logeur vient d'être condamné par la justice belge.

ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE - En Belgique aussi, c’est l’heure du verdict. Une peine de trois ans de prison avec sursis a été prononcée ce jeudi 30 juin à Bruxelles contre Abid Aberkane qui avait hébergé Salah Abdeslam au domicile de sa mère en mars 2016 dans la capitale belge, à la fin de la cavale du seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre .

Le tribunal correctionnel de Bruxelles jugeait au total 14 personnes accusées d’avoir apporté une aide plus ou moins importante à certains auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts).

Parmi ces prévenus, quatre ont été acquittés, un a écopé d’une peine de travail, et trois ont bénéficié d’une suspension du prononcé de leur condamnation, dans un jugement très nuancé, balayant en partie les arguments de l’accusation. Deux autres accusés, présumés morts en zone irako-syrienne et jugés par défaut, avaient déjà été condamnés pour terrorisme en Belgique et n’ont pas reçu de peine complémentaire à ce procès.

Différents niveaux d’implication

Abid Aberkane, cousin de Salah Abdeslam, compte parmi les deux prévenus visés par une peine de prison avec sursis. Abdoullah Courkzine, impliqué dans l’exfiltration d’Abdelhamid Abaaoud à Saint-Denis près de Paris après les attentats, a écopé de 30 mois avec sursis.

Enfin une peine de 18 mois ferme a été prononcée contre Soufiane Al Aroub, ami et soutien logistique d’Ahmed Dahmani (condamné à 30 ans de réclusion dans le procès parisien, détenu en Turquie), et 35 jours ferme contre Lazez Abraïmi pour trafic d’armes.

Ce jugement tombait au lendemain du verdict de la cour d’assises spéciale de Paris qui, après dix mois d’audience, a condamné mercredi soir au total 20 hommes (dont six jugés par défaut) impliqués dans les pires attentats jamais commis en France. Parmi eux, Salah Abdeslam a notamment été condamné à une peine de prison à perpétuité incompressible.

Ces attaques perpétrées à Paris et dans la ville voisine de Saint-Denis, revendiquées par le groupe terroriste État islamique (EI), ont fait 130 morts, dont 90 assassinés lors d’un concert dans la salle de spectacle parisienne du Bataclan.

À voir également sur le HuffPost : Après le verdict du 13 novembre, les parties civiles saluent une “juste peine”

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    Procès du 13-Novembre: Le djihadisme "reste la principale menace, mais elle n'est plus seule"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 5 days ago - 09:11 · 3 minutes

Le procureur national antiterroriste, ici en 2019. Le procureur national antiterroriste, ici en 2019.

JUSTICE - La menace terroriste qui pèse sur la France est moins importante qu’au moment des attentats de novembre 2015 , mais il est néanmoins “extrêmement difficile d’avoir une vision totalement optimiste” quant au risque d’une action d’envergure organisée depuis l’étranger.

Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, est revenu ce jeudi 30 juin sur le risque terroriste en France dans un entretien accordé à franceinfo au lendemain de la condamnation de Salah Abdeslam et plusieurs complices des attentats du Paris et Saint-Denis,

“Des actions projetées” -à l’image des attentats du 13 novembre 2015 ou de l’attaque avortée dans un Thalys, toutes deux coordonnées par l’État islamique depuis la Syrie- “ne sont plus vraiment à l’ordre du jour”. Mais “nous ne pouvons pas écarter totalement” ce risque, estime le magistrat.

“L’État islamique n’est pas du tout totalement défait. Un certain nombre de groupes continuent à exister dans le Nord-Ouest syrien, et ces gens-là peuvent exporter des activistes [...] pour perpétrer de nouvelles actions. Je ne dis pas que cela va se passer demain, mais il faut garder une vigilance absolument accrue”, insiste Jean-François Ricard.

La menace de l’ultradroite

Si le djihadisme “reste la menace numéro 1” en matière de terrorisme en France, “elle n’est plus seule”, développe Jean-François Ricard. “Un certain nombre de groupes d’ultradroite se sont manifestés au cours des dernières années”. Depuis sa création en 2019, le Pnat (parquet national antiterroriste) a ouvert “un peu moins d’une dizaine de dossiers, deux d’entre eux ont déjà été jugés”.

La mouvance terroriste d’ultradroite “vise de multiples cibles: institutionnelles, de la communauté juive ou d’autres communautés, et elle peut viser aussi des actions de masse et ça fait partie des inquiétudes que nous avons.”

Près de 40 attentats déjoués

Treize attentats terroristes ont eu lieu depuis 2017 en France et “on estime que 39 actions ont été déjouées”, souligne Jean-François Ricard. “Il y a encore peu de temps, nous avons réussi à éviter une action terroriste, notamment par des très jeunes, parfois mineurs ou tout juste majeurs”, soupçonnés de vouloir agir “avec des moyens rudimentaires mais totalement acquis à l’idéologie djihadiste”.

“C’est souvent une action qui commence à être mûrie à partir des réseaux sociaux, poursuit le procureur antiterroriste. C’est l’un des vecteurs les plus importants et les services de renseignement sont très actifs, ils ont développé leurs compétences en la matière pour déjouer ce genre d’actions.”

Rapatriement des enfants en Syrie

Interrogé sur le rapatriement des enfants de djihadistes français actuellement détenus dans des camps gérés par des Kurdes de Syrie, Jean-François Ricard souligne qu’environ 200 d’entre eux sont déjà rentrés dans l’Hexagone. “Ils font aujourd’hui, en France, l’objet d’un suivi éducatif dans l’intérêt supérieur de l’enfant, et d’un suivi pluridisciplinaire qui fonctionne.”

Pour les quelque 200 mineurs toujours retenus en Syrie, “c’est une situation très compliquée parce qu’il faut que les mères acceptent qu’ils rentrent, ou alors qu’elles rentrent avec eux”, risquant alors des poursuites par la justice française.

De plus, les camps sont situés dans des zones qui ne sont pas gérées par le pouvoir syrien, avec lequel la France n’a par ailleurs “pas de relations diplomatiques”. “On imagine les problèmes juridiques qui peuvent se poser lorsque les mères ne veulent pas que les enfants rentrent.” Et si la centaine de mères françaises actuellement en Syrie devait être rapatriée, “nous aurons les moyens de les juger”, assure Jean-François Ricard.

À voir également sur Le HuffPost: Après le verdict du 13 novembre, les parties civiles saluent une “juste peine”

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    Après le verdict du procès du 13-Novembre, l'émotion des rescapés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 21:29 · 2 minutes

ATTENTATS - Jamais la salle d’audience construite pour l’occasion n’avait connu une telle affluence. Les parties civiles étaient venues en masse ce mercredi 29 juin pour la dernière soirée d’un procès historique des attentats du 13-Novembre . Mais seuls des murmures ont accueilli la condamnation de Salah Abdeslam à la prison à perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible, une peine extrêmement rare .

À l’issue du verdict prononcé par le président Périès , de nombreux rescapés et proches des victimes qui s’étaient serrées sur les bancs de bois clair, se sont étreints. D’autres avaient les larmes aux yeux après ses 148 jours d’audience très durs, mais indispensables.

“On a la sensation après le verdict qu’on tourne une page. On a eu un long procès, ouvert toutes les portes. (Les juges) ont pris une décision qui était très motivée. Les peines prononcées ne sont pas excessives. On est à un moment satisfaisant pour tout le monde, en tous cas pour la justice”, a souligné Me Gérard Chemla, avocat de plus d’une centaine de parties civiles.

Quelque chose a fonctionné dans ce procès. La justice est venue réparer ce qui n’aurait jamais dû se passer." Arthur Dénouveaux, président de l’association Life for Paris

Président de l’association Life for Paris, Arthur Dénouveaux se réjouissait d’un verdict “juste” et se dit, dans la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous , prêt ”à faire autre chose”. “Je me suis surpris à me dire que j’étais contente que les trois accusés qui comparaissaient libres repartent libres. C’est que quelque chose a fonctionné dans ce procès. La justice est venue réparer ce qui n’aurait jamais dû se passer”, a-t-il résumé.

Avant de se projeter dans l’après et de reconstruire une vie marquée par ce soir de novembre 2013 , certains ont accepté de faire part de leur émotion. “Il faut accepter de pleurer, car la douleur et la souffrance sont là, malgré le verdict”, a témoigné Bilal Mokono, blessé au Stade de France et qui a perdu un cousin tué, sur l’une des terrasses parisiennes. “Ce procès est une étape”, a-t-il ajouté comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article .

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    Au procès du 13-Novembre, l'ensemble des condamnations

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 20:27 · 4 minutes

Les vingt accusés au procès du 13-Novembre ont été condamnés, ce mercredi 29 juin, par la cour d’assises spéciale de Paris à des peines allant de 2 ans d’emprisonnement à la perpétuité. Les vingt accusés au procès du 13-Novembre ont été condamnés, ce mercredi 29 juin, par la cour d’assises spéciale de Paris à des peines allant de 2 ans d’emprisonnement à la perpétuité.

TERRORISME - À l’issue des dix mois d’audience du procès des attentats du 13 novembre 2015 , les vingt accusés ont été condamnés par la cour d’assises spéciale de Paris à des peines allant de 2 ans d’emprisonnement à la perpétuité, ce mercredi 29 juin. Salah Abdeslam , le seul membre du commando des attentats de Paris et Saint-Denis encore en vie, a été condamné à une peine de prison à perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible.

Six ans après une nuit de terreur qui a traumatisé la France et après un procès-fleuve marqué par les récits glaçants des rescapés ou proches à la barre - sur plus de 2600 parties civiles - la cour a globalement suivi les demandes du ministère public contre 14 hommes présents à l’audience. Six autres, dont cinq hauts cadres de l’État islamique présumés morts en Syrie, étaient jugés par défaut.

Les 3 accusés qui comparaissaient libres et ressortiront libres affichaient sourires et soulagement. Ils étaient très entourés par des parties civiles, comme pendant une bonne partie du procès.

  • Salah Abdeslam

Les cinq magistrats professionnels ont suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé cette sanction rarissime à l’encontre du seul accusé du box jugé comme co-auteur des attaques de Paris et Saint-Denis qui ont ”épouvanté et fait 130 morts. Il écope de la prison à perpétuité avec une période de sûreté incompressible . C’est la peine la plus lourde prévue par le Code pénal en France; elle n’avait été prononcée qu’à quatre reprises jusqu’à présent.

  • Mohammed Abrini

L’“homme au chapeau” des attaques de Bruxelles, qui était également “prévu” dans les commandos du 13-Novembre, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans. Il était jugé pour être allé chercher le “survivant” des commandos dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015.

  • Mohammed Amri

Condamné à 8 ans de prison, ce “copain” de Salah Abdeslam était notamment jugé pour être allé chercher Salah Abdeslam dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015.

  • Yassine Atar

Frère de l’homme accusé d’être le commanditaire des attentats du 13 novembre 2015, Yassine Atar est condamné à huit ans d’emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers.

  • Muhammad Usman et Adel Haddadi

Surnommés “les deux Autrichiens”, Muhammad Usman et Adel Haddadi étaient soupçonnés d’avoir été missionnés par le groupe État islamique pour participer aux attentats du 13 novembre 2015. Ils sont condamnés à 18 ans de réclusion avec peine de sureté des deux tiers.

  • Osama Krayem et Sofien Ayari

Les deux hommes, dont l’accusation avait affiché la “certitude” qu’ils devaient commettre un attentat à l’aéroport d’Amsterdam le 13 novembre 2015, ont été condamnés à trente ans de réclusion criminelle dans deux tiers de sûreté.

  • Mohamed Bakkali

Considéré par le parquet national antiterroriste comme l’“homme de confiance” des logisticiens de la cellule, Mohamed Bakkali a lui aussi écopé de trente ans de réclusion, dont deux tiers de sûreté.

  • Hamza Attou

Jugé pour être allé chercher Salah Abdeslam avec Mohammed Amri, Hamza Attou est condamné à 4 ans d’emprisonnement, dont 2 ans avec sursis, et une interdiction du territoire français pendant 10 ans.

  • Abdellah Chouaa

Abdellah Chouaa, qui comparaissait libre, est condamné à 4 ans d’emprisonnement, dont 3 ans de sursis, avec interdiction du territoire français pendant 10 ans. Les enquêteurs le soupçonnaient d’avoir servi de “véhicule ouvreur”  vers la planque de Charleroi à une voiture dans laquelle se trouvaient Mohamed Bakkali, Osama Krayem et Sofien Ayari.

  • Ali El Haddad Asufi

Accusé d’avoir cherché à se procurer des armes, il est condamné à 10 ans de prison, avec une période de sûreté fixée aux deux tiers de la peine.

  • Ali Oulkadi

Ce proche de Brahim Abdeslam, qui comparaissait libre, est condamné à 5 ans d’emprisonnement, dont 3 ans de sursis. Meilleur ami de Brahim Abdeslam, l’un des kamikazes des terrasses, Ali Oulkadi était poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et de recel de terroriste. Il était accusé d’avoir convoyer Salah Abdeslam dans Bruxelles après les attentats.

  • Farid Kharkhach

L’homme, soupçonné d’avoir fourni de fausses cartes d’identité aux terroristes, est condamné à 2 ans d’emprisonnement. Il comparaissait libre. Il était accusé d’avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale.

  • Ahmed Dahmani

Incarcéré en Turquie, Ahmed Dahmani est condamné à 30 ans de réclusion criminelle avec période de sûreté des deux tiers, interdiction définitive du territoire français. Il était soupçonné de s’être procuré le produit chimique nécessaire à la fabrication des explosifs.

  • Les 5 accusés présumés morts

Oussama Atar, accusé d’être le commanditaire des attentats, Aref Dibo, Omar Darif (Ahmad Alkhald) et les frères Clain sont condamnés à la perpétuité incompressible avec interdiction définitive du territoire français.

À voir également sur Le HuffPost: Au procès du 13 novembre, le dernier mot aux accusés avant le verdict

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    Procès du 13-Novembre: Salah Abdeslam reconnu coupable

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 18:43 · 2 minutes

Salah Abdeslam, principal accusé dans le procès des attentats du 13 novembre 2015, ici en avril 2022 dans la salle d'audience Salah Abdeslam, principal accusé dans le procès des attentats du 13 novembre 2015, ici en avril 2022 dans la salle d'audience

JUSTICE - Un verdict pour l’histoire. Dix mois après l’ouverture des débats et au termes de 148 journées d’audience , la cour d’assises spécialement composée, compétente pour les affaires criminelles terroristes, a rendu son verdict, ce mercredi 29 juin, dans le procès des attentats qui ont causé la mort de 130 personnes au Bataclan, sur les terrasses parisiennes et à Saint-Denis le 13 novembre 2015. Le tout dans un document de 120 pages dont le président Jean-Louis Périès a épargné la lecture complète à l’assistance venue extrêmement nombreuse.

Après plus de deux jours de délibération dans une caserne de la région parisienne, les cinq magistrats professionnels et leurs quatre suppléants ont reconnu coupable de tous les chefs d’accusation, dix-neuf des vingt accusés.

C’est ainsi que Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos , a été reconnu comme “co-auteur” des attentats, la cour estimant -comme les avocats généraux- que les attentats pouvaient être pris comme “une scène de crime unique ”. Il est donc reconnu coupable de “participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle” et de “meurtres en bande organisée, en relation avec une entreprise terroriste”.

L’ARTICLE EST MIS À JOUR AU FIL DE L’AUDIENCE

La peine maximale a été requise

Dans ses réquisitions , le parquet national antiterroriste (Pnat) avait réclamé à son encontre la peine la plus sévère prévue par le droit français, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible , qui rend infime la possibilité d’une libération. Des réquisitions “démesurées” et une “peine de mort sociale”, avait répondu l’avocate de Salah Abdeslam dans sa plaidoirie.

Au cours du procès, Me Olivia Ronen et l’accusé ont insisté sur le fait que Salah Abdeslam n’avait “pas tué”, mais au contraire “renoncé” au dernier moment, en refusant “par humanité” d’actionner sa ceinture explosive. “La ceinture explosive n’était pas fonctionnelle ce qui remet en question ses déclarations concernant le renoncement”, a estimé le président de la cour d’assises.

Lundi 27 juin, Salah Abdeslam avait renouvelé ses excuses et reconnu des “erreurs”. “Mais je ne suis pas un assassin, je ne suis pas un tueur [...]. Si vous me condamniez pour assassinat, vous commettriez une injustice.”

À voir également sur Le HuffPost: Au procès du 13 novembre, le dernier mot aux accusés avant le verdict

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    Procès du 13-Novembre: l'appréhension des victimes sur "l'après" verdict

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 13:08 · 6 minutes

Avec la fin du procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, les victimes et leurs proches vont devoir faire face à l'après, avec parfois beaucoup d'appréhension (dessin d'audience réalisé en octobre 2021 et montrant Arthur Dénouveaux, le président de l'association Life for Paris). Avec la fin du procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, les victimes et leurs proches vont devoir faire face à l'après, avec parfois beaucoup d'appréhension (dessin d'audience réalisé en octobre 2021 et montrant Arthur Dénouveaux, le président de l'association Life for Paris).

TERRORISME - Une page qui se tourne, entre peur, appréhension et soulagement. Six ans et sept mois après les attentats du 13 novembre 2015 , et après dix mois de procès, la cour d’assises spéciale de Paris rend son verdict ce mercredi 29 juin , point d’orgue de l’audience criminelle la plus longue de l’histoire judiciaire française d’après-guerre.

Le procès “historique”, “hors norme”, qui s’est ouvert le 8 septembre dernier n’aura sans doute pas apporté toutes les réponses aux questions posées par les quelque 2500 parties civiles constituées après les attentats les plus meurtriers ayant frappé la France. Mais, si des zones d’ombre persistent, il aura permis aux rescapés et endeuillés de faire entendre leur voix et ressentir leur douleur bien au-delà de la salle d’audience d’un palais de justice transformée en forteresse pendant près de dix mois.

Et pour elles aussi, la fin de ce procès signe une nouvelle étape dans leur vie, un lourd chapitre qui doit laisser place à “l’après”, la reconstruction. Plusieurs victimes ont témoigné auprès du HuffPost sur la façon dont elles appréhendent la suite alors que ce grand combat touche à sa fin.

“La fin d’un deuil collectif”

Évidemment, cette perspective d’après procès n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour Stéphane Sarrade qui a perdu son fils Hugo, 23 ans, au Bataclan , le verdict “ne changera rien” à sa peine, mais il va tout de même “marquer la fin d’un deuil nécessaire”. Un deuil individuel, mais aussi collectif, “qui va bien au-delà des victimes”. “C’est un deuil de toute la France, pour toute une génération, pour les terrasses, la musique, le foot...”, confie-t-il.

Un point final qu’il appréhende également, car “c’est aussi la dernière fois que les médias vont mettre l’emphase sur tout cela ”. Ce sera alors le “début de l’après” où persistera le “deuil individuel” avec lequel il faudra vivre.

Vivre seul avec son deuil. Un combat de tous les jours qui jusque-là était animé par la volonté d’obtenir justice. “Mais après?” s’interroge Patricia Correira, vice-présidente de l’association 13Onze15, qui a perdu sa fille et le compagnon de cette dernière au Bataclan. “C’est peut-être la colère qui m’a fait tenir jusqu’à présent, mais il y a des parents qui sont morts, qui ont développé des cancers, une maladie d’Alzheimer...”.

“Un vide qu’il va falloir meubler et remplacer”

Psychologiquement, l’impact peut-être très violent chez les victimes rescapées et leurs familles. Ce procès a rythmé leur vie pendant des mois , leur a permis de tenir face à la douleur dévorante de la perte. Sur France Bleu , Gérard Chemla, avocat de nombreuses victimes des attentats du 13 novembre, explique qu’un certain nombre d’entre elles craignent une “peur du vide”.

“On rentre dans un tunnel: au mois de septembre dernier, la vie s’arrête autour de nous et tous les jours, on est sur le procès. Quand on n’y est pas, on y pense, on en parle, on en rêve. Tout d’un coup, on sait que ça va s’arrêter, qu’on ne va plus revoir les gens et il est évident qu’il va y avoir une sensation de dépression. Un vide qu’il va falloir meubler et remplacer.”

"J’en viens à me demander ce qu’il restera de ma vie après les dix mois David Fritz-Goeppinger, rescapé du Bataclan, sur Franceinfo

C’est également ce que décrit sur Franceinfo David Fritz-Goeppinger, l’un des survivants du Bataclan, évoquant un quotidien “qui ne veut plus rien dire”, “complètement dénaturé et déstructuré après dix mois”. Dans son esprit, l’audience se présente comme “une colonne vertébrale d’un quotidien qui ne demande plus qu’elle disparaisse”.

“J’en viens à me demander ce qu’il restera de ma vie après les dix mois, ce qu’il restera de tout ça”, témoigne-t-il, confiant avoir “hâte que cela prenne fin, hâte de revenir au mois d’août dernier, enfin, au moins en apparence”.

Auprès du Parisien , des victimes évoquent une “peur de quitter la communauté” avec laquelle “des liens forts se sont tissés”. “Aujourd’hui, c’est notre vie. On est attirés par ce tribunal parce que l’on s’y retrouve avec plaisir”, confie Bruno. Pour Cédric, pouvoir observer la manière de réagir des autres victimes “permet de comprendre une part de nous-mêmes. Que nos réactions sont normales face à un événement anormal”. “Moi, ça m’a fait du bien”, explique-t-il.

Tenter une transition vers l’après en douceur

Pour éviter une rupture trop brusque, certaines associations se mobilisent pour une transition en douceur. 13Onze15 Fraternité et Vérité réfléchit ainsi à la mise en place de groupes de parole avec le soutien de Paris Aide aux victimes, selon son président Philippe Duperron qui anticipe un “gros trou d’air” à la fin du procès. Ou encore la “béance de l’après-procès”, comme l’a qualifiée un avocat lors de sa plaidoirie.

Life for Paris, prévoit, elle, d’organiser “plusieurs grands événements pour rassembler tout le monde” et “atténuer le choc”. “On va s’éloigner de la souffrance des victimes. Cela sera pour nous un sas vers la sortie de cette bulle traversée par les émotions les plus violentes”, glisse au Parisien des avocats de victimes.

Mais pour d’autres encore la fin du procès ne marque pas encore la fin du combat. Paul-Henri Baure travaillait à la sécurité du Stade de France le soir des attentats. Il a été grièvement blessé aux jambes après l’explosion d’un kamikaze, entraînant deux ans et demi d’ITT. Selon lui, le procès est “loin d’être fini”, explique-t-il, car il y aura “sûrement les appels” qui suivront le verdict.

Mais au-delà de ça, plus personnellement, Paul-Henri combat sur un autre front, un autre procès: celui des attentats de Nice . En effet, sa compagne, qu’il a rencontrée lors d’un congrès international des victimes du terrorisme, a perdu son mari sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016 , percuté par le camion de l’assaillant. “On va donc continuer avec ce procès-là”, nous confie-t-il.

Le Procès de l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts et plus de 400 blessés se tiendra du 5 septembre au 16 décembre prochain.

À voir également sur le HuffPost : Un rescapé du Bataclan revient sur le premier jour d’audience au procès du 13-Novembre

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    Procès du 13-Novembre: ce qu'est la perpétuité incompressible requise contre Salah Abdeslam

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 04:30 · 6 minutes

Jugé pour son rôle dans les attentats perpétrés le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam a vu la perpétuité incompressible être requise contre lui. Une condamnation rarissime en France, encore jamais prononcée pour des faits de terrorisme (dessin d'audience réalisé en septembre 2021, lors des premiers jours du procès). Jugé pour son rôle dans les attentats perpétrés le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam a vu la perpétuité incompressible être requise contre lui. Une condamnation rarissime en France, encore jamais prononcée pour des faits de terrorisme (dessin d'audience réalisé en septembre 2021, lors des premiers jours du procès).

JUSTICE - “Votre verdict pourra au moins assurer aux vivants que c’est, ici, la justice et le droit qui ont le dernier mot.” Camille Hennetier, l’une des trois avocats généraux au procès des attentats du 13 novembre 2015, a demandé le 10 juin dernier à la Cour d’assises spéciale de Paris de prononcer des peines exemplaires contre les accusés. La Cour, présidée par Jean-Louis Périès, doit annoncer son verdict ce mercredi 29 juin.

Si les cinq magistrats suivent les réquisitions, Salah Abdeslam , le seul des accusés à être considéré comme un “coauteur” des attentats de Paris et Saint-Denis, et à ce titre exposé à une peine rarissime, pourrait être condamné à la perpétuité incompressible. Cette sentence n’a jamais été prononcée pour des faits de terrorisme depuis qu’elle a été créée en 1994 .

Les avocats généraux ont estimé que les faits reprochés au seul survivant des commandos ayant frappé le stade de France, les terrasses parisiennes et le Bataclan -un homme qui a louvoyé entre excuses , dénégations de toute responsabilité et appartenance assumée à l’organisation terroriste État islamique- étaient d’une “exceptionnelle gravité” justifiant une sanction “en adéquation avec cette gravité”.

Mais qu’est-ce que cette “perpétuité réelle”? Le HuffPost a demandé l’éclairage de deux pénalistes: maîtres Juliette Chapelle , avocate au barreau de Paris, et Marion Ménage , du barreau de Pontoise.

Prison, sûreté et perpétuité

Pour commencer, il convient d’expliquer comment fonctionnent les condamnations à des peines de prison dans le droit français. En l’occurrence, précise Juliette Chapelle, “l’idée du législateur est que l’être humain évolue, et qu’au bout d’un moment, durant une peine de prison, il doit être possible d’aménager sa détention pour lui permettre de revenir progressivement à la liberté”. Cela peut passer par une suspension de la peine, des permissions de sortie, une liberté conditionnée à un bon comportement hors de prison...

En général, des périodes de sûreté sont donc prononcées en plus de la peine en soi. Il s’agit d’une durée durant laquelle la personne condamnée ne pourra pas demander d’aménagement, en général la moitié de la durée de la peine. “Et si c’est une peine à perpétuité, alors la période de sûreté est de 18 ans et peut monter à 22”, explique Marion Ménage. Au terme de ce délai, les détenus peuvent, devant un juge d’application des peines, envisager un aménagement.

C’est là qu’intervient le concept de perpétuité réelle, ou “incompressible”, qui existe “pour les peines les plus graves et qui est très limitée par le législateur”, insiste Juliette Chapelle. Contrairement à la période de sûreté qui est limitée dans le temps, la perpétuité incompressible rend cette peine de sûreté illimitée. Pour autant, in fine, un aménagement reste possible. “Au bout de trente ans de détention, le condamné pourra demander au tribunal de l’application des peines de revenir sur cette impossibilité de formuler la moindre demande”, décrit Marion Ménage.

Rien avant 30 ans

“Mais cela ne veut pas dire qu’au bout de 30 ans, les personnes sortent”, prévient Juliette Chapelle. “Le juge d’application des peines peut ne jamais donner droit à la demande d’aménagement et la personne restera en prison jusqu’à sa mort.” Car une fois la demande formulée, il reste encore un processus avant que celle-ci soit approuvée.

Marion Ménage liste: “l’avis d’une commission composée de cinq magistrats de la Cour de cassation”, des “gages sérieux de réadaptation sociale” donnés par le détenu qui formule la demande, une expertise psychiatrique réalisée par un collège d’experts pour évaluer la dangerosité du condamné... Elle ajoute que “le tribunal s’assure également que sa décision n’est pas susceptible de causer un trouble grave à l’ordre public et recueille l’avis des victimes”. Ce point pourrait se révéler particulièrement délicat dans le cas du 13-Novembre.

Un dispositif bardé de garde-fous donc, mais motivé par cette idée que “l’être humain peut changer”, comme le résume Juliette Chapelle. Et c’est d’ailleurs ce qu’a estimé la Cour européenne des Droits de l’Homme en 2014 , considérant que cette possibilité d’une demande d’aménagement après 30 ans de détention constituait malgré tout un espoir de libération du détenu. Sans cette perspective, pour l’avocate, la France aurait sans doute été condamnée.

Quatre personnes condamnées, dont Fourniret

Par le passé, cette perpétuité incompressible n’a été prononcée qu’à quatre reprises, à chaque fois pour des meurtres d’enfants précédés de viol ou d’acte de torture ou barbarie. Y ont été condamnés “Pierre Bodein dit ‘Pierrot le fou’ en 2007, Michel Fourniret en 2008, Nicolas Blondiau en 2013 et Yannick Luende Bothelo en 2016”, détaille Marion Ménage. Jamais donc pour des faits de terrorisme, ce qui pourrait créer un élargissement du champ d’application de cette peine si Salah Abdeslam y était condamné, précise Juliette Chapelle.

Camille Hennetier et les avocats généraux du procès du 13-Novembre ont longuement justifié leurs réquisitions. Notamment en évoquant une réinsertion qui semble impossible, eu égard à “cette idéologie mortifère” qui a motivé les attaques terroristes de 2015. “Je ne crois pas qu’un retour en arrière soit possible, pas pour le moment en tout cas”, a déclaré la magistrate.

Et cela en s’appuyant sur une citation de Voltaire : “Lorsque le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant?” Elle ajoutait: “Nous sommes sans illusions sur ce que représente ce temps carcéral. Mais c’est la seule réponse sociale acceptable pour protéger la société.” Avançant également la “minimisation des faits” par Salah Abdeslam et se disant convaincu qu’il n’était aucunement un simple chauffeur ou un invité de dernière minute non averti du projet terroriste du commando, le parquet a donc requis la perpétuité réelle. Charge désormais au tribunal de se prononcer.

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