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    Le Théâtre de la Colline refuse de déprogrammer Bertrand Cantat et s'en explique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 20 October, 2021 - 05:36 · 2 minutes

Le Théâtre de la Colline refuse de déprogrammer Bertrand Cantat et s

CULTURE - Le directeur du Théâtre de la Colline a refusé mardi 19 octobre de déprogrammer Bertrand Cantat, condamné pour le meurtre de sa compagne en 2003 , à qui il a demandé de composer la musique de son prochain spectacle.

Dans un communiqué, Wajdi Mouawad a également refusé de déprogrammer Jean-Pierre Baro, un metteur en scène qui avait été visé par une plainte pour viol classée sans suite, et qui met en scène une pièce pour La Colline, un des six théâtres nationaux en France.

La programmation des deux artistes a suscité l’émotion parmi le mouvement #MeTooThéâtre , qui prend de l’ampleur depuis quelques semaines.

Ne pas se “substituer à la justice”

Tout en affirmant adhérer “sans réserve” aux “combats pour l’égalité entre les femmes et les hommes et celui contre les violences et le harcèlement sexuel ”, Wajdi Mouawad dit refuser de se “substituer à la justice”.

“Si une personne programmée ou invitée au théâtre se trouve engagée dans une procédure judiciaire, je l’inciterai à se retirer de la programmation jusqu’à ce que le travail de la justice ait été mené à son terme. À ce jour, personne ne se trouve dans cette situation dans la programmation du Théâtre de la Colline”, a indiqué le directeur, qui est également dramaturge.

“Je ne vois donc pas en quoi je devrais (...) demander à qui que ce soit de se retirer”, a souligné encore le metteur en scène, qui a commandé à Bertrand Cantat , ancien du groupe Noir Désir, la musique de son prochain spectacle, “Mère” (19 novembre-30 décembre).

“Je ne cherche ici à convaincre personne. Et si la ministre de la Culture ou le Président de la République, qui m’a nommé, considèrent que mes positions sont contraires aux principes républicains, que l’un ou l’autre me le fasse savoir et je quitterai la direction du théâtre sur le champ”, a encore indiqué le directeur libano-québecois.

Un mouvement “unilatéral” qui “ne souffre d’aucune nuance”

Interrogée lundi sur France Inter, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot avait indiqué qu’elle n’avait “pas à intervenir dans la gestion de La Colline”, mais qu’elle “regrettait” que Bertrand Cantat ait été invité . Wajdi Mouawad dit refuser de participer à un mouvement “unilatéral” qui “ne souffre d’aucune nuance” et qui “punit au-delà de la justice et du droit”.

L’actrice Marie Trintignant, fille de Jean-Louis Trintignant, avait succombé aux coups de Bertrand Cantat en 2003 à Vilnius. Le chanteur avait été condamné à huit ans de prison. Il en a effectué quatre avant de bénéficier d’une libération conditionnelle en 2007. Son contrôle judiciaire a pris fin en 2011.

Ce n’est pas la première fois que les deux hommes collaborent. En 2011, la trilogie “Des Femmes” est mise en scène par Wajdi Mouawad, avec Bertrand Cantat qui devait être sur scène.

Face à la polémique, le chanteur ne montera pas sur les planches, ni au Canada ni au Festival d’Avignon. Le metteur en scène avait alors décidé de faire entendre la voix de Cantat à partir d’un enregistrement.

À voir également sur Le HuffPost: Les victimes de féminicides en 2020 ont leur mémorial en plein Paris

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    Après l'Odéon, le mouvement d'"occupation" des théâtres s'amplifie

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 10 March, 2021 - 07:22 · 3 minutes

Le mouvement d

CULTURE - Le mouvement d’“occupation” des théâtres pour réclamer la réouverture des lieux culturels , fermés depuis fin octobre pour cause de pandémie de covid-19 , commence à prendre de l’ampleur, avec une mobilisation dans trois théâtres nationaux.

Jeudi a commencé l’occupation du Théâtre de l’Odéon à Paris , un mouvement qui se poursuit et a été suivi ce mardi 9 mars par une mobilisation au Théâtre de la Colline, dans l’Est parisien, et au Théâtre national de Strasbourg (TNS). Il s’agit de trois des quatre théâtres nationaux (hors opéra et danse), le quatrième étant la Comédie-Française.

“Pour nous, il s’agit d’un mouvement national. On a des retours des syndicats en région et ça commence à bouger, ils s’organisent”, a affirmé à l’AFP Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT (Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens de France), qui fait partie des quelque 50 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de l’Odéon mardi soir. Le mouvement a reçu le soutien du député LFI François Ruffin qui a fait le déplacement mardi à l’Odéon.

Des étudiants investissent le théâtre de la Colline

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot s’était rendue samedi 6 mars à l’Odéon et a promis de poursuivre les échanges, mais mardi, la CGT Spectacle a affirmé qu’elle poursuivait le mouvement. “Occupons! Occupons! Occupons”, a-t-elle appelé dans un communiqué où elle précise que cette mobilisation s’inscrit “dans le sillage de l’occupation des ronds-points”, en référence au mouvement des gilets jaunes .

Dans le même temps, quelques dizaines d’étudiants d’art dramatique sont entrés au Théâtre de la Colline, à Paris, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire “Ouverture essentielle”, “vie sans culture, droit dans le mur”, “Bachelot si t’ouvres pas, on vient jouer chez toi”.

“Plusieurs dizaines d’étudiants manifestent à l’extérieur tandis que 30 étudiants ont été autorisés à entrer au théâtre”, dirigé par le metteur en scène et dramaturge Wajdi Mouawad, qui se trouvait en répétition, a indiqué une source du théâtre à l’AFP. Selon la source, il s’agit d’étudiants du Conservatoire national Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD), de l’Ecole supérieure d’art dramatique (Esad) et de l’Ecole du studio théâtre d’Asnières, un conservatoire à rayonnement régional de Paris.

Des actions à Strasbourg et Pau

Se sont également associés au mouvement 51 élèves en scénographie-costumes, jeu, mise en scène, dramaturgie et régie-création, qui ont décidé de s’installer 24h sur 24h dans les locaux du Théâtre National de Strasbourg, “jusqu’à une réponse concrète de l’État”.

Il s’agit pour eux d’un “acte de mobilisation (qui) a pour objectif d’interpeller les pouvoirs publics sur la gravité de nos situations et d’améliorer les droits des intermittent.e.s touché.e.s par la crise sanitaire”, ont-ils affirmé dans un communiqué. Ils ont également appelé “toutes les écoles nationales supérieures d’art dramatique de France et conservatoires à se joindre” au mouvement.

En plus de la réouverture des lieux culturels dans le respect des consignes sanitaires, les manifestants réclament entre autres une prolongation de l’année blanche pour les intermittents, son élargissement à tous les travailleurs précaires et saisonniers et des mesures d’urgence face à la précarité financière et psychologique des étudiants.

Dans le même esprit, une trentaine d’intermittents du spectacle ont passé la nuit de lundi à mardi dans un théâtre de Pau, selon les manifestants et la mairie.

À voir également sur le HuffPost : Le plaidoyer de Hollande et Gayet pour l’ouverture de lieux culturels