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    chapitre 15 Mon choix extrait 120

    Angélique Andthehord · Monday, 11 April - 06:36

Le détail, l'imprévu qui fit tout basculer : j'étais si heureuse de paraître enfin en public que je ne pouvais m'empêcher de sourire. Sourire ? Ça n'avait aucun sens ! J'étais supposée faire des remontrances à la servante et voilà que je rouspétais avec un sourire jusqu'aux oreilles. Jamais, à aucune répétition, je n'avais joué aussi mal. À cause de ce sourire idiot que je n'arrivais pas à réprimer, tout était raté, fichu, et j'étais sur le point de fondre en larmes mais ma mère, face à moi, me donna la réplique comme si de rien n'était. Alors, je récitai une dernière phrase avant de sortir de la pièce dans la plus grande honte mais ma mère, devant moi, continua à jouer son rôle sans faillir ; alors je la suivis, par automatisme, et tout rentra dans l'ordre.

J'étais replacée dans mon personnage.


extrait de : Le lever de rideau


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    chapitre 15 Mon choix extrait 118

    Angélique Andthehord · Friday, 8 April - 04:14

Arrivèrent enfin les choses sérieuses ! On demanda au public d'aller dans la pièce à côté parce qu'il n'y avait pas de rideau, à part celui de mon baldaquin, pas de lever de rideau. Mon père, ma mère, mon grand frère et ma grande sœur installèrent le plus vite possible les décors et les accessoires tandis que moi, je ne reçus que cette instruction :

« Pousse-toi ! Reste pas dans les pattes ! »

Quand on fit revenir le public, il découvrit la scène agrémentée d'un riche décor, œuvre de ma mère, et, sur scène, il y avait Nani, assise devant une élégante coiffeuse. Moi aussi, j'étais sur scène mais le public ne pouvait pas me voir, j'étais cachée derrière le rideau de mon baldaquin.

Mon père, dans le couloir, frappa les trois coups avec un balai.


extrait de : Les trois coups


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    chapitre 15 Mon choix extrait 115

    Angélique Andthehord · Tuesday, 5 April - 05:41

Le 31 au matin, je fis comme si tout était terminé. Je retrouvai autour de moi mes jeux, mes jouets… ma vie d'avant. On aurait dit qu'un barrage venait de se lever et que les eaux de mon existence s'engouffraient dans ma tête d'où elles n'auraient jamais dû être délogées. Je découvris même mes cadeaux de Noël que je n'avais presque pas regardés jusque là. Ça m'occupa tant l'esprit que la journée passa très vite.

Le plus difficile fut le soir, dans la voiture, sur le chemin pour aller chez tonton Frédéric et tata Lili. Je me sentais toute drôle. Le trac ! Je devais être blanche, à l'intérieur comme à l'extérieur. Je ne pensais qu'au spectacle mais refusais à toute réplique l'accès à mes pensées. Alors, ma tête était vide. J'écoutais mon père jurer dans les embouteillages parisiens du 31 décembre au soir.


extrait de : Les trois coups


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    chapitre 15 Mon choix extrait 114

    Angélique Andthehord · Monday, 4 April - 05:34 · 1 minute

Le 30 décembre au soir, dans l'appartement de Courbevoie, nous fîmes la répétition générale. Tout était au point à l'exception, bien sûr, du « au revoir, Marie » mais bon, ma famille avait sans doute raison de dire que cet au revoir ne nécessitait aucun ton particulier. De toute façon, je ne lui en avais jamais trouvé et il n'était plus temps.

À l'issue de la répétition générale, j'allais me coucher et quand je me réveillerais, ce serait le jour de la représentation ; l'excitation allait atteindre son paroxysme, le trac allait sûrement s'emparer de moi à un moment ou à un autre. Ma mère m'avait prévenue : je ne devais surtout pas essayer de me répéter mon texte dans cet état parce que je risquais d'être en proie au doute, de perdre mes moyens, d'imaginer des trous de mémoire là où il n'y en avait pas. C'est pourquoi ma mère m'avait dit qu'à l'issue de la répétition générale, c'était terminé, bouclé, il ne fallait plus penser au texte du tout.

J'obéis.


extrait de : Les trois coups


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