close
  • Hu chevron_right

    Avec les femmes afghanes contre l'obscurantisme - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 08:46 · 3 minutes

David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: "Pensée pour les Afghanes . Celles que j’ai connues sous la République, qui étaient ambitieuses et volontaires. Les mêmes dont les rêves et donc la vie sont désormais niés. La talibanisation du pays est presque achevée".

FEMMES - De manière tout à fait explicite, nous y sommes! Le 7 mai dernier, le chef suprême de l’ Afghanistan a ordonné aux femmes de son pays qu’en public, elles portent la Burqa. La violence sociale vient ainsi sceller un chemin dont nous devinions le terme, sans pour autant vraiment le dénoncer avec autant de force que cela aurait été nécessaire de le faire.

David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: “Pensée pour les Afghanes . Celles que j’ai connues sous la République, qui étaient ambitieuses et volontaires. Les mêmes dont les rêves et donc la vie sont désormais niés. La talibanisation du pays est presque achevée”. La seule once de “liberté” laissée aux femmes est la forme, la nature du voile intégral. Mais c’est bien ce voile intégral avec cette partie grillagée au niveau des yeux qui a la préférence des talibans. Cette partie grillagée qui renvoie à la très engagée chanson de Pierre Perret, “La femme grillagée3: 3Quand la femme est grillagée, Toutes les femmes sont outragées; Les hommes les ont rejetées dans l’obscurité”.

Une vie sociale emprisonnée

La vie sociale de ces femmes dont on connaît l’importance dans la capacité à “renverser” la table pour construire la modernité est véritablement emprisonnée. Ne pas sortir, ou uniquement lorsque cela est motivé par une raison impérieuse, voilà la règle! Les femmes sont de manière formelle maintenant privées de leurs libertés en tant qu’être humain. Et ce d’autant plus lorsqu’elles seraient en compagnie d’un homme n’appartenant pas à leur famille, afin d’éviter “toute provocation”.

Cette interprétation de la charia est une hérésie, l’islam n’exigeant pas le port d’un voile intégral. Ainsi, la violence des talibans s’est peu à peu installée en commençant par exclure les femmes des emplois publics, de l’école, mais aussi de la liberté de se déplacer. Cette violence à tous les étages et sous toutes ses formes a été installée de manière quelque peu perverse, faisant reposer l’application de ces nouvelles règles sur la famille et plus précisément le chef de famille. Le déshonneur et les punitions concerneraient donc les hommes qui sont mis en demeure de faire appliquer eux-mêmes ces violences sociales et de restrictions –pour ne pas dire de suppression, des libertés.

Quand la femme est grillagée, Toutes les femmes sont outragées; Les hommes les ont rejetées dans l’obscurité. Pierre Perret - La femme grillagée

Quel retour en arrière!

Les Afghanes avaient acquis de longue lutte des libertés liées au travail, à l’éducation, à une vie sociale plus conforme à ce que le sens de l’Histoire nous appelle. Pourront-elles, sauront-elles, se lever afin de faire respecter leurs droits et trouveront-elles des relais dans nos démocraties pour les aider en ce sens? Pouvons-nous regarder ailleurs lorsque l’essentiel est en jeu au niveau des droits humains?

Regarder ailleurs serait une manière lâche de hiérarchiser des combats qui ne souffrent d’aucune discussion possible. La défense des droits humains ne souffre d’aucune exception, n’a pas de frontière ni géographique ni culturelle. Elle est un combat pour ce que l’universalisme a de meilleur.

Aucun obscurantisme ou relativisme ne peut, ne doit prendre le pas sur ce que nous avons de plus précieux: les droits humains!

À voir également sur Le HuffPost: Afghanistan: des femmes aspergées de gaz pour avoir manifesté

  • Hu chevron_right

    Pourquoi le ver de terre butine comme l'abeille - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 10 May - 08:59 · 6 minutes

Sa seule activité sociale est sexuelle. Mais là encore, il est d’une grande sobriété en ne s’accouplant qu’entre bonshommes comme tous les hermaphrodites protandres. Et pour les soucieux du détail, ils s’éjaculent mutuellement à la base de l’encolure en comparaison avec la morphologie d’un cheval. Et presque tous pratiquent la position du tête-bêche. Presque tous, car même chez les vers de terre, la diversité règne. Sa seule activité sociale est sexuelle. Mais là encore, il est d’une grande sobriété en ne s’accouplant qu’entre bonshommes comme tous les hermaphrodites protandres. Et pour les soucieux du détail, ils s’éjaculent mutuellement à la base de l’encolure en comparaison avec la morphologie d’un cheval. Et presque tous pratiquent la position du tête-bêche. Presque tous, car même chez les vers de terre, la diversité règne.

ANIMAUX - Le ver de terre butine! Mais attention, butiner n’est pas polliniser. Butiner vient de butin, polliniser de pollen. Polliniser, c’est féconder par du pollen. Le vent pollinise sans butiner! “ Les soldats se dispersent pour butiner. Qu’on se hâte de butiner.” Voltaire. Butiner, c’est chaparder, faire du butin, mais c’est aussi glaner ou picorer. C’est dans ce sens que le ver de terre butine.

Il butine, mais sans mettre en réserve une partie de son butin comme l’abeille à miel. Je précise à miel, car c’est l’une des rares abeilles à en faire sur les quelque 1000 espèces qui logent en France.

Il y a quasiment 2 fois plus d’espèces d’abeilles que d’oiseaux, mais une seule produit du miel pour se chauffer ou se nourrir. Les autres consomment sur place comme le ver de terre . Ou bien transportent leur butin pour nourrir leurs frères et sœurs, ou leur descendance. Ce que ne fait pas le ver de terre. Lui, c’est un solitaire qui abandonne ses œufs à leur propre sort!

Sa seule activité sociale est sexuelle. Mais là encore, il est d’une grande sobriété en ne s’accouplant qu’entre bonshommes comme tous les hermaphrodites protandres. Et pour les soucieux du détail, ils s’éjaculent mutuellement à la base de l’encolure en comparaison avec la morphologie d’un cheval. Et presque tous pratiquent la position du tête-bêche. Presque tous, car même chez les vers de terre, la diversité règne.

Ne serait-ce qu’au niveau du taux de reproduction. Quand certains pondent beaucoup et vivent peu de temps, d’autres pondent peu, mais vivent aussi longtemps qu’un renard à l’état naturel ! Atteignant leur maturité sexuelle au même âge que lui, on qualifie aujourd’hui leurs galeries de terrier ! La comparaison s’arrête là, le renard restant un redoutable prédateur de ver de terre qui peut en avaler jusqu’à quatre à la minute !

Pères indignes

Bref, tous les vers de terre partagent d’abandonner leurs œufs contrairement à la majorité des abeilles. Et de les abandonner trop souvent à leur funeste sort, car ils n’ont que des ennemis. De la cigogne en passant par le merle, la taupe ou le lézard vert, le hérisson ou le crapaud, la liste serait trop longue. Sans oublier le champion du monde, le blaireau, qui peut en consommer jusqu’à 100 kg par an. Même les limaces en croquent.

Toutes les espèces de vers de terre pondent sans couver, mais toutes ne butinent pas ! Non qu’elles soient dépourvues d’ailes, elles pourraient fort bien grimper le long des tiges comme certaines grimpent nicher dans les choux pendant l’hiver. Ou grimpent dans les arbres pour ne pas périr noyées lors d’inondations! Un comportement surprenant observé dans le Marais poitevin et en Amazonie. Le professeur Lavelle, l’un des grands spécialistes sur la scène mondiale:  « En Amazonie, un ver du genre Andiodrilus, qui vit dans des forêts inondables, grimpe dans les arbres, quand elles sont inondées, pour s’agglutiner dans les Broméliacées, des plantes de la même famille que l’ananas. Quand l’eau se retire, les vers se laissent tomber sur le sol. Comment savent-ils qu’il y a des refuges dans ces arbres ? Comment savent-ils que l’eau s’est retirée ? »

Pour le savoir, il faudrait se mettre dans la tête d’un ver de terre. Vivre sa vie… pas très excitant de se mettre dans sa peau ! Nous ne saurons donc jamais, comme nous ne saurons jamais comment, dans les ténèbres du sol, deux vers de terre savent qu’ils ont la même envie au même moment ! Sachant qu’ils ne s’accouplent qu’entre individus de la même espèce. Ne faisons pas l’économie de cette évidence,  à une heure où beaucoup continuent de croire que couper un ver de terre en deux en fait deux !!! Ou en couper deux en deux en font quatre. Quand on en tranche un, on retranche tout simplement son cerveau de son second cerveau, l’intestin.

Néanmoins, chez certains vers marins plats de l’embranchement des Plathelminthes, des vers primitifs qui n’ont rien à voir avec nos amis lombrics, si on leur coupe la tête, elle repousse ! Et elle repousserait avec toutes les mémoires de l’ancienne !!

Quel butin?

Bref, chacun aura compris que les vers de terre ne butinent pas les fleurs ! Alors, que butinent-ils ? Un autre nectar sécrété par les racines des plantes, un liquide visqueux et riche en sucre, mais pauvre en protéines, un mucilage appelé : exsudats racinaires. Et via le processus biochimique de la photosynthèse, les plantes peuvent consacrer jusqu’à un tiers de leur production d’hydrates de carbone à sa fabrication. Des exsudats racinaires et du nectar floral dont l’unique fonction est de mettre en appétit : appâter des pollinisateurs pour se reproduire, appâter pour se nourrir.

En effet, contrainte par la fixité et la rude concurrence alimentaire qu’elles se livrent en sous-sol, en créant une dynamique dans leurs “pattes”, elles attirent microbes, mycorhizes et autres invertébrés, dont les vers de terre, récupérant ainsi des nutriments pour leur croissance. Elles accélèrent aussi, et ainsi, la minéralisation de la matière organique du sol et la disponibilité des éléments nutritifs, et récupèrent (aussi) l’urée dont est chargé le mucus des vers de terre. Elles créent leur propre écosystème nourricier.

Le 15 sept. 2014, des chercheurs ont publié dans Nature que les vers de terre stimulent la croissance des plantes. Et plus que de la stimuler, leur présence avait entraîné une augmentation de 25 % des rendements. Même si cette étude est la première publiée sur le sujet, plus de 300 expériences avaient auparavant conclu que les vers de terre font de l’effet aux plantes ! Et parmi elles, l’idée que les vers de terre favoriseraient également certaines bactéries spécialisées dans la production d’hormones de croissance.

En conclusion, nous savons si peu de choses sur tous les mécanismes qui se déroulent sous nos pieds. Le sol reste une grande inconnue, un trou noir où tout porte à croire que ce sont tout de même les plantes qui mènent la danse.

À voir également sur Le HuffPost: Composter ses biodéchets à la maison avec des lombrics, on vous montre comme c’est facile

  • Hu chevron_right

    Le 6 mai, oublions les régimes - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 6 May - 07:00 · 5 minutes

You should stop. Concerned friend asking quit smoking, bad health. Displeased upset young african-american worried girlfriend with afro haircut, stretch index finger camera in prohibition, warning. You should stop. Concerned friend asking quit smoking, bad health. Displeased upset young african-american worried girlfriend with afro haircut, stretch index finger camera in prohibition, warning.

SANTÉ - C’est bon à savoir, le 6 mai est la journée internationale sans régime.

Dixit Wikipédia, La Journée internationale sans régime (en anglais: International No Diet Day , INDD ) a été créée en 1992 par la féministe anglaise Mary Evans Young pour interpeler sur les problèmes de surpoids et de minceur. Elle a lieu tous les 6 mai; son symbole est un ruban bleu clair. La première journée sans régime célébrée en France a eu lieu en 2003 grâce à l’action de l’association pour les personnes fortes Allegro Fortissimo, présidée par Ambre Furon.

Où en sommes-nous?

Il est bon à rappeler que tous les régimes font prendre du poids à terme.

Pourtant l’étude de l’ ANSES date déjà de novembre 2010.

Cette étude scientifique prouve que 95% des régimes aboutissent à une prise de poids, à 5 ans. C’est ainsi que se fabrique l’obésité : régimes après régimes les kilos s’entassent les uns sur les autres. Il devient de plus en plus difficile avec le temps de perdre du poids. Certains régimes entraînent leurs lots de conséquences néfastes.

Ne vous laissez pas avoir par le changement de termes. Régime peut devenir 'méthode' mais revenir exactement au même.

L’idée même de « se mettre au régime » n’est pas anodine pourtant elle est banalisée.

Un cercle vicieux s’installe: l’image de soi se dégradant renforce la nécessité de combler cette mésestime par des petites douceurs et en découle une reprise de poids vécue comme un échec. Je parlais déjà en 2007 du trépied « privation-frustration-transgression » dans le livre Obésités , le poids des mots, les maux du poids (Calmann lévy). Le fait de s’imposer une privation de nourriture est psychiquement contrarié dès lors que les raisons pour lesquelles le corps ne nous plait pas ne sont pas comprises. Et même alors, sont-elles « valables » ces raisons ou plus exactement n’est-il pas plus pertinent de saisir pourquoi nous n’aimons pas notre corps?

Pourquoi est-ce si ancré dans les esprits que beauté rime avec minceur?

Le printemps reste la saison où les magazines titrent sur le summer body . Vous savez, il y aurait nécessité à préparer son corps à aller à la plage, en gros il faut maigrir!

Pourquoi les bourrelets sont-ils si anxiogènes?

Le terme grossophobie est entré dans les dictionnaires en 2019. Pourtant la phobie semble toujours aussi bien partagée. A commencer par une majorité de personnes à l’égard d’elles-mêmes. Une majorité de femmes devrions-nous préciser.

Le corps est politique

Pourquoi continuer avec ces contraintes sur les corps sous prétexte que c’est la mode d’avoir un certain type de morphologie si elle ne nous est pas naturelle? Ou dit autrement, comment accepter d’être celle que l’on est? Ces normes pèsent surtout sur les corps des femmes, ce qui justifie que nous passions au féminin pour en parler. Dans l’étude ANSES citée plus haut, il est montré que les petites filles dès l’âge de 11 ans (sans aucune raison médicale) « se mettent au régime ». Les hormones à la puberté les font s’arrondir. Ce refus du féminin est vraiment inquiétant. Un travail psy est alors fructueux lorsqu’il s’intéresse au rapport subjectif à la féminité.

Pourquoi est-ce si ancré dans les esprits que beauté rime avec minceur?

Les modèles d’identification sont majoritairement ultraminces, l’obsession de minceur est bien compréhensible. Or le problème est que les régimes hypocaloriques font grossir. Le corps stocke après avoir été privé. La faim psychique est décuplée après la contrainte de restriction forcée.

Aussi introduire définitivement une meilleure hygiène de vie est la seule et unique solution pour se sortir de ces flux et reflux, ce yoyo comme il est dit habituellement.

Ne vous laissez pas avoir par le changement de termes. Régimes peut devenir « méthode » mais revenir exactement au même. C’est juste une façon marketing de contourner la mauvaise image des régimes. Ces méthodes promettent une perte de poids rapide et définitive. Attention !

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient

Sur internet, des sites proposent des programmes. Méfiance! Si une diététicienne en face de vous peut adapter à votre problématique spécifique un rééquilibrage alimentaire, il n’en est rien avec des plateformes.

La faim n’est pas que dans l’estomac, elle est plus ou moins forte pour des raisons psychiques. Parfois pour compenser, quand le moral est au plus bas, quand il y a besoin de réconfort, quand c’est le seul refuge face à l’adversité, … Le corps peut servir de bouclier alors la carapace a besoin d’être épaisse. Lors d’abus sexuels il est fréquent qu’une prise de poids soit vécue comme une protection contre des désirs violeurs et violents. Toutes ces bonnes raisons s’avèrent de mauvaises solutions si en parallèle la haine de soi au travers de l’image se renforce. Dans notre société des moqueries voire pire sont le lot de beaucoup de personnes à qui on intime l’ordre de faire un régime sans que l’on s’intéresse à la personne et à son histoire.

Le monde médical participe à ce processus et il est plus que temps de rappeler grâce à cette journée que l’on ne peut soigner quiconque sans que la personne participe consciemment et inconsciemment à son traitement. Comme le dit clairement cette expression « le médecin suit son patient » et non l’inverse…

C’est si bon qu’une journée internationale vienne à rappeler en ce début de printemps que pour aller à la plage il suffit d’avoir une plage, un corps et une envie d’aller plonger dans les vagues, profiter du soleil et du sable fin… Venez comme vous êtes, comme ils disent !

À voir également sur Le HuffPost: La “danse de la perte de poids”, la mauvaise idée de TikTok

  • Hu chevron_right

    Monsieur le Président, ne laissez plus les jeunes être les oubliés de la République

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 3 May - 09:12 · 4 minutes

Photo d'illustration prise à Nantes le 12 novembre 2019, lors d'une manifestation étudiante après qu'un étudiant s'est immolé pour dénoncer sa précarité financière.  Photo d'illustration prise à Nantes le 12 novembre 2019, lors d'une manifestation étudiante après qu'un étudiant s'est immolé pour dénoncer sa précarité financière.

Au lendemain de l’élection présidentielle et de la campagne désastreuse qui l’a précédée, la FAGE, première organisation étudiante de France, interpelle le Président de la République réélu afin de ne pas retomber dans un quinquennat qui persévère dans la remise en cause des droits étudiants .

Dans une période qui nécessitait plus que jamais de voir les jeunes être mis au cœur des débats, les candidates et candidats ont sciemment décidé d’en écarter nos préoccupations, exacerbant alors le sentiment de défiance et le scepticisme des jeunes envers celles et ceux ayant la responsabilité de nous représenter. Il serait intéressant que la classe politique se questionne sur le danger de l’abstention massive de la jeunesse, à l’heure où 41% des 18-24 ans ont fait le choix de l’abstention pour ce second tour. Si nous sommes soulagés de ne pas voir la haine prétendre aux plus hautes fonctions de notre pays, il nous est impossible de nous défaire de la crainte de voir un second mandat à l’image de celui que nous venons de vivre.

Les nombreuses mesures prises “pour les jeunes” telles que le Plan Bienvenue en France, la mise en place du SNU ou encore la baisse des APL furent rétrogrades à bien des égards, et ça n’est pas sans compter le manque d’écoute des partenaires sociaux. C’est avec amertume que l’on pose le regard sur ce qui a pu être fait ou bien souvent ce qui n’a pas abouti lors de ces cinq dernières années concernant la jeunesse.

Il est vital d’agir non pas de manière palliative comme nous avons pu l’observer ces dernières années mais bien de façon durable afin d’anéantir la misère qui nous condamne aujourd’hui à un avenir sinistre.

Il sera nécessaire, et ce rapidement, que nos préoccupations soient entendues et que nous cessions d’être les oubliés de la République. Paul Mayaux, président de la FAGE

Le nouveau gouvernement doit être à la hauteur des enjeux sociaux, économiques et pédagogiques mais également environnementaux et sociétaux. Les jeunes ont enduré trop de difficultés pendant la crise et les politiques publiques trop d’écueils pour que nous ne puissions en tirer des enseignements.

Parce qu’un pays qui ne prépare pas sa jeunesse à son avenir est un pays qui se meurt , il est impératif de faire de celle-ci une priorité pour la nouvelle mandature.

Parce que les étudiants doivent pouvoir se nourrir, se loger, se soigner et étudier dignement , il est urgent de mettre en place cette réforme des bourses sur critères sociaux, maintes fois promise par Emmanuel Macron depuis 2017, afin d’en faire le dernier rempart face aux vulnérabilités sociales.

Parce que le sous-investissement chronique de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est que le symptôme d’un manque de considération de l’État envers sa jeunesse. Il est crucial de redonner les moyens suffisants à nos établissements d’enseignement supérieur afin de répondre à leur fonction première: permettre à chacun, sans barrière sociale, de suivre le parcours de son choix et de garantir la qualité de la formation.

Parce que s’émanciper en bonne santé doit également être permis par notre système social. La crise sanitaire a exacerbé notre souffrance physique et psychologique, et il est aujourd’hui nécessaire que l’État garantisse à tous l’accès aux soins.

Parce que notre réussite n’est pas qu’une question de moyens, mais aussi de volonté politique.

L’abstention historique de la jeunesse durant cette élection doit être un déclencheur d’une prise de conscience collective du faible intérêt que l’on porte à la jeunesse de ce pays. Il sera nécessaire, et ce rapidement, dans la campagne pour les élections législatives qui va s’ouvrir maintenant, que nos préoccupations soient entendues et que nous cessions d’être les oubliés de la République.

Nous envoyons aussi ce message d’espoir à cette génération qui se sent si peu considérée: exprimons notre voix, faisons porter nos sujets essentiels dans les isoloirs et votons pour les élections législatives les 12 et 19 juin 2022.

Monsieur le Président, ayez conscience de ce que ce vote vous oblige, pour les années à venir, et dès aujourd’hui: ne faites plus l’économie d’investir dans notre jeunesse.

À voir également sur Le HuffPost: Espagne-France en Ligue des nations: Les Bleus partagent leurs images de joie

  • Hu chevron_right

    Il y a 35 ans, Dalida mourait les yeux ouverts

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 3 May - 07:00 · 8 minutes

Des touristes devant le buste de Dalida en 2016 Des touristes devant le buste de Dalida en 2016

DÉCÈS - Le 3 mai 1987, il est vingt heures et des poussières en ce dimanche pluvieux de ce long week-end de la fête du Travail. Bernard Rapp, le présentateur vedette des journaux de l’époque, s’apprête à passer à la page sportive et à céder la parole à Gérard Holtz, mais une dépêche AFP vient de lui parvenir. Bernard Rapp se contente de la lire, laconique et pour tout dire un peu hébété: “La chanteuse Dalida a été retrouvée sans vie par son habilleuse dans sa maison de Montmartre, à l’âge de cinquante-quatre ans”.

Morte, Dalida ? Quelques mois avant, elle était l’invitée du journal pour évoquer son rôle au cinéma, dans Le sixième jour de Youssef Chahine. Coiffée d’un simple béret, elle parlait à voix basse, sur un ton si tranquille. Elle avait raconté à Rapp son tournage en Égypte, le réapprentissage de la langue arabe, les horaires de travail harassants imposés par Chahine dans ce pays sans syndicat…

“La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi.”

Bientôt, toutes les rédactions ébruitent le scoop: Dalida s’est suicidée. Cent vingt somnifères dans le ventre et un seul mot digne de la Dame aux camélias sur sa table de chevet: “La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi”. Le lendemain, les rumeurs les plus folles circulent. Certains à la machine à café, encore plus romantiques qu’Alexandre Dumas, parlent même d’un assassinat commandité par François Mitterrand.

Il faut dire que rien ne laissait présager, pour ceux qui ne la regardaient pas de près, un tel dénouement tragique, surtout quand on s’attarde sur les articles dithyrambiques au sujet du film de Chahine et de son personnage d’Égyptienne, voilée des pieds à la tête. Nous sommes loin de Gigi in Paradisco et des projecteurs de Guy Lux . Les critiques parisiens, qui vilipendaient l’artiste hier, revenaient (enfin) de leurs certitudes ankylosées.

Et si c’était elle, la Maria Casarès des années 1990? Certains scénaristes se laissent même rêver une carrière au théâtre pour ce monstre sacré de trois fois dix-huit ans, avec un Marcello Mastroianni encore fringant. Décidément, Chahine ne s’y est pas trompé. Il est si fier de son actrice, qu’il trouve de plus en plus belle, “avec cet humour égypto-italien inimitable”. Non, vraiment, lui non plus ne pouvait pas imaginer le dénouement de ce week-end du 1 er mai.

Faire actrice, et pas chanteuse

C’est au moment de ce retour en Égypte que le spectacle adapté de mon livre, Dalida sur le divan , commence. Un aller simple, pourrait-on dire. Dalida était si heureuse de retrouver Le Caire de son enfance, sa bergamote et son jasmin au feuillage vert foncé. Enfant, elle voulait faire actrice comme métier, pas chanteuse. Alors, elle y croyait. Même à genoux, elle voulait y croire.   Elle oubliait que parfois, on ne revient pas de ces bonheurs incendiaires. L’enthousiasme est si grand, l’engouement si intense, que nous ne pouvons supporter le retour à la vie dans ce qu’elle a de monotone, de cruellement répétitif. Les acteurs nous le disent plus que les autres, d’ailleurs: il faut se méfier de l’atterrissage! Écoutez Blier, Rochefort, Schneider… Ils l’ont tous dit. Le personnage est une deuxième peau qui aliène, qui traque, qui réclame son dû. Seulement, il faut passer au rôle suivant, être capable de cette froideur chirurgicale pour s’arracher à l’affectivité.

S’il ne restait qu’une Dalida, ce serait celle-là. Epurée, hiératique. Finale. Mais comme les fans attendent surtout ses tubes disco, elle s’exécute, en bon soldat.

Après le tournage du  film “Le Sixième Jour”, Dalida retrouve les chapiteaux et les galas pour chanter et camper son seul personnage : Dalida . Sans doublure ni filet bien sûr, comme une trapéziste chevronnée qui aime le vide. Elle troque son voile noir pour les robes pailletées qui lui sortent par les yeux. Et alors ? N’a-t-elle pas juré fidélité à son public ? Elle est la femme d’une seule parole.

Dans son répertoire, on trouve encore “Je suis malade”, “Il pleut sur Bruxelles” ou une magnifique rengaine slave qui raconte un mariage ukrainien ! Habillée en bleu de travail, elle entonnait “Avec le temps” comme personne dans les années 70, à tel point que Léo Ferré lui-même s’inclina.

S’il ne restait qu’une Dalida, ce serait celle-là. Epurée, hiératique. Finale. Mais comme les fans attendent surtout ses tubes disco, elle s’exécute, en bon soldat. C’est cette dévotion sublime qui lui donne son caractère unique.  Quand elle reprend pour une énième fois “Alabama Song” des Doors et de Kurt Weil, on ressent une fatigue morale indescriptible. Surtout quand, assise sur un tabouret noir, elle dit « Go way ! » à l’un de ses danseurs. Même Jim Morrisson n’a pas puisé en lui une si troublante mélancolie. « Tout est consommé » chantait-elle déjà dans Jésus Kitsch. Seulement, on ne voulait pas la croire. Alors, elle continue le show jusqu’à la lie. Il n’y a que ça de vrai.

The show must go on

Dans son ouvrage Les stars , Edgar Morin dit qu’il ne faut pas mésestimer la niaiserie du monde. C’est dans cette niaiserie que nous trouvons les plus beaux diamants, taillés sur mesure pour l’éternité. Pendant trente ans, sans interruption, le répertoire de Dalida a semblé contenir le cœur du vrai public populaire, celui qui se laisse émouvoir par une ritournelle en play-back, celui qui sait retourner à un état d’enfance quand il écoute une vieille mélodie archi-diffusée mais entonnée avec amour.

A la fin de sa vie, Dalida est à la fois celle qui avait fait danser les grands-parents dans les bals musette des années 50 et celle qui fera se déhancher les jeunes dans les boîtes de nuits du tout Paris. L’exploit force l’admiration, même de ceux qui s’en moquent. « Avec le temps, va, tout s’en va. Ma perruque, mes faux cils, mes seins et cætera » ose même Thierry Le Luron. Il mourra avant elle.

« Salut, Salaud » semblera lui répondre Dalida, dans l’une de ses dernières chansons réalistes, aux accents de « plus jamais ». Toutes ces prophéties autoréalisatrices, toutes ces textes légers qui recèlent un cœur à vif… Ce n’est pas de la niaiserie, non, c’est du génie ! Et puis, la critique est aisée mais le trapèze difficile, surtout en robe du soir et talons hauts. Avec sa chevelure et son strabisme, la chanteuse se prête si facilement au persiflage.

Et dans le même temps, ceux qui l’écoutent vraiment savent qu’elle dépasse toujours sa caricature, qu’elle s’en détourne même. Quand elle se perd, c’est pour mieux se retrouver, dans un jeu inconscient avec son producteur visionnaire, ses paroliers, un masochisme maîtrisé et consenti.

J’ai choisi Lionel Damei et Alain Klingler pour adapter mon livre à la scène car ils sont beaucoup plus proches de Barbara que de Dalida. Il fallait leur noirceur poétique pour ne pas sombrer dans le carnaval du tralala et des trémolos des mauvais imitateurs ne comprenant rien à la femme.

Quand il avait une vingtaine d’années, Lionel voulait écrire des chansons pour celle qui lui rappelait tant sa grand-mère. Il avait beau lui préférer la grande Dame brune, il voyait en Dalida ce soleil de cendres qui n’en finissait pas de se consumer. La chanteuse comédienne ne lui en laissa pas le temps. « La porte s’ouvre tout à coup, et ma mémoire en prend un coup : c’est toi qui entres », chantait-elle dans “Tables séparées”, en racontant l’histoire d’une femme revoyant son amour de jeunesse, par hasard, dans un restaurant.

Parachever la légende

Mais en ce 3 mai 1987, point de miracle. Lasse d’attendre le grand amour, d’entonner des tubes de l’été et même d’écouter des critiques en pâmoison, Dalida paracheva sa légende en se donnant la mort. Trente-cinq ans après, le brassage des générations continue. Alors que tant d’autres stars d’une époque ont été reléguées sur les étagères, sa postérité se renouvelle comme les lilas de Montmartre au printemps. Orlando, son frère, a beau être vu comme un fossoyeur par ceux qui n’ont pas lu Edgar Morin, il continue merveilleusement son travail d’artisan de légende.

On retrouve Dalida, inchangée, dans une émission de Thierry Ardisson, l’an dernier dans un album d’Ibrahim Maalouf, au début d’un James Bond ou au cœur d’un Xavier Dolan, dans une manifestation contre le confinement et reprise par une chanteuse à la mode sur les ondes de France Inter… Personne, pas même Johnny Hallyday et Charles Aznavour, ne peut se targuer d’une telle mixité. Alors, quand en 1983, elle entonnait pour la première fois Mourir sur scène, ce titre inventé par les avant-gardistes Michel Jouveaux et Jeff Barnell, il ne fallait pas la croire. Mourir sur scène est oxymorique car la scène est comme le diamant : précisément éternelle. Elle s’étire de tout son long et ne tolère aucune limite. Comme Dalida, quand elle convoque la mort dans sa chanson emblème, en constatant fièrement qu’elle l’a déjà vue de près. « Je veux mourir les yeux ouverts », a écrit Marguerite Yourcenar. « D’une mort bien orchestrée » a chanté Dalida. En terminant la phrase et en lâchant toute seule le trapèze.

À voir également sur Le HuffPost: La métamorphose de Sveva Alviti dans “Dalida”

  • wifi_tethering open_in_new

    This post is public

    www.huffingtonpost.fr /entry/il-y-a-35-ans-dalida-mourait-les-yeux-ouverts-blog_fr_626facbbe4b01131b124dd36

  • Pictures 51 image

  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • visibility
  • Hu chevron_right

    J'enseigne en SEGPA et non, je n'irai pas au cinéma voir le film - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 20 April - 08:13 · 9 minutes

Avec une morale aussi simpliste que “quand on veut on peut”, ça sent le chef d’oeuvre. Avec une morale aussi simpliste que “quand on veut on peut”, ça sent le chef d’oeuvre.

ENSEIGNEMENT - Cet hiver entre les chocolats de Noël et le mois du Blanc, est apparu une sorte d’objet non identifié, improbable. Les fabuleux auteurs de la série YouTube “ SEGPA ” avaient décidé de nous gratifier d’une nouvelle œuvre, et ils semblent en attendre un long et vibrant hommage. Un hommage à la hauteur de la considération dont ils feraient preuve envers les élèves de SEGPA sûrement.

Alors je ne sais pas vous, mais moi, je ne suis pas super motivée pour les applaudissements.

Pourtant, le pitch du film a tout pour plaire. Une bande de jeunes recalés de leur ancien collège , affublés de parents aussi indignes que violents, intègre un nouvel établissement, en contre partie d’un substantiel dédommagement pour le dit établissement. Et pour éviter une nouvelle sortie de route, nos joyeux collégiens se mettent en tête de réussir leur brevet des collèges, réussite censée faire oublier leur statut d’abrutis à la nouvelle direction ainsi qu’à leurs camarades clairement avantagés tant sur le plan intellectuel, que financier. Fantastique me direz-vous... Avec une morale aussi simpliste que “quand on veut on peut”, ça sent le chef d’oeuvre.

Mais forcément il y a un os, que dis-je un fémur, un squelette, carrément le trésor des catacombes.

Ces élèves qui sentent très vite que quand certains de leurs camarades sont uniques, eux sont différents; et que la comparaison n’est que rarement à leur avantage.

Tout est dans le titre “SEGPA”. La fameuse section pour les élèves en difficultés graves et durables. Ces oiseaux, qui dès leur rencontre avec l’école ont compris que ça n’allait pas être simple. Ceux, qui jour après jour, ont découvert que pour être félicité, il ne suffisait pas de répéter des heures la poésie à apprendre, parce que contrairement à leur voisin de pupitre, leur mémoire ressemble plus à un morceau d’emmental suisse. Ces élèves, qui au lieu de  découvrir le plaisir de lire de chouettes histoires, s’épuisent à essayer de comprendre qui sont les personnages de l’histoire, parce que ce satané auteur a voulu éviter les répétitions et les embrouille aussi sûrement qu’un représentant en encyclopédies embobine la fameuse ménagère de plus de 50 ans.

Ceux pour qui le vocabulaire géométrique est parfois aussi difficile à comprendre que du celtibère de Nord Castille quand on a fait burgonde en LV2.

Bref ces élèves qui sentent très vite que quand certains de leurs camarades sont uniques, eux sont différents; et que la comparaison n’est que rarement à leur avantage.

La SEGPA, c’est 4 ans pour redonner confiance

Alors parce que l’on croit aux compétences de ces élèves abîmés, à leurs capacités à aller plus loin, on tente de convaincre les parents que l’orientation de leur enfant en SEGPA va leur permettre de retrouver leur souffle, de retrouver une estime de soi, d’obtenir des résultats encourageants. Mais ces parents sont parfois aussi ouverts à l’idée qu’une salle de concert en plein confinement, parce que la SEGPA ils en ont entendu parler et franchement l’idée d’y inscrire leur rejeton leur fait autant d’effet qu’une rage de dents un soir de réveillon.

- Mon fils n’est pas débile.

- Je ne vais pas laisser ma fille fréquenter ces sauvageons.

- Je préfère lui laisser une chance, au pire il redoublera sa sixième.

Alors ceux qui arrivent un jour en SEGPA sont blessés, parce que ça fait un moment qu’ils ont compris qu’ils ne faisaient pas le même travail que les copains, que leurs fiches étaient différentes, plus courtes… Ils souffrent parce qu’ils ont été moqués, parfois insultés. Certains n’ont pas toujours eu les mots pour se défendre, alors ils ont utilisé les poings. D’autres se sont renfermés, effacés pour ne plus faire rire, parce qu’eux bizarrement faire rire ne les fait pas rire. D’autres encore ont caché leurs difficultés derrière des blagues, des rires, de l’autodérision, parce que c’est parfois la solution pour ne pas pleurer.

Et voilà la réalité. Seulement 4 années pour redonner confiance, pour remplumer, pour construire un projet professionnel, pour choisir une orientation choisie. Quatre années c’est court mais ça peut aussi être long. Pendant ces 4 années on voit des élèves poser leurs valises, débarrassés de la concurrence déloyale des bons élèves, prendre conscience que leurs différences sont aussi des forces, que ne pas connaître les règles d’accord du participe passé, oui c’est embêtant, mais être capable de réaliser une soudure digne d’un pro en stage c’est sacrément chouette.

Se dire que Pythagore, c’est franchement pénible mais se rendre compte que l’hôtel à insectes construit en atelier est quand même bien plus stable avec des cloisons en angle droit.

Quatre années pour oser dire, je n’ai pas compris, j’ai besoin d’aide, pour admettre les difficultés, et pas seulement la fatalité de la réponse que personne ne comprend.

La réalité, ce sont les insultes des autres

Mais la réalité ce sont aussi les insultes des autres, ceux qui les traitent de débiles, de cassos, comme un mantra pour parfois oublier qu’on l’a proposé à eux aussi la SEGPA. Ceux-là qu’ils retrouveront peut être un jour en lycée professionnel. Quand nos oiseaux auront eu les années de collège, les stages pour choisir leur orientation, les autres peut-être la subiront.

Parce que oui nos élèves continuent leurs études, s’éclatent en lycée professionnel ou en apprentissage, mettent du sens sur leur parcours. Et ils reviennent s’en vanter en plus. Ils n’ont honte de rien, ces oiseaux!

Non les élèves de SEGPA ne sont pas des abrutis,  les élèves de SEGPA n’ont pas redoublé 25 fois leur 6ème, les élèves de SEGPA ne sont pas les rejetons de parents violents, inconséquents. Non les élèves de SEGPA ne sont pas juste des fainéants qui refusent de bosser pour réussir.

Alors quand certains les présentent sur l’écran noir de nos nuits blanches comme le disait Claude, en version trentenaires attardés, prêts à tous les cabotinages pour faire rire, à toutes les extrémités pour donner l’illusion d’être un abruti décérébré, et qu’il suffirait de bachoter pour obtenir ce fameux brevet des collèges, on pourrait en sourire. Sourire comme on a pu le faire devant la fameuse machine qui distribuait les baffes à des lycéens dans une boîte à bac hors de prix. Mais ces sous-doués venaient de tous les horizons, et rivalisaient d’intelligence pour éviter de satisfaire les profs. Sauf que cette fois on n’en a pas envie. Vraiment pas.

Parce qu’ici on appuie là où on ne devrait pas, on leur donne un nom, on les appelle les SEGPA.

Alors non les élèves de SEGPA ne sont pas des abrutis,  les élèves de SEGPA n’ont pas redoublé 25 fois leur 6ème, les élèves de SEGPA ne sont pas les rejetons de parents violents, inconséquents. Non les élèves de SEGPA ne sont pas juste des fainéants qui refusent de bosser pour réussir.

Les élèves de SEGPA sont méritants, les élèves de SEGPA ont un amour propre, les élèves de SEGPA ont besoin d’un regard bienveillant pour se faire confiance, les élèves de SEGPA sont des êtres sensibles à l’injustice, parce que cette injustice ils vivent avec depuis toujours. Cette injustice de devoir vivre avec des difficultés qu’ils n’ont pas choisies quand d’autres sont nés avec des facilités, là encore non choisies.

Après le film, la stigmatisation

Alors dans votre tournée de promotion, les gars, vous avez prévu d’expliquer aux 5ème SEGPA pourquoi les 5ème B les traitent de cassos, de mongols quand ils se croisent?

Vous avez un super discours pour rassurer Paul, quand Emma lui aura expliqué que non décidément elle ne peut pas continuer à sortir avec lui parce que c’est vraiment trop la honte d’être avec un SEGPA?

Vous avez trouvé les arguments pour convaincre les parents d’Enzo que la SEGPA c’est sa chance de trouver enfin une place dans le système scolaire, et de continuer à progresser au lieu d’aller en 6ème et de continuer à couler tranquillement un peu plus chaque jour?

Parce que moi là vraiment je ne sais pas.

Alors vous m’excuserez mais au lieu d’aller au cinéma, je vais retourner observer mes deux oiselles de 3èmes, qui ont décidé de se passer de moi aujourd’hui pour leur devoir d’histoire sur le Front populaire. Je vais observer cette coopération, et regarder avec attention, celle qui a la lecture facile, susurrer le texte et les questions à l’oreille de sa copine, celle qui a la compréhension facile, la copine qui lui donnera les indices, qu’elle, a deviné. Je vais observer leurs stylos s’agiter de concert, leurs sourires de satisfaction, leurs regards complices.

Alors oui je pourrais sanctionner le devoir commun qui aurait dû être personnel. Mais non je ne le ferai pas. Parce qu’ôtez moi un doute, ça ne serait pas ça la coopération entre pairs? La connaissance et le respect des difficultés de l’autre ? L’entraide pour réussir? Les gars, le jour où vous aurez envie d’écrire les SEGPA 2 pensez-y. Parce que eux, les élèves de SEGPA ils le vivent tous les jours, mais demain en plus, grâce à vous ils vivront la stigmatisation, les rires à leurs dépens, les insultes...

Alors vraiment, non, je n’irai pas au cinéma aujourd’hui.

Vous pouvez retrouver Alice sur sa page Facebook .

À voir également sur Le HuffPost: Ce professeur a fait aimer la physique à ses étudiants avec ses expérimentations folles

  • Hu chevron_right

    S’abstenir, c’est s’abstenir de battre l’extrême droite

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 20 April - 06:00 · 3 minutes

Photo d Photo d'illustration prise à Marseille le 13 avril, devant une affiche de campagne de Marine Le Pen dégradée.

PRÉSIDENTIELLE 2022 - Le résultat du premier tour de cette élection présidentielle nous interpelle toutes et tous. L’extrême droite n’a jamais été aussi proche d’accéder au pouvoir dans notre pays. L’actuel président de la République avait promis de la combattre sans relâche , et pourtant le score cumulé des candidat·e·s Le Pen et Zemmour dépasse les 30%.

La politique conduite par Emmanuel Macron a été source de souffrances et de colère chez une partie toujours plus large de notre population. Ce résultat vient aussi de loin, c’est celui d’une France qui pense que sa voix ne compte plus.

Malgré tout, nous pensons qu’Emmanuel Macron, ce n’est pas Marine Le Pen . Avec Marine Le Pen présidente de la République, ce serait la division, la promotion d’une identité française rabougrie. Avec Marine Le Pen présidente de la République, ce serait le déclassement du pays, mis au ban des nations, ce serait le soutien à Poutine qui a déclaré la guerre à l’Ukraine.

Marine Le Pen est une ennemie de la République, alors qu’Emmanuel Macron est un adversaire politique, contre lequel il faudra construire une opposition. Élus de gauche de la Seine-Saint-Denis

Avec Marine Le Pen présidente de la République, les habitant·e·s de Seine-Saint-Denis seront les premières victimes des discriminations et de la stigmatisation.

Nous dénonçons aussi l’imposture de Marine Le Pen qui, sous un vernis social de circonstance, prévoit d’affaiblir la protection sociale, de renforcer les inégalités par un système fiscal injuste, ou encore d’exonérer les successions des plus riches. Oui, le Rassemblement national, comme le Front national avant lui, prévoit une politique pour les plus riches, au détriment des catégories populaires.

Marine Le Pen, c’est un programme raciste et de négation de la démocratie.

Marine Le Pen est une ennemie de la République, alors qu’Emmanuel Macron est un adversaire politique, contre lequel il faudra construire une opposition. Cette opposition, nous voulons l’édifier ensemble, avec nos sensibilités différentes mais avec une perspective d’avenir commune pour améliorer la vie des habitant·e·s des quartiers populaires, pour leur donner leur place, leur dignité dans une société rassemblée et apaisée.

Ainsi, dès le lendemain du deuxième tour, nous serons mobilisé.e.s contre le report de l’âge légal de la retraite à 65 ans. Nous serons aux côtés des habitant·e·s de nos villes pour défendre le pouvoir d’achat. Nous agirons pour une École publique de qualité pour toutes et tous, pour défendre l’égalité sociale, territoriale, environnementale. Mais pour mener ces combats, nous avons besoin d’un espace démocratique.

Au deuxième tour de cette élection présidentielle, dimanche 24 avril, la seule manière d’être certain·e que Marine Le Pen ne soit pas élue, c’est d’utiliser le bulletin de vote Emmanuel Macron. C’est ce que nous ferons en responsabilité, et nous appelons toutes les électrices et tous les électeurs dans nos villes à se déplacer aux urnes pour éviter le pire.

Cette tribune est co-écrite par: Stéphane Troussel , Président du Département de la Seine-Saint-Denis; François Asensi , Maire de Tremblay-en-France; Laurent Baron , Maire du Pré-Saint-Gervais; Lionel Benharous , Maire des Lilas; Stéphane Blanchet , Maire de Sevran; Karim Bouamrane , Maire de Saint-Ouen-sur-Seine; François Dechy , Maire de Romainville; Tony Di Martino , Maire de Bagnolet; Dieunor Excellent , Maire de Villetaneuse; Michel Fourcade , Maire de Pierrefitte-sur-Seine; Mathieu Hanotin , Maire de Saint-Denis; Bertrand Kern , Maire de Pantin; Gilles Poux , Maire de La Courneuve; Abdel Sadi , Maire de Bobigny; Olivier Sarrabeyrouse , Maire de Noisy-le-Sec.

À voir également sur Le HuffPost: Présidentielle 2022: Les trois leçons du premier tour

  • Hu chevron_right

    Mort d'Aramburu: le rugby français dénonce un assassinat "d'idéologie d'extrême droite"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 19 April - 13:11 · 2 minutes

 Federico Martin Aramburu a été tué le 19 mars 2022 à Paris. Federico Martin Aramburu a été tué le 19 mars 2022 à Paris.

RUGBY - Un mois après la mort de l’ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, le rugby français s’exprime. Dans une tribune publiée ce mardi 19 avril dans L’Équipe , le capitaine de l’équipe de France Antoine Dupont , Romain Ntamack, ou encore le sélectionneur Fabien Galthié dénoncent un assassinat “au motif d’idéologie d’extrême droite” et rendent hommage au joueur, qui a défendu les valeurs du rugby .

“Federico et Shaun (Hegarty, un ami témoin) étaient en dehors du terrain de jeu, et comme à leur habitude, n’ont pas laissé dire des paroles contraires à leur pensée, leur éducation, leur philosophie de vie. Ils n’ont pas tourné la tête en faisant semblant de n’avoir rien vu mais ils ont choisi de réagir, à ce qui pour eux était évidence”, saluent les signataires.

L’ex-rugbyman argentin âgé de 42 ans a été tué par balles le 19 mars, après une altercation dans un bar de Saint-Germain-des-Près à Paris, Le Mabillon. Les deux principaux suspects, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, sont membres du Groupe Union Défense (GUD), un mouvement d’ultradroite. Ils ont été mis en examen et écroués.

“Nos différences sont notre richesse”

La tribune alerte: “Le 19 mars dernier, au petit matin, ça aurait pu être chacun(e) d’entre nous à la place de Federico.” Selon elle, le rugbyman a été “assassiné parce qu’il s’est opposé à des idées extrémistes et fascistes”. Des idées contraires aux valeurs défendues par le rugby -intégrité, passion et respect- que défendait l’Argentin, ajoute-t-elle.

“On ne peut accepter qu’un des nôtres soit assassiné en 2022 au cœur de la capitale française, parce qu’il respectait et appliquait ces valeurs, auxquelles nous ajoutons en mémoire de Federico la générosité, la bienveillance, le combat pour une justice sociale et par-dessus tout l’amour de la famille et du partage amical”, est-il souligné.

“Plus jamais un être humain ne doit mourir dans ces conditions, plus jamais une famille ne doit être endeuillée au motif d’idéologie d’extrême droite, nous continuerons à combattre pour nos valeurs, nos idées, nous lutterons toujours contre ceux qui veulent laisser entrer la haine dans notre pays, assurent les signataires. Nos différences sont notre richesse. Nous sommes une Nation.”

À voir également aussi sur Le Huffpost: Pour le VI Nations, ce test de métavers par France TV n’a pas convaincu