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    chapitre 15 Mon choix extrait 127

    Angélique Andthehord · Tuesday, 19 April - 12:43

Ça y était, j'avais terminé. J'avais réussi.

Allongée dans mon lit, j'entendais les dernières répliques de la pièce, j'entendais les rires du public. Je me laissais bercer, comme chaque soir, par les voix paisibles et apaisantes de mes proches, ces grands qui faisaient le nécessaire pour que moi, petite, je ne manque de rien… quand, soudain, le rideau de mon baldaquin fut tiré et ma mère parut devant moi. Ce n'était pas prévu. Que se passait-il ? Un accident ?

« Angélique ! »

murmura-t-elle en me secouant.

Qui est Angélique ?

« Tu viens saluer ! »

ajouta Nani qui se tenait là ; tandis que je me réveillais du sommeil dans lequel j'avais glissé par inadvertance.

Angélique et Berthe s'échangèrent un regard, Berthe retourna dans son monde et moi, Angélique, je me levai.


extrait de : Réveil au sommet


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    chapitre 15 Mon choix extrait 126

    Angélique Andthehord · Saturday, 16 April - 18:51

En attendant, les secondes passaient et je n'avais toujours rien dit. Il fallait enchaîner. Je m'efforçai donc d'articuler, fort et distinctement :

« Au revoir, Marie »

mais mon cœur ne sut se taire. Il mit tant d'émotion dans ma voix que le merci que je n'avais pas dit s'entendit quand même.

Ma mère parut touchée et ne put répliquer. Un long silence ému parcourut l'assistance.

« Dormez, Mademoiselle ! »

répondit enfin Marie avec l'humilité et la retenue d'une servante qui sait qu'exprimer ses sentiments serait inconvenant.

Elle ferma le rideau de mon baldaquin.


extrait de : Réveil au sommet


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    chapitre 15 Mon choix extrait 125

    Angélique Andthehord · Saturday, 16 April - 06:20 · 1 minute

Voilà, c'était la fin. La servante remit Berthe au lit et moi, il ne me restait plus qu'à dire « au revoir, Marie » mais je n'y arrivais pas. Plus que jamais, je désirais dire « merci, Marie ». Cette Marie qui avait été si gentille tout au long de l'histoire et qui était encore là, près de Berthe, pour la border tendrement comme faisait ma mère chaque soir ; ma mère qui avait tant fait pour moi, pour le spectacle, pour la fête et qui était encore là, à plier soigneusement ma robe rose à petits volants, au pied de mon lit, en attendant que je dise : « au revoir, Marie » pour pouvoir répondre : « dormez, mademoiselle ! » Allais-je tout fiche en l'air sur un coup de tête, au dernier moment, à la dernière réplique ? Bien sûr que non. Cela n'aurait été un remerciement pour personne, si j'avais cédé à cette fantaisie.

Je n'arrivais pas à faire comprendre cela à mon cœur. Il me criait une envie de dire merci comme jamais je n'en n'avais eu de toute ma vie.


extrait de : Réveil au sommet


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    chapitre 15 Mon choix extrait 122

    Angélique Andthehord · Wednesday, 13 April - 09:21 · 1 minute

Cela déclencha chez la grosse dame une réaction inattendue :

« La pauvre petite ! elle a l'trac. Oh non, ma chérie ! pleure pas. »

Le pire, c'est que le ton compatissant qu'elle employait me donnait effectivement envie de pleurer. Je ne devais surtout pas me laisser prendre à son jeu. Si je cédais aux larmes, c'était fini, je perdais les pédales et aurais été incapable de me reprendre à temps. En plus, je n'avais même pas le trac ! Je devais impérativement faire abstraction des paroles de la grosse dame et focaliser sur la voix de mon père :

« Mais voyons, Marie ! vous n'allez tout de même pas faire pleurer Mademoiselle »,

puis sur celle de ma mère :

« Oh non ! certainement pas. Voilà, Mademoiselle ! je vais vous chercher une robe »,

pour enfin bondir de joie :

« La rose avec des petits volants ! » ;

et l'envie de pleurer disparut aussitôt de mon cerveau.

Maintenant, je sais ce que c'est que de passer instantanément de la tristesse à la joie.

La grosse dame s'avoua bluffée et des chut ! commencèrent à se faire entendre dans le public.


extrait de : Le lever de rideau


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    chapitre 15 Mon choix extrait 121

    Angélique Andthehord · Tuesday, 12 April - 07:29 · 1 minute

Par contre, qu'est-ce qu'il était indiscipliné, notre public ! Je m'étais préparée à faire abstraction de ses rires, afin de garder mon sérieux même aux moments les plus comiques mais je n'avais pas prévu qu'il parlerait aussi fort que nous. Il faut dire que le réveillon, c'est plutôt ambiance cotillon et puis, en principe, tonton Frédéric était toujours celui qui parlait le plus fort. Quant à la grosse dame, elle ne faisait pas plus de différence entre le public et la scène que lorsque c'était elle qui était face au public. Alors, à eux deux, ils entraînaient tout le monde à parler fort.

Papa, Maman et moi continuâmes à tenir nos rôles inébranlablement.

Vint le passage de la robe rose à petits volants. Le public parlait tellement fort que je ne sais même pas s'il entendit que je réclamais à mettre une robe. N'importe ! Je m'avançai, comme prévu, sur le devant de la scène et me tins face au public. L'effet visuel de ma posture attira si bien l'attention que c'est dans un silence presque total que je prononçai mon poignant :

« Je vais pleurer ! »


extrait de : Le lever de rideau


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    chapitre 15 Mon choix extrait 120

    Angélique Andthehord · Monday, 11 April - 06:36

Le détail, l'imprévu qui fit tout basculer : j'étais si heureuse de paraître enfin en public que je ne pouvais m'empêcher de sourire. Sourire ? Ça n'avait aucun sens ! J'étais supposée faire des remontrances à la servante et voilà que je rouspétais avec un sourire jusqu'aux oreilles. Jamais, à aucune répétition, je n'avais joué aussi mal. À cause de ce sourire idiot que je n'arrivais pas à réprimer, tout était raté, fichu, et j'étais sur le point de fondre en larmes mais ma mère, face à moi, me donna la réplique comme si de rien n'était. Alors, je récitai une dernière phrase avant de sortir de la pièce dans la plus grande honte mais ma mère, devant moi, continua à jouer son rôle sans faillir ; alors je la suivis, par automatisme, et tout rentra dans l'ordre.

J'étais replacée dans mon personnage.


extrait de : Le lever de rideau


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    chapitre 15 Mon choix extrait 119

    Angélique Andthehord · Friday, 8 April - 15:57

Derrière mon rideau, j'entendis la voix de ma grande sœur, puis celle de ma mère, puis de mon père, déclamer ce texte que je connaissais sur le bout des doigts mais aussi celles de spectateurs tels que tonton Frédéric et la grosse dame de tout à l'heure, qui s'attendait sans doute à une farce du même registre que la sienne.

Ma sœur, ayant fini de jouer sa partie, avait sans doute quitté la scène. Mon père et ma mère échangeaient leurs répliques. Mon père sortait, ma mère restait là toute seule et c'est là que je pointais le bout de mon nez, ce grand moment tant attendu !… et c'est là que tout s'écroula !


extrait de : Le lever de rideau


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    chapitre 15 Mon choix extrait 118

    Angélique Andthehord · Friday, 8 April - 04:14

Arrivèrent enfin les choses sérieuses ! On demanda au public d'aller dans la pièce à côté parce qu'il n'y avait pas de rideau, à part celui de mon baldaquin, pas de lever de rideau. Mon père, ma mère, mon grand frère et ma grande sœur installèrent le plus vite possible les décors et les accessoires tandis que moi, je ne reçus que cette instruction :

« Pousse-toi ! Reste pas dans les pattes ! »

Quand on fit revenir le public, il découvrit la scène agrémentée d'un riche décor, œuvre de ma mère, et, sur scène, il y avait Nani, assise devant une élégante coiffeuse. Moi aussi, j'étais sur scène mais le public ne pouvait pas me voir, j'étais cachée derrière le rideau de mon baldaquin.

Mon père, dans le couloir, frappa les trois coups avec un balai.


extrait de : Les trois coups


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