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    Valéry Giscard d'Estaing accusé par une ex-Première ministre danoise de harcèlement sexuel

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 4 October, 2021 - 13:49 · 2 minutes

Valéry Giscard d

AGRESSION - L’ancienne Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, a accusé l’ex-président français Valéry Giscard d’Estaing de gestes inappropriés, dans ses mémoires dont les bonnes feuilles sont publiées ce lundi 4 octobre dans la presse danoise.

“J’ai vu que Giscard d’Estaing s’asseyait à côté et il m’a saisi la cuisse sous la table. C’était complètement fou. Je me suis demandé ce qu’il se passait, j’ai changé de place et c’était fini”, a écrit l’ancienne dirigeante sociale-démocrate dans son livre intitulé Considérations d’une blonde qui sort ce lundi en librairie.

L’incident s’est produit en 2002-2003 lors d’un dîner à l’ambassade de France à Copenhague pendant les travaux de la Convention sur le projet de Constitution européenne que présidait l’ancien président français, mort en décembre 2020 , et dans laquelle siégeait Helle Thorning-Schmidt, aujourd’hui âgée de 54 ans.

“C’était une autre époque”

“Aujourd’hui, cela aurait été perçu comme du harcèlement sexuel. Ce n’était pas le cas à l’époque. C’était une autre époque, mais je l’ai perçu comme inapproprié et cette situation m’a mise très en colère”, a-t-elle confié à l’agence locale Ritzau .

Première femme à la tête d’un gouvernement danois, entre 2011 et 2015, Helle Thorning-Schmidt a dirigé les sociaux-démocrates danois de 2005 à 2015 après avoir fait ses armes à Bruxelles.

Avec son nouveau livre, cette ancienne directrice générale de Save the Children International de 2016 à 2018 s’inscrit dans le sillage du mouvement #Metoo , qui avait vraiment décollé dans le royaume scandinave l’an dernier. “Au Danemark, nous ne sommes pas si paritaires que nous l’avons cru, a-t-elle dit à Ritzau . Cela nous a conduit à nous endormir.”

Ce n’est pas la première accusation qui vise l’ancien président de la République. En mai 2020, une enquête avait été ouverte pour agression sexuelle après qu’une journaliste allemande, Ann-Kathrin Stracke, eut accusé VGE de lui avoir touché les fesses fin 2018.

À lire également sur Le HuffPost:À l’origine du changement d’heure d’été, Valéry Giscard d’Estaing a rendu ce slogan célèbre

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    Qui était Marie-France Garaud, “la femme la plus puissante de la 5e République”?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 9 March, 2021 - 02:38 · 5 minutes

LITTÉRATURE - “Si vous ne le faites pas, vous risquez de vous prendre une balle dans l’œil”. La phrase est de Marie-France Garaud . Nous sommes en 1969 en pleine année d’élection présidentielle, au Polo Club de Paris. La femme de 35 ans menace le patron de l’ IFOP de l’époque, Roland Sadoun, de ne pas publier un sondage défavorable envers l’homme qu’elle conseille et veut voir conquérir le pouvoir: Georges Pompidou .

Marie-France Garaud c’est le “renard dans la bergerie” comme l’écrit Olivier Faye dans son livre “ La conseillère ”, publié le 3 mars dernier aux Éditions Fayard. Sur 250 pages, le journaliste politique, en charge du suivi de l’exécutif pour le journal Le Monde, décrypte la vie de celle que le magazine Newsweek avait qualifiée de “ femme la plus puissante de France” en 1973.

Conseillère de l’ombre

Première “spin doctor” que le monde politique français ait connue dans les années 70, Marie-France Garaud était le symbole, selon l’auteur, “de l’éminence grise à la française”. Une femme dont l’engagement était “sacerdotal”, peut-on lire, qui n’hésita pas à faire passer son idée de la France et de la politique avant tout. Peu importe la méthode.

Elle est également l’un des symboles des “années de plomb” connues par la France après la guerre. Avant l’arrivée du giscardisme et du chiraquisme, le pouvoir est entre les mains d’anciens résistants qui n’hésitent pas à arriver à leurs fins en recourant à des manœuvres plus qu’ambiguës. “Quelque part, Marie-France Garaud est le symbole de ces années-là”, analyse l’auteur de 34 ans. “Tantôt, elle menace, tantôt elle séduit, tantôt elle fait preuve d’une autorité qui ne souffre aucun obstacle...”, nous explique-t-il.

La conseillère de l’ombre de Georges Pompidou puis de Jacques Chirac qui se sera également occupée de faire grimper Valéry Giscard d’Estaing au sommet de l’État, voue corps et âme à ses stratégies politiques. Avec un succès absolu pendant 10 ans. Jusqu’à la fin des années 70. À 47 ans, elle est à l’apogée.

Une femme élevée comme un homme

Comment une femme, qui a grandi dans les années 40, a-t-elle pu connaître une si grande ascension et atteindre une telle puissance politique? Pour Olivier Faye, l’une des principales raisons réside dans le cœur de son éducation. Fille unique, élevée par un père âgé qui “chérit sa fille unique comme un fils”, apprend-on, Marie-Françoise Quintard est originaire de Poitiers.

“C’est une fille de la terre”, précise l’auteur qui pour écrire son histoire l’aura rencontrée quatre fois dans son appartement suranné et luxueux, ”à mi-chemin entre l’Assemblée nationale et le musée d’Orsay”.

Très vite, son père met un fusil dans les mains de la petite Marie-Françoise et celle-ci doit s’entraîner à ne pas louper ses cibles. De la chasse à la politique, le pas peut vite se franchir. Des études de droit et un premier exercice du métier d’avocate, à une époque où il était bien rare d’y voir des femmes, seront son tremplin.

Confiance, ténacité, habileté sans faille à prendre des décisions et amour viscéral de la Nation pour celle qui a connu la guerre... Voilà des qualités qu’on enseignait plutôt aux hommes à l’époque mais qui feront grimper la jeune Poitevine.

Une femme parmi les hommes

La suite, l’auteur la déroule et l’écrit comme un roman policier. Les combines, les magouilles, les “barbouzeries” de l’époque, comme il le dit au HuffPost ... Entre Matignon et l’Élysée, Marie-France Garaud se conduit comme un homme. “Elle adopte complètement les codes masculins. Et ce qui est d’ailleurs assez étonnant, c’est qu’elle ne revendiquera jamais le fait d’être une femme. Elle était considérée comme un homme par ceux qui l’entouraient”, nous raconte Olivier Faye, fasciné par le personnage qu’il décrit.

Après elle, aucune femme dans la sphère politique n’a eu son influence, estime l’auteur. Si ce n’est son Chanel bien posé devant son bureau, son éternel chignon tiré et son tailleur impeccable, Marie-France Garaud a complètement intégré ce milieu masculin jusqu’à en tirer elle-même les ficelles. Avec son comparse Pierre Juillet, ils font et défont la politique de 1969 à 1979. En coulisses et à travers ce binôme, sa pleine puissance agit.

C’est quand elle apparaîtra en public et en pleine lumière, en tant que femme et seule face aux hommes, que la carrière de Marie-France Garaud déclinera. Comme si pour avoir du pouvoir, il fallait être dans l’ombre et au service des hommes, quel que soit le talent.

En 1981, la femme politique se présente à l’élection présidentielle. Elle a le réseau, les appuis, les contacts, l’expérience du pouvoir, une connaissance parfaite des couloirs de l’Élysée, un programme, une idée de la France, l’habileté... Mais rien n’y fait. Son malheureux score de 1,33% l’éloignera progressivement des grands de ce monde. Un revers aux législatives de 1986 ensuite, une position isolée face au Traité de Maastricht en 1992, une liste RPR aux élections européennes portée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers et pour finir une position pro-lepeniste à la présidentielle de 2017 laisseront définitivement son influence au placard.

À 80 ans passée, quand Olivier Faye la rencontre -l’idée d’écrire sur elle lui vient en 2015, après l’avoir découverte au détour de l’écriture d’un article- sa vocation politique et son idée souverainiste de la France lui est encore chevillé au corps. Après cinquante ans d’engagement politique, ses convictions sont intactes. Sa résistance également.

De son appartement des quais de Seine qui ont servi les arcanes du pouvoir, “Marie-France Garaud voit depuis quelques années ses contemporains s’éteindre les uns après les autres. Tous disparaissent avec leur cortège de grandeurs et de petitesses, de coups d’éclat et de secrets”, conclut l’auteur. Avec elle partira le souvenir de méthodes dont la transparence demandée par notre époque ne saurait désormais souffrir.

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    Pour ses vœux 2021, Macron a opté pour un décor très giscardien

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 31 December, 2020 - 21:23 · 1 minute

POLITIQUE - Le 31 décembre 2019, Emmanuel Macron avait adressé ses vœux aux Français debout, en posture de conquérant, devant une fenêtre donnant sur les jardins de l’Élysée. Ce 31 décembre 2020, le président se tenait assis dans un fauteuil, devant une cheminée d’abord éteinte, puis allumée, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

Ce décor n’est pas anodin. Le 2 décembre dernier, Valéry Giscard d’Estaing s’éteignait après avoir lutté contre le coronavirus. Plusieurs internautes ont vu dans les vœux d’Emmanuel Macron un hommage à l’ancien président de la République.

En 1975, VGE avait en effet présenté ses vœux aux Français devant une cheminée, assis dans un fauteuil, en compagnie de son épouse Anne-Aymone. S’il n’était pas accompagné de Brigitte, Macron a cependant scrupuleusement recopié le style avec la cheminée et le fauteuil, après une année 2020 éprouvante.

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    2020 a tourné la page de quelques-uns de nos plus beaux souvenirs des années 1970

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 30 December, 2020 - 00:10 · 7 minutes

En 2020, de nombreuses figures majeures et populaires des années 1970 sont décédées, souvent des suites de la Covid-19 . Ce fut le cas du chanteur Christophe, de l’auteur et scénariste Jean-Loup Dabadie, de l’humoriste Guy Bedos , de l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de football Michel Hidalgo, de l’entraîneur de la mythique équipe de football des Verts de Saint-Étienne Robert Herbin, du compositeur Ennio Morricone, de la danseuse et chanteuse Zizi Jeanmaire, des comédiens Michel Piccoli et Claude Brasseur , de la chanteuse Annie Cordy, du comédien Roger Carel, de la chanteuse Juliette Gréco , de l’avocate Gisèle Halimi , de l’acteur Sean Connery, du dessinateur Piem, de l’humoriste Robert Castel et bien évidemment de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing .

Pour celles et ceux qui ont connu cette période en tant qu’adulte, jeune adulte ou enfant, ces personnalités renvoient à nombre de souvenirs: des chansons (des “Mots bleus” de Christophe à “La bonne du curé” d’Annie Cordy), des sketchs (de Guy Bedos, souvent écrits par Jean-Loup Dabadie , ou de Robert Castel), de l’épopée footballistique des Verts en coupe d’Europe ou des matchs de l’équipe de France de football qui s’était qualifiée pour la première fois depuis longtemps à une coupe du monde, celle de 1978, des musiques de films (Ennio Morricone), des films mythiques (comme Les choses de la vie de Claude Sautet avec Michel Piccoli et Romy Schneider ou les deux films réalisés par Yves Robert, Un éléphant ça trompe énormément , suivi de Nous irons tous au paradis dont le co-scénariste était Jean-Loup Dabadie et deux des principaux acteurs étaient Guy Bedos et Claude Brasseur), des voix (Roger Carel), des émissions de télévision cultes ( Le petit rapporteur présenté par Jacques Martin avec notamment le dessinateur Piem) ou encore des luttes (Gisèle Halimi), sans parler bien sûr du septennat de Giscard.

“Ce sont les dernières années d’insouciance, mais les Français ne le savent pas encore” Raphaëlle Bacqué dans Le Monde du 4 décembre 2020

On sent bien confusément que, durant cette année 2020, une page a été tournée. Cela tend sans aucun doute à réveiller chez certains d’entre nous, chez celles et ceux qui ont connu cette période et même chez celles et ceux qui n’étaient pas nés à ce moment-là, une forme de nostalgie. On peut même évoquer à ce propos une véritable seventiesalgie, comme on parle de solastalgie pour l’environnement ou d’Ostalgie pour l’ex-Allemagne de l’Est, en l’occurrence, le substantif “algie” étant synonyme de douleur.

Cette seventiesalgie semble présenter quatre caractéristiques:

- La première est tout simplement une nostalgie du passé, de sa jeunesse ou de son enfance perdues. C’est la douleur du temps qui passe. Mais c’est aussi une forme de nostalgie d’une période d’insouciance, comme le dit la journaliste Raphaëlle Bacqué en parlant des années Giscard: “Ce sont les dernières années d’insouciance, mais les Français ne le savent pas encore” ( Le Monde , 4 décembre 2020). C’est également une période où, d’après elle, “La fierté et l’arrogance sont des caractéristiques nationales. Les Français n’ont pas encore plongé dans ce pessimisme et cette haine de soi qui mineront leurs années 2000″. Bien sûr, notre mémoire est sélective et nous joue des tours. Mais il est évident que, dans une période où le présent est particulièrement troublé et où l’avenir est des plus sombres, entre la menace d’effondrement annoncée par les collapsologues et les perspectives peu réjouissantes de post-humanité promises par les transhumanistes, la tentation est grande de regarder dans le rétroviseur et d’avoir des bouffées nostalgiques en repensant à cette période des années 1970 où s’est produit un basculement décisif d’un monde à un autre.

- La seconde caractéristique de cette seventiesalgie est, en effet, une nostalgie de la période des Trente glorieuses qui s’est terminée en 1975, cette période désormais assimilée au mythe d’une forte croissance, d’une modernisation économique du pays, du net accroissement du niveau et du confort de vie et du rattrapage de l’ US Way of life (société de consommation et de loisirs, culture de masse). C’est la douleur d’avoir perdu une période “bénie”. C’est en 1974 qu’un excédent des administrations publiques est enregistré pour la dernière fois. En 1975, la France connaît sa première récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Le chômage explose à tel point qu’en 1977, le cap du premier million de chômeurs est franchi pour la première fois. Jamais il ne descendra en-deçà de ce chiffre. Autre grand symbole de la fin de la parenthèse “enchantée” de l’après-guerre, c’est aussi la fin du baby-boom. En 1975, le taux de fécondité passe en dessous du seuil de 2 enfants par femme en moyenne en France métropolitaine. Il faudra attendre le début des années 2000 pour qu’il repasse à nouveau au-dessus de ce seuil.

- La troisième caractéristique est la nostalgie d’une période où les principaux fléaux qui nous affectent actuellement n’existaient pas encore ou bien seulement à l’état embryonnaire. En France, dans les années 1970, il n’était pas encore question de changement climatique, même si le pays avait subi la forte sécheresse de 1976, si la conférence des Nations unies sur l’environnement organisée à Stockholm en 1972 en parlait déjà et si le rapport du club de Rome publié cette même année anticipait un risque d’effondrement. Il n’était pas encore question de radicalisation et de terrorisme islamistes, même si c’est en 1979 qu’est née la version contemporaine de l’islamisme radical avec la révolution islamique en Iran, pas plus que de mondialisation, d’explosion des inégalités, de communautarismes, de crise des classes moyennes ou de populisme. C’est donc la douleur d’avoir perdu un monde où ce qui nous angoisse terriblement n’existait pas.

C’est donc la douleur d’avoir perdu un monde où ce qui nous angoisse terriblement n’existait pas.

- Enfin, la dernière caractéristique de cette seventiesalgie est la nostalgie d’une période où malgré les divisions entre la “France de droite” et le “peuple de gauche”, ou entre les “anciens” et les “modernes”, il semblait encore exister des références communes et le sentiment d’un “monde commun” qui, depuis, paraît avoir disparu. C’était encore une période où une large majorité de Français –les fameux “deux Français sur trois” de Giscard– croyaient à un socle de valeurs communes: la science, le progrès (avec une vision plutôt optimiste de l’avenir), les technologies, la croissance, la société de consommation, l’amélioration continue des conditions de vie (et donc le sentiment que les générations suivantes vivront mieux), la cohésion de la société, etc. Cette société française semblait être sous l’influence de grandes organisations (Église, parti communiste), de médias de masse ou d’une culture populaire commune: les années 1970 sont le triomphe de la chanson de variété, symbolisé par les émissions de Maritie et de Gilbert Carpentier, ou du cinéma populaire français avec les films à succès avec Louis de Funès, Pierre Richard ou Jean-Paul Belmondo. Si l’on reprend ce qu’écrit Jérôme Fourquet dans L’archipel français (Seuil, 2019), on peut dire que les années 1970, c’était la France d’avant la “marginalisation des catholiques, [la] sécession des élites, [l’]affranchissement culturel et idéologique de toute une partie des catégories populaires, [la] montée en puissance de l’hétérogénéité ethnoculturelle du pays” qui contribueront à “l’archipelisation de la société française”. Même s’il ne faut pas pour autant mythifier cette période, la seventiesalgie est tout de même cette douleur d’avoir perdu la France d’avant la “chute” et d’avant la fragmentation de la société et de ses valeurs.

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    Mort de VGE: avant son vibrant hommage, Bachelot n'a longtemps pas été tendre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 4 December, 2020 - 14:23 · 3 minutes

POLITIQUE - Première membre du gouvernement à s’exprimer après l’annonce du décès de Valéry Giscard d’Estaing ce mercredi 2 décembre , Roselyne Bachelot , des trémolos dans la voix, a rendu un hommage poignant à l’ancien chef de l’État depuis la tribune du Sénat. Des mots vibrants, à la hauteur de son rang, auxquels la ministre de la Culture ne nous avait pas forcément habitués.

Visiblement touchée, Roselyne Bachelot a décrit VGE comme “l’auteur de nombreuses réformes novatrices qui marquent encore aujourd’hui la société française” qu’elle a citées une à une. “Valéry Giscard d’Estaing, c’est le droit à l’avortement, c’est l’abaissement de la majorité civile, c’est le divorce par consentement mutuel, c’est l’élargissement du droit de saisie du Conseil constitutionnel et c’est la fin de la tutelle sur la télévision publique”, a rappelé la ministre . “Un hommage sera rendu et ce sera justice”, a-t-elle tenu à préciser.

Pourtant, lorsque le journaliste de la télé suisse Darius Rochebin s’amusait en 2013 à lui faire associer une série de superlatifs (le plus intelligent, gentil, bête, charmeur) avec les patronymes des présidents de la République, Roselyne Bachelot dressait un portrait nettement moins élogieux que celui déclamé devant les sénateurs. “Le plus bête? Je vais peut-être dire Giscard”, répondait après un temps de réflexion l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac... avant d’éclater de rire.

Et de dépeindre un Valéry Giscard d’Estaing certes “supérieurement intelligent” mais apparemment pas autant en phase avec son époque qu’elle ne l’affirme aujourd’hui. “Il est le plus bête, non pas au sens qu’on ne comprend pas quelque chose. Cette bêtise qui est l’inadéquation à comprendre un certain nombre de choses ou à s’adapter à certaines situations. C’est ça la véritable intelligence : c’est la faculté d’adaptation, plus que l’intelligence purement théorique”, expliquait-elle sur le plateau de la RTS .

Malgré le bilan dithyrambique qu’elle fait désormais de son septennat, Roselyne Bachelot n’a pas voté pour autant en faveur de VGE au second tour de la présidentielle de 1981. À l’époque, Jacques Chirac, son mentor en politique, avait échoué à se qualifier en finale. Roselyne Bachelot dit avoir alors suivi la consigne non-officielle donnée discrètement par le RPR de faire battre Giscard, candidat représentant pourtant la droite, en votant pour la gauche au second tour. Un calcul politique, consistant à affaiblir le centre droit au profit du parti gaulliste, dont le socialiste François Mitterrand aurait profité. “Avec ma sœur en rentrant dans l’isoloir, on avait vraiment l’impression de commettre un mauvais coup. On nous a demandé de faire un mauvais coup (...) Toutes les deux, on s’est regardées en mettant le bulletin Mitterrand dans notre enveloppe”, confiait Roselyne Bachelot à Laurent Ruquier en avril 2015 .

Invité de l’émission “C à Vous” consacrée à Valéry Giscard d’Estaing ce jeudi 3 décembre , Jean-Pierre Elkabbach a constaté avec une pointe d’amertume que “ses adversaires de l’époque lui découvrent toutes les qualités d’un grand président et d’un grand réformateur”. Et l’ancien journaliste d’Antenne 2, qui avait dû annoncer, visage crispé , la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981, de pointer du doigt “ceux qui l’ont fait échouer dans son deuxième mandat”. Sans les désigner nommément, Jean-Pierre Elkabbach a adressé un conseil ”à toutes ces... à tous ces pleureurs de la journée”. À celles et ceux qui ont retourné leur veste, il a demandé “un peu de pudeur, un peu de décence, un peu de dignité”.

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    Sous Valéry Giscard d'Estaing, une vie politique marquée par les assassinats et la Françafrique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 4 December, 2020 - 10:56 · 3 minutes

Le Président Valéry Giscard d

Si la postérité conservera le souvenir d’un président progressiste sur les questions sociétales, elle ne manquera pas non plus de se pencher sur d’autres aspects moins reluisants de la politique de Valéry Giscard d’Estaing . C’est le cas notamment de l’Afrique.

Continuateur de la “Françafrique”

L’image qui vient d’ailleurs spontanément à l’esprit lorsque l’on évoque Valéry Giscard d’Estaing, c’est celle des diamants de Bokassa qui symbolise ce que d’aucuns ont nommé la “ Françafrique ”. Autant la rupture fut nette avec le conservatisme sociétal gaulliste et pompidolien, autant la continuité s’imposa en matière de relations franco-africaines. Car s’il a limogé Jacques Foccart et a dissous son secrétariat des affaires africaines et malgaches, VGE prit soin de demander au collaborateur du général de Gaulle de lui recommander une personne pour lui succéder. Ce fut René Journiac.

La politique africaine du “pré-carré” fut ainsi la même sous VGE car le contexte géopolitique était toujours celui de la Guerre froide. L’enjeu était donc de s’assurer de la fidélité de régimes autoritaires pour ne pas que leur pays devienne un allié des soviétiques. Cette politique s’inscrivait donc dans le cadre du “réalisme désabusé” qui caractérise la diplomatie française selon la formule de Pierre Hassner.

Sur la scène africaine, on retiendra de Giscard l’affrontement avec Kadhafi et le début d’un interventionnisme militaire fréquent (Kolwezi et Tchad notamment). Phénomène qui continuera avec François Mitterrand. Il convient à cet égard de relever que si Bokassa fut renversé, ce fut moins pour ses cruautés et ses frasques que pour son rapprochement jugé dangereux avec le “guide libyen”. La logique était donc plus géopolitique qu’humanitaire. C’est sans doute cette affaire des diamants de Bokassa, dénichée par Pierre Péan et Claude Angéli, qui fait que Valéry Giscard d’Estaing a été davantage brocardé pour sa politique africaine que François Mitterrand et Jacques Chirac qui s’inscrivirent pourtant dans des logiques analogues.

Un septennat marqué par les assassinats

Evénement marquant du septennat giscardien et qui n’est pas sans lien avec la “Françafrique”: l’assassinat de Robert Boulin . On sait que le ministre de Giscard fut probablement assassiné après avoir menacé de révéler certaines pratiques de financement de la vie politique liées aux grands contrats d’armements et au pétrole africain. Les soupçons se tournent principalement vers le SAC . Plus généralement, sous Giscard d’Estaing la violence politique prit un tournant inédit avec l’assassinat de 3 hommes politiques d’envergure nationale: Robert Boulin, donc, mais aussi Jean de Broglie (cousin de Giscard impliqué dans le financement de sa formation politique) et Joseph Fontanet, ancien ministre de Pompidou.

Si les deux premiers assassinats s’inscrivent dans un contexte de guerre des droites et de rivalité Giscard-Chirac, le troisième répond sans doute à une autre logique, moins politique. Ces éléments font néanmoins état d’une vie politique complètement différente de ce qu’elle peut être aujourd’hui, avec notamment l’ombre inquiétante du SAC et un financement de la vie politique qui a, heureusement, été assaini depuis. Le temps et le recul qu’il permet amèneront les éclairages nécessaires sur ces mystères de la Ve République.

Avec la mort de Valéry Giscard d’Estaing, c’est un pan de l’histoire politique française qui s’éteint avec son lot de violences et d’énigmes, même si l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy peut apparaître, s’il est avéré, comme un écho lointain.

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    La "Soupe aux truffes VGE", recette créée pour Giscard par Bocuse

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 3 December, 2020 - 17:42 · 3 minutes

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RECETTE - C’est l’histoire d’une rencontre qui a conduit à l’un des incontournables des restaurants Paul Bocuse. Cette histoire, c’est celle de la “Soupe aux truffes noires VGE”. Comme son nom l’indique, cette recette a bel et bien été imaginée pour Valéry Giscard d’Estaing , décédé mercredi 2 décembre des suites du Covid-19 .

Tout commence au cours de l’hiver 1974-1975, quand le chef lyonnais décédé en 2018, Paul Bocuse , reçoit un document avec en-tête de l’Élysée lui annonçant qu’il est promu chevalier de la Légion d’honneur. Il s’agirait en fait, selon le critique culinaire François-Régis Gaudry , d’une farce d’amis du pape de la gastronomie française. La blague aurait fait son chemin jusqu’aux oreilles de Valéry Giscard d’Estaing, qui décore cependant Paul Bocuse en 1975.

De son côté, dans un livret intitulé Petite histoire de la soupe aux truffes , Paul Bocuse écrit, lui, avoir dit ”à qui veut bien l’entendre” et en plaisantant, après avoir reçu ce courrier, que la seule personne qui puisse [lui] remettre cette décoration serait le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing.”

Quoi qu’il en soit, le rendez-vous est fixé au 25 février 1975 et le déjeuner servi le jour de la cérémonie est réalisé par Paul Bocuse et ses amis. Et la soupe aux truffes est créée spécialement pour cette occasion.

Inspirée par une recette de Paul Haeberlin

L’une des sources d’inspiration du chef est Paul Haeberlin, ancien chef trois étoiles du restaurant gastronomique l’Auberge de l’Ill d’Illhaeusern en Alsace, décédé en 2008. Son fils, Marc Haeberlin, qui possède aujourd’hui deux étoiles Michelin pour ce même restaurant, raconte au HuffPost que son père “avait invité Paul Bocuse à l’auberge après la chasse, et il lui a servi une truffe au foie gras en feuilleté”. “Il s’agit d’une truffe entière avec de la sauce Périgueux, recouverte de pâte feuilletée que l’on met au four dans un caquelon en porcelaine de type bol à gratiner. Quand le plat sort du four, on sent l’odeur de truffe”, se souvient Marc Haeberlin.

C’est après avoir dégusté ce plat que Paul Bocuse aurait déclaré: “c’est génial, je vais en faire une soupe de truffes”, ajoute le fils Haeberlin. Cette recette est, selon lui, “plus légère, avec plus d’onctuosité”.

“Je trouve l’idée géniale de s’être inspiré du chicken-pie anglais et félicite Paul pour sa trouvaille”, avait de son côté écrit Paul Bocuse. De retour à son restaurant de Collonges , “l’idée fait son chemin et je pratique plusieurs essais mêlant la soupe de légumes, la truffe et le foie gras, jusqu’à arriver à l’aboutissement de la désormais célèbre ‘Soupe de Truffe’, l’idée d’une soupière individuelle s’impose vite à moi dans la mise au point de cette recette, c’est ainsi que je fais le choix d’une soupière à gratiner individuelle”, poursuit-il.

“L’on casse la croûte, M. le Président!”

C’est cette soupe qui a été servie à Valéry Giscard d’Estaing en 1975. Ce 25 février, il demande au chef Bocuse: “Mais Monsieur Bocuse comment doit-on la manger?”, ce à quoi le chef lui a répondu: “L’on casse la croûte, Monsieur le Président”!

Après ce déjeuner, Paul Bocuse a même fait réaliser des soupières à gratinées individuelles gravées en mémoire du président.

La soupe devenue célèbre est toujours à la carte du restaurant Paul Bocuse. Joint par Le HuffPost , Vincent Leroux, directeur général de celui-ci, affirme ainsi qu’elle l’est même “plus que jamais”. “Elle s’appelle toujours ’Soupe aux truffes VGE, et nos clients l’appellent comme ça, avec beaucoup d’affection. Elle est parmi les plats de légende de la maison, et l’un de nos incontournables et best-sellers”.

Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur cette soupe, voici la recette de l’époque:

soupe aux truffes VGE

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    Valéry Giscard d'Estaing, un modèle à double tranchant pour Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 3 December, 2020 - 12:37 · 5 minutes

Valéry Giscard d

POLITIQUE - Le parallèle est quasiment systématique. Pour ses soutiens, Emmanuel Macron est un héritier de Valéry Giscard d’Estaing , président réformateur et pionnier de la disruption chère à son prédécesseur, mort mercredi 2 décembre. Pour ses adversaires, l’analogie sert à démontrer l’impasse d’un mandat, dont la réalisation s’éloigne des promesses de campagne. “Nombre d’électeurs de gauche ont cru au soir du 7 mai s’endormir avec Mendès, ils se sont depuis réveillés avec Giscard”, ironisait dès le mois de janvier 2018 Olivier Faure.

Dans la bouche de celui qui est devenu depuis premier secrétaire du PS, la comparaison était donc loin d’être flatteuse. Pour autant, Emmanuel Macron, qui rendra un hommage télévisé ce jeudi soir à 20 heures au successeur de Georges Pompidou, nourrit lui-même une sorte de filiation (certes moins tapageuse que celle entretenue à l’égard du général De Gaulle). Dans son communiqué, le chef de l’État a salué un “homme politique de progrès et de liberté” dont le mandat “transforma la France”. Soit un vocabulaire qu’il utilise pour qualifier ses propres orientations.

Pour les proches de “VGE”, l’héritage est tout autant évident. “Aujourd’hui, dans la vie politique, Emmanuel Macron représente cet élan de modernité, que lui-même avait porté en 1974 (...), à la jeunesse, mais aussi aux Français”, a réagi auprès d’Europe 1 Louis Giscard d’Estaing, fils de l’ancien président. Les éléments de comparaison sont effectivement nombreux.

Nouveau Monde

Comme Giscard en 1974, Emmanuel Macron a accédé au pouvoir sur la promesse du dépassement des partis, en réaction à une offre politique jugée dépassée. Comme lui, il a gagné l’Élysée à un âge jugé jeune, promettant ainsi de casser les codes de la politique et de faire basculer la France dans un “Nouveau Monde”, où le progrès serait érigé en valeur cardinale. Une nouvelle ère dans laquelle les jeunes compteraient davantage, tout comme les évolutions technologiques assureraient le sursaut d’une France au ralenti.

Valéry Giscard d’Estaing -“dépeint en Kennedy à la française”- promettait la modernisation du réseau téléphonique et posait les jalons du train à grande vitesse. Quarante-trois ans plus tard, l’ancien locataire de Bercy aux mêmes allures de jeune premier tressait les louanges de la “start-up nation” et commandait des travaux sur l’intelligence artificielle. Autre point de rapprochement, la question européenne, que les deux chefs d’État ont mis au centre de leurs préoccupations.

Ce qui est d’ailleurs souligné outre-Rhin, où Angela Merkel a rendu un vibrant hommage à l’ex-président. “Avec Valéry Giscard d’Estaing, la France a perdu un homme d’État, l’Allemagne un ami et nous avons tous perdu un grand Européen”, a regretté la chancelière allemande, quand son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas rappelle que l’homme de 94 ans a eu “une influence décisive” dans la construction du couple franco-allemand.

Si ces éléments -globalement positifs- permettent de rapprocher les deux chefs d’État, il est à noter qu’à la différence de son lointain successeur, VGE a véritablement changé structurellement le pays. Passage de la majorité à 18 ans, réforme de l’ORTF, légalisation de l’avortement, révision constitutionnelle, remboursement de la pilule contraceptive, divorce “par consentement mutuel”...

Celui qui, hormis celui de sénateur, a connu tous les mandats électifs de la Ve République a véritablement mis un coup de pied dans la fourmilière, là où les grandes réformes promises par le candidat d’En Marche, jamais élu avant son accession à l’Élysée, se font encore attendre (à l’exception notable de la PMA pour toutes ). “Les réformes de Giscard étaient surtout des réformes de société, prises dans un contexte économique favorable. Tandis que les réformes annoncées par Macron sont d’un autre ordre, dans un contexte bien plus compliqué, et potentiellement violent”, observe le politologue Éric Roussel, auteur d’une biographie sur le fondateur de l’UDF, en référence notamment à la réforme des retraites, véritable totem hexagonal.

Crises et “virage conservateur”

Malgré cette différence de taille, Valéry Giscard d’Estaing et Emmanuel Macron partagent le fait d’avoir vu leurs mandats, tous deux ponctués par des crises, prendre une tournure assez éloignée de leurs promesses initiales. Alors que le septennat de VGE a été percuté par deux chocs pétroliers et la fin des Trente Glorieuses, le quinquennat de l’actuel chef de l’État a dû composer avec la crise des gilets jaunes et celle du covid-19, cette dernière entraînant de graves conséquences économiques.

Pour y répondre, le premier (en s’en défendant) avait négocié un “virage conservateur”, quand le second a opéré dans l’été un virage dit “régalien”, ce qui revient à peu près au même: un coup de barre à droite .

Une difficulté liée à leur positionnement central. “Les deux se heurtent à la logique de la Ve République. Si on veut faire le gouvernement par le centre, il faut changer le mode de scrutin, or en l’état actuel des institutions, ça conduit forcément à l’affrontement entre deux blocs antagonistes. Valéry Giscard d’Estaing et Emmanuel Macron sont confrontés au même problème”, note Éric Roussel.

Mêmes déconvenues sur le volet “moral” de la transition vers un Nouveau Monde. Pour VGE, sa promesse de modernité s’est fracassée sur l’affaire des diamants de Bokassa , révélant que le “président moderne” n’était pas épargné par les affres du pouvoir quasi monarchique permis par la Ve République. Affaires Benalla, Ferrand, Delevoye, Goulard, de Rugy... Le mandat Macron a également montré à plusieurs reprises que le “nouveau monde” n’avait rien à envier à l’ancien.

Un point directement en lien avec l’actualité souligne cette même propension à faire dévier la trajectoire du mandat. Trois mois avant l’élection de 1981, l’adoption de la loi “sécurité et liberté” fait couler beaucoup d’encre, car elle est jugée “liberticide” par ses détracteurs, dont François Mitterrand qui l’abrogera en partie une fois élu. Soit le genre de débats auxquels nous assistons aujourd’hui autour de la loi “sécurité globale”. Reste à savoir si la comparaison entre les deux ira jusqu’à l’impossibilité de renouveler le mandat.

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