close
  • Hu chevron_right

    Le LREM Jérôme Peyrat retire sa candidature aux législatives

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 15:09 · 3 minutes

Jérôme Peyrat, le LREM condamné pour violences conjugales retire sa candidature aux législatives Jérôme Peyrat, le LREM condamné pour violences conjugales retire sa candidature aux législatives

POLITIQUE - Il n’y va plus. Jérôme Peyrat, le candidat LREM aux élections législatives en Dordogne, condamné en 2020 dans une affaire de violence envers une ex-compagne (causant 14 jours d’ITT) annonce à l’Agence France Presse qu’il retire sa candidature, ce mercredi 18 mai.

Il était au coeur d’une polémique relancée un peu plus tôt dans la journée par le patron du parti présidentiel Stanislas Guérini. Interrogé sur franceinfo, le délégué général de La République en Marche , s’est lancé dans une défense hasardeuse, et très critiquée, de l’ancien conseiller élyséen, condamné à l’époque à une amende de 3000 euros avec sursis.

“Mauvaise foi” et “bonne conscience a peu de frais”

“J’entends que ma candidature aux élections législatives pourrait porter atteinte à ma famille politique. Je la retire”, indique le désormais ex-candidat dans la 4e circonscription de Dordogne, avant d’ajouter, toujours auprès de l’AFP: “J’invite chacune et chacun à regarder précisément les faits qui me sont reprochés, la décision de justice et les autres décisions prises dans cette affaire”.

Selon France Bleu, son ex-compagne avait quant à elle écopé d’amendes de 500 et 800 euros pour des appels et SMS malveillants à Jérôme Peyrat et à des proches.

“L’alliance de la mauvaise foi, des raccourcis partisans et de la bonne conscience a peu de frais, amplifiée par des canaux digitaux où l’anonymat le dispute à l’ignorance des procureurs d’occasion, amalgame un épisode de ma vie sur lequel je me suis largement expliqué, avec une violence qui m’est totalement étrangère”, affirme encore celui qui est maire de La Roque-Gageac (en Dordogne) dans un communiqué.

Son investiture a provoqué des secousses jusque dans la majorité avec la candidature dissidente de la députée LREM sortante Jacqueline Dubois. Elle a également éclaboussé le patron des marcheurs Stanislas Guerini pour ses propos tenus quelques heures plus tôt.

Guérini change de pied

Le responsable LREM a décrit Jérôme Peyrat comme “un honnête homme. Je ne crois pas qu’il soit capable de violences sur les femmes”, avait-il estimé: “Si j’avais la conviction ou même le soupçon qu’on a affaire à quelqu’un qui puisse être violent et coupable de violences sur les femmes, jamais je n’aurais accepté cette investiture-là”.

Des propos qui ont fait bondir l’opposition, notamment la LFI Mathilde Panot, qui a dénoncé une “honte” et un “naufrage”... au point de provoquer le rétropédalage du marcheur en chef.

“Je mesure que les propos que j’ai tenus ce matin (...) ont pu heurter et blesser”, a ainsi réagi dans l’après midi Stanislas Guerini sur Twitter. “Je veux réaffirmer ici avec force un engagement total de la majorité présidentielle pour soutenir la libération de la parole des femmes”. “Pour ne laisser aucune place à l’ambiguïté sur nos engagements, j’ai échangé avec Jérôme Peyrat ce jour, et nous avons convenu ensemble qu’il retire sa candidature”, conclut Stanislas Guerini.

Dans le sillage du mouvement MeToo, les accusations de violences faites aux femmes ont surgi de manière inédite dans la campagne des législatives de juin: outre le retrait de Taha Bouhafs à LFI, plusieurs candidats sont sous le feu des critiques.

À voir également sur Le HuffPost: À Besançon, le boulanger Stéphane Ravacley en campagne pour les législatives

  • Hu chevron_right

    Après l'enquête visant Bouhafs, les cadres de la NUPES en communication de crise

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 17:23 · 4 minutes

Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 11 mai 2021. Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 11 mai 2021.

POLITIQUE - Équation complexe. La France insoumise a annoncé ce mercredi 11 mai avoir ouvert une enquête interne après des accusations de violences sexuelles à l’encontre du journaliste controversé Taha Bouhafs . Le jeune homme de 25 ans avait retiré sa candidature , la veille, aux législatives à Vénissieux en dénonçant des “attaques sans précédent” et des “calomnies” récurrentes.

Des accusations de violences sexuelles qui sèment le trouble au sein de la NUPES, la Nouvelle union populaire, écologiste et sociale. Les têtes d’affiche, de l’écolo Julien Bayou à la communiste Elsa Faucillon en passant par David Cormand ou Clémence Guetté, sont nombreux à réagir. Avec un but: revenir sur leur soutien et mettre à distance le désormais ex-candidat de l’union de la gauche.

Le tout, pour certains, en supprimant leurs anciens messages plutôt laudatifs à l’égard du journaliste, attaqué pendant plusieurs jours pour ses anciens tweets, quand les accusations de violences sexuelles n’étaient pas connues.

Messages supprimés

Julien Bayou, le patron des écolos et candidat de la NUPES à Paris assume, par exemple, avoir fait un brin de ménage sur son compte Twitter. “Je supprime mon tweet d’hier pour éviter toute mauvaise interprétation”, écrit-il ainsi sur les réseaux sociaux, après s’être expliqué en quelques mots: “Hier, j’ai soutenu Taha Bouhafs contre le racisme. Aujourd’hui, je prends connaissance des accusations de violences sexuelles à son encontre. Soutien aux victimes. Nous vous croyons.”

Même chose pour son prédécesseur à la tête d’Europe-Ecologie les Verts, David Cormand. S’il n’a pas supprimé son ancienne publication, l’eurodéputé s’en éloigne et le fait savoir. “Les nouvelles informations rendues publiques, dont j’ignorais tout, rendent le tweet ci-dessous nul et non-avenu”, écrit-il en relayant son message de la veille, lorsqu’il dénonçait le “flot d’attaques indignes” dont Taha Bouhafs était l’objet.

“Soyons fiers que les alertes soient entendues et qu’elles aient des conséquences. Nous le devons à la parole des femmes face à la surdité des hommes”, ajoute-t-il... à l’heure où certains messages de soutien (massif) , comme celui d’Antoine Léaument, proche de Jean-Luc Mélenchon et candidat pour ces législatives, ne sont plus visibles sur les réseaux sociaux.

Signe de ce contexte délicat, le patron des Insoumis et prétendant assumé à Matignon n’a guère attendu pour réagir lui-même sur les réseaux sociaux. “J’apprends les accusations contre Taha Bouhafs”, écrit-il ce mercredi. Pour Jean-Luc Mélenchon, “la parole des femmes doit être entendue sérieusement” et il compte, pour cela, “sur la commission ad hoc de LFI pour établir la vérité.”

Ligne de crête

Et le troisième homme de la présidentielle d’ajouter: “Cela n’exempte pas les racistes qui l’ont harcelé.” Un mot d’ordre que l’on retrouve ici et là sur les réseaux sociaux, quelques heures après les révélations de Mediapart et BFMTV, en partie confirmées par le “comité de suivi” interne à LFI.

Car c’est bien là tout l’enjeu qui transparaît de cette salve d’explications: dénoncer les faits présumés de violences sexuelles, clairement, sans pour autant se dédire sur la vague d’attaques, “racistes” disent certains, dont Taha Bouhafs a été victime. “Cette affaire n’enlève en rien à la réalité des violences racistes subies par Taha Bouhafs”, affirme par exemple Caroline De Hass, la militante féministe, dans l’enquête de Mediapart.

Une phrase reprise sur les réseaux sociaux par la candidate de la NUPES à Boulogne-Billancourt, Pauline Rapilly Ferniot. Dans ce même esprit, Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine et candidate à sa réélection, n’hésite pas à s’en prendre à ceux qui seraient tentés “d’instrumentaliser les souffrances de ces femmes”.

“Notre antiracisme reste aussi intact que notre combat contre la domination masculine”, écrit-elle après avoir apporté son soutien à “toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles”. Sur un fil.

A voir également sur Le HuffPost: Les candidats LREM visés par la justice bien peu inquiétés dans leur parti

  • Hu chevron_right

    Dans “Un si long silence”, le parcours de Sarah Abitbol, à l'origine du #Metoo dans le sport

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 16:00 · 7 minutes

France 2 retrace le parcours de Sarah Abitbol, à l'origine du <a class=#Metoo dans le sport" src="https://img.huffingtonpost.com/asset/627a5d371e000052c71b456b.jpeg?ops=scalefit_630_noupscale" /> France 2 retrace le parcours de Sarah Abitbol, à l'origine du #Metoo dans le sport

METOO - On ne saura jamais jusqu’où la carrière de Sarah Abitbol aurait pu aller, si elle n’avait pas été brisée. Mais une chose est sûre: la plus belle victoire de la championne de patinage artistique, c’est d’avoir réussi à briser le silence. Un acte qui vaut bien une “médaille d’or olympique”, selon ses propres mots.

La patineuse, qui accuse son entraîneur de viol entre ses 15 et 17 ans , a tu son histoire pendant trente ans. Un traumatisme qu’elle a tenté d’enfouir, par honte et paralysie, dans les tréfonds de son cerveau. Mais son corps et son esprit, marqués au fer rouge, finiront par la sortir de son amnésie traumatique .

C’est ce parcours difficile vers la libération de la parole que retrace le documentaire Un si long silence , diffusé sur France 2 mercredi 11 mai dans le cadre d’une soirée spéciale intitulée: “Sport et violences sexuelles: la fin du silence?”.

“Glisser et être libre”

Le film commence alors que Sarah Abitbol est encore enfant. Petite, elle ne tient pas en place. Elle saute, danse, bouge. À trois ans, elle chausse des patins et s’élance sur la glace. Elle n’a pas peur. Elle tombe amoureuse de ce sport, de cette sensation de glisser et “d’être libre”.

Dès l’âge de 5 ans, elle s’entraîne intensément et possède toutes les “qualités” pour devenir une grande patineuse. Elle est soutenue par ses parents et son père, qui la filme avec une caméra VHS depuis les gradins de la patinoire. Elle regarde son idole, la championne olympique allemande Katarina Witt, à la télévision. “Un jour, ce sera toi la championne”, lui dit son père.

Elle gagne toutes les compétitions départementales et régionales. Quand elle a 12 ans, la famille déménage à Paris pour lui permettre d’intégrer un club prestigieux. “Une Sarah, il y en a une tous les 30 ans. Si elle veut réussir, il faut qu’elle parte”, dit-on à ses parents. Le club des Français Volants la repère. Et plus particulièrement Gilles Beyer, le coach des athlètes de haut niveau.

Le rêve qui s’écroule

Sarah Abitbol intègre le club situé au Palais Omnisports de Bercy, à Paris, en 1987. La famille s’organise et fait des sacrifices pour lui permettre de réaliser son rêve. Un rêve qui durera deux ans, durant lesquels Sarah Abitbol s’entraîne dur, aux côtés d’un jeune entraîneur, Jean-Christophe Simond.

Elle atteint très vite le “double axel” et gagne ses premières compétitions à Paris. Aux championnats de France espoirs, à 14 ans, elle gagne la médaille de bronze. Après cette victoire, son rêve s’écroule: son entraîneur est obligé de quitter son poste pour partir entraîner des débutants.

Gilles Beyer, l’entraîneur star, propose alors de reprendre l’entraînement de Sarah Abitbol. Ses parents acceptent. “C’est le boss, tout le monde lui fait confiance et l’écoute, je le vénérais”, se souvient sa mère. C’est le début du cauchemar pour la jeune fille.

C’est lors d’un stage d’été intensif à Bercy que les sévices commencent. Sarah Abitbol a 15 ans. Elle raconte qu’elle sera violée par son entraîneur pendant deux ans. “Tout cela est un secret, cela doit rester entre nous, Sarah”, lui glisse-t-il. Elle se tait. ”À aucun moment, je n’ai l’idée et l’envie d’en parler”, se souvient-elle trente ans plus tard, par “honte”.

Pour crier son désespoir, elle choisit de patiner, à la fin de cet été, seule sur la glace, sur le titre “Sacrifice” d’Elton John. “Même si personne ne comprenait, moi je comprenais”, se rappelle-t-elle.

Le corps qui lâche

Sur la glace, son corps commence à donner des signes de détresse. Elle tombe beaucoup, “perd sa technique, tape du pied, ce n’est plus Sarah”, note sa mère. Mais sa famille ne s’inquiète pas pour autant. Ses parents sont même honorés que Gilles Beyer la garde plus tard le soir, pour “l’entraîner”.

Elle raconte qu’il la viole systématiquement et la dépose ensuite chez elle, “comme si de rien n’était.” Pour la jeune fille, c’est “impensable” d’en parler. Elle ne progresse plus, n’a plus l’âme de patiner. “Il y a quelque chose de cassé dans mon corps et dans mon âme, que personne ne détecte”, se souvient-elle.

La rencontre du patineur Stéphane Bernadis, lorsqu’elle a 17 ans, sera une bouée de sauvetage, du moins temporaire. Elle intègre alors l’entraînement des couples, que ne supervise pas Gilles Beyer. Elle se sent protégée par ce duo, qui naît sur la glace et deviendra aussi un couple dans la vie privée. Ses deux années de calvaires sont “oubliées” par son cerveau.

Une courte parenthèse

Sur la glace, elle fait à nouveau des étincelles. Le couple sera dix fois champion de France, vice-champion d’Europe et médaille de bronze aux Championnats du monde. Dans les années 1990, la glace et les paillettes font rêver la France entière et les compétitions sont diffusées en prime time sur les chaînes nationales.

Une semaine avant les Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002, Sarah Abitbol se blesse durant l’entraînement. Une rupture au tendon d’Achille les contraint à déclarer forfait pour les Jeux olympiques. Si le couple redevient champion d’Europe la même année, ce drame signale la fin de ce que Sarah Abitbol peut endurer.

“Je m’aperçois qu’il y a quelque chose brisé, que cette espèce de flamme qui l’animait tout le temps n’est plus présente”, se souvient son premier entraîneur Jean-Christophe Simond, revenu à ses côtés. Sarah Abitbol décidera, après dix ans de carrière aux côtés de Stéphane Bernadis, d’arrêter la compétition. Ce sera aussi la fin de leur couple dans l’intimité.

La fin de l’amnésie traumatique

Le couple devient la vedette du show sur glace “ Holiday on Ice” . Mais elle ne va pas bien, est sous antidépresseurs, a perdu beaucoup de poids. Son corps n’y arrive plus. Et comme elle n’a aucun souvenir des viols et agressions sexuelles qu’elle a subis, elle ne comprend pas ce qui lui arrive.

Il faudra attendre des années pour que ses souvenirs remontent par flashs. Tout revient d’un coup. Elle raconte tout à ses parents, mais ne se sent pas capable, n’est pas prête à porter plainte. Elle en parle aux responsables de la fédération de patinage, dont elle n’obtient pas de soutien.

En 2020, elle trouve au plus profond d’elle-même le courage de briser la glace et de se livrer sur les agressions qu’elle a subies dans l’ouvrage Un si long silence (Plon), co-écrit avec la journaliste Emmanuelle Anizon. C’est le témoignage de Flavie Flament, violée à 13 ans, qui l’a poussée à parler.

Lors de son enquête, la journaliste découvre que Sarah Abitbol n’est pas un cas isolé. Malgré les bruits qui courent, les voix des victimes sont étouffées, bâillonnées par un système qui se protège. C’est le règne de l’omerta. Le témoignage de Sarah Abitbol sera un cataclysme.

Les autres témoignages de victimes ne tardent pas à affluer . D’autres entraîneurs font l’objet d’enquêtes. Même s’il y a souvent prescription, Sarah Abitbol a ouvert la voie vers la libération de la parole.

Un si long silence , un film d’Emmanuelle Anizon et Rémy Burkel, est diffusé ce mercredi 11 mai 2022 sur France 2, à 21h10.

À voir également sur Le HuffPost : “Combien vaut une petite fille”, le témoignage poignant de Simone Biles au Congrès dans l’affaire Nassar

  • Hu chevron_right

    Affaire PPDA: comment Mediapart a convaincu les victimes présumées de témoigner

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 10 May - 13:01 · 4 minutes

La journaliste Valentine Oberti a travaillé avec Marie Turchi et Mathieu Magnaudeix pour organiser cette émission spéciale. La journaliste Valentine Oberti a travaillé avec Marie Turchi et Mathieu Magnaudeix pour organiser cette émission spéciale.

MÉDIAS - Elles ne se connaissent pas, sont issues de milieux sociaux différents et se retrouvent pour la première fois sur un plateau pour prendre publiquement la parole. 20 femmes ont accepté de témoigner - dont 18 à visage découvert- afin de dénoncer des faits de harcèlement, agressions sexuelles ou de viols qu’aurait commis l’ex-vedette du 20h de TF1, Patrick Poivre d’Arvor.

Ces victimes présumées témoignent sur la chaîne Youtube de Mediapart ce mardi à 19h dans une émission spéciale de près de 2h30. La journaliste Valentine Oberti a travaillé avec Marie Turchi, Mathieu Magnaudeix pour organiser cette émission. Elle en raconte au HuffPost les coulisses.

Le HuffPost: Pourquoi ces 20 femmes ont décidé de témoigner à visage découvert maintenant?

Ce qui a déclenché l’idée de cette émission, c’est l’annonce de la plainte en dénonciation calomnieuse de Patrick Poivre d’Arvor contre 16 femmes, qui est intervenue au moment de la diffusion du Complément d’Enquête de France 2 (“PPDA, la chute d’un intouchable”, diffusé le 28 avril dernier, NDLR).

On a repris contact avec certaines d’entre elles à ce moment-là. Cela faisait déjà un moment que nous dialoguons avec elles pour une émission. Et cette plainte a déclenché chez elles l’envie de prendre la parole. Comme l’interview de PPDA à Quotidien le 3 mars 2021 avait déclenché l’envie de sortir de l’anonymat pour lui répondre dans Libération , en novembre dernier.

Comment avez-vous convaincu ces femmes de témoigner à visage découvert?

Dans le groupe, certaines coordonnent les discussions avec les journalistes. Nous nous sommes adressés d’abord à elles puis nous avons appelé chacune des femmes pour les pré-interviewer, comme nous le ferions pour n’importe quelle émission. Trois journalistes, Marie Turchi, Mathieu Magnaudeix et moi-même, ont été mobilisés pendant environ 15 jours pour organiser l’émission.

Si ces femmes ont accepté de témoigner, c’est aussi parce que le travail de Mediapart sur les violences sexistes et sexuelles depuis de nombreuses années plaide en notre faveur et installe un climat de confiance. Quand on se dit victime de violences sexuelles et qu’on vient à Mediapart on sait qu’on échappera aux stéréotypes sur le sujet, aux propos sur la culture du viol et on aura en face des journalistes qui sont habitués à traiter ces sujets. Ce qui n’empêche évidemment pas de faire un travail contradictoire et journalistique en rappelant systématiquement la version de PPDA.

Racontez-nous comment s’est déroulé le tournage de cette émission?

Nous avons enregistré l’émission dans nos bureaux à Paris le lundi 9 mai dans les conditions du direct. Avant le tournage il y avait un niveau d’anxiété très différent entre ces femmes. Certaines sont journalistes et ont déjà parlé, d’autres non.

L’émission dure plus de deux heures, il a fallu faire quelques pauses techniques car ça n’a pas été simple pour ces femmes de parler. Certaines sont submergées par l’émotion au moment de raconter ce qui leur est arrivé. Mais il y avait chez elles une détermination à parler. Aucune ne regrette d’être venue et toutes étaient déterminées à participer à l’émission pour afficher leur “force collective”.

Ces témoignages ont déjà été recueillis par la justice. Pourquoi est-ce important qu’ils soient publics?

Il y a plusieurs enquêtes judiciaires en cours, mais une grande partie des faits sont prescrits et témoigner publiquement pour faire entendre leur vérité, c’est la seule chose qui leur reste.

C’est aussi la dureté de cette situation de violences sexuelles, ou c’est toujours aux victimes présumées qu’on en demande plus. Quand on ne parle pas, ça ne va pas. Quand on parle, on se fait traiter de menteuse. Quand on parle publiquement, c’est parce qu’on est en manque de notoriété.

Le tournage de l'émission spéciale avec les victimes présumées de PPDA, dans les locaux de Mediapart le 9 mai à Paris. Le tournage de l'émission spéciale avec les victimes présumées de PPDA, dans les locaux de Mediapart le 9 mai à Paris.

Comment a réagi le “clan PPDA” à l’annonce du tournage de cette émission?

Nous avons formulé une proposition d’entretien à PPDA, dans les mêmes conditions que pour ces femmes, enregistré en plateau. Ce qu’il a décliné. Nous avons eu quelques échanges nourris avec son avocat, ce qui nous a permis de répondre à quelques questions pour préciser sa version et donner quelques détails sur sa plainte en dénonciation calomnieuse mais ça s’est arrêté là.

Notre émission a été construite de manière contradictoire, avec les propos qu’il a tenus dans l’unique interview accordée à Quotidien en mars 2021. Nous citons les propos car Quotidien ne nous a pas permis de diffuser ces images que nous souhaitions pourtant acheter pour l’émission.

À voir également sur Le HuffPost: #MeTooPolitique: pourquoi la parole peine à se libérer

  • Hu chevron_right

    "Mediapart" va diffuser les témoignages de 20 femmes accusant PPDA de violences sexuelles

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 10 May - 04:00 · 2 minutes

Les 20 femmes qui ont témoigné contre Patrick Poivre d'Arvor réunies sur le plateau de Les 20 femmes qui ont témoigné contre Patrick Poivre d'Arvor réunies sur le plateau de "Mediapart".

PPDA - Patrick Poivre d’Arvor a beau être en retrait de la vie des médias, “l’affaire PPDA” bat de nouveau son plein depuis le 28 avril avec le dépôt d’ une nouvelle plainte le visant pour un viol présumé il y a 27 ans , et la diffusion d’un Complément d’enquête sur France 2 comportant plusieurs témoignages l’accablant .

Un peu moins de deux semaines plus tard, ce mardi 10 mai, l’affaire va prendre un tournant médiatique important avec, pour la première fois, la prise de parole à visage découvert de 20 femmes qui ont témoigné dans l’enquête judiciaire contre l’ancien présentateur vedette de TF1 .

Celles-ci ont été réunies par Mediapart et s’exprimeront sur un plateau dans la rédaction du média d’investigation. L’émission, déjà tournée, sera diffusée à partir de 19h ce mardi sur le site de Mediapart .

“C’est un événement exceptionnel. Jamais les femmes dont vous allez entendre les récits n’avaient été réunies dans un seul et même plateau, dans une même émission. La plupart ne se connaissaient pas avant le début de l’affaire, certaines se rencontrent pour la première fois aujourd’hui”, annonce la journaliste Valentine Oberti en introduction d’ un extrait diffusé en avant-première par Mediapart ( voir la vidéo ci-dessous ), dans lequel chacune des 20 femmes se présentent et partagent un bref énoncé des faits accusant Patrick Poivre d’Arvor.

Selon Mediapart , ces femmes ont entre 28 et 63 ans, sont “journalistes, autrices, mais aussi employées de magasin, enseignante, conseillère aux entreprises, bibliothécaire”. Parmi elles, “certaines témoignent pour la première fois à visage découvert”, pour des faits remontant aux années 1980 ou à quelques années.

Le 26 avril, Patrick Poivre d’Arvor avait lui porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre 16 femmes ayant porté plainte contre lui pour violences sexuelles ou encore harcèlement sexuel.

À ses yeux, les 16 accusatrices sont des femmes ”éconduites ou ignorées”, nourrissant une “amertume qui les conduit à commettre, par vengeance tardive, le délit de dénonciation calomnieuse”.

À voir également sur Le HuffPost : Ces manifestantes #NousToutes font le bilan de la “grande cause du quinquennat” de Macron

  • Hu chevron_right

    Contre les violences sexistes et sexuelles, elles lancent un événement sur Twitch

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 29 April - 15:19 · 5 minutes

L L'événement caritatif "Et Ta Cause" est entièrement dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Sa deuxième édition a lieu ce week-end, du 29 avril au 1er mai 2022.

VIOLENCES SEXUELLES - “Avec tout ce qu’on voit quotidiennement, les féminicides, les agressions, c’est devenu une évidence pour moi de choisir cette cause-là”. Ce vendredi 29 avril, à 17 heures, a débuté la deuxième édition de l’événement caritatif “Et Ta Cause” sur Twitch , dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles . C’est la streameuse Lixiviatio qui en est à l’origine.

Après une première édition en novembre 2021 au profit de la Fondation des Femmes, elle a choisi de se tourner cette fois-ci vers l’association En Avant Toutes , à l’initiative d’un tchat pour aider les jeunes femmes et les personnes LGBTQ+ en situation de violences. Coorganisé avec la streameuse Neivee pour cette deuxième édition, l’événement se poursuit jusqu’au dimanche 1er mai, 22 heures.

Pour les organisatrices, il s’agit d’un moyen essentiel pour récolter des fonds contre les violences sexistes et sexuelles mais aussi “de mettre en avant les femmes sur Internet”, et notamment sur Twitch . Rencontre avec Lixiviatio et Neivee, présentes respectivement depuis un et deux ans sur le réseau social.

“C’est un gros mot de se dire féministe sur Twitch”

À l’origine, “Et Ta Cause” ne devait pas être un événement uniquement dédié à cette cause. Mais, face aux violences subies quotidiennement par les femmes et les minorités de genre , elle s’est imposée comme une évidence pour les deux streameuses. “On avait envie de continuer à défendre ça en tant que féministes”, souligne en effet Neivee. Lixiviatio ajoute: “C’est une cause importante et trop peu défendue, notamment sur Twitch”.

“C’est encore un gros mot de dire qu’on est féministes sur Twitch”, poursuit la streameuse, “parce qu’il y a beaucoup d’hommes”. “Si on est une femme qui a tendance à affirmer ses opinions et à dire ce qu’elle pense, souvent ça pose problème, ce n’est pas intéressant. On voit bien qu’il y a des femmes sur Twitch qui percent mais qui ne proposent pas des opinions marquées, parce que si elles le font, elles vont perdre énormément de visibilité”, complète Neivee.

Elle ajoute: “Ce n’est pas qu’il y a moins de femmes. C’est juste qu’elles ne sont pas mises en avant par rapport aux hommes. Souvent, on entend dire aussi qu’on aurait plus de facilité à réussir parce qu’on est une femme, qu’on ferait plus de vues parce qu’on intéresse les gars mais en fait pas du tout”.

Commentaires déplacés

Au contraire, avoir une page Twitch lorsqu’on est une femme est souvent synonyme de commentaires déplacés , voire de harcèlement sexuel. “À partir du moment où on s’expose sur Internet en tant que femme, on s’expose à beaucoup plus de violences, beaucoup plus d’insultes, de remarques désobligeantes par rapport aux hommes”, souligne Neivee. Si les deux streameuses n’en sont pas victimes au quotidien, Lixiviatio met en avant qu’“on sait que ça va arriver, on ne sait pas quand, mais on sait que ça va arriver”. “Il suffit que ça arrive une fois pour qu’on fasse une fixette dessus”, ajoute-t-elle.

Pour les deux streameuses, les moyens mis en place par Twitch ne suffisent pas à lutter contre le sexisme présent sur le réseau social. “Twitch a essayé de mettre des trucs en place, il y a eu des mises en avant de streameuses mais ce sont toujours les mêmes et ce sont les plus lisses. Ils ont essayé aussi de mettre davantage de modérations ou d’outils pour notre sécurité mais dans les faits on se fait toujours insulter”, estime Lixiviatio. Cette dernière précise néanmoins qu’il y a également “beaucoup de streameuses militantes [...], qui partagent les mêmes valeurs que nous” sur la plateforme.

Un événement caritatif avec de nouveaux visages

ZEvent , Battle4, SpeeDons, Sidaction: les événements caritatifs se multiplient sur Twitch et gagnent, de plus en plus, des montants conséquents. En novembre 2021, le ZEvent, marathon caritatif autour du streaming et des jeux vidéo, avait ainsi récolté plus de 10 millions d’euros pour Action contre la faim. La communauté Twitch est en effet de plus en plus ciblée par les associations pour son public, réputé solidaire et généreux.

Ce week-end, Neivee et Lixiviatio proposent, elles, un événement caritatif quelque peu alternatif. “Pour beaucoup de ces événements, ils sont réalisés par des hommes. Nous, notre événement se veut majoritairement féminin, et c’est important que ça le soit et que ça le reste”, appuie Neivee. Lixiviatio complète: ”ça sera par des personnes concernées pour des personnes concernées. On a voulu un événement inclusif, avec des femmes, des minorités de genre”. Les streamers participants sont en effet en majorité des femmes.

Tout au long du week-end, des lives, des jeux vidéo mais aussi des quizz et des tables rondes féministes ou LGBTQ+ se succéderont pour accompagner les dons. L’association En Avant Toutes sera par ailleurs l’invitée de “Et Ta Cause” ce vendredi 29 avril, à 20 heures. La prochaine étape pour les deux amatrices de stream? “Réaliser la prochaine édition en Lan, c’est-à-dire tous ensemble, dans la même pièce, à l’image du ZEvent”, s’exclame Lixiviatio, enjouée .

À voir également sur Le HuffPost: “Sur Twitch, cette course cycliste virtuelle (mais physique) cartonne”

  • Hu chevron_right

    Porter plainte en ligne: ce site permet d'éviter d'aller au commissariat

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 26 April - 14:54 · 7 minutes

Inspirés par l’initiative <a class=#DoublePeine, un hashtag créé en septembre 2021 par des victimes de viols qui dénoncent alors la mauvaise prise en charge en commissariat, trois étudiants et deux jeunes actifs viennent donc de lancer le site “Dépose ta plainte”." src="https://img.huffingtonpost.com/asset/6267f6ac1e0000029a1b3617.jpeg?cache=fOmfP3bBM9&ops=crop_95_95_4227_2837%2Cscalefit_630_noupscale" /> Inspirés par l’initiative #DoublePeine, un hashtag créé en septembre 2021 par des victimes de viols qui dénoncent alors la mauvaise prise en charge en commissariat, trois étudiants et deux jeunes actifs viennent donc de lancer le site “Dépose ta plainte” .

VIOLENCES - “C’est une anomalie que l’on existe, soutient Charles Culioli. On aimerait bien fermer demain et que l’État développe sa propre plateforme.” Avec quatre autres “justiciables”, il a créé un site Internet permettant de déposer une plainte en ligne, ce que l’État n’a toujours pas mis en place .

Inspirés par l’initiative #DoublePeine , un hashtag créé en septembre 2021 par des victimes de viols qui dénoncent alors la mauvaise prise en charge en commissariat, trois étudiants et deux jeunes actifs viennent donc de lancer le site “Dépose ta plainte” .

“Un vrai problème d’accès au droit”

“Il y a un vrai problème d’accès au droit en France du fait de l’interface que représentent les commissariats pour beaucoup de gens”, estime Charles Culioli, étudiant en droit à Sciences Po à l’initiative du projet, qui s’adresse à toutes les victimes dans l’incapacité, physique ou psychologique, de se rendre dans un commissariat pour porter plainte.

En mai 2021, les résultats de l’enquête effectuée par #NousToutes , intitulée "#PrendsMaPlainte”, étaient éloquents: 66% des répondantes y faisaient état d’une “mauvaise prise en charge par les forces de l’ordre” lorsqu’elles avaient voulu porter plainte pour des faits de violences sexuelles.

Parmi les raisons cette mauvaise prise en charge arrivait en tête la banalisation des faits, puis le refus de prendre la plainte ou le découragement de porter plainte, une culpabilisation de la victime et/ou des moqueries, propos sexistes ou discriminants.

Une aide à la mise en forme

“Dépose ta plainte”, en ligne depuis le 15 avril, propose d’aider les utilisateurs à qualifier leur plainte, à trouver le procureur compétent et va jusqu’à l’imprimer et la mettre sous pli, avec un affranchissement en recommandé.

L’initiative s’appuie sur l’alinéa 1er de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui permet au justiciable d’envoyer une plainte au procureur de la République compétent. Une procédure qui existe donc déjà et que chaque citoyen peut effectuer, mais qui n’est pas forcément connue du grand public.

“Ce n’est qu’une aide à la mise en forme de la plainte, qui pourrait aussi bien être rédigée par la prétendue victime seule, pour l’aiguiller sur les informations nécessaires et leur articulation pour les adresser au procureur”, note Agathe Wehbe, avocate à la Cour au sein du cabinet Mulon Associés.

Mais elle a un avantage non négligeable, selon la professionnelle: “la rapidité” qui “contourne les tergiversations et hésitations nombreuses dans la démarche des victimes”, qui les conduisent souvent à renoncer à porter plainte.

Serveurs et algorithmes

Sur la plateforme, un formulaire permet de savoir quoi écrire dans une plainte et comment la qualifier. “On a repris le modèle des PV de commissariat, avec une question générale et des questions plus particulières, décrit Charles Culioli. On ne fait pas de conseil juridique, mais cela permet déjà d’avoir une idée de ce que l’on doit indiquer dans une plainte.”

C’est l’un des bémols du dispositif, pour Agathe Wehbe. “Il n’y a aucun interlocuteur, ni structure, pour des personnes qui peuvent, du fait de ce qu’elles ont subi, se trouver dans un état de vulnérabilité”, souligne l’avocate.

Les créateurs de la plateforme n’ont pas accès aux plaintes et tout est automatisé. Un algorithme permet de trouver le procureur compétent. “Elles sont générées par nos serveurs et ensuite transmises à un prestataire qui les imprime, les met sous pli et les affranchit en lettre recommandée”, explique le cofondateur.

Pas d’évaluation par les UMJ

Autre limite: la plainte ainsi déposée ne comporte pas d’évaluation de l’état de santé physique et psychique par un médecin des Unités médico-judiciaires (UMJ), requises par les policiers rapidement.

“Or, il est essentiel que l’évaluation du retentissement physique intervienne le plus vite possible après les faits, rappelle Me Agathe Wehbe. L’absence d’évaluation des UMJ ou une évaluation tardive est toujours relevée en défense pour discuter la gravité des faits.”

Des critiques que reconnaît tout à fait Charles Culioli. “On est totalement conscients du fait que la plainte en ligne n’est pas suffisante, ce n’est qu’une solution partielle, pour certaines victimes, reconnaît Charles Culioli. La vraie problématique, c’est: est-ce que plus de 2,6% du PIB va être dédié à la justice ou non?”

Pour lui, l’objectif n’est pas tant de régler le problème de la plainte en ligne que de souligner l’absence de solution proposée par l’État. “C’est une anomalie qu’on existe, en fait, soutient-il. On aimerait bien fermer demain et que l’État développe sa propre plateforme. On est cinq jeunes, on l’a fait en neuf mois, ce n’est pas normal que l’État ne l’ait toujours pas fait.”

Déjà évoquée dans la loi de programmation 2018-2022, la possibilité de porter plainte en ligne a été promise pour 2023 par le président de la République à l’issue du Beauvau de la sécurité en septembre dernier.

20€ par plainte déposée

La plateforme fait payer 20€ par plainte déposée, “quel que soit le volume de la plainte”. “Nous sommes une SAS pour des raisons administratives, mais nous ne sommes pas rémunérés, explique Charles Culioli. Nous ne faisons aucun bénéfice et tout ce qui est généré est reversé aux associations Stop Fisha et Sos Homophobie.”

Il existe d’autres plateformes de dépôt de plainte en ligne, depuis plusieurs années, qui proposent aussi de s’appuyer sur l’article 40. “Souvent, ils sont gérés par des avocats, ce que nous ne sommes pas, oppose Charles Culioli. Le fait que nous ayons décidé de ne pas faire de bénéfices nous différencie aussi.”

Les trois étudiants et deux jeunes actifs sont soutenus par un comité éthique composé de professionnels du droit, d’acteurs du monde associatif et de la société civile.

Racisme, haine en ligne et violences policières

“Dépose ta plainte” ne s’adresse pas qu’aux victimes de violences sexistes et sexuelles: racisme, haine en ligne, violences policières... Autant d’actes qui sont souvent non suivis d’une plainte.

“Pour les victimes de violences policières, il y a l’IGPN, mais il est évident qu’il est difficile d’aller porter plainte contre la police en se rendant dans un commissariat”, soutient Charles Culioli.

En juillet 2021, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), dans son rapport annuel sur l’”état des lieux” du racisme en France , dévoilait ce “chiffre noir”: seules 2% des victimes d’actes racistes porteraient plainte, faute de pouvoir prouver les faits, mais également par leur “peur de l’accueil” au commissariat ou à la gendarmerie.

“Une solution temporaire”

Le site s’adresse aussi aux victimes de haine en ligne, qui peuvent hésiter à aller porter plainte au commissariat. Il propose notamment des “constats d’huissier sans huissier”, grâce à une collaboration avec autre prestataire, EasyConstat.

“Pour porter plainte pour haine en ligne, il faut un constat d’huissier, ce qui souvent représente une vraie barrière pour les victimes, dénonce Charles Culioli. Une capture d’écran est dénuée de valeur aux yeux d’un juge et un constat d’huissier coûte plusieurs centaines d’euros.”

Si la plateforme ne propose donc rien de “neuf” côté juridique, elle met le doigt sur un dysfonctionnement systémique dans l’accueil des plaignants dans les commissariats, dont l’État doit s’emparer.

“Qui plus est à une période où la parole commence à se libérer sur les violences, notamment intrafamiliales, souligne Agathe Wehbe. Elle constitue une solution temporaire et pour les services publics une invitation clairement affichée à prendre part au problème et à le régler.”

À voir également sur Le HuffPost : Victime de “revenge porn”, la fille de Zara a mis fin à ses jours

  • Hu chevron_right

    Cinéma: Une affaire d'agression sexuelle au sein du collectif 50/50

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 26 April - 13:34 · 2 minutes

En 2018, c En 2018, c'est notamment à l'initiative du Collectif 50/50, qui vise à atteindre la parité dans le milieu du cinéma, que 82 femmes avaient monté ensemble les marches du festival de Cannes. En ce mois d'avril 2022, ce collectif est touché par une affaire de violences sexuelles.

VIOLENCES SEXUELLES - C’est une affaire qui fait du bruit dans le cinéma français. Une administratrice du collectif féministe 50/50 , qui milite pour l’égalité, la parité et la diversité dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle, sera jugée le 14 septembre au tribunal de Paris après des accusations d’agression sexuelle, a-t-on appris ce mardi 26 avril de source judiciaire, confirmant des informations de Libération et du Point notamment.

Cette femme, visée par une plainte déposée en mars, fait l’objet d’une convocation par procès-verbal.

Lors d’une assemblée générale extraordinaire samedi, six administratrices du Collectif 50/50 ont démissionné “en raison de ce contexte particulier qui a provoqué une très vive tension”, a annoncé ce dernier.

La mise en cause conteste

Dans la lettre interne diffusée aux 900 membres du collectif, le conseil d’administration indique qu’un dîner a été organisé le 11 mars au domicile d’un administrateur, réunissant une vingtaine de personnes.

“À l’issue de ce dîner, une plainte pour agression sexuelle a été déposée par une invitée, à l’encontre d’une administratrice du collectif. (...) À ce stade, la plaignante ne souhaite pas s’exprimer publiquement, et la personne mise en cause conteste fermement les faits”, ajoute le conseil d’administration.

“Le collectif a toujours lutté contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels. (...) Les faits exceptionnels que nous connaissons doivent de la même manière être traités avec attention, engagement et discernement, avec transparence, et dans le respect des valeurs qui constituent l’ADN du collectif”, indique le conseil d’administration.

Un collectif moteur pour le cinéma français

L’administratrice mise en cause a été mise en retrait immédiatement et suspendue de toutes ses activités au sein du collectif.

Selon un procès-verbal dont l’AFP a eu copie, l’administratrice visée par les accusations a été entendue par la police et était “en état d’ivresse manifeste” au moment des faits, d’après plusieurs témoins. Dans un SMS le lendemain, elle a présenté des excuses à la plaignante.

Créé en 2018 dans le cadre du mouvement international de libération de la parole “ MeToo ”, le Collectif 50/50 réunit un millier de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. Ses premières actions de sensibilisation en faveur de la parité et de la diversité ont été menées au Festival de Cannes .

Il a participé notamment aux chartes de parité adoptées par plusieurs festivals de cinéma.

À voir également sur le HuffPost : Lambert Wilson s’en prend aux détracteurs de Polanski dont Foresti et Haenel