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    Abad, Darmanin... La colère féministe dans la rue contre le "gouvernement de la honte"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 05:23 · 2 minutes

POLITIQUE - “J’ai l’impression qu’on se fout de nous”. Mardi 24 mai, quelques centaines de personnes ont manifesté à Paris pour dénoncer la nomination de Damien Abad et la reconduite de Gérald Darmanin au sein du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne , malgré des accusations de violences sexuelles à l’encontre de ces deux ministres issus de la droite.

Le nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et du Handicap est sur la corde raide depuis la révélation, par Mediapart, de deux témoignages l’accusant de viol . Quant à lui, le ministre de l’Intérieur est toujours officiellement visé par une plainte pour viol, même si un non-lieu a été requis par le parquet de Paris en janvier dernier .

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article , ces nominations sont, une fois de plus, une preuve de l’hypocrisie du gouvernement et d’Emmanuel Macron, qui avait précédemment fait de l’égalité hommes-femmes la “grande cause du quinquennat” .

Qu'est-ce qu'on envoie comme signaux aux femmes, aux petites filles? Ça me déprime, ça me révolte. Claire, manifestante

Pour Gérald Darmanin comme pour Damien Abad, le gouvernement fait valoir l’absence de condamnation de justice . Lors de son premier compte rendu du conseil des ministres, lundi 23 mai, la nouvelle porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a promis une “tolérance zéro pour les délinquants sexuels”, tout en ajoutant que “la justice est la seule à devoir ou à pouvoir trancher” en la matière.

Un argument battu en brèches par les associations féministes et les manifestantes au micro du HuffPost . “Il n’y a pas de droit à être féministe. Par contre, il y a un droit à ne pas être violée. Ça se fait de dire: ‘Je n’ai rien fait, c’est une injustice, mais je ne reste pas à ce poste, parce que ça remet en cause la parole des femmes’”, explique Floriane. Sur les dépôts de plainte en matière de violences sexuelles, “il y a peu d’instructions ouvertes et de violeurs condamnés”, ajoute Marion, qui considère que, “le temps que la justice se fasse, un accusé ne doit pas être à l’exécutif”.

À voir également sur Le HuffPost : Sur le cas Abad, le gouvernement a bien bossé ses éléments de langage

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    Harcèlement sexuel: la moitié des étudiantes en pharmacies victimes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 2 February - 11:47 · 3 minutes

La moitié des étudiantes en pharmacie ont subi du harcèlement sexuel, selon une étude de l

VIOLENCES SEXISTES - “Affligeant et déplorable”. Voici le constat de l’Association nationale des étudiants en pharmacie (Anepf) qui présentait ce mercredi 2 février une enquête sur les violences sexistes chez les étudiants en phamarcie. Résultat: la moitié des futures pharmaciennes font état de harcèlement sexuel et un quart disent avoir subi une agression sexuelle dans le cadre de leurs études.

L’enquête, menée entre novembre et décembre 2021 auprès de 2.103 étudiants en pharmacie jette une lumière crue sur une filière imprégnée par les violences sexistes et sexuelles -qui touchent sans surprise deux fois plus les femmes que les hommes. Lors d’une conférence de presse, le président de l’Anepf, Numan Bahroun, a affirmé sa “volonté de briser l’omerta”.

Plus d’une sur deux (55,4%) a ainsi déjà fait l’objet de remarques sexistes, de la part d’autres étudiants (89%) mais aussi de professeurs (30,3%), par exemple sur la place des femmes “dans la cuisine”, le recours à la pilule du lendemain ou à l’avortement. Les hommes sont deux fois moins nombreux à être victime d’outrage sexiste, selon l’enquête (28,6%).

Du harcèlement de la part des professionnels

Près de la moitié des étudiantes (48,4%, contre 18,5% des hommes) rapportent également des faits de harcèlement, souvent par d’autres potards mais aussi de la part d’enseignants, certains témoignages évoquant l’envoi de “messages déplacés” ou des “caresses sur les cheveux” pendant les cours. Encore une fois, ces faits sont à 91% du fait d’autres étudiants.

Un climat vicié, propice au passage à l’acte: plus d’une sur quatre (27%) a subi des agressions sexuelles, principalement lors de soirées étudiantes.

“Cette banalisation des actes entre étudiants a été une surprise”, a souligné Théo Vitrolles, porte-parole de l’Anepf, étonné aussi de retrouver un tiers d’étudiantes harcelées dans les officines, où “on ne s’attendait honnêtement pas à retrouver ce genre de violences”.

Pas de stupéfaction en revanche à l’hôpital , où les résultats “choquants” (28% d’étudiantes harcelées) font écho aux conclusion “similaires” d’une enquête réalisée début 2020 par l’association des étudiants en médecine (Anemf). Dans ce cas, 37% des actes répréhensibles sont commis par les médecins eux-mêmes.

50% des agressions sexuelles perpétrées par les supérieurs

En officine, 34,8% de femmes ont dit être victimes de harcèlement, dans 80% de la part des patients, mais aussi souvent de la part du personnels (37,1%). Plus graves, les agressions sexuelles sont à l’hôpital comme à l’officine dans plus de 50% des cas perpétrés par les supérieurs hiérarchiques.

Ces résultats confirment que “ces violences sont plus répandues dans le milieu de la santé que dans les autres filières universitaires”, a ajouté Théo Vitrolles, expliquant cette différence par le poids des “traditions” et un “effet de mimétisme” favorisé par un apprentissage “en vase clos”.

Pour mettre fin à ces comportements, l’association demande notamment une meilleure formation des étudiants, des personnels administratifs et pédagogiques, et des maîtres de stages, et “s’engage à travailler sur un dispositif de signalement en temps réel pour les situations graves lors des stages”.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi l’attaque du capitole a poussé AOC à révéler son agression sexuelle

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    Dans "Kiffe ta race", Rokhaya Diallo et Grace Ly montrent comment le racisme affecte les relations intimes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 15 January - 08:00 · 5 minutes

“Quand on parle de racisme, on a souvent l’impression qu’il s’agit de quelque chose de forcément violent, que c’est une agression physique”, déclare l’écrivaine Grace Ly, co-animatrice du podcast, contactée par<i> Le HuffPost</i>. “Mais on oublie la dimension symbolique du racisme et les formes qu’il peut prendre dans les relations de couple”, poursuit-elle.

RACISME - “Tu es belle pour une noire”, “J’aime les femmes exotiques”. Ces remarques vous disent quelque chose? Elles sont des exemples de ce qu’on appelle la “ fétichisation sexuelle ”, qui représente un ensemble d’idées reçues sur les personnes non blanches. Et c’est une thématique que l’on retrouve dans la livre Kiffe ta race , de Rokhaya Diallo et Grace Ly, paru le jeudi 13 janvier aux éditions First et Binge Audio.

Sur les plateaux télé, à la radio, ou encore sur les réseaux sociaux, les deux militantes font de la lutte antiraciste leur cheval de bataille. C’est leur podcast de référence qui vient de se décliner en un livre du même nom. À travers les nombreuses informations et analyses sociologiques proposées dans cet ouvrage, on retrouve la thématique très intime de la “fétichisation sexuelle”.

“Quand on parle de racisme, on a souvent l’impression qu’il s’agit de quelque chose de forcément violent, que c’est une agression physique”, déclare l’écrivaine Grace Ly, co-animatrice du podcast, contactée par Le HuffPost . “Mais on oublie la dimension symbolique du racisme et les formes qu’il peut prendre dans les relations de couple ”, poursuit-elle.

De fait, ces relations intimes peuvent être altérées par le racisme, qu’il s’agisse de la simple drague ou de l’acte sexuel. À commencer par les stéréotypes sexuels associés à certaines femmes, qui ont encore la vie dure.

Stéréotypes sexuels

Ainsi, “douces, dociles, souples” sont des caractéristiques sexuelles communément attribuées aux femmes asiatiques, selon Grace Ly. “On les retrouve dans les catégories pornographiques , ‘ asian ’ ou ‘ asiat ’, selon les sites. C’est très dégradant”, juge-t-elle. “Potentiellement, quand les hommes nous draguent, c’est ce qu’ils perçoivent.”

Dans le témoignage qu’elle livre dans l’ouvrage, Grace Ly explique ce que signifie le racisme pour elle, à travers les remarques qu’ont pu lui faire des hommes blancs. “J’ai beaucoup entendu dans ma vie personnelle: ‘je n’ai jamais été avec une Asiatique avant’. On le dit souvent comme si ce n’était rien. Pourtant, lorsque j’entends une phrase comme ça, j’ai l’impression d’appartenir à un groupe qui serait: ’les femmes Asiatiques . Et qui fait qu’on vous met dans une case et qu’on vous dit: ‘moi je n’ai jamais testé’, comme si on parlait d’une expérience. Et c’est ça, le racisme.”

Pour autant, les hommes non blancs ne sont pas non plus épargnés par ces stéréotypes et clichés. “Les hommes noirs seraient dotés d’un attribut sexuel surdimensionné. À l’inverse, l’homme est-asiatique serait peu viril”, analyse l’écrivaine. On a, encore aujourd’hui, un héritage de cette biologie raciste qui reste ancré dans nos mentalités”.

Dans le livre, Rokhaya Diallo et Grace Ly définissent cette “fétichisation sexuelle” comme étant le fait d’être attiré, non pas par une personne, mais par tous les clichés et stéréotypes “que convoque son appartenance raciale réelle ou supposée”.

“Un racisme ordinaire”

Cette fétichisation sexuelle se construit autour de “particularités fantasmées” comme “un trait de caractère, une forme du corps ou un savoir-faire culturaliste ou relevant de pseudo-prédispositions génétiques”, détaillent les deux podcasteuses. Elles estiment que cette fétichisation est aujourd’hui présente dans les “représentations collectives”, les publicités , les films, la musique et les livres . Elle serait banalisée dans le quotidien de chacun, à travers une forme de racisme “ordinaire”, “celui de tous les jours”, précise Grace Ly.

Dans leur livre, les deux écrivaines développent également l’idée d’un imaginaire collectif construit sur des idées reçues qui nous viennent de la colonisation. Parmi celles-ci, certaines sont sexuelles et mettent au rang d’objet la personne concernée. “J’ai grandi avec ces images de Grace Jones , dont le corps très musclé, beau et sculptural était mis en scène par celui qui était son compagnon, Jean-Paul Goude . Il y avait une photo où elle était dans une cage où il était écrit ‘Ne nourrissez pas l’animal’, témoigne Rokhaya Diallo dans un épisode du podcast. Il y a cette idée de la femme noire puissante, l’idée aussi d’une sexualité débridée, puissante et affirmative”. Une imagerie -un ensemble d’images sur un même thème- qui, pour Grace Ly, enferme les femmes dans ces stéréotypes raciaux et nie leur condition d’être humain et de femme.

“C’est extrêmement humiliant”

Comme des invités de son podcast, Grace Ly a elle aussi connu la fétichisation sexuelle. “Cette imagerie n’est pas personnelle. Ce n’est pas du tout moi. On peut constater que ce racisme ordinaire est dû à un manque d’éducation sur la notion”, déclare-t-elle. Épuisant et minimisé par une partie de la population, le racisme ordinaire peut être vécu comme un fardeau par les femmes non blanches.

Pourtant, certains disent que l’entreprise de la drague ne peut pas être raciste car l’interlocuteur se veut bienveillant. À ce constat, Grace Ly répond que “l’intention n’est pas constitutive du racisme”. En effet, elle explique que “c’est extrêmement humiliant de se voir être mise dans une case ‘femme à tester’. Nous ne sommes pas des objets et encore moins des objets exotiques”, met-elle en exergue. Elle invite donc chacun à se défaire des images qui inspirent les stéréotypes fétichistes pour que “les relations soient basées sur la liberté personnelle plutôt que d’être contrôlées par des idées reçues qui viennent d’un passé qui s’impose à nous”.

Kiffe ta race.

À voir également sur Le HuffPost: Les violences au meeting de Zemmour dénoncées à droite, mais

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    Autain accuse Ferrand de "silence coupable" sur le cas Simian, ce député jugé pour "harcèlement"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 8 January - 16:51 · 2 minutes

Autain accuse Ferrand de

POLITIQUE - “Pourquoi nous n’avons pas levé cette immunité parlementaire?” Depuis plusieurs jours, l’élue insoumise Clémentine Autain prend la parole pour dénoncer les agissements dont est soupçonné le député Benoit Simian envers son ex-femme et critiquer la passivité de l’Assemblée nationale dans le dossier.

Elle regrette, concrètement, le refus de la chambre basse de lever son immunité parlementaire en janvier 2020 et accuse son président, Richard Ferrand , de “silence” et “complicité coupable.”

“Les magistrats ont demandé à l’Assemblée nationale de statuer pour lever son immunité parlementaire. Je siégeais au bureau de l’Assemblée quand la décision a été prise, en catimini, avec un ordre du jour où ça n’était pas clair. J’ai vraiment eu l’impression de me faire avoir par le président de l’Assemblée nationale et l’ensemble du bureau”, a-t-elle ainsi expliqué ce samedi 8 janvier sur franceinfo, comme vous pouvez le voir ci-dessous , regrettant ainsi que le parlementaire en question ne puisse “pas être mis en garde à vue.”

Un peu plus tôt dans la semaine, la députée de Seine-Saint Denis pointait déjà du doigt son collègue (ex-LREM), sans le nommer, à la tribune du Palais Bourbon.

Téléphone “grand-danger” et ordonnance de protection

“Notre hémicycle compte un député qui multiplie depuis plusieurs années harcèlement et menaces à l’encontre de son ex-femme. Elle est pourtant titulaire d’un téléphone grand-danger, bénéficie d’une ordonnance de protection, et je rappelle que le bureau de l’Assemblée a refusé de lever son immunité parlementaire”, lançait-elle, mardi 4 janvier, dans le cadre de débats sur l’application de la loi contre les violences familiales. Une séquence qui trouve un écho particulier sur les réseaux sociaux.

“Quand j’ai exprimé ces propos à la tribune, il y a eu un silence glaçant, je n’ai vu personne prendre fait et cause pour dire que c’est inadmissible, au moment même où nous disions que ces violences sont insupportables”, a-t-elle encore regretté, ce samedi sur franceinfo, appelant Richard Ferrand à “taper du poing sur la table.” Et d’ajouter: “Je souhaite que le président de l’Assemblée nationale sorte de son silence et de sa complicité coupable”

Mis en cause par son épouse dans le cadre d’un divorce houleux, le député de la Gironde est renvoyé en correctionnelle pour “harcèlement”. Il sera jugé le 24 mars 2022. Benoît Simian dénonce, de son côté, “l’intention claire de me nuire” de la part de son épouse dans le cadre d’une procédure de divorce toujours en cours.

À voir également sur Le HuffPost: À leur procès, les harceleurs de Mila apparaissent ”à visage découvert” comme des “fils que tout le monde pourrait avoir”

#Metoopolitique: trois élues locales sur quatre disent subir du sexisme selon une enquête

#METOO - Une semaine après la diffusion d’accusations d’agressions sexuelles et de viol visant l’ancien ministre Nicolas Hulot , les récits d’agressions sexuelles et sexistes en politique vont-ils se multiplier? “On en est encore à un tout petit stade de dévoilement”, affirme le collectif #MeTooPolitique , alors qu’une enquête du réseau Élues Locales dévoile ce vendredi 3 décembre que les trois quarts des élues des collectivités territoriales ont déjà subi des remarques ou comportements sexistes.

“Le monde politique est gangrené par cette question-là”, a expliqué l’élue EELV Alice Coffin lors d’une conférence de presse ce même jour. La majorité de ces comportements interviennent en effet dans les locaux où ces élues exercent leurs fonctions, lors des conseils municipaux, pendant les permanences, au sein de leurs équipes ou sur le terrain. La plupart du temps, il s’agit d’interruption de parole, de remarques paternalistes ou de “blagues” sexistes. Et la quasi-totalité de ces comportements sont le fait d’autres collègues élus, révèle l’enquête.

Près de mille témoignages dans 99 départements

Pour obtenir ces résultats éloquents, 966 représentantes politiques ont été interrogées dans 99 départements et 81% d’entre elles sont élues à l’échelle communale. L’ampleur des chiffres recueillis dépeint un environnement hostile pour ces femmes engagées en politique. La fondatrice du réseau n’en est pas surprise. Au Parisien , Julia Mouzon explique que “cela fait dix ans qu’elles nous livrent ces témoignages. Il s’agissait aujourd’hui de quantifier le phénomène”. “Désormais”, ajoute-t-elle, “cette étude doit être un électrochoc pour les collectivités locales”.

Les témoignages de ces femmes élues qui dénoncent des propos sexistes et patriarcaux se succèdent ces derniers mois sur les réseaux sociaux. Preuve que peu à peu, ces élues locales, le plus souvent invisibilisées et isolées, osent prendre la parole sur le sujet.

La publication de la tribune de 300 femmes appelant dans Le Monde à ”écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes” de la vie politique et à mettre fin à “l’omerta” a permis de démuseler la parole.

Exemple parlant cette année, la maire de Paimpol avait rendu public en février le comportement sexiste d’un membre de l’opposition à son égard. ”“Maîtresse”, “ma cocotte”, tutoiement... “On en est encore là en 2021”, avait-elle dénoncé exaspérée, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessous .

À voir également sur Le HuffPost #MeTooPolitique: pourquoi la parole peine à se libérer

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    Zemmour candidat: on a relu son "Premier sexe" et on a des questions à lui poser

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 30 November - 14:50 · 6 minutes

Éric Zemmour photographié lors d

POLITIQUE - Peut-on gagner une présidentielle sans le vote des femmes ? La question mérite d’être posée alors qu’ Éric Zemmour s’est déclaré à la présidentielle ce mardi 30 novembre, après un long suspense savamment entretenu par le polémiste d’extrême droite et de très nombreux médias .

À cette occasion, nous nous sommes replongés dans l’un de ses premiers livres, paru en 2006 chez Denoël et intitulé Le premier sexe comme une réponse à Simone de Beauvoir et son Deuxième sexe .

Une centaine de pages que Le HuffPost vous propose de parcourir afin de connaître les positions du candidat d’extrême droite sur les femmes, les personnes LGBT, celles issues de l’immigration qu’il convoque tour à tour et qu’il décrit souvent comme “alliés objectifs”, toujours avec des mots péjoratifs, violents, voire humiliants.

“Ressusciter la psyché virile”

“Je ne prépare pas mon offensive idéologique par une batterie d’enquêtes et de sondages”, débute le polémiste, avec le mérite de l’honnêteté. Eric Zemmour assume vouloir “ressusciter la psyché virile” à travers ce “petit livre” qu’il décrit ainsi: “un traité de savoir-vivre viril à l’usage de jeunes générations féminisées”.

“Un garçon, ça entreprend, ça assaille, et ça conquiert, ça couche sans aimer, pour le plaisir et pas pour la vie”, conseille-t-il à un militant UDF qui le conduit sur les routes de ses années de journaliste politique. Il se fera traiter de “macho” et regrettera le bon temps des années 70 où “c’étaient les filles qui nous traitaient de machos, pas nos copains”. Un vieux regret du boy’s club qui aurait pu s’arrêter là.

Mais non. Très vite, celui qui est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles affirme que “la virilité va de pair avec la violence”, et que “l’homme est un prédateur sexuel, un conquérant”, mettant à bas les principes du droit protégeant les femmes des violences sexistes et sexuelles ainsi que des décennies de déconstruction sur le sujet qu’il nomme “rééducation”. Le harcèlement sexuel puni par la loi serait ainsi une ”surveillance judiciaire du désir”. On se demande alors s’il portera dans son programme politique la suppression des nombreuses lois qui encadrent les violences sexuelles dans le Code pénal. Ce qui nous pousse à lui poser notre première question.

Comptez-vous revenir sur les lois interdisant le sexisme, le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes en général?

Dans la même veine, il s’inquiète que les pères de famille prennent de plus en plus de place au foyer. Ce ne serait pas leur place, selon le candidat nationaliste qui décrit ainsi l’un des types de familles contemporaines: “le mari qui joue aux mères de famille infatigables, se levant toutes les nuits, biberons, couches et poche kangourou au parc, puis au bout d’un an s’en va avec une autre”. D’où notre deuxième question.

Reviendrez-vous sur l’allongement du congé paternité à un mois, décidé par Emmanuel Macron?

On passera sur toutes les formules objectifiantes pour les femmes, “avoir la femme qui prouvera aux yeux des autres hommes qu’ils ont réussi, comme une belle voiture de sport”, la “faiblesse et la féminité” qui iraient de pair ou sa vieille rengaine sur “le paternalisme” qui aurait été remplacé par “le maternalisme” dans les entreprises. Sans oublier cette saillie: “Les femmes devraient donc remercier les hommes de ‘les tromper avec une pétasse’”. “Dans la société traditionnelle, dominée par les valeurs masculines, la femme souffre sans comprendre, mais accepte son sort. Son destin”, se félicite-t-il, nostalgique.

On pourra au moins lui concéder qu’il a compris une chose du patriarcat: la femme souffre. Sauf qu’il aimerait en rester là et surtout ne pas toucher à la domination masculine qu’il porte aux nues. “L’inégalité, nouveau péché mortel de l’époque. À leur peur archaïque du phallus, du ‘viol par pénétration’, les femmes d’aujourd’hui répondent par un malsain désir du même, une immense tentation lesbienne”, s’affole-t-il. Toujours cette “alliance objective” entre homosexuels et femmes, allant jusqu’à assurer que “les homosexuels ne sont plus discriminés”. En 2006. Ces dernières années, les agressions homophobes ont considérablement augmenté , selon les sources gouvernementales.

On savait qu’Éric Zemmour était réactionnaire et avait en horreur l’héritage de mai 68. Il s’exprime dans cet ouvrage sur la mixité à l’école, obligatoire depuis 1976, en ces termes: “La mixité généralisée de tous les espaces (jusqu’aux stades de football) mais surtout à l’école anesthésie la virilité des petits d’hommes qui ont besoin de s’arracher à leur mère et à ses clones (toutes les autres femmes) pour trouver leur vérité virile. Nous vivons une époque de mixité totalitaire, castratrice”. La troisième question est simple.

Êtes-vous pour le retour de la non-mixité à l’école ?

On se pince, enfin, lors des passages sur le divorce que les politiques auraient dû “contrecarrer” au lieu “d’accompagner et d’amplifier le phénomène”. Et on comprend à demi-mots qu’il trouve que la prostitution est une alternative à ce dernier, permettant dans le même temps aux hommes de “retrouver leur supériorité” perdue. D’une pierre, deux coups.

Loin de dénoncer la “victimisation”, critique en vogue aujourd’hui chez les masculinistes, Zemmour se considère lui-même en tant qu’homme, comme une victime face au “totalitarisme féministe”. “Face à cette pression féminisante, indifférenciée et égalitariste, l’homme a perdu ses repères”. On allait s’arrêter aux dernières pages, mais on aurait raté cette immense démonstration: c’est à cause du travail des femmes et des immigrés que les hommes ne sont pas assez payés.

À l’époque de l’écriture de ce livre, la question du mariage pour tous n’était pas vraiment sur la table. Encore moins celle de la PMA pour toutes. Mais ses déclarations récentes sur le sujet, comme le fait que l’homosexualité serait “un choix” et que le désir d’enfants des couples de mêmes sexes, un “caprice” - en 2019 nous poussent à lui poser notre troisième question.


Vous comptez supprimer la PMA, reviendrez-vous sur la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe?

Invité de RTL le 26 octobre dernier, Zemmour a confirmé qu’il reviendrait sur la PMA pour toutes. “On va bloquer tout ça”, a-t-il promis, à propos de ce qu’il appelle  “la PMA sans père”. Plus ambigüe, sa position sur le mariage pour tous: “Je pense que le mariage pour tous a été une erreur car il a ouvert une boîte de pandore. Je ne vais pas démarier les gens”. Allez-vous revenir dessus pour les couples qui ne sont pas encore mariés? “On verra”, a-t-il évacué.

Enfin, et ce n’est pas nouveau, on retrouve son combat contre l’avortement qui  empêcherait la France d’être peuplée. Au moment où le débat resurgit sur l’allongement du délai légal d’une IVG, on aurait pu lui demander s’il comptait revenir sur l’IVG, mais il a promis pendant sa pré-campagne, notamment sur RTL le même jour qu’il n’en serait rien.

Terminons en évoquant l’utilisation dans cet ouvrage du mot “tantouzes”, même entre guillemets ou encore ces saillies contre “cette société française féminisée - décidément- qui ne supporte pas la violence et l’autorité virile”. Alors on finira par cette question presque philosophique qui nous semble essentielle:

Qu’est-ce qui vous plaît tant, Éric Zemmour, dans la violence et contre qui l’utiliserez-vous si vous prenez le pouvoir?

À voir également sur Le HuffPost : Désormais candidat, Zemmour va devoir clarifier ces trois points clés

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    Face aux violences à caractère sexiste, une éducation précoce est indispensable

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 25 November - 08:48 · 5 minutes

Helena Dalli, commissaire européenne en charge de l

VIOLENCES SEXISTES - L’un des obstacles à la lutte contre la violence à caractère sexiste tient au fait que celle-ci n’est toujours pas pleinement perçue comme un problème sociétal; une part importante de la population européenne continue de penser qu’une telle violence est essentiellement un problème domestique. Un tel obstacle a des conséquences pour les victimes: elles peuvent décider de ne pas s’exprimer ou de ne pas signaler les faits de violence, et lorsqu’elles le font, elles peuvent même se le voir reprocher.

Bien trop souvent, les victimes sont interrogées sur un supposé élément déclencheur, que ce soit leur comportement ou leur tenue vestimentaire, comme si les auteurs des violences commettaient celles-ci pour une raison justifiable. Un tel déplacement du centre de l’attention n’est pas rare. En effet, 27 % des citoyens de l’UE estiment qu’une relation sexuelle non consentie peut être justifiée dans certaines situations. Il s’agit pourtant d’un viol.

Rien ne pourra jamais justifier la violence à caractère sexiste et la violence domestique. Parvenir à une perception uniforme de cette problématique au sein de la société relève du défi, sachant à quel point de telles justifications peuvent être profondément ancrées dans notre culture. À titre d’exemple, certains chefs-d’œuvre des arts et des lettres compromettent notre jugement par la beauté qui transparaît dans le récit d’une tentative de viol.

Prenez le cas du mythe de Daphné et d’Apollon. Dans le récit d’Ovide, le dieu Apollon est atteint par la flèche de Cupidon et est excusé parce qu’il ne peut s’empêcher de “tomber amoureux” de la nymphe Daphné. La version d’Ovide dépeint une Daphné effrayée qui fuit Apollon alors que celui-ci la pourchasse. Bien que Daphné échappe à l’agression sous sa forme humaine, elle n’en est pas moins réduite au silence et chosifiée pour satisfaire le désir d’Apollon.

#Metoo, moteur du changement

L’évolution des sociétés et la lutte contre les idées fausses concernant la violence à caractère sexiste nécessitent une éducation précoce, y compris sur le plan sexuel, et exigent d’investir dans une stratégie globale de “tolérance zéro à l’égard de la violence” dans le cadre des politiques publiques. Les mouvements sociaux tels que #MeToo se sont révélés comme de véritables moteurs du changement.

Ce mouvement a aidé des millions de femmes à trouver le courage de se défendre et de faire entendre leur voix. Pour sa part, la Commission européenne s’emploie à renforcer la sensibilisation au moyen de campagnes telles que #SayNoStopVAW et la campagne UNiTE menée par les Nations unies. Ce renforcement de l’attention accordée à la violence à caractère sexiste n’a que trop tardé et doit être suivi d’un large éventail de changements.

Les hommes doivent également être beaucoup plus nombreux à participer à cet effort. Nous ne changerons le discours qu’avec la contribution de tous. Il est tout aussi important de prendre en compte les auteurs de violences, notamment pour les empêcher de récidiver. Il est essentiel de trouver la bonne approche à cet égard. Les programmes ciblant les auteurs de violences doivent offrir une éducation plus large sur la violence à caractère sexiste et ses conséquences, et limiter les interventions aux traitements médicaux liés aux problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

S’agissant de la protection des victimes, notre devoir est d’éviter toute victimisation secondaire, qui résulte en soi d’une mauvaise compréhension de la violence à caractère sexiste. Chaque État membre de l’UE doit investir davantage dans la formation des professionnels, y compris des juges, des services de police et des travailleurs sociaux, notamment pour leur permettre de poser les bonnes questions et de déceler les bons indices.

Le Réseau européen de formation judiciaire reçoit onze millions d’euros par an sur le budget de l’UE et a organisé dans le passé des séminaires sur la violence à caractère sexiste et la violence domestique, l’exploitation sexuelle liée à la traite des êtres humains et les droits des victimes en cas de violence à l’égard des femmes et des enfants.

La violence à caractère sexiste n’est ni une fatalité ni une partie intégrante d’une quelconque culture. Elle peut être évitée." Helena Dalli, commissaire européenne à l'Egalité.

Notre compréhension de la violence à caractère sexiste doit rester en phase avec les nouvelles technologies. D’après une enquête de 2020, 58% des filles ont été victimes de harcèlement en ligne et 50% affirment être harcelées davantage en ligne que dans la rue, et ces chiffres n’ont fait qu’augmenter ces dernières années. La pandémie et les confinements qui en ont résulté ont contraint bon nombre d’entre nous à se connecter en ligne et ont souligné le fait que nos réalités numériques devaient également faire partie d’un environnement en ligne sûr.

La violence à caractère sexiste survient et peut survenir partout, notamment sur le lieu de travail, à l’école, dans la rue ou en ligne. Elle nuit à la santé et au bien-être des personnes qui en sont victimes, et limite leur capacité à s’épanouir dans la société. Elle n’est ni une fatalité ni une partie intégrante d’une quelconque culture, et elle peut être évitée. La première étape vers l’élimination totale de cette violence consiste à la reconnaître pour ce qu’elle est. C’est ce que la Commission fera avec sa première proposition législative à venir concernant la lutte contre la violence à caractère sexiste et la violence domestique et la prévention de celles-ci.

À l’occasion de cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, vous pouvez, vous aussi, apporter votre contribution à la lutte contre la violence à caractère sexiste. Faites preuve de vigilance face au problème et faites-en part dans vos cercles sociaux. Défendez votre point de vue contre ce type de violence. Nous avons besoin du soutien de tous pour lutter contre ce fléau.

À voir également sur Le HuffPost: Ces manifestantes #NousToutes font le bilan de la “grande cause du quinquennat” de Macron

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    Deux tiers des lycées n'ont pas de référent égalité, un dispositif pourtant obligatoire

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 8 November, 2021 - 11:21 · 3 minutes

Paris, in France. June 13, 2021. Entrance of Lycee Henri IV in Paris, it’s a very famous high school in Paris and it’s also high school of the famous shooting film

VIOLENCES SEXUELLES - Profession: référents égalité dans les établissements scolaires . Objectif du gouvernement: “assurer la transmission de la culture de l’égalité”. Réalité: trois ans après, moins d’un lycée sur trois a réellement un poste dédié à cette “grande cause” du quinquennat , selon l’enquête de l’organisation “#NousToutes” publiée ce lundi 8 novembre.

1000 lycées privés et publics sur les quelque 4000 de France, ont été sondés en juin 2021 par l’association de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 720 ont répondu à la question “avez-vous une référente égalité?”. Et les résultats sont sans appel: 68% - 492 établissements - ont répondu “non”, contre seulement 32% de “oui”, soit 228 lycées.

Dans le détail, l’absence de référents égalité est particulièrment marquante dans les établissements privés: seuls 11% en sont dotés, contre 41% dans le public. La disparité régionale est aussi frappante: une seule région (la Normandie) peut se vanter d’avoir un référent dans plus de la moitié de ces lycées.

“Dans l’immense majorité des lycées français, la loi n’est pas appliquée. La lutte contre les violences, encore une fois, passe à la trappe”, dénonce #NousToutes dans un communiqué cinglant.

“C’est moi la référente! Mais je ne sais pas ce que c’est”

La généralisation des référents égalité a été officialisée le 8 mars 2018. La mesure apparaît en premier dans la liste des “10 mesures phares” élaborées par le Comité interministériel chargé de travail sur l’égalité femmes-hommes. En novembre 2019, le dispositif a même été élargi aux administrations du service public.

Mais son application concrète reste laborieuse, en grande partie à cause du manque de moyens alloués, selon #NousToutes. “De nombreuses référentes et nombreux référents nous ont dit manquer de temps disponible pour exercer leur mission. Le titre de référent leur est donné sans que ne soient prévues des heures de délégation pour assurer la mission” déplore l’association, qui cite à titre d’exemple certaines réponses entendues pendant l’enquête.

Certaines témoignent de la faiblesse des “moyens financiers et matériels”, d’autres du manque d’intérêt voire de la méconnaissance absolue du sujet dans certains établissements: “C’est moi (le/la référent-e)! Mais je ne sais pas ce que c’est, je veux bien des infos!”, rapporte le communiqué de #NousToutes.

Ou “Ah non, non, on n’a pas ça nous! Vous savez ce genre de choses c’est sûrement encore un nouveau chantier, on n’a pas le temps!”. Ou encore: “Non, nous ne sommes pas intéressés, nous sommes une école de filles” - sous-entendu, la question des violences sexuelles ne se pose pas.

“Ce constat témoigne de l’absence de volonté politique criante sur le sujet de l’égalité filles-garçons au sein des établissements scolaires”, dénonce l’association féministe, qui réclame des “moyens et ressources supplémentaires” pour “permettre aux référents de mener leurs missions”.

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