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    Législatives 2022: À Besançon, on a suivi le boulanger-candidat Stéphane Ravacley du fournil au tractage

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 09:49 · 2 minutes

POLITIQUE - C’est ce grand “silence administratif” durant sa grève de la faim qui l’a convaincu de se lancer dans l’aventure. Les 12 et 19 juin prochains, le boulanger bisontin Stéphane Ravacley, connu pour son combat pour la régularisation de son apprenti guinéen en 2021 , briguera un mandat de député dans la 2e circonscription du Doubs, avec le soutien de la Nouvelle union populaire, écologiste et sociale (NUPES).

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article , nous avons suivi ce candidat atypique à Besançon, dimanche 15 mai, jour de lancement officiel de sa campagne. Le boulanger démarre ses journées à 2h du matin au fournil, avant d’enchaîner en après-midi sur ses déplacements et rendez-vous électoraux. Un rythme d’enfer pour espérer briser un plafond de verre, dans une Assemblée nationale composée aux trois quarts de cadres et de professions intellectuelles supérieures (CSP+), selon l’Observatoire des inégalités.

Je me lance en politique pour que l'Assemblée nationale nous ressemble un peu plus. Stéphane Ravacley, candidat (Nupes) aux législatives

“Le statut de député ne permet pas à des artisans, des ouvriers d’avoir cette ambition. Ils ne se projettent pas sur cette possibilité”, affirme Nabia Hakkar-Boyer, conseillère régionale PS et candidate suppléante de Stéphane Ravacley, au micro du HuffPost.

L’artisan voudrait consacrer principalement son mandat à l’écologie, la ruralité, les petits commerçants et la jeunesse. Il milite notamment pour l’extension de l’aide sociale à l’enfance (ASE) jusqu’à 25 ans. “Je n’ai pas eu une enfance difficile, mais j’ai perdu ma mère à 4 ans. Je connais un peu les difficultés sans maman”, explique celui qui continue aussi de se mobiliser pour les mineurs isolés, à travers son association Patrons solidaires .

S’il est élu, Stéphane Ravacley siégera au sein du groupe EELV , premier parti à lui avoir apporté son soutien, avant d’être investi par la NUPES. Mais l’homme entend bien garder son indépendance et ne pas se laisser transformer par le monde politique. “Je resterai libre”, assure-t-il à notre micro.

À voir également sur Le HuffPost : Législatives: Les candidats LREM visés par la justice peu inquiétés dans leur parti

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    En 2021, le nombre de migrants morts en Méditerranée en rejoignant l'Europe à doublé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 29 April - 14:20 · 4 minutes

Des migrants attendent les sauveteurs de l Des migrants attendent les sauveteurs de l'ONG Open Arms sur un bateau en bois, après avoir quitté la Libye (photo prise le 5 mars 2022).

IMMIGRATION - L’ONU sonne l’alerte sur le sort des migrants. Plus de 3000 personnes tentant de rejoindre l’Europe sont morts en mer l’année dernière, deux fois plus qu’en 2020, a indiqué ce vendredi 29 avril l’instance qui veut des “alternatives” à ces fuites désespérées et dangereuses .

“Sur ce total, 1924 personnes ont été déclarées mortes ou disparues sur les routes de la Méditerranée centrale et occidentale, tandis que 1153 autres ont péri ou ont été portées disparues sur la route maritime de l’Afrique du Nord-Ouest vers les îles Canaries”, a déclaré une porte-parole de l’agence de l’ ONU pour les réfugiés (HCR) à Genève, Shabia Mantoo. En 2020, 1544 décès avaient été signalés pour les deux routes.

“Fait alarmant, depuis le début de l’année [2022], 478 personnes supplémentaires ont péri ou ont été portées disparues en mer”, a relevé Shabia Mantoo.

Selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, la pandémie de Covid-19 et les fermetures de frontières qui en ont découlé ont eu un impact sur les flux migratoires, de nombreux réfugiés et migrants se tournant vers des passeurs pour tenter de rejoindre malgré tout l’Europe.

Des traversées à bord de bateaux gonflables en mauvais état

Dans un rapport publié vendredi, le HCR relève notamment que 53.323 personnes sont arrivées par la mer en Italie l’an dernier, soit 83% de plus qu’en 2020, et 23.042 sont arrivées dans les îles Canaries, presque autant qu’en 2020.

Il y a par ailleurs eu une augmentation de 61% des départs en mer depuis la Tunisie l’an dernier par rapport à 2020, et de 150% depuis la Libye. Les départs depuis l’Algérie n’ont en revanche que très légèrement augmenté (+3%).

La plupart des traversées en mer se font à bord de bateaux gonflables bondés et en mauvais état, indique le HCR. Nombre de ces embarcations se dégonflent ou chavirent, entraînant le décès des occupants.

Selon la porte-parole du HCR, lors d’un point de presse régulier des agences de l’ONU à Genève, “le voyage en mer depuis les États côtiers d’Afrique de l’Ouest, tels que le Sénégal et la Mauritanie, et les îles Canaries est long et périlleux et peut durer jusqu’à 10 jours”.

“De nombreux bateaux ont dévié de leur route ou ont disparu sans laisser de traces dans ces eaux”, a-t-elle poursuivi.

La Méditerranée centrale est la route de migration la plus meurtrière au monde, avec plus de 17.000 morts et disparitions enregistrées depuis 2014 par le Projet Migrants Disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les migrants victimes de violations des droits de l’homme

Le HCR assure que les voies terrestres peuvent se révéler également être très dangereuses pour les migrants, et estime qu’un nombre encore plus important qu’en mer de personnes ont pu mourir au cours de leur périple, notamment en traversant le désert du Sahara ou lorsqu’ils sont détenus en captivité par les trafiquants ou des passeurs.

La mort n’est pas le seul danger qui menace les réfugiés et migrants, a relevé Shabia Mantoo. Ils sont également victimes de nombreux violations des droits de l’homme: exécutions extrajudiciaires, détentions illégales et arbitraires, violences sexuelles, travail forcé, esclavage, mariage forcé...

A l’occasion de la publication de ses statistiques, le HCR a lancé un appel de fonds pour 163,5 millions de dollars pour pouvoir aider et protéger des milliers de réfugiés et d’autres personnes qui tentent de rejoindre l’Europe en passant par les voies maritimes dangereuses de la Méditerranée centrale et occidentale et l’Atlantique.

Selon le HCR, entre instabilité politique, conflits, détérioration des conditions socio-économiques et changement climatique, les conditions sont réunies pour observer ces prochaines années un accroissement des déplacements vers l’Europe depuis l’Afrique.

L’organisation appelle les gouvernements à élaborer des “alternatives” pour que les réfugiés et migrants n’aient pas à se lancer dans des périples qui les mettent à merci des trafiquants ou mettent leur vie en danger.

À voir également sur Le HuffPost : Après le naufrage d’un bateau de migrants à Calais, ces bénévoles témoignent du difficile sauvetage

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    Le patron de l'office de l'immigration ne "collaborera pas" avec Marine Le Pen

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 19 April - 18:51 · 2 minutes

Le patron de l Le patron de l'office de l'immigration ne "collaborera pas" avec Marine Le Pen (Logo de l'Ofii pris en 2011 par REUTERS/Charles Platiau)

IMMIGRATION - “Je ne collaborerai pas” avec Marine Le Pen en cas de victoire de la candidate RN à la présidentielle, prévient ce mardi 19 avri le patron de l’ Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), Didier Leschi, fraîchement reconduit à la tête de cette administration.

La règle pour un haut-fonctionnaire, “c’est de servir même si l’administration n’émane pas de son choix civique, qui est protégé par le secret de l’isoloir”, explique le préfet Leschi, reconduit en janvier à la tête de l’Ofii , organe sous tutelle du ministère de l’Intérieur chargé d’orchestrer la politique migratoire.

Mais en cas de victoire de Marine Le Pen au second tour le 24 avril, “je ne collaborerai pas”, dit à l’AFP Didier Leschi, directeur général de cette administration depuis 2015.

Une autorité politique “en rupture avec nos traditions républicaines”

“Je ne pourrai pas collaborer avec une autorité politique dont j’aurai la conviction profonde qu’elle est en rupture avec nos traditions républicaines ”, insiste l’ancien préfet délégué à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, 63 ans. “En particulier quand on mène une politique publique qui prend en charge d’abord des situations humaines.”

Si Didier Leschi est l’un des rares préfets à se positionner publiquement, le milieu associatif spécialisé dans la prise en charge des exilés appelle plus largement à faire barrage à la candidate du Rassemblement national.

“Jamais le débat public n’a fait autant de place à ses idées et ses programmes qui mettent en cause nos valeurs républicaines, de défense de la démocratie, de liberté, d’égalité et de fraternité”, s’est inquiétée l’association France terre d’asile dans un communiqué vendredi, appelant à voter Emmanuel Macron.

Ce “barrage” n’empêchera pas “ensuite de porter nos revendications dans le débat public et de continuer à nous battre pour défendre des politiques d’asile et d’immigration ouvertes, généreuses, fidèles à nos convictions”, a défendu l’association opératrice de l’État.

À voir également sur Le HuffPost: Débat de l’entre-deux-tours : ces moments que Marine Le Pen ne veut pas revivre

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    "Portraits de France", l'exposition sur les routes de France

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 22 March - 13:51 · 7 minutes

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MÉMOIRE - Il y a un an, en mars 2021, un conseil scientifique remettait son travail. Après quatre mois de débats intenses, souhaité par le Président de la République, le recueil “Portraits de France” proposait 318 noms pour regarder autrement l’histoire de France et accompagner les élus qui veulent, dans leurs villes et territoires, dans les rues et sur les bâtiments, donner une nouvelle visibilité à la diversité de nos récits. 318 noms qui devenaient un symbole.

Un an plus tard, après une splendide exposition au Musée de l’Homme autour de ces portraits , vient d’être présentée l’exposition itinérante “Portraits de France” à Reims, le lundi 14 mars 2022. C’est le début d’un beau voyage, puisque cette exposition va traverser toute la France pour mieux faire connaître ces 318 personnalités. Que de chemins parcourus en une année…

D’une idée abstraite — voir la diversité de notre histoire s’inscrire dans l’espace public — à sa concrétisation tangible montre qu’il est possible de changer notre regard sur le monde. L’exposition présentée au Musée Saint-Remi de Reims et qui a été inaugurée par les commissaires de l’exposition, la ministre déléguée à la Ville et le maire de Reims, aux côtés de nombreuses personnalités et autorités publiques, est comme un symbole de l’unité de l’histoire de France en ce lieu.

La France est une terre de diversité

Reims est au cœur du récit de la France et l’évêque Remi (futur Saint Remi) en est un des symboles majeurs du roman national. Nous l’avons tous appris à l’école, à travers le vase de Soissons, la colombe et le flacon d’huile, le baptême de Clovis et le devenir de la ville qui à partir d’Henri I er (en 1027) devient la cité où seront sacrés les rois de France (à l’exception de Louis VI, Henri IV, Louis XVIII). En ce lieu, “Portraits de France” n’est pas une rupture, mais une continuité, une manière de penser l’histoire de France dans sa globalité, dans sa réalité, dans son unité.

La France peine à se penser comme un “pays d’immigration”, comme si elle refusait de reconnaître son histoire, ses histoires. Cette exposition à sa manière est là pour combler un vide… ou plutôt pour fabriquer des récits en commun. Pascal Blanchard, historien

De fait, la France est une terre de diversité, c’est même une banalité absolue que de rappeler, notamment à ceux qui à chaque campagne électorale nous explique que les étrangers ne font pas la France, mais détruisent la nation. L’histoire de l’immigration, l’histoire des Outre-mer, les héritages de l’histoire de la colonisation trouvent leurs prolongements dans l’incroyable diversité de notre pays.

Mais pour avoir conscience de cette richesse, il faut la connaître. La France peine à se penser comme un “pays d’immigration”, comme si elle refusait de reconnaître son histoire, ses histoires. Cette exposition à sa manière est là pour combler un vide… ou plutôt pour fabriquer des récits en commun. C’est sans doute la responsabilité de notre génération que de regarder en France ces passés et ces destins et les faire nôtres.

Un an après les 318 noms, la réussite est là

Le constat, un an après la publication de ce rapport, c’est que cela marche. Au début du processus de ce recueil, trois mille noms ont été évoqués au sein du conseil scientifique et désormais ceux-ci font l’objet d’inaugurations de rues et de places (comme celle l’aviateur Do Hûu Vi), de complexes sportifs et gymnases (comme celui qui porte le nom de Victor “Young” Perez), des initiatives diverses comme des livres sont prises (comme sur Severiano de Heredia), l’Éducation nationale a intégré cette démarche sur Eduscol, des séries de portraits ont été diffusées dans la presse nationale ( L’Humanité et La Croix ) et des films se concrétisent (comme pour Addi Bâ), des expositions se mettent en place (comme celle sur Picasso l’étranger au MNHI ou sur René Maran à l’Alcazar à Marseille).

En outre, l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker , les demandes pour Gisèle Halimi, Missak Manoukian ou Gaston Monnerville, les inaugurations d’écoles ou de bibliothèques montrent que ce travail répond à une demande sociale forte et aux quatre coins de l’hexagone ou dans les régions ultramarines.

C’est une demande de notre temps; une attente citoyenne et notamment dans les quartiers comme la souhaitée dès l’origine la ministre déléguée à la Ville, Nadia Hai. Cette liste “des 318” ne sera jamais fermée, elle est une première ouverture — d’autres listes suivront, d’autres initiatives émergeront, d’autres noms s’imposeront et seront exhumés —, appelant d’autres destins et qui sait, peut-être, de nouvelles dynamiques. Dans ce processus, nous ne sommes qu’une étape, un moment, et c’est désormais aux élus de prolonger ce travail.

Bien entendu, il y a eu des critiques. Certains ont prétendu que nous voudrions “remplacer” les noms existants — il y a assez de nouvelles rues et de nouveaux bâtiments pour initier des inaugurations… — ou que nous voulions abattre les statues et faire “repentance” (Bruno Retailleau); d’autres affirment que nous ne proposerions que des “Noirs” et des “Arabes” (Marine Le Pen) d’autres disent qu’il n’y en “a pas assez” (Louis-Georges Tin), certains ont calculé qu’il y avait trop de ceci (Algériens) ou pas assez de cela ( Le Figaro ), d’autres enfin ont jugé la méthode trop démocratique, au regard du conseil scientifique qui a validé les noms, ou trop “communautaire” (Institut Thomas More)… mais majoritairement tout le monde peut constater que l’idée est à la fois efficace, simple et concrète.

Les noms dans l’espace public, miroir et espace de reconnaissance

Les lieux ainsi nommés sont aussi profondément insérés dans la vie de tous les jours: ils informent sur l’adresse d’une rue où l’on travaille, d’une place où l’on rejoint sa salle de sport, de la piscine où l’on emmène ses enfants, de la bibliothèque où l’on emprunte un livre, d’une statue ou une plaque que l’on croise du regard et où un jour, l’un de nos enfants nous demande “c’est qui?”.

Cette exposition itinérante est une réponse à ceux qui veulent déboulonner nos statues — alors qu’il faut dire ce qu’elles sont et raconter leurs histoires — et une réponse à ceux qui refusent d’aimer la France telle qu’elle est. Pascal Blanchard, historien

Les noms dans l’espace public ne sont pas neutres, ils renvoient à une démarche commémorative et mémorielle, tissant un véritable récit historique. Ils sont à la fois un miroir et un espace de reconnaissance. Et, la “reconnaissance” est un élément fondamental pour se sentir partie prenante d’un pays, d’une nation, d’un collectif, pour que chacun reconnaisse l’autre comme légitime ici, aussi, pour panser/penser la diversité des mémoires et réparer les oublis — volontaires ou involontaires — des générations précédentes.

Cette politique n’est pas anecdotique, elle prouve tout simplement que nous écoutons les respirations du monde et du temps.

De Clovis à “Portraits de France” ce sont quinze siècles d’histoire qui ont défilé sous nos yeux ce 14 mars et qui nous rendent, à cet instant, fiers de la France. Allez voir l’exposition, elle nous raconte Notre histoire . Elle va rester un mois à Reims avant de poursuivre sa route, avec une prochaine étape Clichy-sous-Bois à partir du 11 avril… C’est une réponse à ceux qui veulent déboulonner nos statues — alors qu’il faut dire ce qu’elles sont et raconter leurs histoires — et une réponse à ceux qui refusent d’aimer la France telle qu’elle est. “Portraits de France” est le miroir dans lequel l’histoire de France peut se voir comme elle est.

À voir également sur Le HuffPost: L’exposition “Portraits de France” redonne vie à des héros oubliés de l’Histoire de France

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    Le nombre de réfugiés ukrainiens en France a triplé en une semaine

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 14 March - 10:27 · 2 minutes

Des réfugiés, en provenance d

UKRAINE - Le nombre a triplé en une semaine. En marge d’une réunion du centre interministériel de crise au ministère de l’Intérieur, lundi 14 mars, Gérald Darmanin a annoncé que 13.500 personnes fuyant la guerre en Ukraine sont arrivées en France depuis le début de l’invasion de la Russie .

“Nous pouvons aujourd’hui accueillir jusqu’à 100.000 personnes réfugiées sur le territoire national et nous continuons de travailler sur des scénarios où nous pourrions en accueillir davantage”, a prévenu Gérald Darmanin , alors que le nombre total de réfugiés fuyant le conflit meurtrier s’élevait, dimanche 13 mars, à 2.700.000 personnes, dont une majorité se retrouve aujourd’hui en Pologne.

En France, pour répondre aux demandes des élus locaux confrontés à ce flux important, un comité de suivi de la politique d’accueil des déplaces d’Ukraine réunissant des associations d’élus a aussi été mis en place lundi par le ministère de l’Intérieur pour mieux “anticiper la gestion des flux de déplacés dans les territoires”. Il fournira en temps réel des informations sur les arrivées et permettra d’identifier les besoins au niveau local.

“Protection temporaire”

Après un accord historique des 27 États européens conclu jeudi 3 mars , les réfugiés en provenance d’Ukraine bénéficient dans l’Union européenne d’une “protection temporaire”, ce qui les exonère d’une demande d’asile pour se trouver en situation régulière.

“Cette protection pour six mois renouvelables jusqu’à trois ans offre plus de choses que le statut de demandeur d’asile”, souligne Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), en particulier l’accès immédiat aux soins (protection universelle maladie) et au marché du travail.

Comme vous pouvez le voir dans le reportage ci-dessous , Le HuffPost avait pu suivre l’arrivée d’un important convoi de 232 réfugiés à Metz (Moselle), mardi 8 mars. “Face à la situation, je ne me suis pas posé la question: il fallait agir au plus vite, déclarait le maire François Grosdidier (LR), à l’arrivée du convoi. Nous sommes peut-être un peu plus marqués en Moselle, car nos parents et nos grands-parents savent ce qu’est l’annexion et puis l’exode.”

À voir également sur Le HuffPost : À Metz, l’accueil chaleureux de 232 réfugiés fuyant la guerre en Ukraine

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    Que chaque réfugié soit accueilli comme les Ukrainiens en France: l'appel des associations

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 11 March - 18:00 · 6 minutes

Une femme et ses enfants descendent du train en provenance d

GUERRE - La barre des 10.000 personnes ayant fui l’Ukraine depuis l’invasion russe et qui sont arrivées en France a été franchie. Les initiatives pour aider et loger les Ukrainiens fuyant la guerre se multiplient. Un élan de solidarité applaudi par les associations, qui appellent à l’élargir aux autres étrangers ayant trouvé refuge en France.

Structures d’accueil, propositions d’hébergement par milliers, délivrance express de papiers... Les Ukrainiens bénéficient d’une mobilisation sans précédent de la part du gouvernement, ce qui est positif, selon les associations.

“On se réjouit que toutes ces personnes puissent être accueillies dignement en France, estime Pierre Mathurin, coordinateur de l’association Utopia 56 à Paris. On aimerait juste que cet accueil soit harmonisé auprès des personnes de toutes nationalités qui cherchent un exil en France.”

“Une protection temporaire” historique

Les Ukrainiens arrivés dans le pays, pour deux tiers des femmes et des enfants, bénéficient du régime inédit de la “protection temporaire”, activé par l’Union européenne.

Peuvent en bénéficier les ressortissants ukrainiens qui résidaient en Ukraine avant le 24 février, date du déclenchement du conflit, les “ressortissants de pays tiers” qui vivaient sous statut de réfugié (ou équivalent) à cette date en Ukraine, et enfin ceux qui y “résidaient régulièrement” avec un titre de séjour et qui ne “sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d’origine dans des conditions sûres et durables”.

“Cette décision est historique. La protection temporaire a été créée en 2001 après le conflit en ex-Yougoslavie mais elle n’a jamais été activée”, explique Tcherina Jerolon, responsable “conflits, migrations et justice” chez Amnesty France. “On salue cette directive qui permet d’accueillir les Ukrainiens dans des conditions dignes.”

Cette protection ouvre le droit à un hébergement et à l’obtention d’une autorisation provisoire de séjour de six mois, renouvelable jusqu’à trois ans, ou avant si le conflit prend fin. Dès leur arrivée, ils sont donc en situation régulière, sans avoir besoin de demander le statut de réfugié.

Ils pourront aussi accéder immédiatement aux soins, là où une carence de trois mois est prévue pour les demandeurs d’asile. Ils pourront également travailler, s’évitant là aussi une période de carence de six mois.

S’ils ne sollicitent pas le statut de réfugié, ils bénéficieront tout de même de l’allocation pour demandeur d’asile, “au plafond maximal de 14 euros par jour”, précise le patron de l’Ofii (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration).

Cela confirme que l’Union européenne a les outils nécessaires pour accueillir et protéger les populations qui fuient les conflits. Tcherina Jerolon, Amnesty France

L’activation de ces mesures inédites est pour les associations un exemple à suivre. “Nous aurions souhaité qu’elle soit appliquée par le passé à d’autres populations dans des pays en guerre, notamment en Afghanistan et en Syrie, souligne Tcherina Jerolon. Cela confirme que l’Union européenne a les outils nécessaires pour accueillir et protéger les populations qui fuient les conflits.”

Pour les acteurs sur le terrain, cette décision prouve que “tout est une question de volonté politique”. “Des bâtiments sont réquisitionnables, de l’argent public peut être trouvé. C’est possible, ça a été mis en place en quelques jours”, note Pierre Mathurin, d’Utopia 56.

“Nous ne voulons pas que les Ukrainiens soient mis à la même enseigne que les autres, mais plutôt que le mouvement se fasse dans l’autre sens”, plaide Sophie Djigo, du collectif Migraction 59, qui est présent à Calais .

“300.000 morts au Soudan”

Selon l’AFP, l’État a également reçu “20.000 propositions d’hébergement” émises par des particuliers, sans compter 6000 autres offres émanant d’entreprises ou de collectivités.

Pour les associations, cet élan de générosité “détonne” avec l’accueil réservé à d’autres populations arrivées en France et fuyant pourtant également des pays en guerre. ”À Pantin, un gros campement de plus d’une centaine de personnes regroupe des Afghans qui sont à la rue, donne Pierre Mathurin comme exemple. Aucun dispositif de ce type n’a été mis en place après la prise de pouvoir des Talibans.”

Afghanistan, Syrie, Soudan, Éthiopie, Érythrée, population kurde... Sophie Djigo, du collectif Migraction 59, évoque de nombreux pays où la guerre a fait fuir la population de la même manière qu’en Ukraine.

“Au Soudan, par exemple, ce sont 300.000 morts depuis les années 2000, 2 millions de déplacés, rappelle-t-elle. Je ne veux pas faire d’échelle des conflits, mais c’est une guerre extrêmement meurtrière.”

À quel titre, du point de vue du droit, les Ukrainiens bénéficient-ils de cette protection que d’autres citoyens hors Union européenne n’ont pas ? Sophie Djigo, Migraction 59

Les associations hésitent à parler de racisme. “Les populations de l’Est de l’Europe peuvent aussi faire l’objet de racisme en France, dans d’autres contextes, avance Pierre Mathurin, d’Utopia 56. Si le conflit avait lieu en Roumanie, à cause de la stigmatisation, on ne sait pas si le même dispositif aurait été mis en place.”

Il ajoute tout de même: “Le fait que la population soit blanche et ‘européenne’ facilite la sensibilisation des Français et donc du gouvernement, qui suit l’opinion publique.”

L’Ukraine ne fait pourtant ni partie de l’Union européenne ni de l’espace Schengen. “Nous n’avons pas du tout le même statut juridique. À quel titre, du point de vue du droit, bénéficient-ils de cette protection que d’autres citoyens hors Union européenne n’ont pas? Même question pour les voies de passage vers l’Angleterre”, interroge Sophie Djigo.

Lutter contre les préjugés

À Calais, le collectif Migraction 59 loge des migrants chez des particuliers et fait de l’hébergement de “répit”, en général assez court, pour des personnes en transit, dont la destination est l’Angleterre. Des personnes souvent sans statut et donc non prises en charge par l’État.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le collectif reçoit des propositions de particuliers voulant accueillir des Ukrainiens. “Quand on leur dit que l’on n’a pas de demandes d’Ukrainiens et qu’on leur propose d’héberger d’autres personnes, ils ne souhaitent pas poursuivre, souligne Sophie Djigo. Les réfugiés africains, du Moyen-Orient ou d’Asie sont souvent synonymes de pauvreté, de menace terroriste... C’est très dur de lutter contre ces préjugés. ”

Le directeur de la Croix Rouge française, Jean-Christophe Combe, a de son côté jugé que cet accueil de réfugiés ukrainiens chez des particuliers devait être une solution de “dernier recours”.

Le gouvernement anticipe que le nombre d’Ukrainiens trouvant refuge en France pourrait monter à 50.000 voire 100.000 dans les prochaines semaines ou mois. Pour les associations, c’est l’opportunité d’ouvrir un débat sur la politique migratoire de la France.

“Si cet élan ne s’élargit pas aux autres exilés, on saura qu’il y a un problème explicite de racisme en France”, estime Sophie Djigo.

À voir également sur Le HuffPost : À Metz, l’accueil chaleureux de 232 réfugiés fuyant la guerre en Ukraine

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    Guerre en Ukraine: 4000 réfugiés sont arrivés en France

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 7 March - 17:49 · 2 minutes

Des réfugiés, en provenance d

UKRAINE - C’est un chiffre qui n’a pas fini de croître. Alors que l’invasion russe de l’Ukraine se poursuit sans signe d’apaisement , le lundi 7 mars, le nombre de réfugiés arrivés en France a dépassé le cap des 4.000 personnes, a affirmé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, selon des informations d’Europe 1 confirmées ensuite par place Beauvau au HuffPost.

Les capacités d’accueil seraient de l’ordre de 20.000 personnes, “voire davantage”, a ajouté le ministre, en marge d’une conférence de presse sur la transformation numérique.

Le 28 février, ce dernier annonçait que ces réfugiés “sont les bienvenus en France”, même si l’Hexagone est loin de constituer le principal point de chute de ces exilés. Au moins 1,5 million de réfugiés ont fui l’ Ukraine depuis le début des affrontements, dont une grande majorité se retrouve aujourd’hui en Pologne.

En matinée, le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, estimait au micro de RMC que près d’un tiers de ces arrivées concernait aussi des personnes d’autres nationalités, comme des citoyens ou des étudiants du Maghreb ou d’Inde, qui fuient également le conflit meurtrier.

“Protection temporaire”

Après un accord historique des 27 États européens conclu jeudi 3 mars , les réfugiés en provenance d’Ukraine bénéficient dans l’Union européenne d’une “protection temporaire”, ce qui les exonère d’une demande d’asile pour se trouver en situation régulière.

C’est pour “ouvrir droit à cette protection” que des agents de l’ Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et de la préfecture de police vont notamment s’installer à partir de mardi 8 mars dans un centre d’accueil géré par l’association France terre d’asile (FTDA), dans le nord de Paris, a annoncé Didier Leschi, patron de l’Ofii.

“Cette protection pour six mois renouvelables jusqu’à trois ans offre plus de choses que le statut de demandeur d’asile”, souligne ce dernier, en particulier l’accès immédiat aux soins (protection universelle maladie) et au marché du travail. “Les hôtels sont mobilisés au fur et à mesure des arrivées. Tous les jours, les capacités d’accueil augmentent au regard des besoins”, souligne Delphine Rouilleault, directrice générale de FTDA.

À voir également sur Le HuffPost : Guerre en Ukraine: Les coulisses du départ des militaires français en Roumanie

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    Guerre en Ukraine: Le droit d'asile est universel ou n'existe pas

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 7 March - 14:53 · 4 minutes

Des centaines de réfugiés attendent d

POLITIQUE - Comme hier en Syrie, le drame que vivent actuellement les Ukrainiens nous interpelle.

Bessancourt a fait un choix politique depuis 2001, d’insérer dans notre projet communal, la solidarité internationale. En 2015, cette volonté s’est transformée en l’accueil d’une famille irakienne, lors de la crise irako-syrienne . Notre premier travail a été de réparer les traumatismes du voyage: la traversée dangereuse de la Méditerranée, les poursuites par les chiens des gardes-frontières en Hongrie, les longs trajets épuisants. La scolarisation, la mobilisation du tissu associatif, le travail sur le projet professionnel ont permis une intégration rapide et efficace. Aujourd’hui, ces anciens réfugiés sont devenus des habitants de la ville comme les autres.

La crise ukrainienne pourrait nous faire réaliser que nul n’est à l’abri d’être un jour un réfugié, victime de la guerre ou d’une répression causée par la fin de l’état de droit dans un pays.

Nous sommes prêts à nous mobiliser pour accueillir encore une fois. Nombre d’habitants nous y encouragent. L’Ukraine est à nos portes, ce qui rend l’émotion d’autant plus importante. Pour autant, c’est bien au nom de nos valeurs universelles que nous souhaitons accueillir des familles, victimes d’un conflit, qui comme les réfugiés qui fuyaient la Syrie et l’Irak, partagent nos valeurs et aspirations à vivre en paix et en sécurité.

Il n’y a pas à choisir entre réfugiés plus ou moins acceptables

Certaines figures médiatiques ou politiques de premier plan déclarent que les Ukrainiens seraient une “immigration de grande qualité dont on pourrait tirer profit”, comme le laisse entendre Jean-Louis Bourlanges , président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, ou encore qu’il existe “un geste humanitaire évident” à accueillir des Ukrainiens puisqu’ils sont “Européens de culture” comme le dit Christophe Barbier.

Ces propos jettent un trouble inquiétant. Ils ne valent pas mieux que l’intervention du chef de la diplomatie hongroise qui a qualifié d’“humiliante” la comparaison entre “les migrants illégaux” et “les personnes innocentes dans le besoin qui fuient l’Ukraine”. Ainsi un non-européen serait-il fatalement “coupable” de fuir son pays?

La réflexion des Européens et des Occidentaux en général, devrait être toute autre. La crise ukrainienne et les images télévisées qui montrent une proximité du mode de vie ukrainien avec le nôtre, pourraient nous faire réaliser que nul n’est à l’abri d’être un jour un réfugié, victime de la guerre ou d’une répression causée par la fin de l’état de droit dans un pays.

Dans notre pays où nombre de cœurs deviennent étriqués, avec une vision rabougrie de l’accueil, il serait bon que les femmes et hommes politiques ainsi que les médias rappellent qu’il n’y a pas à choisir entre réfugiés plus ou moins acceptables. L’humanité et la solidarité s’adressent à toutes les femmes et tous les hommes contraints de quitter leur pays en guerre ou de fuir un pays où les droits de l’Homme ne sont pas respectés.

Le droit d’asile ne doit pas souffrir de comportements racistes

Autre sujet de préoccupation, les images de réfugiés refoulés à la frontière européenne du fait de leur couleur de peau . Cela n’est pas sans faire penser au livre de Ta -Nehisi Coates, Colère Noire (Between the World and Me, ed. Autrement ) . L’auteur s’y inquiète de la façon dont les corps des femmes et hommes noirs sont vulnérables du fait qu’ils comptent moins aux yeux du monde occidental que le corps des femmes et des hommes blancs. Qu’ils n’ont pas le droit au même traitement.

La France, l’Europe, doivent réagir. Le droit d’asile ne doit pas souffrir de comportements racistes.

Il n’y a pas à choisir entre réfugiés plus ou moins acceptables. L’humanité et la solidarité s’adressent à toutes les femmes et tous les hommes contraints de quitter leur pays en guerre ou de fuir un pays où les droits de l’Homme ne sont pas respectés.

Chaque crise est révélatrice de l’état de nos sociétés. Celle-ci démontre la formidable solidarité et la réactivité européenne face à une invasion sans fondement et contre un état démocratique, avec des atteintes graves contre une population. Elle aussi révélatrice de nos ambiguïtés face à “l’étrange étranger” si bien décrit par Jacques Prévert. Nous nous honorerions à nous rappeler que ce sont les valeurs que nous défendons qui fondent le droit d’asile, le devoir d’accueillir, et non les pays d’origines des réfugiés. Le droit d’asile est universel ou n’existe pas.

À Bessancourt, nous accueillerons avec fraternité une ou des familles de réfugiés ukrainiens, comme nous l’avions fait avec les réfugiés de Syrie, et comme nous continuerons à le faire pour d’autres.

Toi, qui que tu sois, je te suis bien plus proche qu’étranger. Andrée Chedid.

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