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      Pass ferroviaire en France : le défi de la démocratisation du rail

      news.movim.eu / LeVentSeLeve · Friday, 30 June, 2023 - 13:06 · 5 minutes

    Alors que l’Allemagne trace sa voie avec son Deutschland-Ticket , la France peine à développer une offre ferroviaire économique comparable, malgré l’annonce d’un futur pass par le ministre des transports Clément Beaune. Pourtant, plusieurs initiatives passées ont démontré le succès d’une telle offre.

    L’Allemagne se distingue comme le précurseur des pass ferroviaires. Dès l’été 2022, elle a lancé son 9-Euro-Ticket , permettant une circulation illimitée sur le réseau régional pour un abonnement mensuel de 9€. Cette initiative a été mise en place dans un contexte marqué par une hausse des prix de l’essence et dans le but de favoriser le transfert modal de la voiture vers le train. Dans ce cadre, l’État fédéral a alloué 2,5 milliards d’euros aux Länder pour compenser les pertes.

    L’Allemagne, pionnière des pass ferroviaires

    Cependant, malgré le succès indéniable de cette initiative avec près de 52 millions de billets vendus, son impact écologique apparaît mitigé. En effet, le 9-Euro-Ticket n’a pas atteint les objectifs escomptés en termes de réduction de l’utilisation de la voiture, le report modal restant limité. Comparé à la même période en 2019 , le nombre de trajets en train a augmenté d’environ 40 %, tandis que l’usage de la voiture n’a que légèrement diminué. La saturation des lignes touristiques allemandes témoigne de cette augmentation importante des voyages en train. Cette offre, si elle n’a pas forcément eu l’effet écologique recherché, révèle donc un potentiel de développement significatif pour les voyages touristiques en train et a permis une démocratisation des vacances.

    Graphique de l’auteur. Source des données : DE Statis

    Soucieux de poursuivre cette initiative, des négociations au sein de la coalition gouvernementale regroupant sociaux-démocrates, libéraux et verts ont abouti à la relance du pass dès le 1 er mai. Sous sa nouvelle forme, le Deutschland-Ticket se présente comme un pass national mensuel au tarif de 49€, dont le financement est partagé à parts égales entre l’État fédéral et les Länder, chacun contribuant à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Avec 10 millions d’abonnement au premier mois , ce nouveau pass apparaît déjà comme un succès commercial outre-Rhin.

    Pass France-Allemagne et Pass TER Jeunes, des offres qui ont trouvé leur public

    Les pass ferroviaires français à destination des jeunes ont également connu un large succès. Récemment, l’initiative du Pass France-Allemagne, a offert 60 000 tickets gratuits – 30 000 en France et 30 000 en Allemagne – permettant aux jeunes de 18 à 27 ans de profiter de 7 jours de voyages gratuits sur le réseau régional de l’autre pays. Le lancement de cette initiative a donné lieu à un afflux massif de demandes sur le site de réservation, qui, saturé, a délivré l’ensemble des abonnements en quelques instants.

    Une autre initiative, plus large, avait également existé au cours des étés 2020 et 2021, le Pass TER Jeunes . Cet abonnement permettait aux jeunes âgés de 18 à 27 ans de voyager de manière illimitée sur le réseau TER pour seulement 29€ par mois. L’offre avait alors rencontré un vif succès, dépassant largement les attentes. Au cours de l’été 2021, alors que la SNCF visait la vente de 10 000 pass, 70 000 avaient finalement été vendus. Toutefois, malgré le succès de cette offre, Régions de France a annoncé en 2022 l’abandon du dispositif.

    Vers des réseaux ferroviaires surchargés ?

    À l’heure de la décarbonation des transports, le transfert modal vers le ferroviaire apparaît comme une nécessité alors que le secteur des transports est celui qui dégage le plus de gaz à effet de serre : 31% des émissions françaises en 2019 . Si les comparatifs d’émissions de gaz à effet de serre divergent, tous consacrent le train comme étant de loin le transport le plus écologique. Mais, si l’intérêt environnemental du train est désormais bien connu, le prix reste la première entrave à ce mode de locomotion, selon un récent sondage Harris Interactive pour le Réseau Action Climat .

    L’instauration d’un pass, au prix unique et réduit, serait en mesure de réduire ce frein majeur. Toutefois, le succès des pass ferroviaires chez nos voisins européens a aussi mis en évidence les limites du système ferroviaire. De nombreuses gares et un grand nombre de trains sont déjà régulièrement engorgés, en particulier à la période estivale. Le développement de nouvelles offres, aux prix plus faibles, apporte un risque majeur : la saturation des infrastructures.

    Garantir le droit aux vacances

    Outre la question de l’état du réseau ferroviaire, les pass ferroviaires illustrent le besoin d’accéder à des destinations touristiques, de voyager et finalement de démocratiser les vacances. A l’heure où près de la moitié des français ne partent pas en vacances, dont la moitié pour des raisons financières , cette question revêt une importance particulière, et une politique ferroviaire ambitieuse, à l’image des billets congés annuels mis en place en 1936, apparaît pertinente.

    C’est cette voie qu’a emprunté la NUPES avec sa proposition de loi sur l’accès aux vacances. Dans une tribune publiée , les députés François Ruffin, Benjamin Lucas, Soumya Bourouaha, Arthur Delaporte, Marie-Charlotte Garin et Frédéric Maillot ont dénoncé une situation où “le porte-monnaie fait la loi”. Ils proposent donc un “ticket-climat train à prix réduit et à volonté”, avec un abonnement TER mensuel illimité au prix de 29€, soit le même tarif que l’ancien Pass TER Jeunes. En réponse, le ministre des transports a prévu de faire des annonces sur une future offre.

    Si l’idée d’un pass fait peu à peu son chemin en France, la mise en place d’offres tarifaires accessibles ne pourra faire l’impasse sur une politique d’inclusion ferroviaire. En Allemagne, les pass ferroviaires ont été critiqués en raison de la charge qu’ils représentent pour les habitants de territoires non desservis. De même, 33% des Français estiment que leur commune est mal desservie par le train, un chiffre qui monte à 64% dans les zones rurales .

    Afin que tous les Français puissent bénéficier de tarifs réduits, il serait envisageable d’inclure les autocars de la SNCF et des Régions dans un futur pass, à condition qu’un accord soit trouvé avec les Régions. A moyen terme, il sera toutefois indispensable d’initier un vaste mouvement de réouverture et de construction de lignes ferroviaires dans les régions les plus isolées.

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      L’installation de l’usine Intel en Allemagne bloquée par la question des subventions

      news.movim.eu / JournalDuGeek · Saturday, 17 June, 2023 - 16:00

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    Intel veut plus de subventions pour installer son usine en Allemagne. Mais le ministre des Finances allemand, Christian Lindner, n'a pas l'intention d'ouvrir davantage les cordons de la bourse des finances publiques du pays… La situation crée des dissensions au sein du gouvernement allemand.

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      Cette fausse interview de Michael Schumacher par IA a fait un tollé

      news.movim.eu / Numerama · Monday, 24 April, 2023 - 09:21

    Le magazine allemand Die Aktuelle s'est amusé à publier une interview de Michael Schumacher réalisée via une IA. La limite éthique est d'autant plus franchie que, mise en Une du média, rien n'indiquait clairement que cet entretien était faux. [Lire la suite]

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      L’Allemagne vient de quitter le nucléaire : pourquoi ça fait polémique

      news.movim.eu / Numerama · Wednesday, 19 April, 2023 - 13:04

    Les centrales nucléaires de Isar II, Emsland et Neckarwestheim II ont été définitivement éteintes à la mi-avril 2023. Cette fermeture, qui acte la sortie du nucléaire en Allemagne, a généré une intense polémique. [Lire la suite]

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      Europol arrête 2 hackers « de haute importance » responsables de plus de 600 piratages

      news.movim.eu / Numerama · Monday, 6 March, 2023 - 17:03

    Europol, accompagné de la police allemande et ukrainienne, ont capturé deux membres d'un groupe ayant fait plus de 600 victimes, dont une douzaine en France. [Lire la suite]

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      Conseil des ministres franco-allemand : de minimis curant ministri agriculturae

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 6 February, 2023 - 04:00 · 5 minutes

    Ce titre tape-à-l’œil n’est pas entièrement exact. Les sujets évoqués ci-dessous sont important, leur appréhension par les ministres laisse grandement à désirer.

    À l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand tenu le 22 janvier 2023, dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire du Traité de l’Élysée, les ministres français et allemand de l’Agriculture, Marc Fesneau et Cem Özdemir, ont publié un communiqué de presse conjoint pour annoncer qu’ils ont « décidé de travailler étroitement ensemble au cours des prochaines années sur la mise en œuvre des projets clés suivants… ».

    Ouf ! On a pu craindre que c’était une déclaration générale qui aurait en quelque sorte fait fi de la coopération étroite passée.

    Non, elle porte sur quatre « projets clés ».

    Vous avez bien lu : quatre. Alors que le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est confronté à une palanquée de défis.

    Et quels projets ! Si M. Marc Fesneau s’est fait discret dans son communiqué – à juste titre comme nous le verrons – M. Cem Özdemir fanfaronne : « Gemeinsam für eine krisenfeste Landwirtschaft in Europa » (ensemble pour une agriculture résiliente à la crise en Europe).

    Enfin, pour ce qui est de fanfaronner… On est, selon ce titre, dans la minimisation des dégâts des crises…

    Étiqueter (davantage) les productions animales

    Pour le premier projet, il nous faut citer l’intégralité du texte du communiqué pour ne rien perdre de la saveur de la grande ambition :

    « Un étiquetage des produits agricoles et alimentaires harmonisé au niveau européen afin de mieux informer les consommateurs, de renforcer la transparence sur l’origine et la composition et la qualité nutritionnelle des aliments, ainsi que les méthodes de production et de valoriser les efforts de nos producteurs en matière de transition vers des systèmes alimentaires durables auprès des consommateurs. »

    C’est un dada de M. Cem Özdemir et des Verts allemands !

    Leurs ambitions affichées sont de réduire la consommation de viande et, partant, de l’élevage, et de rendre l’élevage plus respectueux du bien-être des animaux ( whatever that means ) – voir notamment ici , ici et ici .

    À l’évidence, un élevage allemand réduit et soumis à des contraintes supplémentaires – si cela se réalise – aura du mal à résister à la concurrence. Le programme de la coalition gouvernementale, ici inspiré par les Verts, croit pouvoir y remédier par un étiquetage qui inciterait les consommateurs à acheter vertueux, autrement dit allemand.

    Marc Fesneau – et le gouvernement français – suit !

    Alors que la consommation se tasse, que la décapitalisation bovine est plus rapide que prévu , bref que l’élevage est en crise, en partie en lien avec le problème du renouvellement des générations d’éleveurs, nous allons – en principe, car nous savons ce que valent bon nombre de communiqués – coopérer à un projet largement utopique.

    Production de protéines végétales

    Ici aussi on a versé dans l’emphase, dans le bruit pour succédané de l’action :

    « Œuvrer ensemble au renforcement de la production de protéines végétales dans l’Union européenne pour tirer parti de leurs propriétés favorables en termes d’environnement, de climat et d’alimentation, rendant ainsi nos systèmes alimentaires plus indépendants et résilients. Cela suppose à la fois de promouvoir la recherche, la production, la transformation et la consommation. »

    Nous allons « œuvrer ensemble » et « cela suppose »… Mais l’ambition est grande puisqu’on vise « l’Union européenne »… Et cultiver davantage de lentilles et de pois chiches sera bon pour le climat… Si, si, on vous assure !

    Adaptation et de résilience des forêts : on peut faire court, il y aura « un groupe d’experts dédié à la lutte contre les scolytes ».

    Réduction de l’usage et du risque des produits phytopharmaceutiques

    Un grand chantier consistera à « [r]éaffirmer leur engagement respectif en faveur de la réduction de l’usage et du risque des produits phytopharmaceutiques ». On le fera « en encourageant les échanges sur les méthodes alternatives » et il y aura un « séminaire de travail conjoint ».

    Sur ce sujet, nous ne pouvons qu’exprimer une certaine satisfaction : cela aurait pu être pire !

    Mais cela n’augure rien de bon pour les discussions et négociations qui devront avoir lieu prochainement sur le projet de règlement de la Commission pour une utilisation durable des pesticides ( Règlement SUR ). Beaucoup d’observateurs prédisent qu’il aura/aurait un impact dévastateur sur la production agricole et, partant, la souveraineté alimentaire. Mais, implicitement, notre ministre s’est engagé à défendre un projet en l’état indéfendable.

    Et bien sûr…

    …« [l]es deux ministres sont convenus d’échanger régulièrement sur l’avancée de ces nouveaux projets et de poursuivre ensemble la mise en œuvre des coopérations en cours ».

    On n’en attendait pas moins…

    Un partenariat ?

    Le communiqué de presse allemand s’ouvre par une déclaration de M. Cem Özdemir :

    « Le ministre fédéral Özdemir déclare à ce sujet : « L’Allemagne et la France entretiennent une relation unique et irremplaçable, dont les bases ont été posées il y a 60 ans. J’en déduis également la responsabilité pour moi de trouver une réponse commune aux défis actuels auxquels toute l’Europe est confrontée : crise climatique, disparition des espèces et terrible guerre de Poutine en Ukraine – face à ces crises qui se superposent, nous devons plus que jamais nous engager pour une agriculture résiliente et résistante aux crises. Nous n’y parviendrons qu’ensemble « . »

    Le gras souligné est de moi.

    Pour un obsédé textuel, cette déclaration signifie, d’une part, que M. Cem Özdemir a été – ou prétend avoir été – et se veut dans le siège du conducteur.

    L’agriculture apparaît aussi comme le cadet des soucis ou comme une variable d’ajustement face à des défis qui sont – ou sont censés être (en fait, certains sujets sont liés) – bien plus grands.

    « [N]ous devons plus que jamais nous engager… » ? Avec un groupe d’experts sur les scolytes et un séminaire de travail sur les alternatives aux pesticides (rassurez-vous : seulement de synthèse), l’avenir est en bonne voie…

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      Les hackers russes s’acharnent sur l’Allemagne pour son envoi de chars Léopard

      news.movim.eu / Numerama · Thursday, 2 February, 2023 - 08:31

    Des groupes d'hacktivistes russes se sont attaqués à des sites gouvernementaux et d'hôpitaux en Allemagne. Les impacts sont minimes, mais le pays fait face à une forte augmentation des cyberattaques russes. [Lire la suite]

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      Réforme des retraites : la France doit s’inspirer de ses voisins

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 2 February, 2023 - 04:30 · 2 minutes

    La réforme des retraites soulève les passions et plus généralement, la situation actuelle amène des débats sur la meilleure façon de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

    Toutefois, plutôt que de rester dans la théorie, il est possible de s’intéresser à ce qui se pratique ailleurs et plus précisément chez nos voisins. La nouvelle étude de Contribuables Associés donne des pistes à travers quatre exemple étrangers.

    Réformes des dépenses publiques en Allemagne, Pays-Bas et Suède

    L’étude se concentre sur les dépenses publiques qui sont en France les plus élevées de l’ OCDE en pourcentage du PIB (selon Eurostat en 2020), soit 61 %. En comparaison l’Allemagne est à 50 %, les Pays-Bas à 48 % et la Suisse à 37,8 %. S’il semble illusoire de réduire brutalement en une seule fois, certaines pistes sont avancées.

    Ainsi, sous la coalition sociale-démocrate et écologiste de Schröder , l’ Allemagne a réduit ses dépenses en se concentrant principalement sur le marché du travail, avec la libéralisation et la diminution des avantages chômage. Le taux d’imposition sur le revenu a diminué en plusieurs étapes : le taux le plus bas est passé de 25,9 % à 15 % ; le taux plus élevé de 53 % à 42 %. De plus, le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 40 à 25 % et les taxes professionnelles locales ont été réduites pour les petites et moyennes entreprises. Ces mesures ont pu aussi être efficaces grâce à Merkel qui a continué la politique de Schröder lorsqu’elle lui a succédé.

    Concernant les retraites, l’exemple suédois est mis en avant. En Suède, le système est mixte : pour un taux de 18,5 % prélevé sur le revenu, 16 % sont versés au système de retraite par répartition basé sur les revenus et 2,5 % sont versés dans un système par capitalisation. Le cotisant peut choisir son fonds de pension (s’il ne le fait pas, un fonds présélectionné sera choisi pour lui).

    Pour les dépenses de santé, les Pays-Bas sont réputés performants. L’ONG Health Consumer Powerhouse qui évalue les systèmes de soins offre un classement intéressant en matière d’efficacité des politiques menées. En 2018, les Pays-Bas dominaient ceux de l’Union européenne. Le système néerlandais repose sur quatre acteurs pour le financement et la prise en charge du système de soins :

    • L’État pour les soins de long terme et à haut risque
    • Une assurance privée obligatoire pour les soins classiques
    • Une assurance privée optionnelle pour les soins supplémentaires
    • Les ménages pour les autres soins

    Ces exemples détaillés dans l’étude de Contribuables Associés offrent ainsi des pistes concrètes pour réformer des pays. Certes, la mentalité française n’est pas la même que celle des Nordiques. Mais rappelons que la social-démocratie est une part importante de la politique de pays scandinaves comme la Suède.