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      Google, Environmental Defense Fund will track methane emissions from space

      news.movim.eu / ArsTechnica · Wednesday, 14 February - 20:17 · 1 minute

    computer-generated image of a satellite highlighting emissions over a small square on the globe.

    Enlarge / With color, high resolution. (credit: Google/EDF)

    When discussing climate change, attention generally focuses on our soaring carbon dioxide emissions. But levels of methane have risen just as dramatically, and it's a far more potent greenhouse gas. And, unlike carbon dioxide, it's not the end result of a valuable process; methane largely ends up in the atmosphere as the result of waste, lost during extraction and distribution.

    Getting these losses under control would be one of the easiest ways to slow down greenhouse warming. But tracking methane emissions often comes from lots of smaller, individual sources. To help get a handle on all the leaks, the Environmental Defense Fund has been working to put its own methane-monitoring satellite in orbit. On Wednesday, it announced that it was partnering with Google to take the data from the satellite, make it publicly available, and tie it to specific sources.

    The case for MethaneSAT

    Over the course of 20 years, methane is 84 times more potent than carbon dioxide when it comes to greenhouse warming. And most methane in the atmosphere ultimately reacts with oxygen, producing water vapor and carbon dioxide—both of which are also greenhouse gasses. Those numbers are offset by the fact that methane levels in the atmosphere are very low, currently just under two parts per million (vs. over 400 ppm for CO 2 ). Still, levels have gone up considerably since monitoring started.

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      Pourquoi les prix de l’électricité augmentent et pourquoi ça devrait continuer

      news.movim.eu / Numerama · Sunday, 4 February - 09:01

    électricité ampoule

    Selon les projections de RTE, une France isolée énergétiquement à horizon 2050-2060 coûterait plusieurs milliards par an supplémentaires aux contribuables. En attendant, pour les Françaises et les Français, la préoccupation immédiate va se trouver sur leur facture EDF, observe The Conversation.

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      Hausse de l’électricité : rouler en voiture électrique est-il encore rentable ?

      news.movim.eu / Numerama · Thursday, 1 February - 06:25

    Les tarifs de l'électricité augmentent au 1er février 2024. Beaucoup d'indécis se demandent alors si le gain financier du passage à l'électrique est toujours là. Que coûte une voiture électrique face à une thermique, en tenant compte de cette hausse ?

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      Votre facture d’électricité va augmenter dans quelques jours, voici les tarifs (jusqu’à +22%) !

      news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 29 January - 11:45

    Sans Titre (52)

    À compter du 1er février 2024, une hausse des prix de l'électricité est prévue en France, marquant ainsi la diminution graduelle du dispositif de bouclier tarifaire instauré par le Gouvernement en 2021. Quel impact cela aura-t-il sur vos factures d'électricité ?
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      Réforme des prix de l’électricité : tout changer pour ne rien changer

      news.movim.eu / LeVentSeLeve · Wednesday, 10 January - 16:02 · 13 minutes

    « Nous avons réussi à trouver un équilibre vital entre la compétitivité de notre industrie, la stabilité pour les ménages et le développement d’EDF ». A la mi-novembre 2023, après deux ans de crise sur le marché de l’électricité, Bruno Le Maire était fier d’annoncer un accord entre l’Etat et EDF . A l’entendre, tous les problèmes constatés ces dernières années ont été résolus. Le tout en restant pourtant dans le cadre de marché imposé par l’Union européenne. En somme, la France aurait réussi l’impossible : garantir des prix stables tout en permettant une concurrence… qui implique une fluctuation des prix.

    Alors que la crise énergétique n’est toujours pas vraiment derrière nous et que les investissements pour la maintenance et le renouvellement des centrales électriques dans les années à venir sont considérables, cet accord mérite une attention particulière. Devant la technicité du sujet, la plupart des médias ont pourtant renoncé à se plonger dans les détails de la réforme et se sont contentés de reprendre les déclarations officielles. Cet accord comporte pourtant de grandes zones d’ombre, qui invitent à relativiser les propos optimistes du ministre de l’Économie. Alors qu’en est-il vraiment ?

    Une réforme qui n’a que trop tardé

    D’abord, il faut rappeler à quel point une réforme des prix de l’électricité était urgente. Depuis l’ouverture à la concurrence du secteur imposée par l’Union Européenne (UE) à la fin des années 90, le système est devenu de plus en plus complexe, EDF s’est retrouvée de plus en plus fragilisée et les prix pour les consommateurs ont explosé, contrairement aux promesses des apôtres du marché. En transformant l’électricité d’un bien public au tarif garanti en un bien de marché échangé sur les places boursières, son prix a été largement corrélé à celui du gaz, correspondant au coût marginal de production, c’est-à-dire au coût pour produire un MWh supplémentaire. Une absurdité alors que nos électrons proviennent largement du nucléaire et des renouvelables, notamment l’hydroélectricité.

    Complexification du système électrique français depuis la libéralisation européenne. © Elucid

    Dès la fin 2021, l’envolée des prix du gaz entraîne de fortes hausses des prix de marché de l’électricité, qui se répercutent ensuite sur les consommateurs. Pour la plupart des entreprises et les collectivités, qui ne bénéficient pas du tarif réglementé, l’augmentation a été brutale : +21% en 2022 et +84% en 2023 en moyenne selon l’INSEE ., soit un doublement des factures en à peine deux ans ! Et cette moyenne cache de fortes disparités : les exemples d’entreprises ou communes ayant vu leur facture tripler ou quadrupler, voire multipliée par 10, sont légion . Les conséquences de telles hausses sont catastrophiques : faillites, délocalisations, gel des investissements, dégradation des services publics, hausse de l’inflation… Pour les particuliers, la hausse a été moins brutale, mais tout de même historique : après +4% en 2022, le tarif réglementé a connu une hausse de 15% en février 2023 et une autre de 10% en août. Soit presque +30% en deux ans, avant une nouvelle hausse de 10% prévue pour cette année.

    Face aux effets dévastateurs de cette envolée des prix, l’Etat a bricolé un « bouclier tarifaire»  pour les particuliers et divers amortisseurs et aides ciblées pour les collectivités et les entreprises. Un empilement de dispositifs considéré comme une « usine à gaz » par un rapport sénatorial et qui aura coûté 50 milliards d’euros entre 2021 et 2023 rien que pour l’électricité. L’Etat français a ainsi préféré payer une part des factures lui-même pour acheter la paix sociale plutôt que de taxer les superprofits des spéculateurs ou de reprendre le contrôle sur l’énergie. Privatisation des profits et socialisation des pertes.

    Le bilan des deux dernières années est accablant : les factures des ménages et des entreprises ont flambé, l’Etat a dépensé sans compter pour les aider et l’endettement d’EDF a explosé. Les seuls bénéficiaires de cette période sont les spéculateurs du marché, qui ont engrangé des profits indécents.

    De manière absurde, alors que les prix étaient au plus haut, EDF a enregistré des pertes historiques en 2022 (18 milliards d’euros). Une situation qui s’explique par des erreurs stratégiques et une faible disponibilité du parc nucléaire, qui l’a obligée à racheter à ses concurrents les volumes vendus dans le cadre de l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH). Concession de la France aux fanatiques européens de la concurrence, ce système force EDF à vendre 120 TWh par an, soit environ un tiers de sa production nucléaire, à ses concurrents à un prix trop faible de 42€/MWh. Si la situation de l’énergéticien s’est depuis améliorée , le bilan des deux dernières années est accablant : les factures des ménages et des entreprises ont flambé, l’Etat a dépensé sans compter pour les aider et l’endettement d’EDF a explosé. Les seuls bénéficiaires de cette période sont les spéculateurs du marché, qui ont engrangé des profits indécents.

    Un « tarif cible » encore très flou

    Après un tel échec du marché et alors que le mécanisme de l’ARENH doit prendre fin au 1er janvier 2026, une réforme devenait indispensable. Suite à des mois de négociations, un accord a finalement été trouvé entre l’Etat et EDF pour la période 2026-2040 pour « garantir un niveau de prix autour de 70€ le MWh pour l’électricité nucléaire » selon Bruno Le Maire. Si certains ont jugé la hausse trop forte par rapport aux 42€/MWh de l’ARENH, il convient de relativiser. D’une part, l’ARENH ne concernait qu’une part de la production nucléaire, le reste étant vendu bien plus cher. D’autre part, le tarif de l’ARENH était devenu trop faible par rapport aux coûts de production du nucléaire, estimés autour de 60€/MWh dans les années à venir , et aux besoins d’investissement d’EDF. Une hausse conséquente était donc inéluctable.

    Le nouveau tarif paraît donc élevé, mais pas délirant. Mais voilà : ces 70€/MWh ne sont en fait pas un tarif garanti mais un « tarif cible » que se fixe le gouvernement, « en moyenne sur 15 ans et sur l’ensemble des consommateurs ». Cette cible repose sur des prévisions d’évolution des prix de marché absolument impossibles à valider et sur un mécanisme de taxation progressive des prix de vente d’EDF aux fournisseurs, qui démarre à 78 €/MWh. A partir de ce seuil, les gains supplémentaires seront taxés à 50%, puis à 90% au-delà de 110€/MWh. Rien qui permette de garantir un prix de 70 €/MWh aux fournisseurs… et encore moins aux consommateurs puisque la marge des fournisseurs n’est pas encadrée. Si l’Etat promet que les recettes de ces taxes seront ensuite reversées aux consommateurs, le mécanisme envisagé n’est pas encore connu. S’agira-t-il d’un crédit d’impôt ? D’une remise sur les factures suivantes ? Sans doute les cabinets de conseil se penchent-ils déjà sur la question pour concevoir un nouveau système bureaucratique.

    Ce système bricolé reste vulnérable aux injonctions européennes.

    En attendant, une chose est sûre : les factures vont continuer à osciller fortement, pénalisant fortement les ménages, les entreprises et les communes, à l’image de la situation actuelle. On est donc loin de la « stabilité » vantée par le gouvernement. Enfin, ce système bricolé reste vulnérable aux injonctions européennes : si les tarifs français sont plus attractifs que ceux d’autres pays européens – par exemple, ceux d’une Allemagne désormais largement dépendante du gaz américain particulièrement cher – rien ne garantit que ceux-ci ne portent pas plainte auprès de l’UE pour distorsion de concurrence. Quelle nouvelle concession la France fera-t-elle alors aux gourous du marché ?

    En revanche, le fait que les fournisseurs et producteurs privés continuent à engranger des superprofits sur le dos des usagers ne semble gêner personne. Imaginons par exemple une nouvelle période de flambée des prix durant laquelle TotalEnergies, Eni, Engie ou d’autres vendent de l’électricité à 100 ou 150€/MWh : si les consommateurs ne percevront pas la différence – le mécanisme de taxation prévoyant une redistribution indépendamment de leur fournisseur – les profits supplémentaires n’iront pas dans les mêmes poches suivant qui les réalisent. Chez EDF, d’éventuels dividendes iront directement dans les caisses de l’Etat, désormais actionnaire à 100%. Chez ses concurrents, ces profits sur un bien public enrichiront des investisseurs privés.

    EDF, gagnant de la réforme ?

    Pour l’opérateur historique, la réforme ouvre donc une nouvelle ère incertaine. Certes, en apparence, EDF semble plutôt sortir gagnante des négociations. Son PDG Luc Rémont n’a d’ailleurs pas hésité à menacer de démissionner s’il n’obtenait pas un tarif cible suffisant. Une fermeté qui doit moins à son attachement au service public qu’à sa volonté de gouverner EDF comme une multinationale privée, en vendant l’électricité à des prix plus hauts. Or, EDF doit faire face à des défis immenses dans les prochaines décennies : il faut non seulement assurer le prolongement du parc existant, notamment le « grand carénage » des centrales nucléaires vieillissantes, mais également investir pour répondre à une demande amenée à augmenter fortement avec l’électrification de nouveaux usages (procédés industriels et véhicules notamment). Le tout en essayant de rembourser une dette de 65 milliards d’euros, directement causée par les décisions désastreuses prises depuis 20 ans et en essayant de se développer à l’international.

    A première vue, le tarif cible de 70€/MWh devrait permettre de remplir ces différents objectifs. D’après la Commission de Régulation de l’Énergie , le coût de production du nucléaire sur la période 2026-2030 devrait être de 60,7€/MWh. La dizaine d’euros supplémentaires ponctionnés sur chaque MWh devrait servir à financer la « politique d’investissement d’EDF, notamment dans le nouveau nucléaire français et à l’export », indique le gouvernement. Selon les calculs d’ Alternatives Economiques , cette différence par rapport aux coûts de production permettrait de financer un réacteur EPR tous les deux ans. Que l’on soit pour ou contre la relance du programme nucléaire, cet apport financier supplémentaire pour EDF reste une bonne nouvelle, les énergies renouvelables nécessitant elles aussi de gros investissements.

    Les factures d’électricité des Français serviront-elles à payer les réacteurs EPR britanniques ?

    Cependant, l’usage exact de ces milliards par EDF reste entouré d’un grand flou. L’entreprise est en effet le bras armé de la France pour exporter son nucléaire dans le reste du monde. Or, les coûts des centrales atomiques construites à l’étranger ont eu tendance à exploser. C’est notamment le cas au Royaume-Uni, où EDF construit la centrale d’Hinkley Point C. Un projet dont le coût est passé de 18 milliards de livres au début de sa construction en 2016 à presque 33 milliards de livres aujourd’hui . Des surcoûts que le partenaire chinois d’EDF sur ce projet, China General Nuclear Power Group (CGN), refuse d’assumer. EDF risque donc de devoir assumer seule cette facture extrêmement salée, ainsi que celle de la future centrale de Sizewell C , également en « partenariat » avec CGN. Les factures d’électricité des Français serviront-elles à payer les réacteurs EPR britanniques ? Si rien n’est encore décidé, le risque existe bel et bien.

    La France osera-t-elle s’opposer à l’Union Européenne ?

    Enfin, EDF fait toujours figure d’ennemi à abattre pour la Commission Européenne. Étant donné la position ultra-dominante de l’opérateur national, les technocrates bruxellois cherchent depuis longtemps des moyens d’affaiblir ses parts de marché. Le nucléaire intéresse peu le secteur privé : il pose de trop grands enjeux de sécurité et est trop peu rentable. Les concurrents d’EDF espèrent donc surtout mettre la main sur le reste des activités du groupe, c’est-à-dire les énergies renouvelables et les barrages hydroélectriques, amortis depuis longtemps et qui garantissent une rente confortable. Si un pays européen venait à se plaindre de la concurrence « déloyale » d’EDF, la Commission européenne pourrait alors ressortir des cartons le « projet Hercule », qui prévoit le démembrement de l’entreprise et la vente de ses activités non-nucléaires. Bien qu’ils disent le contraire, les macronistes ne semblent pas avoir renoncé à ce scénario. En témoignent la réorganisation actuelle du groupe EDF, qui ressemble fortement aux plans prévus par Hercule, et leur opposition intense à la proposition de loi du député Philippe Brun (PS) qui vise, entre autres, à garantir l’incessibilité des actifs d’EDF.

    EDF fait toujours figure d’ennemi à abattre pour la Commission Européenne.

    Etant donné la docilité habituelle de Paris face aux injonctions européennes, le retour de ce « projet Hercule » est donc une possibilité réelle. La France pourrait pourtant faire d’autres choix et désobéir à Bruxelles pour pouvoir appliquer sa propre politique énergétique. L’exemple de l’Espagne et du Portugal montre que des alternatives existent : en dérogeant temporairement aux règles européennes pour plafonner le prix du gaz utilisé pour la production électrique, les deux pays ibériques ont divisé par deux les factures des consommateurs bénéficiant de tarifs réglementés . Quand le Parti Communiste Français et la France Insoumise, inspirés par le travail du syndicat Sud Energie , ont proposé que la France revienne à une gestion publique de l’électricité, les macronistes ont agité la peur d’un « Frexit énergétique », estimant que la sortie de la concurrence reviendrait à cesser tout échange énergétique avec les pays voisins. Un mensonge qui témoigne soit de leur mauvaise foi, soit de leur méconnaissance complète du sujet, les échanges d’électricité ne nécessitant ni la privatisation des centrales, ni la mise en concurrence d’EDF avec des fournisseurs nuisibles.

    Si cette réforme s’apparente donc à un vaste bricolage pour faire perdurer l’hérésie du marché, l’insistance sur la « stabilité » des prix dans le discours de Bruno Le Maire s’apparente à une reconnaissance implicite du fait que le marché n’est pas la solution. Les consommateurs, qu’il s’agisse des particuliers, des entreprises ou des collectivités et organismes publics, souhaitent tous de la visibilité sur leurs factures pour ne pas tomber dans le rouge. De l’autre côté, les investissements menés sur le système électrique, tant pour la production que pour le réseau, ne sont amortis que sur le temps long. Ainsi, tout le monde a intérêt à des tarifs réglementés, fixés sur le long terme. Un objectif qui ne peut être atteint que par un retour à un monopole public et une forte planification. Exactement l’inverse du chaos et de la voracité des marchés.

    Note : L’auteur remercie la syndicaliste Anne Debrégeas (Sud Energie) pour ses retours précis et ses analyses sur la réforme en cours.

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      On connait le montant de la prime que vont toucher les 200 000 foyers qui vont limiter leur consommation électrique cet hiver

      news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 27 November - 14:27

    Sans Titre (32)

    Finalement l'initiative expérimentale qui va toucher environ 200 000 ménages français volontaires équipés de compteurs Linky va être rémunérée !

    On connait le montant de la prime que vont toucher les 200 000 foyers qui vont limiter leur consommation électrique cet hiver

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      Centrales nucléaires : vers un rendement amélioré ?

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 21 April, 2023 - 03:15 · 8 minutes

    Quelque disciple d’un Amédée Gordini ayant fait autrefois de la Renault 8 et de l’Alpine Renault deux redoutables machines de course a sans doute inspiré l’idée à madame Borne que doit exister le moyen de doper le rendement de nos centrales électronucléaires, à l’instar de celui du moteur à combustion interne par la turbocompression . On souhaite bien du plaisir aux professionnels que le pouvoir a chargé de jouer une telle martingale, ceux auxquels le pays doit l’admirable transition écolo énergétique d’EDF, boostée comme chacun sait par un marché du kWh élargi et optimisé.

    Considérons donc le cahier des charges remis par le Premier Ministre à ces derniers, rapporté comme suit par La Tribune :

    « J’ai demandé à EDF de mettre à l’étude une augmentation de puissance du parc nucléaire français, en lien avec l’ASN […] une mesure pouvant contribuer à augmenter la production d’électricité nucléaire, qui reste encore inférieure à son potentiel ».

    Selon Sylvie Richard, directrice du programme de grand carénage d’EDF, doper ainsi nos capacités permettrait des gains de puissance de l’ordre de « 4 – 5 % » pour certains réacteurs, 3 % au total, soit l’équivalent de la puissance de« deux réacteurs ».

    L’étude technique évaluera prioritairement les modifications possibles dans le circuit secondaire, là où la vapeur produite dans le circuit primaire est envoyée dans les turbines géantes du turbo-alternateur pour être transformée en électricité. Le circuit secondaire est choisi en priorité, car « les enjeux de sûreté devraient [y] être moins structurants que sur le circuit primaire », la partie abritant le combustible nucléaire.

    Ajoutons que le gouvernement compte travailler sur la réduction de la durée des arrêts de maintenance et sur « l’excellence opérationnelle » pour relever la production d’ EDF dans une fourchette située entre 350 et 380 Térawattheure (TWh) encore loin des 430 TWh produit en 2005.

    Ainsi, ingénieurs et techniciens d’EDF ont pour missions de réduire la durée des arrêts de tranches et d’améliorer les procédures d’exploitation et d’entretien du circuit secondaire de nos 56 tranches, de sorte à obtenir un meilleur rendement de leur production ; ceci sans toucher autant que faire se peut aux procédures homologues du circuit primaire, une litote signifiant qu’il est impossible de toucher à ce circuit sans contrevenir aux Règles Fondamentales de Sûreté (RFS), aux Règles de Conception et de Construction des Matériels Mécaniques (RCCM) et aux autres Règles de Surveillance en Exploitation des Matériels de l’ilot nucléaire (RSEM), des matériels pour la plupart classés Importants Pour la Sûreté (IPS).

    C’est pourtant au niveau du dimensionnement et des modalités d’exploitation du circuit primaire que siègent les plus grandes marges d’accroissement d’un rendement de la tranche nucléaire aujourd’hui guère supérieur à 35-36 %. Or, pour ce qui est du dimensionnement, on n’imagine pas mesdames Borne et Pannier-Runachet aller jusqu’à se mettre en tête d’installer des générateurs de vapeur, des pompes primaires et des pressuriseurs plus performants que ceux en place… pas plus d’ailleurs que de nouvelles turbines et de nouveaux alternateurs sur le circuit secondaire !

    Une évidence aussi patente appelle donc forcément la démonstration ci-après qu’il y a loin de la coupe aux lèvres entre les ambitions improvisées du gouvernement et leur réalisation concrète, même agréée par des responsables EDF dont on se demande s’ils ont bien les pieds sur les planchers machines.

    Produire plus de kWh en limitant la durée des arrêts de tranche

    Cette durée est la somme des durées optimisées des opérations élémentaires constituant le chemin dit « critique » d’un arrêt. Ce chemin n’est autre que le programme de l’intervention ayant nécessité d’arrêter la tranche : renouvellement du combustible ; réparation fortuite, accidentelle, imposée par la sûreté ou par la maintenance prédictive ; exigences d’exploitation diverses décrétées par la direction du site, par ses organismes de tutelle… ou imposée par telle situation sociale.

    Toutes les interventions d’entretien, de modifications, de recharge ou de renouvellement des consommables, d’optimisations diverses des dispositifs techniques d’exploitation ayant été programmées pour l’occasion doivent se faire en temps dit « masqué », c’est-à-dire durant la progression du chemin critique caractérisé ci-avant, en s’efforçant d’en altérer le moins possible la durée théorique.

    Où l’on ne distingue que deux moyens de réduire notablement la durée des arrêts :

    1. Disposer quantitativement et qualitativement des compétences aptes à s’acquitter des travaux requis dans les délais prescrits les plus exigeants.
    2. Optimiser et alléger les règlements de sûreté et de radioprotection pesant lourdement sur les procédures d’intervention françaises.

    Le premier moyen renvoie à l’impossibilité de pallier à court terme un dépouillement des compétences pratiqué sur le temps long par des politiques ineptes, en matières industrielle, d’éducation scolaire et universitaire, d’orientation et de formation professionnelles continues ou non ; quant au second moyen, inutile de s’y attarder, le père Fouettard ASN en détenant sans partage les clés d’une optimisation ergoteuse dont il est de surcroît le maître des horloges, comme nulle part au monde.

    Obtenir un supplément de kWh par le fonctionnement plus fréquent en Stretch out

    Stretch out est la désignation usuelle du fonctionnement d’une tranche en prolongation du cycle combustible consistant à épuiser jusqu’à la corde le potentiel d’activité de ce dernier. Cette optimisation technico-économique consiste à apporter un supplément de réactivité par la disparition complète du bore neutrophage dans une eau primaire – le modérateur – dont on a fortement abaissé la température (pour rendre négatif le coefficient du même nom) par réduction d’une puissance du cœur seulement contrôlée par les grappes de régulation.

    Sauf que, ce faisant, il n’est pas rare que survienne une pollution Xénon contrecarrant sensiblement l’apport recherché du supplément d’activité et que, l’ilotage de la tranche sur ses auxiliaires étant interdit en Stretch out , l’arrêt de cette dernière est définitif au premier incident de réseau imposant son découplage.

    Obtenir du seul circuit secondaire un gain de puissance d’au moins 3 %

    Ce gain de puissance est attendu du processus énergétique s’exerçant entre l’admission de la vapeur à la turbine et la délivrance de la puissance électrique aux bornes de l’alternateur, c’est-à-dire de l’amélioration en conséquence du rendement du groupe turbo-alternateur. L’alternateur n’étant qu’un organe passif ayant pour fonction de réguler la tension du réseau dont il n’est pas maître de la dégradation causée par la nature des consommations, l’essentiel du challenge imposé par madame Borne aux opérateurs d’EDF ne repose donc que sur la possibilité d’améliorer le rendement de la turbine.

    On se fourvoierait gravement en comprenant par là qu’il s’agit d’améliorer le rendement nominal de la machine : le rendement en question est celui du cycle eau-vapeur sommairement schématisé ci-dessous , dont on attend qu’il amène à l’admission du corps Haute Pression (HP) de la turbine une vapeur à au moins 253°C et véhiculant une énergie de quelque 2950 Kilo-Joules/Kg (KJ/Kg) d’ enthalpie , pour une tranche de 900 MW.

    Il n’aura échappé à personne que l’eau reprise du condenseur pour être transformée en vapeur destinée à la turbine est réchauffée à deux niveaux BP et HP, avant d’être introduite dans le générateur de vapeur.

    Optimisation thermodynamique du cycle eau-vapeur

    Conformément aux lois de la thermodynamique, obtenir une délivrance optimale de la puissance turbine exige que chaque étape du cheminement de l’eau destinée à la vaporisation soit optimisée en débit et en température. Le schéma détaillé ci-dessus montre clairement comment ce réchauffage préalable de l’eau est tout bonnement obtenu par un prélèvement de vapeur vive à différents étages des corps HP et BP de la turbine, au moyen de six soutirages : deux sur le corps HP, R5 et R6, un à l’échappement du corps HP, R4, et trois sur le corps BP, R1, R2, R3.

    Qui peut croire qu’un tel compromis de répartition du débit de vapeur vive entre l’entraînement de la turbine et le réchauffage de l’eau alimentaire résulte d’une improvisation de l’opérateur en poste sur la tranche, à un moment donné ? Qui peut croire possible d’en accroître indéfiniment l’optimisation et à l’absence de sa codification rigoureuse aux différents régimes de la turbine ? Ce serait méconnaître qu’en existe une indépassable optimisation, fruit de nombreux calculs et simulations de cycles itératifs, réalisés dans le cadre du dimensionnement de l’installation.

    C’est pourquoi laisser croire possible d’obtenir une augmentation des performances de l’installation par la transgression de telles grandeurs de dimensionnement serait non seulement fallacieux, mais aurait quelque chose d’irresponsable et de dangereux.

    Le seul moyen de tirer davantage d’énergie de notre parc électronucléaire

    Madame le Premier ministre, madame la directrice du programme de grand carénage d’EDF, peut-être n’en êtes-vous pas convaincues, mais d’évidence, les procédés d’augmentation de la production électrique examinés ci-dessus souffrent tous d’une précarité que, en l’état, notre complexe industriel n’est pas en mesure de surmonter ; sauf le dernier d’entre eux, sur le degré d’optimisation duquel on n’a, hélas, aucune prise.

    Aussi, le bon sens professionnel ne saurait-il trop vous suggérer de recourir au plus efficace de ces procédés : renoncer à utiliser notre parc électronucléaire en servile supplétif du parc éolien et le cantonner définitivement à son régime de production de base à 100 % de puissance, comme prévu à l’origine.

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      Renationalisation d’EDF : la Macronie prise au piège du climat social

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 17 February, 2023 - 04:00 · 3 minutes

    La majorité présidentielle a t-elle trouvé sa parade à l’obstruction parlementaire ? Alors que l’État vient de franchir le seuil des 90 % du capital d’EDF fin janvier, le sujet aura été le théâtre de fortes crispations à l’ Assemblée nationale .

    Le jeudi 9 février, les députés Renaissance, pourtant relativement majoritaires, ont purement et simplement quitté l’hémicycle du palais Bourbon en plein vote d’une proposition socialiste visant à refuser le démantèlement d’EDF et à étendre le bouclier tarifaire énergétique aux artisans et notamment aux boulangers.

    EDF renationalisé

    Après le Modem en octobre, LFI en novembre, Les Républicains en décembre et le RN début janvier, c’était désormais au tour des socialistes de voir leur niche parlementaire étudiée dans l’hémicycle.

    C’est dans ce cadre qu’a été présentée une proposition visant à renationaliser EDF , une proposition qui a provoqué des remous dans les rangs majoritaires. Il faut dire qu’elle a reçu l’appui d’une bonne partie de l’opposition, de LFI au RN en passant par LR. La proposition a ainsi été adoptée par 205 voix contre une, celle du député Modem de Haute-Garonne Laurent Esquenet-Goxes. Le refus du groupe macroniste s’appuyait sur le fait que le texte aurait constitué un cavalier parlementaire, soit un texte sans lien avec la proposition initiale de la nationalisation d’EDF mais aussi et surtout un texte inconstitutionnel.

    Une niche consensuelle

    Conscients des difficultés posées par leur niche, les socialistes avaient préalablement accepté de mettre au placard une proposition inique sur la taxation des bénéfices exceptionnels des grandes entreprises, une proposition qui sera toutefois l’objet d’un amendement dans le cadre du vote sur les retraites. Que voulez-vous, quand un socialiste a une idée fixe…

    Après être parvenus à faire voter une proposition de loi renforçant la protection des victimes de violences intrafamiliales et, à l’unanimité, la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la vie chère dans les collectivités ultramarines , les choses se sont rapidement tendues s’agissant des repas à un euro pour tous les étudiants, qui échoua d’une seule voix avec le renfort de LR.

    Cette tension est donc montée d’un cran lorsqu’il s’est agi de la proposition relative à EDF, dont la privatisation, comme celles des autoroutes ou de grandes entreprises comme La Poste ou la SNCF, n’en sont pas vraiment dans la mesure où il ne s’agit généralement que de concessions ou de transformations en sociétés à capitaux toujours publics et donc toujours détenues par l’État.

    Une pratique récurrente

    La pratique consistant à quitter l’hémicycle est quasiment devenue une coutume parlementaire tant elle est récurrente et participe de la grandiloquence parlementaire. On peut évoquer les différents incidents de séance qui agrémentent l’hémicycle, des invectives aux interprétations larges du règlement en passant par l’ intrusion en 2009 de militants écologistes dans l’enceinte du palais Bourbon.

    Contrairement aux idées reçues, ces départs ne sont pas davantage le fait de l’opposition que de la majorité.

    La pertinence de la manœuvre est également quelque peu relative, comme en témoigne le cas du vote de la renationalisation d’EDF, pourtant adoptée. Alors pourquoi ?

    Des députés sous pression

    Les députés PS ont leur explication : celle de ne pas avoir à justifier auprès de leurs électeurs du refus de soutien aux professions artisanales par une mesure gourmande en argent public.

    Une explication qui apparaît cohérente et qui révèle davantage encore la situation des députés Renaissance. Ces derniers sont déjà mis sous pression dans leur circonscription s’agissant d’un projet de réforme des retraites rejeté par 7 Français sur 10.

    L’échec du réformisme social-démocrate

    La révolution promise par Emmanuel Macron en 2016 montre une nouvelle fois ses faiblesses. Ce qui se voulait être une disruption de l’action publique s’est révélé être un jacobinisme technocratique alimentant un consensus loin de révolutionner quoi que ce soit.

    La crise des Gilets jaunes et les différents mouvements sociaux ont déjà mis à mal les tentatives de réforme, parfois ambitieuses, d’un gouvernement qui est désormais pieds et poings liés par un climat social alimenté par l’inflation.

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      Ségolène Royal ne regrette rien

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 10 February, 2023 - 03:50 · 7 minutes

    Ce mardi 7 février 2023, celle qui se vit un temps la Michelle Bachelet française ne laisse à personne le soin de décliner son panégyrique de femme d’État à la Commission d’enquête parlementaire Souveraineté et indépendance énergétique de la France .

    Elle déclare que sa mission devant l’éternel fut de lancer une massive stratégie bas carbone permettant à notre pays de lutter efficacement contre le réchauffement climatique, dessein national célébré en grande pompe par une COP21 réputée devoir rester dans l’Histoire.

    La stratégie a consisté à développer une énergie propre, sûre et la moins chère possible de même qu’à en limiter drastiquement la consommation nationale ; une énergie propre essentiellement renouvelable – ça va de soi  – devant occuper 32 % de nos capacités totales de production à l’horizon 2030. Quant aux économies d’énergie, priorité des priorités sans laquelle toute croissance économique serait compromise, on ne mégote pas : diviser par deux notre consommation énergétique de 2012, à l’horizon 2050 !

    Peu importe à la sémillante militante climatique investie de responsabilités qu’on n’aurait jamais dû lui confier que, au-delà de 30 % d’énergie non pilotable, tout système électrique devient ingouvernable, que s’affranchir de ce seuil rédhibitoire devient dangereux, les Américains de l’État de New-York en sachant quelque chose.

    Les grandes manœuvres économiques et sociales ci-après furent donc déployées dès 2015 : la finance verte sous l’impulsion de banques et d’assurances paraît-il traumatisées par la difficulté croissante de dédommager les sinistrés climatiques, au moyen de green bonds jusqu’à 11 milliards d’euros ; un État locomotive ne se privant pas d’appels à projets essentiellement éoliens, tout en évitant d’opposer les énergies entre elles… l’important étant la moins chère ; lyrique appel aux collectivités territoriales à renouer avec les grandes heures de la reconstruction du pays – aménagement hydraulique décidé par le CNR… – et aux femmes, premières victimes du réchauffement climatique, selon l’ancienne ministre.

    On laissera le Français moyen apprécier ce que lui aura coûté et n’a pas fini de lui coûter sa contribution à la lutte planétaire contre le réchauffement climatique, en ayant à l’esprit que la Chine est responsable de 28 % des émissions totales de CO 2 , les États-Unis de 15 %, l’Allemagne de 2,3 %… et la France de seulement 0,9 %.

    À la question de savoir quelle fut sa vision énergétique prospective, en termes d’équilibre production-consommation, et quel était le pilotage mis en œuvre d’une diminution de notre nucléaire à 50 % de la production totale, à échéance 2025, madame Royal se contente de scander « économie d’énergie » et « investissement massif dans les renouvelables ». Selon elle, à l’instar des pionniers de l’éolien et du photovoltaïque que sont Espagnols et autres Chinois, une France pouvant devenir le champion mondial de l’isolement des bâtiments doit être visionnaire ; et de regretter « l’occasion manquée » de l’hydrolien.

    La dame se lance ensuite dans un surréaliste réquisitoire contre notre nucléaire, après qu’on lui ait rappelé sa déclaration de 2011 disant que la France peut sortir du nucléaire en 40 ans et sa déclaration de 2014 disant qu’on ne le peut pas ! Je confirme la sortie possible en 40 ans, s’exclama-t-elle, j’ai toujours été contre l’EPR de Flamanville, contre celui de Penly et contre ASTRID, car mon seul objectif est le développement des renouvelables, un point c’est tout. Si nous avions davantage investi dans ces dernières nous n’en serions pas où nous sommes.

    Plus on investit dans les renouvelables, continue-t-elle, plus le prix de leurs KWh baisse, le contraire dans un nucléaire devenu plus cher que l’éolien et ne nous garantissant aucune autonomie énergétique, dans la mesure où son combustible, l’uranium, est importé. On convie l’ex-ministre des Transitions à prendre connaissance par elle-même du mix électro-énergétique diffusé en permanence par RTE pour constater ce que produisait, ce jour à 9 h 15 précises, une puissance éolienne équivalente à celle de 20 tranches nucléaires, soit 5 % de la consommation nationale !

    Par ailleurs, les déchets représenteraient un grave péril sanitaire dont la gestion par enfouissement, à Bure, est irresponsable. Songez donc : des radioéléments dont la période de décroissance radioactive est de 200 000 ans, quand les pyramides n’ont que 3000 ans !…

    Peut-être faudrait-il attirer l’inquiétude de madame Royal sur le potassium 40 conférant l’essentiel de sa radioactivité à tout organisme humain, dont ladite période est de 1,26 milliard d’années ! Quant à sa prétendue irréversibilité du stockage profond, c’est une flagrante contrevérité.

    Le rapporteur : Sur quels éléments techniques vous êtes vous basée pour considérer tenable de limiter le nucléaire à 50 % et être en mesure de nous prémunir contre l’effet falaise ? Ce que monsieur Brottes et le directeur général de l’énergie n’ont pas jugé crédible.

    Réponse : Cet objectif doit être considéré comme la résultante d’une politique de développement des renouvelables dont monsieur Brottes est allé jusqu’à envisager un scénario à 100 % de ces dernières ! Alors…

    Le rapporteur : Confirmez-vous que vous étiez opposée à l’inscription de la fermeture de 11 réacteurs dans le PPE, ce que firent selon vous vos successeurs, et confirmez-vous qu’on vous a imposé la fermeture de Fessenheim ?

    Réponse : Oui, malgré que ma priorité fut le développement des renouvelables.

    Le rapporteur : Quelles étaient les raisons avancée pour fermer Fessenheim et quel était votre programme de réhabilitation du site ?

    Réponse : Ces raisons étaient que la centrale connaissait très souvent des pannes, ce dont le rapporteur a mis madame Royal en demeure d’apporter toutes affaires cessantes des preuves inexistantes , que ses normes de sécurité étaient dépassées et que se posaient des problèmes d’étiage du Rhin. Pour autant, l’auditionnée dit avoir subordonné la fermeture des deux tranches alsaciennes au démarrage préalable de Flamanville 3. Je voulais faire de ce site un pôle d’excellence du démantèlement et y installer une usine Tesla franco-allemande.

    Hélas, la réalité d’une forfaiture semblable à celle de Superphénix reste inavouable par quelqu’un qui s’en fit le complice, fût-ce à son corps défendant. On en trouvera le contenu dans l’article « Fessenheim : la rançon électorale à 10 milliards d’euros ».

    Sur l’ARENH

    Sans surprise, Ségolène Royal mit en cause le délire libéral d’une Union européenne obsédée par la privatisation de tout marché, traduite chez nous par l’instauration du racket organisé d’EDF.

    « De 2014 à 2017, vous avez pourtant eu largement la possibilité que vous n’avez pas saisie de mettre au pas des racketteurs pudiquement appelés fournisseurs fit remarquer le député Francis Dubois, en augmentant sensiblement le prix d’achat du KWh extorqué (terme utilisé par l’auteur de ces lignes) et en diminuant le volume auquel ils peuvent prétendre. »

    L’intéressée objecta qu’on n’agit pas avec autant de désinvolture avec des contrats de ce type, un argument que le député battit aussitôt en brèche, faisant remarquer qu’elle avait eu en main le rapport Ladoucette – le patron de la CRE – rappelant que ces contrats sont révisés tous les ans et qu’il y avait absence d’arbitrage de la part d’Emmanuel Valls.

    Sur les concessions hydrauliques

    Le député Jean-Philippe Tanguy évoqua le blocage de tout développement hydraulique dont est responsable un accord ni fait ni à faire sur les concessions de barrages, signé il y a 20 ans avec l’UE. Cette paralysie règlementaire empêche tout investissement, comme celui évoqué en séance d’un aménagement de la Dordogne privant le pays d’une ou plusieurs STEP d’une puissance totale de 5 à 6 GW. « Vous a-t-on informée d’un tel potentiel hydraulique en déshérence » demanda le député à l’ancienne ministre ?

    Cinglante, la réponse d’un rare cynisme mettant vertement en cause Jean-Bernard Lévy accentua ainsi le persiflage pratiqué à son égard et à l’égard d’EDF, tout au long de l’audition : depuis quand le patron d’une entreprise nationale a besoin de l’autorisation de tel ou tel ministre pour procéder aux investissements incombant à cette entreprise ? Je reconnais que cette dernière va avoir fort à faire pour implanter de nouveaux réacteurs dont personne ne veut… Sans commentaire.

    Non, chère lectrice et cher lecteur, vous ne rêvez pas : c’est bien à ce personnage que la France doit aujourd’hui son indigence énergético-économique, personnage que l’impéritie et l’incurie au pouvoir depuis plus de 30 ans n’ont rien trouver de mieux que nommer plusieurs fois ministre.