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      Les vélos électriques Made in France existent-ils vraiment ?

      news.movim.eu / Numerama · Sunday, 12 May - 17:32

    Le label Made in France constitue bien souvent une manne financière pour les marques. Le petit drapeau bleu blanc rouge raconte, attire, séduit, même sur les vélos et VAE. Mais est-ce simplement de la poudre de perlimpinpin ?

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      À quoi bon compter les femmes ?

      news.movim.eu / Numerama · Sunday, 12 November, 2023 - 11:02

    Si on ne propose pas de nouveaux modèles de production et de médiatisation, à quoi bon compter les femmes dans les industries dominées par les hommes ? [Lire la suite]

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      Voitures électriques : la France voit enfin le verre à moitié plein

      news.movim.eu / Numerama · Sunday, 29 October, 2023 - 06:50

    Après des années à s'apitoyer sur son sort, l'industrie automobile française a enfin retrouvé de la combativité. Numerama était présent à la journée de la filière auto pour en tirer cet édito, publié dans la newsletter du jeudi 26 octobre. [Lire la suite]

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      La première usine spatiale au monde est désormais en orbite

      news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 19 June, 2023 - 13:30

    varda-158x105.jpg l'usine pharmaceutique orbitale de Varda

    Varda Space Industries espère que ce lancement va marquer le début d'une nouvelle ère dans de nombreuses branches de l'industrie.

    La première usine spatiale au monde est désormais en orbite

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      Bilan économique : la France est sur une mauvaise pente

      ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 31 January, 2023 - 04:00 · 9 minutes

    On se souvient de la grave crise grecque en 2009. L’endettement du pays était devenu considérable et l’agence de notation Fitch avait abaissé sa note en dessous de A. C’était la première fois qu’une telle dégradation survenait dans un pays européen.

    Il s’ensuivit une panique en Europe. La zone euro fut jetée dans la tourmente et le FMI, la BCE et la Commission européenne durent intervenir à trois reprises. On imposa à la Grèce des mesures drastiques qui conduisirent au pouvoir en 2015 le parti anti austérité d’Alexis Tsipras . Après six années de crise le PIB se trouva réduit d’un quart et le taux de chômage monta jusqu’à 25 %. La Grèce se remit très difficilement de cette crise : il y eut plusieurs plans de sauvetage et le bilan social fut catastrophique.

    Il semble que la France se trouve sur la même pente que celle qui a conduit la Grèce à la faillite , avec une crise ayant duré de 2010 à 2015. Il avait même été envisagé sa sortie de l’Europe et de la zone euro.

    Pour l’instant la notation de l’agence Fitch classe la France en AA , ce qui est tout à fait honorable, mais avec la mention « perspective négative » ; sachant que la première catégorie comprend AAA, puis AA, et ensuite A, la France a tout simplement reculé d’un cran. Vient ensuite la catégorie des B avec à nouveau trois degrés différents ; puis enfin la catégorie F.

    Pourquoi craindre que le pays se trouve engagé sur la même pente dangereuse que la Grèce ?

    Il convient de distinguer d’un côté les éléments qui ont un caractère causal, c’est-à-dire de nature à expliquer la dégradation de l’économie du pays, et de l’autre ceux qui en sont la conséquence mais ne constituent pas moins des freins au redressement d’une économie mal engagée.

    Pour marquer les étapes de la dégradation de l’économie française, les points de repère seront la Suisse, un pays exemplaire à l’économie très dynamique et parfaitement équilibrée, ainsi que la moyenne de l’OCDE. Les données statistiques seront celles fournies par la Banque mondiale, pour l’année 2021, afin d’avoir des séries homogènes.

    Les éléments à caractère causal

    Nous retiendrons essentiellement les critères suivants :

    • Les dépenses en Recherche et Développement
    • Les taux d’industrialisation
    • Les taux de population active
    • Le solde de la balance commerciale
    • La durée de la vie active

    Les taux de R&D des pays

    Des dépenses de Recherche et Développement importantes caractérisent les pays développés qui investissent pour préparer leur avenir. Elles permettent de rester dans le peloton de tête grâce à l’innovation.

    Dépenses de R&D en pourcentage du PIB

    • Suisse….. 3,15 %
    • OCDE….. 2,96 %
    • France…. 2,35 %
    • Grèce…… 1,50 %

    Le taux d’industrialisation

    L’industrie est un élément clé pour créer de la richesse dans un pays depuis la première révolution industrielle. Des trois secteurs de l’économie , à savoir l’agriculture, l’industrie et les services (selon la classification de Colin Clark) c’est celui où le progrès technique augmente le plus vite. Le secteur secondaire est un secteur à forte valeur ajoutée et fournit aux pays l’essentiel de leurs exportations. Les taux d’industrialisation de la France et de la Grèce sont très faibles, ces deux pays sont les plus désindustrialisés de tous les pays européens.

    Taux d’industrialisation en pourcentage du PIB, y compris la construction

    • Suisse….. 24,6 %
    • OCDE….. 22,3 %
    • France…. 16,7 %
    • Grèce…… 15,3 %

    Le taux de population active

    On entend par taux de population active la proportion entre les personnes en emploi ainsi que les chômeurs, et la population totale.

    Taux de population active en pourcentage de la population

    • Suisse…… 57,0 %
    • OCDE…… 49,2 %
    • France….. 46,1 %
    • Grèce……. 43,5 %

    Le solde de la balance commerciale

    Les exportations réalisées par un pays présentent un double avantage : elles accroissent les marchés des entreprises locales et fournissent les devises permettant de financer les importations. Leur volume dépend de la nature et de la qualité de la production du pays et du dynamisme de ses entreprises.

    Solde de la balance commerciale en pourcentage du PIB

    • Suisse……………………  119 %
    • Union européenne….     0 %
    • France…………………… – 1,9 %
    • Grèce…………………….. – 7,7 %

    Durée de la vie active

    La durée de la vie active dépend de l’âge d’entrée dans la vie professionnelle et de l’âge de cessation d’activité professionnelle déterminé en fonction de l’âge légal de départ à la retraite.

    Durée de la vie active

    • Suisse………………….. 42,6 ans
    • Union européenne… 35,6 ans
    • France………………….. 35,0 ans
    • Grèce……………………. 33,2 ans

    Tous les graphiques ci-dessus montrent que la France se situe systématiquement à mi-chemin entre les moyennes OCDE et la Grèce. On aurait préféré qu’elle se place à gauche, entre les moyennes OCDE et la Suisse.

    Les éléments induits à caractère aggravant

    Les dépenses publiques

    On constate toujours dans les pays à l’économie en difficulté que les dépenses publiques sont importantes en regard du PIB. Les besoins de la population sont là et il faut les satisfaire : éducation, santé, appareil judiciaire, entretien et création des infrastructures, sécurité… et les PIB n’étant pas à la hauteur de toutes ces exigences, le taux des dépenses publiques est élevé.

    Dépenses publiques en pourcentage du PIB

    • Suisse…… 20,1 %
    • OCDE…… 34,9 %
    • France….. 51,9 %
    • Grèce……. 58,5 %

    Les prélèvements obligatoires

    Pour couvrir ses dépenses l’État procède à ce que les économistes appellent des « prélèvements obligatoires ». Ceux-ci sont de plus en plus importants à mesure qu’augmentent les dépenses publiques.

    Prélèvements obligatoires en pourcentage du PIB

    • Suisse…… 28,5 %
    • OCDE…… 34,2 %
    • France….. 47,6 %
    • Grèce……. 42,3 %

    La France se situe donc déjà au-dessus du niveau de la Grèce.

    Taux de chômage

    La conséquence d’une économie qui fonctionne mal est une proportion élevée de la population au chômage : la France est bien dans ce cas. Selon les estimations du BIT le pays compte 2 252 000 chômeurs ; les catégories A, B et C de Pôle emploi en totalisent un nombre bien plus élevé soit 5 163 000 chômeurs sensés être en recherche active d’emploi. Le taux est bien plus élevé que celui calculé par le BIT.

    Taux de chômage (BIT)

    • Suisse….. 5,3 %
    • OCDE….. 6,3 %
    • France…. 8,1 %
    • Grèce…… 14,8 %

    Endettement du pays

    Dans une économie dysfonctionnelle et donc à la création de richesse insuffisante, les États s’endettent pour boucler leurs budgets annuels. Le coût de la dette les alourdit chaque année un peu plus.

    Endettement du pays en pourcentage du PIB

    • Suisse…… 20,9 %
    • France….. 113,0 %
    • OCDE…… 129,3 %
    • Grèce……. 197,1 %

    Le cas de la France : attention danger !

    Le problème est que lorsqu’un processus de détérioration de l’économie s’installe il s’entretient de lui-même et le pays entre dans un cycle pernicieux. C’est précisément ce qui se produit en France depuis une vingtaine d’années. Tous les ratios se dégradent d’année en année. Les dépenses sociales ne cessent de croître régulièrement, d’où une augmentation constante des dépenses publiques et pour y faire face un accroissement constant des prélèvements obligatoires ; ceux-ci n’étant jamais suffisants, le recours régulier à de l’endettement est nécessaire et ne cesse d’augmenter.

    Les pouvoirs publics sont incapables de rompre ce cercle vicieux. Nous en arrivons au point où ce processus a atteint ses propres limites. Les prélèvements obligatoires étant parvenus à des niveaux insupportables il n’y a plus d’autre solution pour les pouvoirs publics que d’augmenter encore davantage la dette. C’est ce qui se produit dans notre pays : elle est passée de 2380 milliards d’euros à la fin de 2019 à 2916 milliards à la fin de 2022, soit un accroissement de 536 milliards en trois ans.

    Il faut comprendre quelle est l’origine du phénomène, ce que les pouvoirs publics ont été très longs à saisir et sans être certain qu’ils aient véritablement pris conscience du cercle vicieux dans lequel ils se trouvent enfermés.

    L’origine du problème est la grave dégradation du secteur secondaire, le secteur industriel . Les effectifs de l’industrie sont passés de 6,5 millions de personnes à la fin des Trente glorieuses à 2,7 millions aujourd’hui. Le secteur industriel français ne concourt plus que pour 10 % à la formation du PIB (chiffre hors construction), alors que ce taux devrait se situer à 18 % environ. En incluant la construction dans le secteur secondaire, il faut ajouter 5 à 6 points aux précédents ratios.

    Les pouvoirs publics se sont laissés piéger par la thèse d’évolution des trois secteurs de l’économie développée par Jean Fourastié dans son livre Le grand espoir du XX e siècle paru en 1949. Cet économiste a travaillé sur des séries longues et a raisonné nécessairement en termes d’emplois et non de valeur ajoutée. Certes, les effectifs du secteur industriel se réduisent mais en termes de valeur ajoutée il est toujours présent du fait que la valeur ajoutée par employé a fortement progressé. Cela a été mal compris et dans les universités a très vite enseigné qu’une économie moderne n’est plus constituée que par les activités de services. Les sociologues qui ont mal compris Jean Fourastié ont diffusé très vite le concept de « société postindustrielle », lequel s’est installé solidement dans les esprits, jusque chez les dirigeants du pays.

    Pour redresser la situation, il n’y a pas d’autre solution que de procéder au redressement du secteur industriel mais l’environnement n’est guère favorable : guerre en Ukraine, coût très élevé de l’énergie en Europe.

    De plus, en initiant l’ Inflation Reduction Ac t (IRA), le gouvernement de Joe Biden va subventionner les entreprises américaines en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce cadre, un budget de 369 milliards de dollars est prévu pour les épauler.

    À Bruxelles, Thierry Breton prépare une riposte : il évoque un plan à hauteur de 2,5 % ou 3 % du PIB de l’Europe des 27.

    Nous n’en sommes pas là : pour l’instant, les entreprises industrielles quittent l’Europe et la France est particulièrement affectée par ce mouvement.

    L’entreprise singapourienne REC Solar qui devait fabriquer en Moselle des panneaux photovoltaïques renonce à son projet pour se tourner vers les États-Unis.

    Le Chinois Quechen qui devait installer une usine à Marseille pour produire de la silice pour les fabricants européens de pneumatiques jette l’éponge .

    Le groupe industriel Safran qui devait créer un nouveau site de production près de Lyon pour les freins carbone destinés à l’aéronautique suspend son projet d’investissement.

    Le secteur industriel français est loin de se redresser et le plan « France 2030 » lancé en octobre 2021 par Emmanuel Macron « pour répondre aux grands défis de notre temps » est un dispositif complètement sous-dimensionné.

    Il serait souhaitable de ne pas en arriver à une situation à la grecque.

    Nombreux sont ceux qui n’ont plus les moyens d’accéder aux soins, des hôpitaux ont dû interrompre momentanément leur activité, les cas d’ infections au virus HIV ont augmenté de 50 % et le paludisme est réapparu en Grèce . Le port du Pirée a été vendu aux Chinois et celui de Thessalonique a été cédé à un consortium. Quatorze aéroports régionaux ont été repris par un groupe allemand. Et selon une étude britannique, depuis le début de la crise le nombre des suicides a doublé .

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      Le « made in China » n’a plus la cote dans la tech américaine

      news.movim.eu / Numerama · Thursday, 5 January, 2023 - 15:28

    Chine

    Dell et HP planchent sur une sortie de leur production hors de Chine. D'autres groupes, américains essentiellement, cherchent aussi à se relocaliser ailleurs, au moins en partie. Certains ont déjà sauté le pas. [Lire la suite]

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      La politique industrielle n’a pas amené la prospérité à l’Asie

      Mises Institute · ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 2 January, 2023 - 04:15 · 5 minutes

    Par Lipton Matthews.

    La politique industrielle est présentée avec ardeur par les démocrates et les conservateurs comme un outil permettant de rajeunir l’économie américaine . Certains affirment que l’innovation s’essoufflera si les États-Unis n’appliquent pas une politique industrielle aux principaux secteurs. La réussite des pays d’Asie de l’Est est souvent citée pour étayer les arguments en faveur de la politique industrielle , mais les défenseurs de cette politique ont vendu une histoire simpliste.

    S’il est parfois noté qu’il existe une corrélation entre les taux de croissance élevés et les investissements en matière de politique industrielle, ce n’est pas le cas. Au cours des années 1980, le Japon était l’enfant modèle de la politique industrielle et beaucoup craignaient que l’absence de politique industrielle ne relègue les États-Unis au rang de pays de seconde zone. Mais ces prédictions apocalyptiques se sont révélées fausses. Au lieu d’éclipser l’Amérique, le Japon est entré dans un long marasme économique .

    Au lieu de propulser la croissance économique en Asie de l’Est, la politique industrielle a été coûteuse et s’est soldée par plusieurs échecs. Au Japon, par exemple, les industries qui ont été soutenues par la politique industrielle n’ont pas réussi à devenir compétitives au niveau mondial. L’exploitation du charbon a bénéficié d’un soutien considérable des années 1950 aux années 1960 mais elle a décliné des années 1950 aux années 1970. La production est passée de cinquante-quatre millions de tonnes métriques en 1954 à dix-neuf millions de tonnes métriques en 1978.

    Des études de référence sur la politique industrielle au Japon montrent que la distribution des ressources était en grande partie une activité politique qui profitait aux entreprises liées et favorisait une atmosphère de corruption. En outre, de nouvelles recherches continuent de jeter le doute sur l’efficacité de la politique industrielle au Japon. Selon une étude de la National Foundation for American Policy, les politiques industrielles n’ont eu aucun effet sur la productivité des industries les plus dynamiques du Japon entre 1955 et 1990.

    Les résultats révèlent qu’une quantité disproportionnée d’efforts gouvernementaux a été consacrée aux industries à croissance lente et en déclin. Richard Beason, dans son étude , expose les défauts de la politique industrielle en soulignant le succès des industries qui ont reçu un soutien limité :

    « Les industries que nous associons au Japon pendant la période de forte croissance, les machines électriques (la plupart du secteur « tech »), les machines générales (la plupart des industries de biens d’équipement) et le secteur des équipements de transport (qui comprend les automobiles) étaient généralement vers le bas en termes de soutien gouvernemental entre 1955 et 1990. La politique gouvernementale a agi comme un obstacle pour les secteurs à croissance rapide parce que ces secteurs avaient des taux d’imposition effectifs plus élevés que les secteurs à croissance lente. »

    En outre, d’autres recherches sur le sujet ont montré que la politique industrielle n’a pas modifié la structure sectorielle de l’industrie ou les taux de changement de la productivité dans les pays d’Asie de l’Est. Même sans politique industrielle, les pays d’Asie de l’Est connaîtraient une croissance. Comme le Japon, la Corée du Sud est présentée comme une réussite de la politique industrielle, mais les taux de croissance indiquent que ce pays a connu plus de succès au cours des décennies où les politiques gouvernementales étaient sectoriellement neutres.

    Dans un bulletin sur le développement économique, Arvind Panagariya affirme que les inconvénients de la politique industrielle sont généralement ignorés par ses partisans :

    « Lorsque les critiques revendiquent le succès du ciblage industriel, ils évitent totalement la discussion de la décennie cruciale de 1963-1973. Ils se concentrent plutôt sur la décennie suivante, au cours de laquelle la Corée s’est lancée dans l’industrie lourde et chimique (ICH). Mais le taux de croissance de 1974 à 1982 est en fait tombé à 6,9 %. De plus, vers la fin de cette période, l’économie a été confrontée à une grave instabilité macroéconomique, qui a abouti à l’abandon de l’effort en faveur de l’industrie lourde et chimique et à la restauration d’un régime politique neutre. Cela a permis au pays de retrouver un taux de 8,7 % entre 1983 et 1995. »

    Bien qu’un document de 2021 affirme que la productivité du travail des industries et des régions ciblées a augmenté plus rapidement que celle des industries et des régions non ciblées, avec le temps, ces gains se sont érodés en raison d’une mauvaise répartition des ressources. Sans politique industrielle, la productivité des industries ciblées aurait été de 40 % supérieure en 1980. Il s’avère que la création d’un environnement commercial favorable est la meilleure politique industrielle. Si le gouvernement sud-coréen n’avait pas réussi à éliminer les obstacles aux exportations, la Corée du Sud n’aurait pas établi une industrie de la beauté florissante.

    Pour Taïwan, les observateurs notent qu’en l’absence de capitaux privés, le financement public a permis de lancer le commerce. Dans les années 1980, cependant, il est devenu évident pour les décideurs que les avantages des politiques industrielles avaient un coût considérable pour l’économie . Les examens des politiques industrielles à Taïwan ont montré qu’elles ont conduit à l’ émergence de groupes d’intérêt politiquement liés qui ont souvent résisté à l’innovation et aux nouvelles techniques de gestion.

    Pourtant, malgré les données sur les déficiences de la politique industrielle, nombreux sont ceux qui font pression pour une intervention. En fait, les universitaires attribuent le miracle est-asiatique à des niveaux élevés de capital humain et à des réformes du marché. Les politiques industrielles ont évidemment coïncidé avec le succès des pays d’Asie de l’Est mais elles n’ont jamais été la cause de la prospérité.

    Sur le web

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      Le complexe de l’industrie (3) : retour à la Realpolitik

      David Zaruk · ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 19 December, 2022 - 04:00 · 15 minutes

    Un article du Risk-Monger .

    Première partie de cette série ici .
    Seconde partie de cette série ici .

    Ceux qui souffrent dans le froid et l’obscurité ne se collent pas à des œuvres d’art.
    Ceux qui ont faim se moquent bien qu’un gourou ait sanctifié les graines avant de les semer.
    Les familles qui ont du mal à joindre les deux bouts apprécieraient une nouvelle usine en ville.
    Les politiciens qui prêchent leur vision de la vertu devant une minorité de militants n’auront pas beaucoup de soutiens.

    Après 30 ans à gaspiller les dividendes de la paix, à désindustrialiser les économies et à ignorer les faits et les preuves dans leurs politiques guidées par l’idéologie, les dirigeants occidentaux commencent à réaliser qu’ils doivent prendre des décisions difficiles en faisant un compromis entre les rêves de mondes parfaits pour demain et une meilleure réalité aujourd’hui.

    Après deux années de pandémie mondiale, une crise énergétique en Europe, l’insécurité alimentaire mondiale et l’inflation, nous ne pouvons plus continuer à promettre à un public docile le mythe du risque zéro , de l’ argent gratuit et un monde d’arcs-en-ciel et de papillons.  Les dirigeants doivent revenir à une gestion des risques où tout le monde n’obtient pas forcément ce qu’il veut mais pourrait obtenir ce dont il a besoin.

    Ceci est la troisième partie d’une série sur le complexe de l’industrie.

    L’activisme écologiste est devenu une idéologie inflexible qui a intégré dans son dogme une philosophie stricte anti-industrie, anticapitaliste et décroissante au point que l’industrie a été délégitimée ( comme l’industrie du tabac ) du dialogue politique par des rhétoriciens intolérants . En s’imposant astucieusement aux acteurs de la réglementation comme étant des politiques vertueuses, les militants écologistes ont poussé sans relâche les consommateurs et les économies (en particulier en Europe) au bord du gouffre. Donner tout ce qu’ils veulent à des extrémistes n’est pas une bonne stratégie dans une démocratie libérale mais les acteurs de la réglementation semblent à présent avoir les mains liées par tout une série d’outils et de concepts qui rendent la résistance difficile. Ces dogmes fondamentalistes ne peuvent être désarmés que par un retour au réalisme pragmatique dans la politique occidentale.

    Les politiques de vertu idéaliste doivent être vues pour ce qu’elles sont : de mauvaises démarches politiques au mauvais moment.

    Il est temps de revenir à la Realpolitik

    Il est temps que les acteurs de la réglementation se fassent pousser une paire pour affronter ces voix effrontées de répugnance moralisatrice et d’intolérance en provenance des quartiers militants.

    Il est temps qu’ils fassent leur boulot : prendre des décisions difficiles et gérer les risques plutôt que promettre un monde de risque zéro à un public docile qui en est arrivé à attendre des solutions simples à des problèmes complexes. Il est temps de revenir à la Realpolitik faire le meilleur choix parmi une liste d’options et de circonstances plutôt que de continuer à faire de fausses promesses qui devront être payées par d’autres.

    La Realpolitik a rarement été utilisée dans les discussions politiques depuis la fin de la guerre froide. En vérité l’Occident a profité des dividendes de la paix depuis la chute du mur de Berlin qui a permis aux dirigeants occidentaux de poursuivre leurs idéaux sans compromis, payer pour les conséquences de mauvaises décisions et faire comme si le lait et le miel allaient couler indéfiniment. Cette hégémonie occidentale ne connaissait que peu de menaces lointaines et les électeurs se sont mis à espérer recevoir tout ce qu’ils voulaient. Et nous pouvions nous l’offrir (… jusqu’à la pandémie).

    Ce n’est pas un nouveau concept.

    Le terme Realpolitik a été utilisé plusieurs décennies avant Bismarck (couramment considéré comme le père de la Realpolitik ). Il a été développé par Ludwig von Rochau qui a essayé d’introduire les idées libérales des Lumières après 1848 dans un monde politique qui était intégré dans une dynamique de pouvoir culturel moins rationnelle, nationaliste et religieuse (assez semblable au dogme vert qui anime beaucoup de sphères politiques occidentales aujourd’hui).

    La Realpolitik est souvent mieux comprise par ce qu’elle n’est pas : il s’agit de décisions qui ne sont pas prises seulement sur des bases idéologiques et morales. En d’autres termes, la Realpolitik désigne des décisions pragmatiques fondées sur le meilleur résultat possible et des compromis (quelque chose que les dirigeants doivent faire lorsqu’ils doivent affronter des réalités désagréables). Les idéologues peuvent tranquillement ignorer les faits lorsqu’ils imposent leur pouvoir, mais les Realpolitikers suivent la meilleure science disponible tout en faisant appel à la raison.

    • En politique agricole, la stratégie européenne de la Ferme à la Fourchette est fondée sur l’idéologie et la morale (selon laquelle le bio est moralement mieux et ne repose pas sur l’industrie). Mais au vu de la hausse des prix alimentaires et des menaces sur la sécurité alimentaire mondiale, une stratégie plus pratique et rationnelle qui se concentrerait sur une intensification durable pourrait être un meilleur choix.
    • Dans les débats sur l’énergie, les dirigeants européens ont stupidement donné à leur minorité bruyante et militante ce qu’elle voulait (la fermeture de réacteurs nucléaires et l’abandon des combustibles fossiles) sans alternative pragmatique ou plan rationnel de transition. Un Realpolitiker n’aurait pas arrêté les centrales nucléaires avant que la transition énergétique soit bien accomplie.

    Il y a une tendance à défaire certaines des stratégies les plus stupides et purement idéologiques du Pacte Vert mais l’Europe devra peut-être attendre que des idéologues aveugles et intransigeants comme Frans Timmermans aient tranquillement quitté la scène de l’UE. Pour les consommateurs européens ce ne sera jamais trop tôt.

    La précaution contre la Realpolitik

    Le principe de précaution est très attrayant pour la vision du monde d’un idéologue qui n’acceptera rien hormis la perfection.

    Selon la version de la précaution de l’Agence européenne de l’environnement (l’inversion de la charge de la preuve), si une technologie, une substance ou un produit n’est pas prouvé comme étant sûr, alors il faut prendre des précautions. La sûreté et la certitude sont des absolus et certaines voix en appellent vite à la précaution pour des expositions minuscules à des dangers suspectés (voyez la campagne contre les perturbateurs endocriniens). Les preuves factuelles ou la raison ne sont pas nécessaires pour justifier des décisions idéologiques fondées sur la morale.

    Mais devons-nous laisser la perfection être l’ennemie du bien ?

    La précaution a mené au retrait de beaucoup de technologies et substances hautement efficientes car les régulateurs exigeaient une sûreté à 100 %. Dans certains cas, comme l’interdiction du traitement des semences par certains insecticides néonicotinoïdes pour éviter une apocalypse imaginaire des abeilles , les alternatives ont été pires que la substance interdite et de nombreux agriculteurs ont tout simplement abandonné les cultures vulnérables comme le colza ; ce qui a aggravé la situation des abeilles.

    J’ai expliqué que nous devrions viser une meilleure sûreté plutôt que la sûreté. L’amélioration de la sûreté est quelque chose que les gestionnaires de risques de l’industrie peuvent mesurer et pour laquelle ils peuvent se démener, alors que la sûreté est un idéal émotionnel qui ne peut être ni mesuré ni a fortiori atteint.

    Nous n’atteindrons jamais la sûreté mais nous pouvons nous efforcer d’être plus sûrs. Voilà où une approche de Realpolitik plus pragmatique réussirait mieux que toute aversion arbitraire au risque. Nous avons vu l’effondrement des approches précautionneuses de risque zéro après deux années de confinements Covid-19 qui ont détruit des communautés et des économies tout en augmentant les problèmes de santé mentale et de violence domestique. Aujourd’hui nous avons accepté que nous devons vivre avec un certain nombre d’infections à coronavirus et les décisions sont devenues plus pragmatiques, tournées vers les risques et rationnelles. Nous ne serons pas sûrs à 100 % mais nous nous efforcerons de l’être davantage.

    La Realpolitik reconnaît le fait qu’un monde parfait n’est qu’un doux rêve.

    Libérés de l’entrave de la recherche de la sûreté absolue, nous travaillons sur la gestion des risques en réduisant l’exposition à un niveau aussi réduit que raisonnablement possible (atteignable) et nous rendons le monde (les produits, les substances, les systèmes…) meilleur – plus sûr. Nous visons un monde où les risques sont plus faibles pour plus de monde et non pas le risque zéro pour tout le monde. Nous devons tourner le dos à l’état d’esprit fondamentaliste des militants et adopter une approche plus industrielle, plus scientifique (comme en voit en bonne gestion de produit) : de l’amélioration continue, des itérations permanentes et du raffinement technologique.

    Symptômes de la précautionnite maladie causée par la peur et l’ignorance :

    • Aversion au risque
    • Vision idéaliste simpliste d’un monde parfait
    • Peur irrationnelle de l’incertitude
    • Croyance que d’autres peuvent garantir la sûreté
    • Approche passive des défis (phobie de l’innovation)

    Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer avec cette idéologie de luxe de la sûreté absolue, codifiée dans cette approche précautionneuse basée sur le danger, de la réglementation. Nous avons besoin de produits chimiques qui désinfectent, de pesticides capables de protéger les plantes, de plastiques qui évitent les risques d’intoxication alimentaire et de sources d’énergie qui permettent de garder la lumière allumée.

    Les interdictions générales par précaution, fondées sur des idéologies étroites (comme l’exigence irrationnelle de produits exclusivement naturels) et des restrictions arbitraires (par exemple qui excluent de faire intervenir des entreprises) créent des pénuries et de la misère que nous ne devrions pas imposer aux plus vulnérables.

    Dialoguer avec ceux qui font les choses

    Ceux qui font de la Realpolitik ne devraient pas être dissuadés de dialoguer avec des acteurs industriels en particulier lorsqu’ils ont accès à des solutions technologies essentielles. Ils ne tolèreraient pas l’approche de tabassage moralisateur des idéologues – le fait d’exclure les parties prenantes avec le plus de possibilités et de capacités.

    Imaginez un peu, lorsqu’on a commencé à montrer démontrer l’efficacité relative des premiers vaccins covid, si les États avaient déclaré que les entreprises ne devaient pas être impliquées dans leur développement et leur mise en œuvre. Cela aurait été pure stupidité. Et pourtant c’est exactement le genre d’absurdité qu’on entend de la part des agro-écologistes qui exigent que les technologies de recherche provenant de l’industrie soient exclues des pratiques agricoles dans les pays en développement. Je suppose qu’il faudra davantage de famines avant que la Realpolitik revienne dans le discours sur l’agriculture.

    Nous sommes dans un monde en crise, ardemment désireux de solutions innovantes à de graves problèmes. L’innovation implique de la prise de risque, des itérations et de l’amélioration continue.  L’approche industrielle et capitaliste récompense la pensée innovante alors que l’état d’esprit précautionneux déteste toute incertitude que de telles innovations pourraient apporter. Les dirigeants actuels à Bruxelles, obsédés par leur myopie de « sauver le monde » avec leur Pacte Vert ne sont pas les bonnes personnes pour nous mener hors de cette crise qu’ils ont eux-mêmes créée.

    L’an dernier nous avons observé ce que j’espérais être le dernier soubresaut de l’esprit de précaution qui domine notre pensée réglementaire.

    Au début du déploiement du vaccin Covid-19 plusieurs cas de thromboses pouvaient être associés au vaccin. Des acteurs de la réglementation, y compris le vice-président de la Commission européenne Paolo Gentiloni, ont appelé à la suspension de la vaccination par mesure de précaution, en particulier du vaccin AstraZeneca, jusqu’à ce que les citoyens soient certains de la sûreté du vaccin. En raison des avantages de celui-ci et de la lassitude des confinements, une réaction politique plus pragmatique a été adoptée (en noyant les protestations des partisans de la précaution mais un peu tard pour AstraZeneca). Qui aurait profité des bienfaits des technologies des vaccins mRNA si deux horribles années de pandémie ne nous avaient pas réveillés de notre somnolence précautionneuse ? La même technologie est maintenant envisagée pour traiter certains cancers. Faut-il l’interdire ?

    Le retour à la Realpolitik est un retour à la gestion des risques qui tourne le dos à plusieurs décennies de gestion de l’incertitude par de la précaution à risque zéro. Une telle approche politique prévaut lorsqu’on est cruellement en manque et que le besoin de solutions innovantes étouffe toutes les peurs irrationnelles causées par l’incertitude. Quelques malchanceux peuvent subir les conséquences d’un vaccin mais une approche pratique de gestion des risques examinera ces risques dans une perspective rationnelle et continuera à chercher à les réduire.

    En réalité nous n’aurons jamais les moyens de satisfaire les exigences d’un monde parfait de ces idéologues de la précaution – des fanatiques moralisateurs opulents qui supposent que tout le monde mérite de profiter des bienfaits dont ils jouissent.  Mais à présent les factures s’empilent et appellent des solutions pratiques et résolues.  Le temps est arrivé en effet de quitter l’ère des politiques menées par la vertu et de revenir à la Realpolitik.

    Comment nettoyer ce bourbier

    Comme les lecteurs de mon blog le savent, je fais clairement le lien entre la montée de l’utilisation du principe de précaution avec l’hégémonie des militants et la disparition progressive des politiques favorables à l’innovation.

    Ce mouvement va main dans la main avec le discours anti-industrie qui pousse les sociétés occidentales vers un environnement réglementaire post-capitaliste décroissant. Mais les crises actuelles de l’énergie, de l’alimentation et de la santé publique ont percé un trou béant dans le ballon des campagnes militantes, dégonflant leur idéalisme. Comment faire maintenant pour remettre la Realpolitik au centre de la pensée politique ?

    J’ai expliqué par ailleurs que l’industrie devrait se lever et quitter la table des négociations de l’UE sur la réglementation à moins que la Commission européenne introduise des procédures équitables appliquées uniformément à toutes les parties prenantes. J’ai aussi appelé à l’écriture d’un livre blanc qui formulerait une direction claire pour une démarche de gestion des risques (à l’heure actuelle il semble que le principe de précaution soit considéré à tort comme le seul outil de gestion des risques).  Nous avons besoin d’une analyse post-covid des échecs du principe de précaution et du rôle des avis scientifiques. Nous devrions aussi définir des lignes directrices et mener une évaluation concernant le niveau d’influence que nous pouvons permettre à certaines ONG au sein de la démarche réglementaire. Trop souvent aujourd’hui, nous laissons des groupes qui représentent moins de 10 % de l’électorat européen dicter une grande partie de la politique européenne… sans égard pour les intérêts de l’industrie, des consommateurs ou la réalité économique.

    L’industrie doit aussi se défendre elle-même.

    Les campagnes de dénigrement contre des entreprises, contre le capitalisme et contre des solutions innovantes ont besoin d’être contrées. Les entreprises sont restées trop longtemps silencieuses pendant que des fanatiques dépourvus d’éthique répandent des mensonges et agissent contre elles. Ce que l’industrie considérait comme une bataille diplomatique est maintenant devenu du défaitisme timide.  Leur science doit être examinée sur la base des faits et des données et non pas sur sa source de financement. Lorsque les attaques contre l’industrie se transforment en excuses faciles pour les politiciens, alors ces bateleurs doivent être interpellés pour cela ; ils doivent savoir qu’il y a des conséquences à la mise en œuvre de procédures et de décisions allant à l’encontre des intérêts des consommateurs et de l’économie, qui vont contre la raison et ne font que renforcer leurs idéologies haineuses et destructrices .Les acteurs de l’industrie doivent être moins polis et diplomates.  Être respecté ne fait pas gagner de points dans l’arène politique.

    L’Europe devient moins compétitive, moins ouverte à la recherche, moins productive et elle subit des échecs sur de nombreux fronts industriels. Les entreprises font face à des coûts et des contraintes non nécessaires, beaucoup s’en vont et produisent ou font de la recherche dans d’autres régions du monde, les consommateurs payent plus cher et obtiennent moins en retour. Les agriculteurs travaillent plus dur pour des rendements plus faibles (et des importations alimentaires en hausse). L’Europe est en déclin car de mauvaises politiques sont enracinées dans une idéologie anti-industrie, anti-technologie et anti-croissance.

    Avec les menaces économiques, sociales et environnementales actuelles, il n’est plus temps de tolérer des écologistes dogmatiques haineux et à l’esprit fermé. Nous avons besoin que nos dirigeants reviennent à la Realpolitik – qu’on n’a pas vu depuis les années 1980 – des solutions pragmatiques, de la pensée créative et des compromis entre esprits ouverts.